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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le méné camus (Notropis anogenus) au Canada

Facteurs limitatifs

Certains auteurs (comme Bailey, 1959; Trautman, 1981) ont attribué le déclin du méné camus à la turbidité de l’eau et à la disparition de la végétation aquatique. La perte d’habitat attribuable à l’aménagement des berges et la destruction des communautés de macrophytes indigènes de la zone littorale ont probablement entraîné la disparition du méné camus de deux lacs du Sud du Wisconsin (J. Lyons, WDNR, communication personnelle).

La turbidité et l’enlèvement des plantes aquatiques pourraient également contribuer au déclin de l’espèce au Canada mais, d’après les données recueillies à la pointe Pelée, d’autres facteurs pourraient aussi entrer en ligne de compte. Les autorités des parcs de la Pointe Pelée et Rondeau qui, en principe, devraient assurer une protection contre l’altération de l’habitat (Parker et al., 1987) n’ont pas réussi à prévenir le déclin ou la disparition de l’espèce. Bien que l’eau passe par des périodes de turbidité dans le parc de la Pointe Pelée par gros temps, nous avons constaté qu’elle y est généralement claire et abrite en abondance toute une variété de plantes aquatiques. Un facteur pourrait avoir contribué au déclin du méné camus dans la région : l’augmentation du nombre et de la diversité des prédateurs. Les données indiquent en effet que les ménés diminuent en nombre et en diversité avec l’augmentation en nombre et en diversité de leurs prédateurs, comme les achigans (Micropterus spp.) et les brochets (Esox spp.), (Whittier et al., 1997). On sait que le grand brochet (Esox lucius) et le brochet vermiculé (E. americanus vermiculatus) étaient présents à la pointe Pelée dans les années 1940, mais ce n’est qu’à partir de 1958 qu’on a signalé la présence d’éventuels prédateurs comme l’achigan à grande bouche (Micropterus salmoides), le crapet sac-à-lait (Lepomis gulosus) et la marigane noire (Pomoxis nigromaculatus). On a toutefois observé le méné camus en association avec un large éventail de prédateurs potentiels en 1999 à l’île Walpole, où il est relativement commun (ROM, données inédites). Ces prédateurs, souvent abondants, étaient notamment le poisson-castor (Amia calva), le lépisosté osseux (Lepisosteus osseus), le grand brochet, le brochet vermiculé, la barbotte (Ameiurus spp.), le crapet de roche (Ambloplites rupestris), l’achigan à grande bouche, la marigane noire et la perchaude (Perca flavescens).

Un autre facteur qui pourrait avoir joué un rôle dans le déclin ou la disparition du méné camus à la pointe Pelée est la compétition accrue pour les ressources que lui livrent d’autres espèces comme le crapet arlequin (Lepomis macrochirus), les jeunes mariganes noires et le crayon d’argent (Labidesthes sicculus). Ces espèces, qui consomment de grandes quantités de cladocères ainsi que des plantes dans une moindre mesure, ne sont apparues dans les récoltes qu’à partir de 1958. On a ainsi récolté des crayons d’argent et de jeunes crapets arlequins et mariganes noires en même temps que des ménés camus en 1999 à l’île Walpole (ROM, données inédites).

La majorité des habitats canadiens de l’espèce ont été touchés par l’introduction de la moule zébrée (Dreissenapolymorpha) et de la moule quagga (Dreissena bugensis), mais on ignore quel en a été l’effet sur le méné camus. Il se pourrait toutefois que la transparence accrue de l’eau et la prolifération des macrophytes associées à ces espèces envahissantes jouent en faveur de l’espèce.

Les changements dans la communauté des plantes aquatiques dont dépend ce poisson pourraient aussi avoir joué un rôle dans le déclin de l’espèce. La disparition du méné camus et de sept autres espèces de poissons dans un lac du Wisconsin a en effet été associée à l’introduction et à la prolifération explosive du myriophylle en épi, Myriophyllum spicatum (Lyons, 1989). Cette plante pousse à la pointe Pelée, mais on ignore au juste quand elle s’y est établie. On possède une mention de sa présence en 1961, mais l’identification de la plante n’a jamais été vérifiée. Dans le bassin des rivières Sainte-Claire et Détroit, on l’a signalée pour la première fois en 1974 et, en 1978, elle y était le quatrième macrophyte submergé le plus commun (Schloesser et Manny, 1984; M. Oldham, Centre d’information sur le patrimoine naturel, communication personnelle).

D’après Leslie et Timmins (2002), le caractère isolé de l’habitat de prédilection de l’espèce dans le lac Érié pourrait empêcher la connectivité des populations fragmentées. De plus, cette fragmentation empêche vraisemblablement le flux génétique entre les populations existantes et pourrait inhiber la (re)colonisation d’autres milieux convenables.