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Carcajou (Gulo gulo)

Importance de l'espèce

Le carcajou est peut-être l’indicateur d’intégrité écologique le plus sensible (Gunn, comm. pers., 2002) en raison de certaines caractéristiques biologiques qui le rendent dépendant de vastes écosystèmes liés et intacts. Le rôle qu’il joue est très semblable à celui que tiennent habituellement d’autres grands carnivores, comme le grizzli. Le carcajou est vulnérable à de nombreux points de vue : fragmentation de l’habitat, chasse excessive, perturbations et baisse des populations d’ongulés.

On considère que le carcajou devrait faire partie des espèces de carnivores visées par un plan de conservation multi‑espèces dans la région des Rocheuses (Carroll et al., 2001). En effet, l’étude de plusieurs espèces constitue une protection plus efficace que celle d’une seule.

Le carcajou provoque des réactions très variées chez ceux qui le côtoient. Les Autochtones lui attribuent de grands pouvoirs qui en font à la fois un guide spirituel et un ennemi impitoyable (Moore et Wheelock, 1990). Cette croyance découle d’une autre selon laquelle, il y a fort longtemps, les animaux parlaient et vivaient comme les humains. Le carcajou détruit parfois pièges, fourrures ou effets personnels, mais, paradoxalement, il possède de grands pouvoirs de guérison et de transformation.

Le carcajou demeure un animal à fourrure très recherché et d’une grande valeur économique. Il est chassé ou piégé dans la plus grande partie de l’aire de répartition restante. Sa fourrure est souvent utilisée pour la confection de bordures de vêtements en raison de sa durabilité et de sa capacité à résister au givre. Le carcajou a été affublé de noms peu flatteurs, « ours du diable » par exemple, à cause de sa tendance à piller les caches de nourriture et les cabanes pour ensuite souiller les restes de son odeur infecte. Il dérobe souvent les proies prises au piège, et les individus qui ont appris à déjouer les pièges peuvent être très difficiles à attraper. La plupart des trappeurs montrent beaucoup de respect pour cet animal. Le carcajou est rarement aperçu, surtout dans les zones boisées. Certaines de ses caractéristiques, comme la férocité et la ruse, ont inspiré un folklore et une mythologie (Holbrow, 1976).

Le carcajou s’attaque rarement aux animaux domestiques en Amérique du Nord. Il n’est donc pas menacé par les programmes de lutte contre les prédateurs. Par contre, en Scandinavie, il s’en prend au bétail, comme le renne et le mouton domestique (Ovis aries) (Landa et al., 1997).