Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Grive de Bicknell (Catharus bicknelli)

Répartition

 

En Amérique

Aire de nidification (figure 1)

Au Canada, la Grive de Bicknell niche surtout en haute altitude, dans des forêts d’épinettes denses et rabougries du Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse. L’espèce atteint sa limite occidentale au Québec, où elle se reproduit sur la rive nord du Saint-Laurent, aux îles de la Madeleine et dans la péninsule de Gaspé (Bishop in Wallace, 1939; Todd, 1963; Ouellet, 1995). Au Nouveau-Brunswick, elle est surtout signalée dans les hautes terres du nord-ouest et du centre-nord (Squires, 1976; Erskine, 1992; Nixon, 1996), tandis que les principales populations de la Nouvelle-Écosse se confinent principalement aux hautes terres de l’île du Cap-Breton et que des effectifs moindres sont recensés dans quelques îles au large des côtes (Erskine, 1992; D. Busby, comm. pers.). On signale aussi sa présence dans plusieurs autres endroits des provinces maritimes (voir ci-après) mais, compte tenu des observations sporadiques et limitées, on pense que ces régions n’abritent pas de populations viables.

Dans le passé, l’espèce était présente dans un certain nombre d’autres endroits de la Nouvelle-Écosse. Dans la première moitié du siècle dernier, on la signalait en assez grand nombre dans deux îles situées au large de la côte sud-ouest de la province (îles Seal et Mud; Wallace, 1939; Erskine, 1992) et, en moins grand nombre, dans de petites îles au large de la côte sud de l’île du Cap-Breton (Tufts, 1986).

Aux États-Unis, la Grive de Bicknell est isolée géographiquement dans des montagnes du nord-ouest et du centre du Maine (répartition limitée, sporadique et côtière là-aussi), du nord et du centre du New Hampshire et de l’intérieur du Vermont (en particulier dans les montagnes Vertes). Elle niche aussi dans les Adirondacks de l’État de New York, et la limite méridionale de son aire de répartition se situe dans les monts Catskill (Kibbe, 1985; Petersen, 1990; Ouellet, 1993; Atwood et al., 1994). Par ailleurs, on a déjà signalé la présence de populations au Massachusetts, mais on ne les a plus revues depuis le milieu des années 1950 (Rimmer et al., 1993; Veit et Petersen, 1993).

Figure 1. Aire de nidification de la Grive de Bicknell en Amérique du Nord

Figure 1. Aire de nidification de la Grive de Bicknell en Amérique du Nord

Aire d’hivernage (figure 2)

La plupart des mentions de la Grive de Bicknell proviennent de l’île d’Hispaniola, dont la superficie est de 76 000 km2; on signale aussi sa présence en Haïti (Morne Malanga) et en République dominicaine, à Puerto Plata, à Sanchez, à Aguacate, à Saint-Domingue, au nord de Cabo Rojo, de Duarte et de Pedernales et dans le parc national Sierra de Bahoruco (Wallace, 1939; Marshall et Clapp, manuscrit inédit; Rimmer et McFarland, 1995). En 1995, des chercheurs ont recapturé en République dominicaine une Grive de Bicknell qui avait été baguée au Vermont, et établi le premier lien biologique direct entre les populations d’Hispaniola et de l’Amérique du Nord (Rimmer et al, 1997).

Par ailleurs, on signale la présence de cette grive à Cuba, à Puerto Rico et à Saint-Croix (Wallace, 1939; Wallace, 1949; A.O.U., 1957; Sladen, 1988; Petersen, 1990; Ouellet, 1993). De plus, il est probable que des mentions hivernales de la Grive à joues grises en Jamaïque et dans l’île Mona soient en fait des mentions de C. bicknelli (Arendt, 1992). Il n’existe aucune observation fiable ni aucun spécimen en Amérique centrale ou en Amérique du Sud (Ouellet, 1993).

Figure 2. Aire d’hivernage de la Grive de Bicknell

Figure 2. Aire d’hivernage de la Grive de Bicknell

Migration

Bien que les habitudes migratoires de la Grive de Bicknell ne soient pas complètement connues (Ouellet, 1993), la majeure partie de la population migre en longeant la côte est et la plaine côtière de l’Atlantique, du Québec méridional jusqu’en Caroline du Sud (Wallace, 1939; Ouellet, 1993). Des mentions et des spécimens proviennent du Québec, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’île de Sable, de même que des côtes (ou à proximité) du Massachusetts, du Connecticut, du Rhode Island, de l’État de New York (en particulier du port de New York et de Long Island), du New Jersey, de la Pennsylvanie, du Maryland, du District of Columbia, de la Virginie, de la Caroline du Nord, de la Caroline du Sud, de la Georgie, de la Floride et de Cay Sal dans les Bahamas (Cory, 1891; Wallace, 1939; Bond, 1956; Ouellet, 1993).

En raison des rares mentions de l’espèce dans le sud des États-Unis, on pense qu’une partie de la population quitte la côte nord‑américaine pour se diriger vers le sud à partir d’un endroit situé en Caroline du Nord, le reste se rendant jusqu’en Floride (Wallace, 1939, 1949).

La Grive de Bicknell peut aussi migrer par l’intérieur du continent, mais en moins grand nombre (Ouellet, 1993). Dans le sud de l’Ontario, elle figure sur la liste des espèces migratrices rares (James, 1991). Des spécimens ont été recueillis en Illinois et peut‑être dans plusieurs États des Grands Lacs, ce qui a incité Wallace (1939) à proposer l’existence d’une voie migratoire vers le sud par la vallée du Mississippi. Cependant, les mentions des cinquante dernières années laissent penser qu’il s’agit plutôt de visiteurs occasionnels.

Présence accidentelle

La présence de la Grive de Bicknell est considérée comme accidentelle à Terre‑Neuve (côte ouest en 1912; Peters et Burleigh, 1951), en Saskatchewan (Maple Creek), dans le sud de l’Ontario (Long Point et peut-être Toronto et Hamilton), en Ohio (Toledo) et peut-être dans l’Indiana (Vincennes), dans l’Illinois (comté de Cook) et en Louisiane (Nouvelle-Orléans; Wallace, 1939).

Au Canada

La limite septentrionale de l’aire de répartition de la Grive de Bicknell se situe au Canada; l’espèce niche surtout au Québec sur la rive nord du golfe Saint-Laurent, dans la péninsule de Gaspé et aux îles de la Madeleine (Wallace, 1939; Ouellet, 1993, 1995), d ns les hautes terres du Nouveau-Brunswick et dans l’île du Cap-Breton (Christie, 1980; Tufts, 1986; Erskine, 1992).

De plus, on signale sa présence dans quelques endroits sur les côtes de la baie de Fundy, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, notamment dans le parc national Fundy (Christie, 1980) et à Pointe LePreau (Squires, 1976), dans l’île de Grand Manan (B. Dalzell, comm pers.) et dans l’île de Campobello (Norm Famous, comm. pers.), sur la côte sud-ouest de la Nouvelle-Écosse (Todd, 1963; Tufts, 1986) et à l’Île-du-Prince-Édouard (Erskine, 1992). Cependant, les effectifs réduits et la présence sporadique de l’espèce dans ces endroits indiquent que ce ne sont pas des populations viables.

Figure 3. Aire de nidification de la Grive de Bicknell au Canada (·= centre de population)

Figure 3. Aire de nidification de la Grive de Bicknell au Canada (·= centre de population)

Québec

La limite septentrionale de l’aire de répartition de la Grive de Bicknell se situe dans le Québec méridional, où l’oiseau niche à des altitudes de 175 à 1 160 mètres sur la rive nord du fleuve Saint‑Laurent, dans la péninsule de Gaspé et dans les Cantons de l’Est (Ouellet, 1993; 1995). Les individus observés durant la préparation de l’atlas des oiseaux nicheurs du Québec (de 1984 à 1989) étaient isolés et très dispersés (Ouellet, 1995). À cette époque, les limites extrêmes de l’aire de répartition étaient, au nord, l’embouchure de la rivière Moisie et, au sud, les environs du mont Gosford à la frontière du Maine; vers l’ouest, l’espèce atteignait la réserve de La Vérendrye située au nord d’Ottawa et, vers l’est, les îles de la Madeleine.

Il existe des mentions historiques éparses de l’espèce sur la rive nord du Saint-Laurent, jusqu’à la rivière Sainte-Marguerite, Pointe Natashquan, l’embouchure de la rivière du Petit Mécatina (Todd, 1963) et La Tabatière (Gillet, 1935) à l’est et, au Labrador, jusqu’à Cape Charles (Townsend, 1917) au nord. Selon Todd (1963), l’aire de répartition de la Grive de Bicknell s’étend jusqu’à l’extrémité orientale du détroit de Belle-Isle. Selon Ouellet (1993), les mentions historiques de l’espèce à Pointe Natashquan et à la rivière du Petit Mécatina à l’est pourraient désigner des oiseaux qui erraient à l’extérieur des limites de l'aire de nidification habituelle au cours de la migration printanière, ou être l’indice d’une réduction de la superficie de l’aire de nidification actuelle dans la province de Québec. Durant la préparation de l’atlas des oiseaux nicheurs du Québec, aucune mention de la présence de la Grive de Bicknell n’a été confirmée à l’est de Tadoussac, et des cas de nidification probables ont été signalés près de Godbout et de Moisie (Ouellet, 1995).

Les observations de la Grive de Bicknell sont sporadiques aux îles de la Madeleine. Un spécimen a été récolté le 15 juillet 1887 dans l’île du Cap-aux‑Meules (Wallace, 1939) et deux autres, dans la Grosse Île à la fin de juin 1901 (Todd, 1963). De plus, la nidification a été confirmée à l’extrémité nord de l’archipel durant la période de préparation de l’atlas du Québec (Ouellet, 1995). Des recensements effectués de mai à octobre 1992 n’ont pas permis de confirmer la présence de cette grive, même dans les zones où des mentions historiques existaient (A.J. Marshall, comm. pers.). Par conséquent, la nidification semble sporadique dans les îles.

Nouveau-Brunswick (figure 4)

La Grive de Bicknell est signalée surtout à plus de 300 à 450 mètres d’altitude (Erskine, 1992; Nixon, 1996). Selon certaines mentions historiques et récentes, elle nicherait aussi dans les basses terres des côtes et des îles, mais seulement en faible nombre.

Au Nouveau‑Brunswick, la plupart des mentions sont concentrées dans les hautes terres du nord‑ouest et du centre‑nord de la province, en particulier dans l’extrême nord‑ouest, à proximité de la frontière du Québec et dans le parc provincial Mont Carleton et à proximité, notamment dans les comtés de Restigouche, de Northumberland et de Victoria (Squires, 1976; Erskine, 1992; Nixon, 1996; Busby et Holmes, données inédites). Même s’il semble y avoir de bons habitats dans les hautes terres du comté d’Albert au sud‑est, aucun confirmation de la présence de l’oiseau n’a été signalée nulle part durant la préparation de l’atlas des oiseaux des Maritimes (Erskine, 1992).

L’espèce est également présente dans des zones peu élevées du sud‑ouest du Nouveau‑Brunswick, sur la côte est (Pointe Escuminac), dans des zones froides des côtes de la baie de Fundy et, plus au sud, dans l’archipel de Grand Manan (île Grand Manan et île Campobello; Erskine, 1992; N. Famous, comm. pers.). Les mentions les plus orientales proviennent du parc national Fundy, où on a découvert une population de nicheurs en 1979 (Christie, 1980). Cependant, aucun oiseau n’a été repéré au cours d’un relevé ultérieur mené en 1992, et on n’y a plus revu l’espèce depuis (Christie, 1993). Durant la période de préparation de l’atlas des oiseaux nicheurs des Maritimes, la nidification dans des basses terres a été confirmée dans une zone située à 20 kilomètres à l’ouest du parc national Fundy (Erskine, 1992). La nature sporadique de ces mentions et les quelques nids repérés laissent penser que la nidification est sporadique dans ces régions et qu’elle ne concerne qu’un petit nombre d’individus (Erskine, manuscrit inédit).

Figure 4.    Observations de la Grive de Bicknell au Nouveau‑Brunswick et à l’île du Cap-Breton (Nouvelle‑Écosse), fondées sur des relevés menés de 1995 à 1998 par le Service canadien de la faune et le Service canadien des forêts. (Avec la permission de D. Busby, SCF, région de l’Atlantique.).

Figure 4.    Observations de la Grive de Bicknell au Nouveau‑Brunswick et à l’île du Cap-Breton (Nouvelle‑Écosse), fondées sur des relevés menés de 1995 à 1998 par le Service canadien de la faune et le Service canadien des forêts. (Avec la permission de D. Busby, SCF, région de l’Atlantique.).

Nouvelle-Écosse (figure 4)

En Nouvelle-Écosse, la plus grande partie de la population est présente dans l’île du Cap‑Breton. Selon Tufts (1986), la Grive de Bicknell peut y passer l’été plus souvent qu’ailleurs en Nouvelle-Écosse, et les mentions de sa présence, dont des confirmations de nidification, sont particulièrement fréquentes dans les hautes terres de l’extrémité nord de l’île (voir Tufts, 1986; Erskine, 1992). Les observations de Tufts sont étayées par un relevé sur la répartition de l’espèce mené par le Service canadien de la faune de 1996 à 1998; ce relevé a permis de détecter l’oiseau dans plusieurs sites de basse altitude à l’île du Cap-Breton et à proximité, notamment dans les îles St. Paul et Scatarie (D. Busby, données inédites). Erskine (1992) a observé l’oiseau près du niveau de la mer dans le sud de l’île du Cap-Breton et à Main-à-Dieu, au sud-est de l’île du Cap‑Breton; par ailleurs, il existe des mentions de sa présence dans l’île Kidston au large de Baddeck (Tufts, 1986).

Dans la partie continentale de la Nouvelle-Écosse, la répartition de la Grive de Bicknell est très éparse. Dans le passé, l’espèce faisait partie des résidents d’été courants à Cape Forchu, dans le comté de Yarmouth, sur la côte du sud-ouest (Allen, 1916). Cependant, Erskine (1992) a été incapable de confirmer la nidification durant la période de préparation de l’atlas des oiseaux nicheurs des Maritimes. Il existe une observation probable d’un nicheur dans la partie continentale, à proximité du cap Chignecto sur la côte nord-ouest, et des observations possibles dans trois autres régions, soit sur la côte et à l’intérieur des terres (hautes terres) à l’est du cap Chignecto et dans le sud-ouest de la province aux environs du cap Forchu. L’espèce n’a pas été signalée dans les hautes terres (altitudes de 200 à 500 mètres) des comtés de Kings, d’Annapolis et de Lunenberg, ni dans les hautes terres de plus basse altitude du comté de Pictou.

Il n’existe aucune mention récente de la Grive de Bicknell dans les centaines de petites îles situées au large des côtes du sud-ouest de la province et de la baie de Fundy, bien que des mentions historiques de populations de nicheurs aient été rapportées dans deux de ces îles. En 1904, l’espèce était très abondante dans l’île Seal (voir Bent in Wallace, 1939) et présente en moins grand nombre dans l’île Mud (Wallace, 1939). En 1938, elle était considérée comme disparue dans l’île Seal (Tufts, 1986). Cependant, elle semble y avoir été observée en 1954 (Erskine, 1955), et encore en 1983 (voir I.A. McLaren in Tufts, 1986). Depuis, aucune présence n’a été signalée, ce qui fait dire à Erskine (manuscrit inédit) que les observations sont attribuables à une série de colonisations et de disparitions qui ont suivi la première disparition de l’espèce et qui ont mené à son élimination. La présence de l’espèce dans l’île Mud a été moins bien documentée; cependant, compte tenu de l’absence de mentions récentes, cette population a probablement subi le même sort que celle de l’île Seal.

 

Île-du-Prince-Édouard

Ni l’atlas des oiseaux nicheurs des Maritimes ni le relevé des oiseaux dans l’Île-du-Prince-Édouard ne confirment la nidification de la Grive de Bicknell dans la province. Cependant, l’espèce y a été signalée deux fois durant la préparation de l’atlas des oiseaux nicheurs des Maritimes (Erskine, 1992). On a signalé une nidification probable aux deux endroits suivants : à l’extrême nord‑ouest de l’île et dans les environs de Tyne Valley (A.I. Erskine, comm. pers.). Vu le caractère peu fréquent et isolé des mentions et la rareté des habitats favorables à l’espèce, la nidification dans l’île semble, au mieux, sporadique, et reste à confirmer.