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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le méné camus (Notropis anogenus) au Canada

Biologie

Capacité de reproduction

Le méné camus est un lithophile – géniteur en substrat ouvert sans soins à la ponte – qui fraye probablement au début ou à la mi-juin en Ontario (Leslie et Timmins, 2002). Becker (1983) donne un aperçu des données sur le cycle de vie des populations du Wisconsin. Il n’a pas observé la fraye, mais, selon l’apparence des femelles gravides, elle est survenue de la mi-mai jusqu’en juillet, lorsque les températures se situaient entre 21 et 29 °C. Les femelles gravides portaient de 530 à 1 275 œufs, mais certains de ceux-ci pourraient ne pas avoir été pondus.

La taille moyenne selon l’âge (longueur totale en mm) relevée le 8 août dans une population du Wisconsin s’établissait comme suit : âge I (38‑44, 0=42,0), âge II (45‑49, 0=46,3) et âge III (52‑53, 0=52.5) (Becker, 1983). En Ontario, Leslie et Timmins (2002) ont établi à 24,1 mm la longueur totale moyenne à l’âge 0.

Les ménés camus capturés le 7 juin 1996 dans la baie Mitchell, dans le lac Sainte-Claire, étaient probablement au milieu de la période de fraye, car certaines femelles semblaient avoir en partie pondu leurs œufs. Les femelles matures mesuraient de 41 à 56 mm LT (n = 10) et les mâles matures, de 30 à 38 mm LT (n = 10) (ROM, données inédites).

Alimentation

Becker (1983) signale qu’au Wisconsin, l’espèce préférait se nourrir de plantes (comme des Chara) et d’algues vertes filamenteuses (comme les Spirogyra) plutôt que d’aliments d’origine animale (comme les cladocères Daphnia et Chydorus). Elle mange aussi de petites sangsues et des trichoptères (Carlson, 1998).

Huit spécimens de la baie Mitchell, capturés en juin, contenaient surtout de petits cladocères (de 0,25 à 0,38 mm) des espèces Chydorus sphaericus et Bosmina longirostris, communes et répandues. Une femelle de 43 mm LT contenait quelque 1 210 C. sphaericus et 370 B. longirostris (ROM, données inédites).

Déplacements de l’espèce

Aucune étude n’a été publiée sur la migration ou l’étendue du domaine vital du méné camus. Il est probable que sa petite taille et sa faible capacité de nage limitent ses déplacements à de courtes distances.

Adaptabilité et comportement

Le méné camus a besoin de végétation aquatique, qui lui sert d’abri, de nourriture et de lieu de reproduction (Becker, 1983). D’après des études menées en aquarium, du fait de sa timidité et de sa discrétion, l’espèce se laisserait moins facilement prendre dans les engins de capture (Becker, 1983). Son habitude de rester à proximité d’un abri et de se cacher au moindre mouvement ou à la moindre perturbation devrait également réduire les risques de prédation comparativement au menton noir, Notropis heterodon, auquel elle est couramment associée. Malgré la taille très petite de sa bouche, le méné camus peut avaler des aliments atteignant 2 mm de longueur et deux fois la longueur de sa bouche (Becker, 1983).