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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la fausse-teigne à cinq points du yucca (Prodoxus quinquepunctellus ) au Canada

COSEPAC Résumé

Fausse-teigne à cinq points du yucca
Prodoxus quinquepunctellus

Information sur l’espèce

La fausse-teigne à cinq points du yucca est un petit papillon nocturne de 11 à 21 mm d’envergure. Le corps est couvert d’écailles blanches. Les ailes antérieures sont habituellement entièrement blanches, mais elles peuvent porter jusqu’à 18 petites taches foncées. Les ailes postérieures sont habituellement plus foncées, grises à presque blanches. Les adultes demeurent cachés à l’intérieur des fleurs de yucca glauque durant la journée, mais ils migrent vers les hampes florales durant la nuit.

Tous les stades immatures de la fausse-teigne à cinq points du yucca vivent à l’intérieur des hampes florales de la plante hôte, le yucca glauque. Les œufs sont blancs et mesurent approximativement 0,4 mm de longueur. Les chenilles sont blanchâtres au début, mais elles virent au vert pâle en vieillissant.

Répartition

La fausse-teigne à cinq points du yucca est largement répandue en Amérique du Nord. Elle se rencontre du Texas jusque dans le sud de l’Alberta, et de la côte Atlantique des États-Unis jusque dans les Grandes Plaines. Au Canada, l’espèce est représentée par une seule population, dans la vallée du cours inférieur de la rivière Lost, à Onefour (Alberta).

Habitat

À l’extrémité nord de son aire de répartition, la fausse-teigne à cinq points du yucca dépend entièrement du yucca glauque (ponte, alimentation et développement larvaire). En Alberta, le yucca glauque pousse sur des pentes de coulée bien drainées, soumises à l’érosion et exposées au sud, dans le bassin de la rivière Milk.

Biologie

À toutes les étapes de sa vie, la fausse-teigne à cinq points du yucca dépend entièrement de sa plante hôte, le yucca glauque, et du pollinisateur de cette plante, la teigne du yucca. Les adultes se réfugient à l’intérieur des fleurs de yucca glauque durant la journée et s’y accouplent durant la nuit. Une fois accouplées, les femelles déposent leurs œufs directement dans les hampes florales. Les œufs éclosent 9 jours plus tard, et les jeunes chenilles s’enfoncent aussitôt dans les tissus de la tige pour s’y nourrir. Tout le développement larvaire s’effectue dans cet univers protégé. Les chenilles peuvent demeurer dans la tige pendant un ou plusieurs hivers avant de se métamorphoser en adultes durant une saison de floraison subséquente. 

La production de fruits par le yucca glauque, rendue possible par l’existence d’un lien de mutualisme fondé sur la pollinisation et la prédation des graines entre la plante et son pollinisateur obligatoire, est le principal facteur qui influe sur la survie de la fausse-teigne à cinq points du yucca. La fausse-teigne à cinq points du yucca dépend entièrement de la teigne du yucca pour la pollinisation des fleurs de yucca et la production de fruits. Si aucun fruit n’est produit, la hampe florale se dessèche rapidement, et presque toutes les chenilles qui se trouvent à l’intérieur meurent.

Taille et tendances des populations

La fausse-teigne à cinq points du yucca se rencontre uniquement parmi les populations de sa plante hôte. Au Canada, elle est présente dans seulement une des deux populations naturelles connues de yucca glauque. Ses effectifs à Onefour sont estimés entre cinq cents et quelques milliers d’individus et semblent relativement à l’abri de toute menace immédiate. Toutefois, en l’absence de données à long terme, il est impossible d’inférer des tendances. 

Facteurs limitatifs et menaces

Le succès de reproduction de la fausse-teigne à cinq points du yucca est limité par la production de hampes florales et la rétention des fruits par les plants de yucca. Dès lors, les facteurs qui représentent une menace pour le yucca glauque ou la teigne du yucca constituent également une menace pour la fausse-teigne à cinq points du yucca. L’herbivorie par le cerf-mulet et l’antilope d’Amérique peut avoir un effet déterminant sur le succès de reproduction du yucca glauque et des espèces de teignes qui lui sont associées, car ces ongulés peuvent dévorer la majorité des fleurs et/ou toutes les hampes florales. La seule population canadienne de fausse-teigne à cinq points du yucca est isolée par environ 200 km des autres populations établies plus au sud. En conséquence, il y a peu de chance que l’espèce parvienne à recoloniser la région si jamais cette population venait à disparaître. Parmi les autres facteurs qui représentent une menace pour la fausse-teigne à cinq points du yucca, mentionnons l’agriculture, la circulation des véhicules hors route et la collecte de plants de yucca à des fins horticoles ou médicinales.

Importance de l’espèce

Les populations canadiennes de yucca glauque et des espèces de teignes qui lui sont associées se trouvent à la limite nord de leur aire de répartition respective. La fausse-teigne à cinq points du yucca pourrait donc servir d’espèce indicatrice pour ce système, car sa survie dépend de la capacité duyucca glauque de se maintenir et de se reproduire de façon sexuée en compagnie de son pollinisateur, la teigne du yucca.

Protection actuelle

La fausse-teigne à cinq points du yucca ne bénéficie actuellement d’aucune protection. Le COSEPAC a désigné le yucca glauque « espèce menacée », et la teigne du yucca, « espèce en vie de disparition ». Ces deux espèces figurent à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral, et leurs habitats sont protégés. Même si la fausse-teigne à cinq points du yucca ne bénéficie d’aucune protection officielle, elle profite directement de toutes les mesures axées sur la protection, la gestion ou le rétablissement du yucca glauque et de la teigne du yucca.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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