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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le fondule barré (population de Terre-Neuve) au Canada – Mise à jour

Répartition

Répartition mondiale

Le fondule barré vit en Amérique du Nord, depuis la Caroline du Sud, dans le Sud des États-Unis, jusque dans les Maritimes et à Terre-Neuve, au Canada. On le trouve aussi dans les États de New York et de la Pennsylvanie et dans le Sud du Canada, dans la région des Grands Lacs, et encore plus à l’ouest, dans la rivière Yellowstone, dans l’Est du Montana (Scott et Crossman, 1974; Houston, 1990). La figure 2 montre la répartition du fondule barré en Amérique du Nord.


Figure 2 : Répartition nord-américaine du fondule barré

Figure 2 : Répartition nord-américaine du fondule barré.

Répartition tirée de Scott et Crossman (1973) et de Gilbert et Shute (1980); chiffres réels des populations tirés des données du ROM; ajout de la répartition à Terre-Neuve par Chippett (en prép.).


Répartition canadienne

Le fondule barré est très largement répandu dans les Maritimes. On le trouve également dans des habitats propices de la vallée du Saint-Laurent, au Québec. Dans le bassin des Grands Lacs, Gilbert et Shute (1980) l’ont observé dans toutes les zones entourant le lac Michigan, la plus forte concentration étant observée dans la zone située au nord-est du lac; nombreuses observations le long de la rive ouest du lac Huron; quelques observations (< 10) sur la rive est; au moins 3 mentions dans le Sud-Est du lac Supérieur; observations dans les zones nord et sud entourant le lac Érié. En Ontario, l’espèce a également été signalée en 1986 dans le lac des Bois, dans la portion nord-ouest de la province (K. Stewart, comm. pers.). D’après Gilbert et Shute (1980), le bassin hydrographique du Saint-Laurent ainsi que les bassins du lac Ontario se trouvant dans l’Ouest de l’État de New York et l’Est de l’Ontario constituent une zone où on observe des formes intermédiaires des sous-espèces diaphanus (est) et menona (ouest). La limite occidentale de l’aire de répartition du fondule barré au Canada est le Manitoba, où deux spécimens ont été recueillis dans la rivière Rouge, près de Winnipeg, en 1954 (Stewart-Hay, 1954), et un autre, dans le bras sud-ouest du lac Crowduck (50° 05’ N, 95° 08’ O), dans le réseau de la rivière Winnipeg, en 1985 (Stewart et al., 1985; K. Stewart, comm. pers.). La population la plus orientale a été observée dans le bassin Indian Bay, sur la côte nord-est de Terre-Neuve (49° 04’ N, 54° 06’ O) (M. van Zyll de Jong, comm. pers.).

La situation du fondule barré au Canada a pour la première fois été étudiée par le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada (CSEMDC) en 1989. Les populations de Terre-Neuve, considérées comme biogéographiquement isolées des populations des eaux intérieures, ont reçu la désignation de « préoccupantes » en raison de la zone d’occupation limitée, des faibles possibilités d’expansion de l’aire de répartition et des menaces potentielles dues à l’exploitation forestière et à d’autres activités favorisant la dégradation de l’habitat. Les populations vivant ailleurs au Canada n’étaient pas réputées être en péril à l’époque.


Répartition terre-neuvienne

Le fondule barré de l’Est (Fundulus diaphanus diaphanus) n’était connu que de quatre localités du Sud-Ouest de l’île de Terre-Neuve (données du ROM; Scott et Crossman, 1974). Il a pour la première fois été signalé grâce à des spécimens capturés dans les eaux saumâtres de l’embouchure de la baie St-Georges, près de Stephenville Crossing, en 1951 (Templeman, 1951). On a ensuite élargi l’aire de répartition pour englober un lac d’eau douce, le Loch Leven (48° 10’ N, 58° 53’ O), situé à 50 km au sud de Stephenville Crossing (Gibson et al., 1984), et les îles Ramea, situées à 7 km au large de la côte sud de Terre-Neuve (Day, 1993). L’aire de répartition terre-neuvienne connue a ensuite été étendue vers l’est, jusqu’au Freshwater Pond (47° 06’ N, 55° 16’ O), sur la péninsule de Burin (côte Sud de Terre-Neuve), où quatre spécimens ont été pêchés en 1984 (Gibson et al., 1984).

Pendant les années 1990, le fondule barré de l’Est a été signalé dans plusieurs lacs d’eau douce du bassin Indian Bay, du côté nord de la baie Bonavista, dans le Nord-Est de la province. Le premier individu de cette sous-espèce à avoir été observé dans cette région était un spécimen capturé en juillet 1993 dans le lac Second Pond (Indian Bay Big Pond) (49° 04 ’N, 54° 06’ O), au-dessus d’un affleurement rocheux, dans une zone à découvert (M. van Zyll de Jong, comm. pers.). Aucun autre spécimen n’a été capturé avant juillet-août 1997, quand 9 fondules barrés ont été pêchés au verveux expérimental dans le même bassin, dans les lacs Backup Pond (49° 05’ N, 54° 11’ O) et Third Pond (49° 03 ’N, 54° 12’ O) (obs. pers.). Cette population vit plus à l’est que celle du Freshwater Pond signalée par Gibson et al. (1984). En juin 1999, un pêcheur a capturé un gros fondule barré dans un lac de la ville de Winterland (J. Yetman, comm. pers.), à quelques kilomètres du Freshwater Pond, où Gibson et al. (1984) avaient décrit une population. Lors d’une étude sur les plantes aquatiques réalisée dans des lacs de la côte ouest de Terre-Neuve, dans la région de Grand Bay West, des chercheurs du campus Sir Wilfred Grenfell de l’université Memorial ont découvert une autre population dans le lac First Pond (47° 35’ N, 59° 10’ O) (H. Mann pers. comm.). La figure 3 montre les populations connues de fondules barrés à Terre-Neuve et mentionne les années de leur découverte ou de leur observation.

Des populations non recensées vivant près de celles observées sur la côte sud-ouest peuvent exister, mais il est très peu probable que de nouvelles populations soient découvertes dans les deux parcs nationaux, sur la péninsule du Nord, dans le Centre de Terre-Neuve, sur la péninsule d’Avalon et dans les secteurs entourant la population du bassin Indian Bay, étant donné les activités d’observation et de pêche exploratoire au filet qui y ont été menées. Par conséquent, l’aire de répartition du fondule barré correspond sans doute à une grappe de populations dans la région sud-ouest et à la population excentrique du bassin Indian Bay, dans la région de Bonavista Nord.

Parmi les autres régions étudiées où on n’a pas observé ni capturé de fondules barrés : parc provincial Notre Dame et parc Beothuk (anciennement un parc provincial); baie de la Trinité, près de Winterton; ruisseau Mint, dans la région de Gambo; tous les autres lacs dans le bassin Indian Bay. D’autres relevés préliminaires menés en collaboration avec Parcs Canada et la Bonne Bay Field Station de l’Université Memorial (T. Knight, comm. pers.) dans divers lacs du parc national du Gros-Morne ainsi que par le personnel de Parcs Canada et l’auteur dans le parc national Terra-Nova (D. Cote, comm. pers.) se sont révélés infructueux. On n’a pas non plus fait de nouvelles observations dans le cadre des programmes de pêche au verveux dans les eaux intérieures (ministère du tourisme, de la culture et des loisirs de Terre-Neuve-et-Labrador) mis en œuvre sur la péninsule d’Avalon, dans la région de Millertown (Centre de Terre-Neuve) et sur la péninsule du Nord (région de Main Brook).


Figure 3 : Répartition terre-neuvienne du fondule barré


Figure 3 : Répartition terre-neuvienne du fondule barré.

Années des observations entre parenthèses (Chippett, en prép.).

Il n’y a aucune donnée concluante concernant l’origine du fondule barré sur l’île de Terre-Neuve. Selon Underhill (1986), l’espèce serait issue d’une population marine des provinces de l’Atlantique, mais cela n’a pas été corroboré. Toutefois, cet auteur n’indique pas s’il s’agirait d’un phénomène récent ou si la population de l’île serait apparue après la dernière ère glaciaire. La glaciation, notamment du fait de l’existence de lacs et de couloirs glaciaires, a influé sur les assemblages de poissons de la côte est du Canada, mais le lignage de la plupart des espèces reste à déterminer. Des chercheurs de l’Université du Nouveau-Brunswick ont récemment entrepris d’étudier la question et ont formulé l’hypothèse que le fondule barré a peut-être évolué sur l’île de Terre-Neuve après avoir suivi le recul des glaces dans le golfe du Saint-Laurent. Ils sont restés pris dans les lacs d’eau douce pendant le soulèvement qui a suivi la fonte des glaciers (A. Curry, comm. pers.). Underhill (1986) n’apporte aucune preuve de migrations, et aucune autre mention dans la littérature scientifique ne laisse croire qu’un poisson aussi petit aurait pu migrer régulièrement pour franchir le passage de près de 200 km du détroit de Cabot.