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Carcajou (Gulo gulo)

Mise à jour
Rapport de situation du COSEPAC
sur le
carcajou
Gulo gulo

Population de l’Est
Population de l’Ouest

au Canada
2003

Renseignements sur l'espèce

Nom et classification

Le carcajou, Gulo gulo (Linnaeus, 1758), a longtemps été connu sous le nom scientifique Gulo luscus en Amérique du Nord. Cependant, il a été démontré que les formes du Nouveau Monde et de l’Ancien Monde sont conspécifiques (Kurtén et Rausch, 1959). En Amérique du Nord, on dénombre quatre sous-espèces de carcajous (Hall, 1981) dont deux sont présentes au Canada. Le Gulo gulo luscus est présent dans tout le Canada, en Alaska et dans le Nord-Ouest des États-Unis et le Gulo gulo vancouverensis sur l’île de Vancouver. Banci (1982) n’a réuni que peu de données permettant de classer la population de l’île de Vancouver comme une sous-espèce distincte, mais cette population a connu un isolement tellement grand depuis le Pléistocène qu’elle est encore considérée comme telle (Nagorsen, 1990, Resources Inventory Committee, 2002). Une étude complète des variations dans l’ensemble de l’aire de l’espèce a été recommandée (Nagorsen, 1990).


Description

Le carcajou est le plus grand mustélidé terrestre d’Amérique du Nord; son apparence se compare davantage à celle d’un petit ours qu’à celle d’une belette (figure 1). Il possède une longue fourrure, rugueuse et lustrée, dont la couleur peut varier du brun au noir. Souvent, il arbore un masque facial pâle et des bandes latérales, beiges ou jaunâtres, qui partent des épaules et se croisent à la base de la queue. Certains individus portent une marque blanche sur la gorge et la poitrine. Le carcajou a une grosse tête, un front large, un cou court et robuste, des pattes courtes et trapues et une musculature puissante. Ses pieds sont grands, ses oreilles courtes et sa queue longue et touffue. La structure de son crâne est robuste, ce qui lui permet de broyer les os et les carcasses gelées. On observe un dimorphisme sexuel chez les carcajous. La femelle adulte pèse entre 7,5 et 11 kg, alors que le mâle adulte atteint un poids variant entre 12 et 16 kg (Banci, 1994; Copeland, 1996; Lofroth, 2001; Peterson, 1966). La longueur totale moyenne du carcajou est d’environ 1 m et la longueur moyenne de sa queue est de 23 cm. Les caractéristiques générales du carcajou sont présentées par Wilson (1982), Hash (1987) et Pasitschniak-Arts et Larivière (1995).


Figure 1 : Illustration de Gulo gulo

Figure 1 : Illustration de Gulo gulo.


Populations importantes à l’échelle nationale

Le COSEPAC a d’abord attribué la désignation « rare » au carcajou (l’équivalent de « préoccupante » avant 1990) (Kelsall, 1981). En 1989, deux populations séparées géographiquement ont été décrites en détail : celle de l’Est, qui occupe le Québec et le Labrador, et celle de l’Ouest, qui se trouve dans le Nord-Ouest de l’Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta, en Colombie-Britannique, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Yukon. La population de l’Est est considérée comme « en voie de disparition » et celle de l’Ouest comme « vulnérable » (l’équivalent de « préoccupante » de 1990 à 1999) (Dauphiné, 1989).

La séparation des populations remonte loin dans l’histoire (Dawson, 2000). Les densités de population, qui étaient déjà faibles, ont diminué au point de faire craindre une possible disparition (Fortin et al., 2002). Un projet de plan de rétablissement a été mis en place (Fortin et al., 2002).

Les sous-populations de l’île de Vancouver et de l’île Pitt (côte nord de la Colombie-Britannique) ainsi que celles de certaines ou de l’ensemble des îles arctiques ont connu le même genre d’isolement géographique. L’analyse du flux génique dans ces sous-populations, ou dans d’autres, n’a pas été faite. De récentes études effectuées par Kyle et Strobeck (2001, 2002) ont décrit la structure génétique de certaines sous-populations du Manitoba et de l’Ontario, du Sud de la Colombie-Britannique (échantillon de Revelstoke) et de l’Idaho. Les résultats laissent supposer que ces sous-populations ont été isolées à différents niveaux d’une population qui fut jadis panmictique au Canada. Aucun signe de la présence de carcajous sur l’île de Vancouver n’a été trouvé depuis 1992. Cette population et /ou sous-espèce pourrait être disparue (Lofroth, comm. pers., 2002).

La sous-population de l’aire écologique nationale des montagnes du Sud (voir la carte des aires nationales écologiques du COSEPAC : http://www.cosewic.gc.ca/cosewic/images/ecomap.gif) est vulnérable au morcellement de son habitat qui pourrait réduire sa viabilité. Des populations distinctes génétiquement sont présentes aux États-Unis et en Scandinavie, en partie à cause de la fragmentation de la population (Kyle et Strobeck, 2001; Walker et al., 2001). En raison d’un obstacle au flux génique, les carcajous vivant près de Revelstoke, en Colombie-Britannique, se sont différenciés de la population continue du Nord, mais pas autant que la population de l’Idaho (Kyle et Strobeck, 2002).