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Programme de rétablissement du mûrier rouge (Morus rubra) au Canada

3. Description de l'espèce et de ses besoins

3.1 Description de l'espèce

Le mûrier rouge est un arbre de l'étage inférieur dioïque1, bien que parfois monoïque2, qui atteint le plus souvent une hauteur de 6 à 18 m (Ambrose, 1987). Les fleurs sont anémophiles, des chatons3 de couleur jaune rouge vert qui fleurissent au début du printemps (Ambrose, 1987). Les mûriers produisent une quantité moyenne de fruits de couleur rouge profond qui viennent annuellement à maturité du milieu à la fin juillet (Ambrose, 1987). Les grandes feuilles en forme de cœur sont dentelées4 à longue pointe, rugueuses et duveteuses et peuvent avoir d'un à trois lobes. Le mûrier rouge peut être difficile à distinguer du mûrier blanc (M. alba) et de leurs hybrides (Ambrose, 1987, 1999). Parmi les guides de poche qui représentent le mûrier rouge avant l'introduction du mûrier blanc en Amérique du Nord, mentionnons Peattie (1950), Braun (1961), Harlow et Harrar (1969) et Tomlinson (1980).

3.2 Besoins de l'espèce

Dans son aire de répartition nord américaine, le mûrier rouge vit dans les meilleures conditions lorsqu'il se trouve dans des anses humides protégées, à proximité de cours d'eau (Martin et coll., 1961). Au Canada, l'espèce est indigène dans la zone biologique carolinienne située en Ontario. Elle s'y trouve dans les habitats frais à humides, bien drainés et boisés, dont les plaines d'inondation, les bas fonds, les pentes et les ravins du versant sud de l'escarpement du Niagara et dans les baissières5 et certaines sablières à l'ouest du lac Érié (Ambrose, 1999). On observe également des mûriers rouges sur les sols sablonneux de la région d'Essex Chatham Kent et les sols calcaires loameux dans la péninsule Niagara (Ambrose, 1999). Le mûrier rouge tolère modérément l'ombre, mais les ouvertures dans les forêts au sol minéral exposé, où la concurrence est inexistante, semblent favoriser un meilleur recrutement (Ambrose, 1999). Les semis sont sensibles à la chaleur estivale (Ambrose, 1987).

Comme l'espèce est anémophile, les regroupements d'arbres dans l'aire de dispersion du pollen sont importants pour garantir la production de graines en nombre suffisant et viable pour la colonisation de nouveaux sites. Les oiseaux, et peut être les petits mammifères, sont d'importants agents de dispersion du fruit du mûrier rouge (Ambrose, 1987).

1 Les plantes dioïques ont des fleurs mâles et des fleurs femelles sur des pieds distincts.
2 Les plantes monoïques ont des fleurs mâles et femelles réunies sur le même pied.
3 Un chaton est un épi constitué de fleurs cylindriques dont les pétales souvent tombants sont inexistants ou difficiles à voir.
4 Ce mot renvoit aux pointes en forme de dents qui ressemblent à celles d'une scie et qui pointent vers le haut.
5 Une baissière est une longue dépression étroite et peu profonde qui suit souvent un rivage et qui demeure habituellement plus humide que les crêtes en bordure des hautes terres.