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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le méné camus (Notropis anogenus) au Canada

COSEPAC Résumé

Méné camus
Notropis anogenus

Information sur l’espèce

Le méné camus (Notropis anogenus Forbes, 1885) est un petit méné argenté aux flancs ornés d’une bande latérale foncée qui s’étend depuis la queue jusqu’au museau. La bouche, très petite, est tournée vers le haut. Les femelles mesurent 6 cm et les mâles, 5 cm. Le méné camus ressemble beaucoup au menton noir (Notropis heterodon), qui s’en distingue par sa bouche plus grande. Le petit-bec (Opsopoeodus emiliae) a lui aussi une petite bouche tournée vers le haut mais, contrairement au méné camus, il porte en général 9 rayons et des zones foncées à la nageoire dorsale, et des zones quadrillées sur la partie supérieure du flanc.

Répartition

On trouve le méné camus dans le cours supérieur des bassins du Mississippi, de la rivière Rouge du Nord et des Grands Lacs. On sait qu’il fréquente plusieurs affluents du Mississippi en Illinois, au Wisconsin et au Minnesota. On a signalé sa présence dans le bassin de la rivière Rouge du Nord au Minnesota et dans le Dakota du Nord. Dans le bassin des Grands Lacs, on l’a récolté dans des marais et des tributaires des lacs Michigan et Huron, dans le lac Sainte-Claire, dans l’ouest du lac Érié et dans le haut Saint-Laurent. On le rencontre en populations dispersées au Michigan, en Illinois, au Wisconsin, dans l’État de New York et en Ontario. On le considère aujourd’hui comme disparu de l’Ohio.

Au Canada, on sait que le méné camus fréquente le chenal Old Ausable (dans le Sud du bassin du lac Huron), le lac Sainte-Claire, le lac Érié (pointe Pelée, baie Rondeau, baie Long Point) et le Saint-Laurent, entre Eastview et Mallorytown Landing.

Habitat

En Ontario, on trouve le méné camus dans les secteurs calmes des grands lacs, les chenaux stagnants et les larges cours d’eau, surtout sur des fonds sableux jonchés de débris organiques où l’eau est habituellement claire, généralement en association avec des végétaux aquatiques, notamment les Chara.

Biologie

Timide et secret, le méné camus se cache dans les plantes aquatiques, qui lui servent également de source de nourriture et de lieu de reproduction. Sa durée de vie ne dépasse probablement pas trois ans. La fraye a lieu de la mi-mai à juillet, à des températures de 21 à 29 °C. Les femelles gravides peuvent porter jusqu’à 1 275 œufs, qu’elles ne pondent pas nécessairement en totalité. Le méné camus se nourrit de diverses plantes et animaux de petite taille (jusqu’à 2 mm). Son régime alimentaire se compose de plantes comme les Chara et des algues vertes filamenteuses (comme les Spirogyra), de cladocères, comme le Daphnia, le Bosmina et le Chydorus, de petites sangsues et de larves de phrygane.

Taille et tendances des populations

Au Canada, on a signalé la présence du méné camus dans six grandes régions, dont il ne fréquente plus que quatre. Dans le Saint-Laurent, près de Gananoque, on n’en a plus capturé depuis 1937, mais on en a récolté récemment à l’est et à l’ouest de cet emplacement. Dans le lac Érié, l’espèce ne fréquente probablement que la baie Long Point, où on l’a récoltée aussi récemment qu’en 1996. On ne l’a pas observée à la pointe Pelée depuis 1941, ni dans la baie Rondeau depuis 1963, bien qu’on y ait effectué d’autres relevés. Les populations canadiennes du lac Sainte-Claire, observées pour la première fois au début des années 1980, fréquentent plus souvent les marais côtiers ouverts de l’extrémité Nord du lac, comme en témoigne la capture de 281 individus dans le cadre d’un relevé exhaustif des marais de l’île Walpole réalisé en 1999. On a trouvé le méné camus pour la première fois dans le chenal Old Ausable en 1983, et sa présence y a été confirmée en 1997.

Aux États-Unis, les tendances des populations sont floues. On capture encore l’espèce dans de nouveaux emplacements, mais on ne l’a plus observée dans plusieurs localités qu’elle fréquentait auparavant. Elle a apparemment connu un déclin dans l’État de New York, en Ohio, au Michigan, au Minnesota, au Wisconsin et dans le Dakota du Nord.

Facteurs limitatifs et menaces

On a attribué le déclin du méné camus à l’augmentation de la turbidité, à la disparition de l’habitat causée par l’aménagement des berges, et à la destruction des macrophytes indigènes des eaux littorales. Au Canada, les autorités des parcs de la Pointe Pelée et Rondeau qui, en principe, devraient assurer une protection contre les altérations de l’habitat, n’ont pas réussi à prévenir le déclin ou la disparition de l’espèce. On ignore au juste quels sont les facteurs limitatifs, mais ils pourraient notamment inclure l’altération de l’habitat due au myriophylle en épi, Myriophyllum spicatum, et l’augmentation du nombre et de la diversité des prédateurs et des compétiteurs.

Importance de l’espèce

On ne sait que peu de choses sur le rôle écologique du méné camus. Ses besoins spécialisés en matière d’habitat en font un bon indicateur de la qualité de l’environnement.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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