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Information sur l’espèce désignée par le COSEPAC : le marsouin commun 

Le reste du présent cahier est organisé de manière à vous présenter des renseignements propres au marsouin commun (population de l’Atlantique Nord-Ouest). Vous y trouverez de l’information sur le statut donné à l’espèce par le COSEPAC, sur la distribution et la biologie de cette espèce, sur la justification de sa désignation par le COSEPAC, ainsi que sur les mesures de gestion de l’espèce et sur leurs conséquences possibles. On peut  prendre connaissance du rapport de situation intégral sur le marsouin commun, comprenant les facteurs limitatifs et menaces auxquelles il est exposé, dans le site suivant :http://www.registrelep.gc.ca.

Description du marsouin commun

Le marsouin commun (Phocoena phocoena) est un petit mammifère marin, de la famille des baleines et des dauphins. Il dépasse rarement 1,7 mètres de long et les femelles sont légèrement plus grandes que les mâles. On le trouve souvent dans les baies (en particulier l’été), quoiqu’on l’ait aussi vu à des centaines de kilomètres au large. La reproduction a lieu au début de l’été et, de 10 à 11 mois plus tard, la femelle donne naissance à un unique petit, qu’elle allaite pendant au moins 8 mois. Les femelles atteignent habituellement la maturité sexuelle entre les âges de 3 et 4 ans, tandis que les mâles arrivent à ce stade légèrement plus tôt. Le plus vieux marsouin commun rencontré avait 24 ans, mais la plupart de ces animaux ne dépassent pas une dizaine d’années.  

Comme petit mammifère marin aux réserves énergétiques limitées, le marsouin commun doit se nourrir fréquemment et sa répartition à tout moment est liée à celle de ses proies. Il se nourrit surtout de petits poissons et de céphalopodes de moins de 30 cm de longueur. Il est attiré par les régions où les proies sont abondantes, en particulier les proies grasses, comme le capelan et le hareng.

Où vit le marsouin commun?

Le marsouin commun vit dans les eaux tempérées de l’hémisphère Nord. Il est largement distribué sur les plateaux continentaux des océans de cet hémisphère, où il vit en plusieurs populations séparées et distinctes. Au Canada, les populations de marsouin commun des régions de l’Atlantique et du Pacifique représentent des sous-espèces séparées.  Dans l’Atlantique, le marsouin commun de l’Atlantique Nord-Est vit séparément du marsouin commun de l’Atlantique Nord-Ouest. Récemment, les populations de la Manche et de la mer Baltique ont disparu.

Dans l’est canadien, on trouve des marsouins communs depuis la baie de Fundy jusqu’à l’île de Baffin. Il ressort d’analyses d’ADN et de toxicologie que trois populations distinctes passent l’été dans l’est du Canada (à Terre-Neuve et au Labrador, dans le golfe du Saint-Laurent et dans la région de la baie de Fundy et du golfe du Maine). Il est vraisemblable que ces populations se mélangent dans une certaine mesure l’hiver, période où on connaît mal leur répartition (figure 1).

D’après une adaptation de Read’s (2002)- Mise à jour du Rapport de situation du COSEPAC sur le marsouin commun

Figure 1. D’après une adaptation de Read’s (2002) - Mise à jour du Rapport de situation du COSEPAC sur le marsouin commun (populations de l’Atlantique Nord-Ouest).

Il y a très peu de données sur les migrations qui se produisent au sein des trois populations canadiennes, sauf en ce qui concerne l’ouest de la baie de Fundy, où on a réalisé des études par radio-étiquetage. Dans cette région, les individus porteurs d’émetteurs radio parcouraient environ 50 km par jour. Le domaine vital de ces animaux pourrait comprendre la totalité du golfe du Maine. La population de la région de la baie de Fundy et du golfe du Maine est transfrontalière et tend à se déplacer vers les eaux américaines en automne. Il est possible que des individus opèrent des migrations saisonnières vers les mêmes eaux d’année en année. Voir le document intitulé Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la population de marsouin commun de l’Atlantique Nord-Ouest (2003).

Statut selon le COSEPAC : marsouin commun (population de l’Atlantique Nord-Ouest)


La population de marsouin commun de l’Atlantique Nord-Ouest est actuellement désignée par le COSEPAC comme « préoccupante ». Sa plus récente évaluation a été réalisée en mai 2003. Avant d’être déclassée au rang d’espèce « préoccupante », en mai 2003, la population était considérée et désignée par le COSEPAC comme « menacée »  depuis avril 1990.

Le marsouin commun avait été initialement inscrit par le COSEPAC sur leur liste des espèces en péril en raison de l’importante proportion de sa population qui était tuée chaque année après avoir été capturée comme prise accessoire, en particulier dans la pêche du poisson de fond au filet maillant. Or, l’ampleur du problème a pu diminuer ces dernières années en raison de changements à la pêche du poisson de fond. Toutefois, des centaines, voire des milliers, de marsouins communs meurent toujours chaque année après s’être accidentellement empêtrés dans des engins de pêche. Comme on sait peu de chose de la dynamique de la population de marsouin commun, les morts accidentelles par capture accessoire dans la pêche représentent un important problème de conservation.

À quelles menaces l’espèce est-elle exposée?

Il n’y a pas d’estimation des taux de survie annuels des diverses populations de marsouin commun. Les données dont on dispose au sujet de la répartition des âges d’une population donnée proviennent d’échantillons d’animaux qui sont morts après s’être échoués ou s’être empêtrés dans des engins de pêche. Ces données sont difficiles à interpréter, car les animaux morts dans de telles circonstances ne sont peut-être pas représentatifs de la population générale. Nous avons une piètre connaissance de la composition des populations de marsouin commun selon l’âge et de leur taux de croissance possible. Il y a aussi beaucoup d’incertitude dans ce que nous savons du degré de mortalité d’origine humaine que les populations de marsouin commun peuvent supporter. À l’heure actuelle, la mortalité d’origine humaine menace peut-être la survie du marsouin commun. On s’inquiète de ce qu’en raison des conditions actuelles, les populations de marsouin commun de l’Atlantique Nord-Ouest risquent de devenir « menacées ». Voici, sans ordre particulier, quels sont les problèmes auxquels peut être exposé le marsouin commun :

  • Empêtrement dans des engins de pêche
  • Perte d’habitat due à l’utilisation de dispositif de harcèlement acoustique
  • Contaminants
  • Dégradation et perte d’habitat découlant des activités pétrolières et gazières
  • Diminution des proies en raison de la surpêche
  • Activités scientifiques et écotourisme.

Empêtrement dans des engins de pêche

La plus grande cause connue de mortalité d’origine humaine chez le marsouin commun est l’empêtrement dans des engins de pêche, principalement dans des filets maillants calés. Au cours des dernières décennies, dans tout l’est du Canada, de nombreux marsouins communs sont morts après avoir été capturés accessoirement par des pêcheurs. Avec les fermetures récentes de certaines pêches du poisson de fond, l’ampleur du problème a peut-être diminué. Toutefois, malgré une baisse de l’effort de pêche, les prises accessoires continuent. Ainsi, dans la région de Terre-Neuve et du Labrador, le nombre de marsouins capturés accidentellement par les engins de pêche côtière le long de la côte sud se situait approximativement entre 700 et 5 300 pour le seul été 2002.

       Dans le golfe du Saint-Laurent, les estimations de marsouins tués par des engins de pêche en 1989, 1990 et 1994 étaient de l’ordre de 2 000 à 4 000 animaux par an. La mortalité se produisait surtout l’été dans les filets maillants à poisson de fond.

       Dans la baie de Fundy, comme ailleurs, les filets maillants à poisson de fond étaient aussi la principale cause d’empêtrement fatal chez le marsouin commun. Depuis 1995, année où les prises accessoires annuelles de marsouin commun furent plafonnées à 110, le nombre de morts de marsouin commun dues à l’empêtrement dans des engins diminua, passant de quelques centaines à l’ordre des dizaines. Dans le golfe du Maine, ce nombre était de quelques milliers jusqu’en 1996, mais il s’est ensuite chiffré en centaines, puis, en 2001, en dizaines d’animaux. Toutefois, cette diminution ne reflète peut-être pas une réduction de la menace. En effet, une baisse du nombre de marsouins communs se traduirait aussi par une baisse du nombre d’individus empêtrés dans des engins de pêche. 

Perte d’habitat due à l’utilisation de dispositifs de harcèlement acoustique

On s’inquiète de ce que dans la baie de Fundy l’utilisation de dispositifs de harcèlement acoustique (DHA) par l’industrie de l’aquaculture puisse occasionner  l’exclusion à grande échelle du marsouin commun de son habitat de prédilection. Les DHA sont utilisés pour produire des sons de haute intensité qui dissuadent les phoques de s’approcher des sites d’aquaculture. Ces sons sont perçus par les marsouins communs et semblent les tenir eux aussi à l’écart de l’endroit. Si on laisse ces dispositifs se répandre dans la région, ils risquent d’engendrer des effets cumulatifs.

 Contaminants

Les concentrations accrues de contaminants dans les eaux régulièrement fréquentées par le marsouin commun peuvent entraîner une hausse des concentrations de contaminants dans les tissus de cet animal. Comme les mammifères marins ont une grande quantité de tissus adipeux, ils sont susceptibles d’accumuler les contaminants liposolubles présents dans leur environnement ou chez leurs proies. Les fortes concentrations de contaminants associées à l’expansion industrielle ont eu des effets néfastes sur la santé de certaines populations de baleine au Canada, comme la population de béluga du fleuve Saint-Laurent. Il se peut que les marsouins communs puissent également accumuler ces toxines, ce qui risquerait d’avoir des conséquences néfastes.

Dégradation et perte d’habitat découlant des activités pétrolières et gazières

Les installations de pétrole et de gaz extracôtiers peuvent occasionner localement une dégradation et une perte d’habitat, en créant des perturbations physiques et en évacuant leurs déchets dans l’océan. Les lignes directrices actuelles régissant le traitement des déchets permettent l’évacuation des eaux produites et des résidus de forage dans l’océan. Or, ces déchets opérationnels contiennent divers contaminants. Quoique des limites soient imposées sur les concentrations de contaminants qu’on peut évacuer dans la mer, il n’y a pas de limite sur les quantités totales. D’où le risque d’effets cumulatifs. La croissance des activités pétrolières et gazières dans les eaux du large entraîne aussi un accroissement des possibilités d’effets cumulatifs néfastes sur la qualité de l’habitat occupé par les organismes marins.

Par ailleurs, l’industrie du pétrole et du gaz recourt à la prospection sismique pour cerner les zones possibles de future mise en valeur des ressources pétrolières et gazières. Or, on ne connaît pas bien tous les impacts physiques de la prospection sismique, ni ceux que celle-ci peut avoir sur le comportement des animaux marins. Il n’y a pas eu d’étude des effets possibles de la prospection sismique sur le marsouin commun. L’activité sismique pourrait être source de harcèlement acoustique ou avoir pour effet de déloger le marsouin commun ou ses proies de leur habitat de prédilection.

Diminution des proies en raison de la surpêche

Les proies préférées du marsouin commun, en particulier le hareng, font l’objet d’une pêche commerciale.  Elles peuvent donc donner lieu à une surpêche, ce qui pourrait être une menace pour le marsouin commun. Bien que rien ne permette de croire que c’est le cas actuellement, les changements de grande envergure observés récemment dans le réseau trophique marin incitent à la prudence.

Étant un des plus petits cétacés et ayant de ce fait des réserves énergétiques limitées, le marsouin commun doit se nourrir fréquemment. Il est habituellement vu là où se trouvent ses proies et sa capacité limitée de se passer longtemps de nourriture se reflète chaque année dans le nombre de jeunes marsouins qu’on trouve morts de faim sur la côte est des États-Unis. Si la pêche épuise les proies préférées du marsouin au point que celui-ci doive passer plus de temps à rechercher sa nourriture, cela risque aussi d’être une menace pour cet animal.

Activités scientifiques et écotourisme

Les activités scientifiques et l’écotourisme, jugés relativement inoffensifs par certains, peuvent influer sur le comportement du marsouin commun. Celui-ci est un animal généralement considéré comme étant timide. La mise en œuvre d’activités humaines intensives et à grande échelle dans son habitat de prédilection risque de menacer ses populations. La femelle peut être particulièrement vulnérable quand elle met bat.