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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le polystic de Lemmon au Canada

Biologie

Généralités

À part quelques renseignements d’ordre général, nous ne savons que peu de choses sur la biologie du Polystichum lemmonii. Les milieux ultrabasiques ont toutefois été bien étudiés par Kruckeberg (1969), et on sait que les plantes qui y poussent sont adaptées aux concentrations de calcium, d’azote, de phosphore et de molybdène, et aux fortes concentrations de magnésium, de chrome et de nickel (Kruckeberg, 1969).

La distance des plus proches localités où l’on trouve l’espèce, dans l’État adjacent de Washington, aux États-Unis, témoigne du succès de la dispersion des spores du P. lemmonii sur de longues distances. Ces deux localités sont situées dans la chaîne des North Cascades, l’une dans les monts Twin Sisters, à environ 150 km au Sud-Ouest du mont Baldy, et l’autre dans les monts Wenatchee, à environ 235 km au sud du mont Baldy (Kruckeberg, 1969). Il est toutefois intéressant de noter que le terrain ultrabasique de la rivière Tulameen, où poussent à la fois le P. kruckebergii et le P. scopulinum (Kruckeberg, 1969; Douglas et al., 2002b), n’abrite pas le P. lemmonii, même si ce terrain se trouve à mi-chemin entre le mont Baldy et les monts Twin Sisters. Le fait que les sites du mont Baldy et des Twin Sisters se trouvent toutes deux sur des affleurements de dunite, tandis que le terrain de la rivière Tulameen est un affleurement de clinopyroxénite à olivine, pourrait avoir eu un effet sur la répartition du P. lemmonii. De toute évidence, le P. lemmonii se reproduit sur les crêtes ultrabasiques de la région du mont Baldy étant donné qu’environ 30 p. 100 des 853 individus dénombrés étaient relativement jeunes (touffes de moins de 4 cm de largeur).

On possède quelques données génétiques sur l’espèce. Ainsi, on sait que le Polystichum lemmonii est tétraploïde (2n = 82), et on pense qu’il est un des parents de deux espèces d’origine hybride, le P. kruckebergii et le P. scopulinum (Wagner, 1979).

Reproduction

Les sporophytes du P. lemmonii, comme c’est ceux d’autres fougères à frondes persistantes, conservent souvent en hiver un grand nombre de spores mûres, qui sont libérées au printemps suivant (Farrar, 1976). L’espèce se reproduit aussi par voie végétative, par allongement des rhizomes souterrains, ce qui donne de grosses touffes de clones. Dans le site étudié, le P. lemmonii pousse sur des sols secs, sableux ou graveleux, qui se drainent rapidement; ce genre de conditions n’est idéal ni pour la germination des spores ni pour la fécondation des gamètes. On peut donc en déduire que la reproduction s’y fait surtout par simple allongement du rhizome, probablement parce que l’espèce est soumise à un stress en bordure de son aire de répartition (Walker, 1979). Aucun prothalle n’a été observé sur les lieux.

Survie

Environ 30 p. 100 des 853 individus dénombrés étaient relativement jeunes (touffes de moins de 4 cm de largeur). Le reste consistait en touffes d’âges variés dont la taille semblait augmenter.

Physiologie

Inconnue.

Déplacements et dispersion

L’espèce se propage par voie végétative, par allongement de rhizomes souterrains, et pourrait se disperser plus largement au moyen de spores transportées par l’air.

Nutrition et relations interspécifiques

Inconnues.

Comportement et adaptabilité

Inconnus.