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Stratégie de rétablissement de l’omble de fontaine aurora au Canada

2. Lacunes:

Ce qui suit résume brièvement les principales lacunes qu’il faudrait aborder à mesure que des renseignements sont disponibles pour aider les efforts de rétablissement. Des mesures pour traiter ces lacunes, lorsqu’elles sont possibles, sont présentées dans le tableau 2 (voir section 5 (c)).

  1. L’abondance historique de la population et les mesures de biomasse ne sont pas disponibles. Des efforts pour trouver les données historiques de la population, y compris pour communiquer avec la première personne responsable des premières évaluations, ont été infructueux (E. Snucins, communication personnelle). Il s’ensuit qu’il n’y avait pas de points de référence pour établir les cibles de rétablissement. Des évaluations de la population ont été effectuées aux lacs Whitepine et Whirligig à l’automne 2003 afin de déterminer l’état de la population actuelle d’omble de fontaine aurora dans ses eaux indigènes. Ces résultats ont aidé l’équipe de rétablissement à compléter cette stratégie.
  2. Le rapport d’étape sur l’omble de fontaine aurora n’existe présentement qu’à l’état d’ébauche. Cette ébauche de rapport d’étape a servi à l’évaluation de l’espèce par le CSEMDC et à l’élaboration subséquente d’une stratégie de rétablissement.  Ce rapport doit être complété. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un écart des savoirs en soi, il s’agit d’une insuffisance d’information qu’il faut combler.
  3. Tel qu’indiqué à la section 2 b) de ce document, les signes initiaux suggèrent que la consanguinité pourrait être un problème chez l’omble de fontaine aurora (C. Wilson, communication personnelle). Il faut examiner cela davantage. Pour appuyer cet examen, 100 échantillons génétiques ont été prélevés à l’automne 2003 chez chacune des populations rétablies dans les lacs indigènes.  Les échantillons ont été soumis au laboratoire génétique du MRNO à Peterborough afin d’être analysés pour déterminer s’il y a des différences entre les poissons à l’état sauvage, le stock actuelle en écloserie et la population du lac Alexander (E. Snucins, communication personnelle).
  4. D’autres évaluations génétiques sont requises pour établir la véritable taxonomie de l’omble de fontaine aurora.  Jusqu’à présent, les examens génétiques n’ont pas permis d’appuyer une désignation de sous-espèce. Tel que noté auparavant, l’examen des données sur l’alloenzyme par le personnel du MRNO dans les années 1990 révèle que l’omble de fontaine aurora possède un très faible niveau de variation génétique mais aucun allèle distinct par rapport à l’omble de fontaine (C. Wilson, communication personnelle).  Grewe et al. (1990) et Danzmann (données non publiées, C. Wilson, communication personnelle) ont tous les deux établi que l’ADN mitochondrial (ADNmt) n’a pas réussi à démontrer des différences diagnostiques fixes dans les marqueurs moléculaires pouvant suggérer une séparation génétique entre l’omble de fontaine aurora et l’omble de fontaine. Toutefois, une recherche plus vaste de l’ADNmt par Reed et al. (1998) a démontré que les sous-espèces et même les espèces soeurs au Canada ne peuvent généralement pas être distinguées en se fondant sur l’ADNmt et que les divergences mitochondriales entre les espèces sœurs dans les zones de déglaciation sont généralement assez faibles (Bernatchez et Wilson 1998). Il s’ensuit que les évaluations génétiques de l’omble de fontaine aurora effectuées jusqu’à présent n’ont peut-être pas réussi à détecter les différences.
  5. Les progrès dans l’utilisation de nouveaux marqueurs d’évaluation génétique, tel que l’ITS (internal transcribed spacer) nucléaire d’introns de régions ou de gènes, pourront peut-être élucider la taxinomie de l’omble de fontaine aurora. Les résultats d’une telle recherche fourniraient des renseignements clés pour les évaluations futures duCSEMDC.  De plus, ces renseignements pourraient aider à perfectionner les options de gestion, particulièrement les possibilités dans les domaines des croisements expérimentaux, des ensemencements croisés et de la fusion de gènes de l’omble de fontaine aurora. Si on découvre que l’omble de fontaine aurora est distinct génétiquement, les croisements avec l’omble de fontaine et l’infusion de gènes de l’omble de fontaine seront considérés comme des options de gestion.
  6. Il n’y a pas de politique officielle de reproduction en captivité, mais il en faudrait une, surtout à la lumière de la possibilité de perte de la valeur adaptive du système de reproduction mentionnée plus haut.  On s’en est remis aux connaissances du personnel de la Station piscicole Hills Lac (SPHL) (avec l’appui requis d’autres membres du personnel du ministère) pour s’occuper de la reproduction et de la culture de l’omble de fontaine aurora. La reproduction en captivité est en cours à la SPHL depuis 1958.  Avant le début des années 1980, l’omble de fontaine aurora indigène captif (élevé en écloserie) était reproduit en mettant les oeufs d’une ou deux femelles dans une laitance d’au moins deux mâles et les oeufs étaient mis en commun afin de maximiser le succès de la fécondation sans égard pour des distinctions de famille. La progéniture qui en résultait était utilisée dans les efforts d’établissement d’une population autosuffisante dans des masses d’eau non indigènes pour soutenir les lacs de pèche à la ligne et, tous les deux ans, 10 000 fretins étaient placés dans le lac Alexander. Après cette époque, à la suite de discussions avec les généticiens piscicoles du MRNO, une stratégie a été lancée par le personnel de l’écloserie pour tenter d’accroître les lignées familiales. 
  7. Présentement, la stratégie de reproduction applique une approche familiale (un mâle pour une femelle) au cheptel de géniteurs indigènes où chaque poisson ne féconde qu’une fois. Les objectifs des collectes d’œufs varient annuellement selon les objectifs de rétablissement et le nombre de lacs de pêche à la ligne qui doivent être empoissonnés. Environ 20 familles (entre 16 et 25 familles) sont ramassées chaque semestre dans le lac Alexander (produisant environ 25 000 à 30 000 oeufs).   Les familles sont couvées séparément jusqu’au stade des œufs. À ce moment-là, on compte un nombre égal de chaque famille pour former le nouveau cheptel de géniteurs de l’écloserie et le reste est retourné au lac Alexander.  En plus de la collecte d’œufs au lac Alexander, entre 10 000 et 150 000 œufs sont collectés chaque année à partir du cheptel de géniteurs de l’écloserie pour l’empoissonnement de fretins dans les lacs de pêche. Présentement, des poissons retournent empoissonner le lac Alexander chaque année afin de maximiser le nombre de classes d’âge (de même que les lignées familiales, on l’espère) dans le cheptel de géniteurs du lac.   
  8. Il faut des évaluations des habitats de frai. On a documenté les emplacements des sites de frai et les descriptions de l’habitat général du lac Whirligig, mais on ne possède que les emplacements généraux du lac Whitepine. On présume que tous les sites connus dans les deux lacs se trouvent à des emplacements de remontées d’eau souterraine; toutefois, il faut mesurer les flux pour le confirmer. Des descriptions et des caractérisations détaillées du frai dans le lac Whitepine sont également requises. Bien qu’on ait avancé l’hypothèse que l’omble de fontaine aurora dans le lac Alexander ne se reproduit pas à cause de l’absence d’un habitat adéquat, il faut le confirmer.  
  9. De grands progrès récents relatifs au contrôle des émissions ont diminué de manière significative les polluants atmosphériques  (particulièrement le soufre) provenant des fonderies de Sudbury et d’autres sources lointaines. Cela aide au rétablissement des lacs indigènes. Il serait utile de déterminer si les niveaux actuels de dépôts acides dépassent ou non la charge critique des lacs indigènes de l’omble de fontaine aurora (pour s’assurer que le pH demeure au-dessus de 5,0).

3. Faisabilité du rétablissment:

Le rétablissement de l’omble de fontaine aurora est techniquement et biologiquement possible. Des populations autosuffisantes ont été rétablies dans chacune des eaux indigènes, avec une reproduction réussie se produisant dans le lac Whirligig depuis 1990 et dans le lac Whitepine depuis 1994. Les niveaux des populations et de la biomasse se situent tout à fait dans l’échelle documentée de l’omble de fontaine qui se trouve dans des lacs oligotrophes à reproduction faible similaires. Chose particulièrement importante, une évaluation récente a révélé que les populations de l’omble de fontaine aurora sont en bonne condition et il ne semble manquer aucune des classes d’âge dans aucun des deux lacs. S’il manquait des classes d’âge, ce serait un premier indice que les populations subissent un stress acide (E. Snucins, communication personnelle). La biomasse et l’abondance de l’omble de fontaine aurora dans le lac Whirligig n’ont pas changé de manière significative de 1993 à 2003.

Un habitat approprié pour le rétablissement de l’omble de fontaine aurora est accessible dans les deux lacs indigènes. Le contrôle de la qualité de l’eau est en cours depuis 1987 et, malgré la présence intermittente brève d’un abaissement du pH en 2001 et 2002, la qualité de l’eau demeure bonne, avec un pH de 5,1 à 5,3 dans le lac Whirligig et de 5,1 dans le lac Whitepine.  Le pH naturel historique, selon l’estimation basée sur des vestiges de diatomées trouvés dans des carottes de sédiment, est de 5,3 pour le lac Whirligig et de 5,4 – 5,7 pour le lac Whitepine (Dixit et al. 1996).  D’autres traitements de calcite en poudre (pour augmenter le pH) n’ont pas été requis dans aucun des deux lacs depuis 1995. 

L’analyse des tendances des données d’hydrochimie démontrent que les concentrations de sulfates continuent de diminuer et les relevés actuels sont peut-être suffisamment faibles pour qu’il ne se produise plus d’abaissement du pH. La tendance vers un déclin des concentrations de sulfates est compatible avec les tendances générales observées dans les lacs du nord-est de l’Ontario (Keller et al. 2001).  Les récentes mesures de contrôle des émissions adoptées au début de 2004 par le ministère de l’Environnement (ME) dans le domaine des fonderies à Sudbury, conjointement avec des initiatives similaires de réduction des émissions entreprises par d’autres autorités, ont augmenté la possibilité que ces masses d’eau continuent de maintenir des niveaux de pH adéquats pour les populations autosuffisantes. Dans plusieurs autres cas, le rétablissement biologique découle d’un rétablissement de la qualité de l’eau, à la fois au niveau local (c.-à-d. à l’intérieur de la zone de dépôts en aval de Sudbury) et dans d’autres compétences. Bien que tout ceci laisse prévoir un avenir plus prometteur pour l’omble de fontaine aurora, ce n’est que le temps et la poursuite d’un programme de contrôle à long terme qui indiqueront si les efforts de rétablissement des populations autosuffisantes de l’omble de fontaine aurora  dans les eaux indigènes est réussi. En fin de compte, le rétablissement biologique dépend de la prévention de la réacidification. 

Bien qu’un habitat adéquat soit disponible dans les deux lacs indigènes et que les populations réintroduites ont été maintenues par une reproduction naturelle depuis plus de 10 ans, il semble que l’habitat de frai est limité ou inexistant dans le lac Alexander et dans les neufs lacs de pêche. C’est pourquoi l’ÉROFA continue d’analyser la possibilité d’établir une ou deux populations satellites non indigènes se reproduisant naturellement. On a empoissonné les lacs Northeast Campcott et Southeast Campcott avec de l’omble de fontaine aurora à la fin des années 1980, au début des années 1990 on a confirmé que les populations se reproduisaient naturellement, mais il semble qu’elles avaient disparues en 2001.  Étant donné que la cause de leur disparition demeure inconnue, on a décidé d’empoissonner le lac Southeast Campcott de nouveau. Les conditions environnementales du lac et l’état de la population seront suivis attentivement. Il est encore désirable d’établir une autre population d’omble de fontaine aurora se reproduisant naturellement, probablement dans un endroit plus près du bassin versant des lacs indigènes. Le lac Little Whitepine, situé juste en aval du lac Whirligig, est un candidat possible. Avant d’empoissonner ce lac, il faudra qu’une telle proposition soit autorisée par le surintendant du parc provincial Lady Evelyn-Smoothwater, qu’une évaluation de classe des parcs provinciaux et des réserves de terres sous conservation soit complétée et qu’un dépistage de l’évaluation des risques tel qu’exposé dans le Code national sur l’introduction et le transfert d’organismes aquatiques soit complété.

Il se peut que les menaces à la survie des populations indigènes puissent être grandement minimisées, atténuées ou éliminées. Il semble que les lacs indigènes se rétablissent de l’acidification et que l’omble de fontaine aurora se reproduit avec succès dans les deux lacs. Il est essentiel de poursuivre la surveillance de ces lacs afin de s’assurer que des interventions supplémentaires (c.-à-d. le chaulage complet des lacs) ne sont pas nécessaires. Étant donné que les deux lacs sont éloignés et situés dans un parc provincial, le risque d’introduire accidentellement une espèce non indigène peut être minimisé, le braconnage est peu probable et les effets perturbants de l’utilisation anthropique du sol sont minimes. On espère que les questions entourant la diversité génétique et la faculté d’adaptation de l’omble de fontaine aurora peuvent être optimisées par l’entremise du programme de reproduction en captivité. Selon les résultats de l’évaluation taxinomique génétique, l’infusion de gênes de l’omble de fontaine pourrait s’avérer une option pour augmenter la diversité.  Comme pour toute espèce de poisson d’eaux froides, les effets possibles d’un changement climatique demeurent incertains.

Les techniques de rétablissement utilisées jusqu’à présent semblent être très réussies. Ces techniques (comprenant la reproduction en captivité, l’empoissonnement et le chaulage complet des lacs) sont des techniques de rétablissement couramment utilisées. Les programmes antérieurs de réduction des émissions industrielles ont réussi à réduire les dépôts acides dans le centre et le nord-est de l’Ontario. La plus récente initiative lancée par le ministère de l’Environnement et plusieurs  industries à Sudbury aidera la situation.