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Grive de Bicknell (Catharus bicknelli)

Évaluation

 

Le statut de la Grive de Bicknell est préoccupant à l’échelle nationale et internationale. Le Service canadien de la faune considère que l’espèce est prioritaire en ce qui a trait à la recherche, la surveillance et la conservation (Dunn, 1997) et qu’elle constitue actuellement la priorité absolue en matière de conservation de la faune aviaire néotropicale dans le nord-est de l’Amérique (Rosenberg et Wells, 1995). Les responsables du programme des espèces menacées dans le monde ont proposé de lui accorder le statut d’espèce vulnérable, en se fondant sur les critères de la liste rouge de l’UICN, et l’espèce figure aussi sur la liste des espèces moyennement prioritaires à fortement prioritaires du programme partenaires d’envol (Muehter, 1998).

La Grive de Bicknell est une des espèces d’oiseaux chanteurs les plus rares en Amérique du Nord; on estime que sa population totale compte de 5 000 à 15 000 couples. Au Canada, on estime, de manière réaliste, que l’effectif varie de 2 000 à 5 000 couples. Selon les données sur la répartition de cette grive, les populations sont stables dans les principales régions, mais plusieurs anciennes populations périphériques ont disparu.

De toutes les provinces canadiennes, c’est le Québec qui semble accueillir la plus grosse population, qui constituerait environ 50 p. 100 de la population totale au Canada. Quelques changements relatifs à la répartition de l’espèce semblent s’être produits, en plus d’un déclin probable de l’effectif sur la côte nord du Saint-Laurent. Dans les Maritimes, la population se divise en gros entre le Nouveau-Brunswick (de 500 à 700 couples selon les évaluations générales) et la Nouvelle-Écosse (effectif évalué à 300 couples). La répartition de la population des Maritimes a subi des changements. Des populations ont disparu des îles Seal et Mud, situées au large de la côte sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, et du cap Forchu, dans la partie continentale de la province. Dans l’ensemble, la population principale des Maritimes semble relativement stable, bien qu’on observe des fluctuations et des déclins dans les populations périphériques.

Dans l’ensemble de l’aire de répartition de la Grive de Bicknell, l’habitat de nidification type subit des pressions causées par les opérations forestières à grande échelle, les précipitations acides, l’aménagement de stations de ski, la construction de tours de communications et de pylônes hertziens et les activités récréatives intenses. De plus, bien que les effets du réchauffement planétaire ne soient pas encore connus, les forêts de haute altitude à superficie limitée sont particulièrement vulnérables. Les récentes observations de l’espèce dans des forêts en régénération sont certes un bon signe, mais les recherches en cours indiquent qu’une partie seulement de ces forêts sont propices à l’oiseau. Par ailleurs, l’habitat d’hivernage est probablement plus menacé que l’habitat de nidification. D’après les tendances actuelles en matière d’utilisation du territoire dans l’aire d’hivernage, les zones d’habitats essentiels pourraient être insuffisantes pour soutenir des oiseaux chanteurs des forêts comme la Grive de Bicknell d’ici la fin de la décennie.

En résumé, les populations de la Grive de Bicknell au Canada ne semblent pas subir de déclin important pour le moment, mais elles pourraient être menacées en raison de leur petite taille, de leur répartition éparse, de leur faible potentiel de reproduction et des pressions exercées sur les habitats dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. La présence exceptionnelle de l’oiseau dans des peuplements en régénération au Canada pourrait s’avérer avantageuse, mais cet habitat pourrait aussi ne pas convenir à l’espèce. Par ailleurs, la destruction et la modification des habitats dans les aires d’hivernage progressent à un rythme effarant.