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Programme de rétablissement de la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii) au Canada [Proposition] - 2017

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement de la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii) en Ontario, préparée par Environnement et Changement climatique Canada

Préface

En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d'établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l'élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l'Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l'égard de la couleuvre agile bleue et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l'article 37 de la LEP. L'article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l'espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). Le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario (maintenant nommé ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario) a dirigé l'élaboration du programme de rétablissement de la couleuvre agile bleue ci-joint (partie 2), en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.

La réussite du rétablissement de l'espèce dépendra de l'engagement et de la collaboration d'un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada, ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la couleuvre agile bleue et de l'ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d'un ou de plusieurs plans d'action qui présenteront de l'information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d'autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l'espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l'orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l'espèce, incluant la désignation de l'habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l'information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l'espèce. Lorsque l'habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d'action, la LEP exige que l'habitat essentiel soit alors protégé.

Dans le cas de l'habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l'habitat essentiel désigné dans une zone protégée par le gouvernement fédéralNote 1 de bas de page soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l'ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d'action qui a désigné l'habitat essentiel. L'interdiction de détruire l'habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s'appliquera 90 jours après la publication de la description de l'habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l'habitat essentiel se trouvant sur d'autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l'habitat essentiel soient appliquées.

Si l'habitat essentiel d'un oiseau migrateur ne se trouve pas dans une zone protégée par le gouvernement fédéral, sur le territoire domanial, à l'intérieur de la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada, l'interdiction de le détruire ne peut s'appliquer qu'aux parties de cet habitat essentiel -- constituées de tout ou partie de l'habitat auquel la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs s'applique aux termes des paragraphes 58(5.1) et 58(5.2) de la LEP.

En ce qui concerne tout élément de l'habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre compétent estime qu'une partie de l'habitat essentiel n'est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d'autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l'interdiction de détruire l'habitat essentiel. La décision de protéger l'habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n'étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

La version initiale de l'addition fédérale a été préparée par Jennie Pearce (Pearce and Associates Ecological Research). Cette version a ensuite été retravaillée par Kathy St. Laurent, Lauren Strybos, Justine Mannion, Krista Holmes (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune, Ontario) et Bruna Peloso (anciennement à Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune, Ontario). Rachel deCatanzaro, Liz Sauer, Lesley Dunn (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune, Ontario), Veronique Lalande, Paul Johanson (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune, Région de la capitale nationale), Vivian Brownell, Joe Crowley, Anita Imrie et Jay Fitzsimmons (ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario) ont examiné le présent document et ont fourni des commentaires et des conseils au cours de son élaboration.

Nous remercions toutes les parties qui ont fourni des conseils et de l'information utiles aux fins d'élaboration du présent programme de rétablissement, notamment les divers organismes autochtones, particuliers et intervenants qui ont apporté des renseignements et/ou participé aux réunions de consultation. Nous remercions également Rob Willson, qui a fourni le rapport du relevé de 2002 et des conseils durant l'élaboration de l'addition fédérale.

Ajouts et modifications apportés au document adopté

Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Programme de rétablissement de la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii) en Ontario (partie 2 du présent document, ci-après appelé « programme de rétablissement provincial ») et/ou pour présenter des renseignements à jour ou additionnels.

Environnement et Changement climatique Canada adopte le programme de rétablissement provincial (partie 2), y compris la section 2.0 (Rétablissement), où sont décrites les approches nécessaires à l'atteinte de l'objectif en matière de population et de répartition. Environnement et Changement climatique Canada a établi son propre objectif en matière de population et de répartition, en accord avec le but de rétablissement recommandé dans le programme de rétablissement provincial.

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l’habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du programme de rétablissement provincial concernant la protection de l’habitat de l’espèce peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l’habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l’habitat essentiel en vertu de la LEP.

1 Évaluation de l'espèce par le COSEPACi

Date de l'évaluation :
Mai 2012
Nom commun (population) :
Couleuvre agile bleue
Nom scientifique :
Coluber constrictor foxii
Statut selon le COSEPAC :
Espèce en voie de disparition
Justification de la désignation :
Cette couleuvre de grande taille a une répartition extrêmement limitée, et elle ne se trouve au Canada que sur l'île Pelée dans le sud de l'Ontario. Malgré les efforts déployés pour protéger l'habitat en décroissance, l'espèce présente encore un faible effectif. Les menaces incluent la perte et la fragmentation de l'habitat, la mortalité accrue sur les routes et la persécution. 
Présence au Canada :
Ontario
Historique du statut selon le COSEPAC :
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1991. Réexamen et confirmation du statut en mai 2002 et en mai 2012.

i COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

2 Information sur la situation de l'espèce

La couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii) est une sous-espèce de la couleuvre agile (Coluber constrictor). Il existe 11 sous-espèces de couleuvres agiles en Amérique du Nord (Crother et al., 2001), trois d'entre elles étant présentes au Canada. La couleuvre agile bleue est la seule sous-espèce de couleuvre agile présente en Ontario, où désormais elle n'est présente que sur l'île Pelée dans le lac Érié, alors qu'elle a déjà été observée auparavant sur la partie continentale dans l'extrême sud-ouest de l'Ontario.

La répartition historique de la couleuvre agile bleue en Amérique du Nord s'étendait dans la région des Grands Lacs depuis l'extrême sud-ouest de l'Ontario jusque dans le centre et le sud du Michigan, le nord-est de l'Ohio, l'est de l'Iowa, le sud-est du Minnesota et le sud de l'Illinois (Conant et Collins, 1998; Willson et Cunnington, 2012). La couleuvre agile bleue a une cote de conservation mondiale de G5T5 avec une cote arrondie de T5, indiquant que la sous-espèce n'est pas en péril à l'échelle mondialeNote 2 de bas de page (NatureServe, 2014). La cote de conservation de la couleuvre agile bleue n'a pas été évaluée aux États-Unis et dans la plupart des États où elle est présente; en Indiana, elle est cotée S4, soit apparemment non en périlNote 3 de bas de page (NatureServe, 2014).

Au Canada, la couleuvre agile bleue est classée gravement en périlNote 4 de bas de page à l'échelle nationale et infranationale (Ontario) (N1 et S1, respectivement) (NatureServe, 2014). Elle est inscrite à titre d'espèce en voie de disparitionNote 5 de bas de page à l'annexe 1 de la LEP du gouvernement fédéral et, également, à titre d'espèce en voie de disparitionNote 6 de bas de page en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario (LEVD).

On estime que la population de couleuvres agiles bleues présente au Canada représente moins de 1 % de la répartition mondiale de la sous-espèce, avec un indice de zone d'occupationNote 7 de bas de page (IZO) de 16 km2 (COSEWIC, 2012).

3 Résumé du caractère réalisable du rétablissement

D’après les quatre critères suivants qu’Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, le rétablissement de la couleuvre agile bleue comporte des inconnues. Conformément au principe de précaution, un programme de rétablissement a été élaboré en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, tel qu’il convient de faire lorsque le rétablissement est déterminé comme étant réalisable du point de vue technique et biologique. Le présent programme de rétablissement traite des inconnues entourant le caractère réalisable du rétablissement.

1. Des individus de l'espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.
Oui. Au Canada, une seule population reproductrice de la couleuvre agile bleue est présente sur l'île Pelée (Ontario). Le COSEPAC (2012) estime que la population comprend moins de 250 adultes et qu'elle est probablement en déclin, malgré qu'aucun relevé officiel n'ait été effectué depuis 2002. Cependant, des nouveau-nés et des juvéniles ont été observés récemment en 2015 (Crowley, comm. pers., 2015), ce qui signifie que la population se reproduit. La taille de la population la rend vulnérable à la disparition causée par la stochasticité démographique et environnementaleNote 8 de bas de page, des événements catastrophiques et la perte de variabilité génétique. La population de l'île Pelée est isolée des autres populations de couleuvres agiles bleues, et il n'y a actuellement aucune immigration d'individus depuis les populations étatsuniennes voisines se trouvant sur la partie continentale, ni émigration vers ces populations. Les populations au Michigan, en Iowa et dans l'Illinois sont apparemment non en péril. Les individus appartenant à ces populations seraient adaptés aux conditions locales en Ontario et pourraient donc être utilisés pour une immigrationNote 9 de bas de page au Canada.
2. De l'habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l'espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l'habitat.
Inconnu. Dans l'aire de répartition existante de l'espèce au Canada (c.-à-d. l'île Pelée), il existe de l'habitat convenable, mais il est fragmenté et pourrait être dégradé davantage encore par les activités de développement urbain et agricole ainsi que par la circulation routière accrue (COSEWIC, 2012). Actuellement, l'habitat d'hibernation disponible est limité, et les sites de nidification, naturellement rares, sont devenus moins nombreux sur l'île Pelée, ce qui force l'espèce à utiliser des sites moins optimaux (Willson et Cunnington, 2015). Bien qu'on dispose de peu d'information sur les tendances démographiques, des relevés non officiels effectués entre 2000 et 2009 indiquent que la population pourrait avoir diminué et donnent à penser que l'habitat pourrait être dégradé (COSEWIC, 2012). Il pourrait être possible d'augmenter la quantité d'habitat convenable et de maintenir un habitat suffisant pour soutenir l'espèce au Canada au moyen d'une gestion active. L'acquisition et la gestion active de terres par Conservation de la nature Canada (CNC) en 2009 et en 2010 sur l'île Pelée a permis une certaine régénération de l'habitat naturel ainsi que l'établissement de nouveaux éléments d'habitat. La qualité des propriétés gérées par CNC devrait continuer à s'améliorer au fil du temps. On espère qu'il y aura émigration vers les zones actuellement non utilisées par l'espèce à l'avenir (MacKinnon et Porchuk, 2006). Par ailleurs, la surveillance des habitats créés par CNC pour la couleuvre agile bleue devrait être encouragée.
3. Les principales menaces pesant sur l'espèce ou son habitat (y compris les menaces à l'extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.
Inconnu. La perte, la dégradation et la fragmentation d'habitat causées par les activités liées aux changements d'utilisation des terres et l'accroissement du développement et de la mortalité due aux véhicules constituent les menaces les plus importantes pour la couleuvre agile bleue. Les menaces sur la couleuvre agile bleue ne sont ni bien quantifiées ni bien suivies sur l'île Pelée, mais les menaces futures pourraient probablement être atténuées, bien qu'on puisse tout de même faire face à une perte et à une fragmentation irréversibles d'habitat. L'élaboration et la mise en œuvre de pratiques exemplaires de gestion (p. ex. le maintien de types de végétation convenant à l'espèce, y compris les pelouses, la construction d'hibernacles artificiels, la création d'habitats de nidification et d'abritement) pour remettre en état et maintenir l'habitat de la couleuvre agile bleue ainsi que la préservation d'habitat au moyen de servitudes de conservation ou d'achats de terres pourraient atténuer la perte et la fragmentation futures d'habitat (Nature Conservancy of Canada, 2008; Mifsud, 2014). La mise en œuvre de programmes d'éducation et de sensibilisation favorisant une meilleure compréhension de la législation liée aux espèces en péril, comme la LEP et la LEVD, ainsi que les options d'intendance pour les propriétaires fonciers pourraient permettre de contrer la persécution des serpents, alors que des mesures d'atténuation, comme la création d'écopassages et l'installation de clôtures sur le bord des routes, combinées à la signalisation routière, pourraient aider à réduire la mortalité routière. De plus, la maladie fongique du serpent (MFS) est désignée dans le présent programme de rétablissement comme étant une menace potentielle pour la couleuvre agile bleue. Toutefois, l'impact de la maladie sur l'espèce au Canada est inconnu, et des méthodes de lutte contre cette maladie n'ont pas encore été élaborées.
4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.
Inconnu. La priorité en ce qui concerne le rétablissement de la couleuvre agile bleue est de maintenir et, si c'est réalisable, d'augmenter l'abondance et la répartition actuelles de l'espèce à l'intérieur de son aire de répartition actuelle. Pour atteindre cet objectif, il est essentiel de faire face aux menaces pesant sur l'espèce et son habitat. On connaît mal, à l'heure actuelle, la gravité des menaces et les méthodes pour les éviter ou les atténuer ainsi que l'efficacité des techniques de rétablissement. Toutefois, les activités de rétablissement, comme celles visant à protéger l'habitat et à en assurer la connectivité par le biais d'achats de terres et de servitudes de conservation, à gérer la succession végétale par des brûlages dirigés et à créer des habitats d'hibernation, de nidification et d'abritement, devraient favoriser le rétablissement.

Étant donné qu'au Canada, la couleuvre agile bleue se trouve à la limite nord de son aire de répartition nord-américaine et que sa répartition a toujours été naturellement limitée, elle pourrait rester vulnérable aux facteurs de stress naturels et résultant de l'activité humaine, malgré les efforts de rétablissement.

4 Menaces

Comme il est mentionné dans le programme de rétablissement provincial (partie 2, section 1.6), la perte, la dégradation et la fragmentation d'habitat sur l'île Pelée constituent une menace à la fois historique et actuelle pour la couleuvre agile bleue (COSEWIC, 2012); tout comme la circulation routière accrue associée aux nouveaux projets de développement, ce qui augmente la mortalité routière des serpents. Il n'est pas rare que des serpents soient tués de façon intentionnelle (Ashley et al., 2007), et il y a des indications que des couleuvres agiles bleues ont été tuées intentionnellement sur l'île Pelée.

En plus des menaces identifiées à la partie 2, il semble bien que les Dindons sauvages (Meleagris gallopavo), introduits sur l'île Pelée en 2002, pourraient se nourrir de jeunes couleuvres agiles bleues (MacKinnon et Porchuk, 2006; COSEWIC, 2012).

Une autre menace potentielle susceptible d'avoir un effet sur la couleuvre agile bleue est la maladie fongique du serpent (MFS) (Ophidiomyces ophiodiicola) (Sleeman, 2013). Il s'agit d'une maladie émergente qui cause de graves lésions cutanées et entraîne une morbidité et une mortalité à grande échelle chez les serpents sauvages (Sleeman, 2013; Allender et al., 2015). La MFS touche actuellement sept espèces, y compris la couleuvre d'eau ainsi que la couleuvre fauve de l'Est (Pantherophis gloydi), la couleuvre tachetée (Lampropeltis triangulum) et le massasauga (Sistrurus catenatus) (Sleeman, 2013). La présence de la MFS a été confirmée en Ontario chez une couleuvre fauve de l'Est trouvée dans le sud-ouest de la province en 2015 (Crowley, comm. pers., 2015). Sa présence a également été confirmée dans neuf États des États-Unis, mais elle est probablement encore plus répandue (Sleeman, 2013). 

La maladie se transmet par contact direct avec des serpents infectés ou de façon indirecte par exposition environnementale (c.-à-d. par contact avec un sol contaminé) (Sleeman, 2013; Allender et al., 2015). En 2009, une couleuvre d'eau atteinte d'une infection fongique de la peau cadrant avec la MFS a été collectée sur une île dans l'ouest du lac Érié (Ohio) (Sleeman, 2013). Bien que les effets de la MFS à l'échelle de la population demeurent incertains, il semble que la maladie se propage facilement et qu'elle soit souvent mortelle; on craint qu'elle puisse avoir des conséquences négatives sur les petites populations de couleuvres préoccupantes sur le plan de la conservation (Sleeman, 2013; Allender et al., 2015). Par exemple, la MFS aurait contribué au déclin de 50 % d'une petite population de crotales des bois (Crotalus horridus) au New Hampshire de 2006 à 2007 (Clark et al., 2011). Les changements climatiques pourraient augmenter les risques posés par la MFS pour les populations de couleuvres, car la hausse des températures pourrait entraîner une augmentation des taux d'infection chez les serpents en hibernation (Allender et al., 2015). À cause de la petite taille de la population de couleuvres agiles bleues et de son aire de répartition isolée, tant à l'échelle mondiale qu'au Canada, la MFS pourrait menacer la viabilité de la population de l'espèce si elle s'établissait au sein de cette dernière.

5 Objectifs en matière de population et de répartition

Le Programme de rétablissement de la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii) en Ontario recommande l'objectif de rétablissement suivant :

  • L’objectif de rétablissement de la couleuvre agile bleue en Ontario consiste à (1) maintenir, ou si nécessaire, à augmenter l’abondance de sa population pour garantir sa pérennité; (2) augmenter le nombre de ses habitats, leur qualité et leur connectivité sur l’île Pelée; et (3) continuer à évaluer la faisabilité du rapatriement de l’espèce vers des parties continentales de son ancienne aire de répartition dans le Sud de l’Ontario.

Un objectif en matière de population et de répartition doit être établi pour l'espèce en vertu de la LEP. Conformément à l'objectif recommandé dans le programme de rétablissement du gouvernement de l'Ontario, l'objectif en matière de population et de répartition d'Environnement et Changement climatique Canada pour la couleuvre agile bleue est le suivant :

  • Maintenir et, dans la mesure où cela est réalisable sur le plan biologique et technique, augmenter l'abondance et la répartition actuelles de l'espèce au Canada.

L’île Pelée est considérée comme hébergeant une seule population de moins de 250 individus (COSEWIC, 2012). Les meilleures estimations disponibles pour la taille de la population sont tirées de données de marquage-recapture pour les périodes 1993-1995 et 2000-2002, selon lesquelles il y avait 307 adultes (intervalle de confiance à 95 %Note 10 de bas de page = 129-659) et 140,7 adultes (intervalle de confiance à 95 % = 59,0-284,7), respectivement (Willson et Cunnington, 2015). Bien que des différences concernant le plan d'échantillonnage et la zone d'étude entre les deux périodes empêchent la comparaison directe des estimations, des relevés non officiels permettent de penser avec une certitude raisonnable que le nombre de couleuvres adultes sur l'île Pelée a diminué pour se situer probablement à moins de 250 (COSEWIC, 2012). Il reste deux emplacements sur lîle Pelée où l’habitat convenable existe toujours, mais la présence de la couleuvre agile bleue demeure à confirmer car l’espèce n’a pas été observée depuis plus d’une décennie, en dépit d’activités de relevé répétées. On ne sait pas si le nombre actuel de couleuvres agiles bleues au sein de la population ontarienne sera suffisant pour assurer la persistance de la population à long terme. Tant qu’on ne dispose pas d’autres données sur la taille minimale d’une population viable, la priorité en ce qui concerne le rétablissement de la couleuvre agile bleue est de maintenir et, si cela est réalisable, d’augmenter l’abondance et la répartition de l’espèce dans son aire de répartition actuelle au Canada.

Au Canada, la couleuvre agile bleue est présente uniquement sur l'île Pelée depuis près de 30 ans, et il est très peu probable que l'espèce puisse recoloniser naturellement son aire de répartition historique dans la partie continentale ontarienne sans l'introduction délibérée d'individus provenant de l'île Pelée ou des États-Unis. Par conséquent, l'étude du caractère réalisable d'une réintroduction de l'espèce dans certaines parties de son ancienne aire de répartition est importante pour assurer la survie de l'espèce au Canada et augmenter sa répartition. Jusqu'à maintenant, de nombreux efforts visant à réintroduire des serpents ont été infructueux (Dodd et Seigel, 1991; Fischer et Lindemayer, 2000), mais plusieurs études laissent supposer que le succès des efforts de réintroduction est favorisé lorsque les causes probables du déclin ou de la disparition locale des espèces concernées sont comprises ou éliminées (Burke, 1991; Reinert, 1991; Fischer et Lindemayer, 2000). Étant donné que les raisons du déclin de la couleuvre agile bleue sur la partie continentale ne sont pas entièrement comprises, le présent programme de rétablissement vise à augmenter la quantité d’habitat convenable et à améliorer la connectivité de l’habitat sur l’île Pelée afin de maintenir ou, si cela est réalisable, d’augmenter l’abondance et la répartition de la population existante de couleuvres agiles bleues. Bien que cela ne fasse pas partie de l’objectif fédéral actuel, par l’adoption du Programme de rétablissement de la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii) en Ontario (partie 2), Environnement et Changement climatique Canada appuie la poursuite de l’évaluation du caractère réalisable d’une réintroduction de l’espèce dans certaines parties de son ancienne aire de répartition dans la partie continentale dans le sud de l’Ontario. Les nouvelles données concernant le caractère réalisable d’une telle réintroduction seront évaluées au fur et à mesure qu’elles seront disponibles.

Pour assurer le maintien de la population existante de couleuvres agiles bleues sur l'île Pelée, il faudra atténuer et contrer les menaces pesant sur l'espèce, particulièrement celles liées à la perte d'habitat convenable. L'augmentation de la quantité d'habitat convenable et le fait de favoriser la connectivité entre habitats importants sont essentiels au maintien d'une population viable de couleuvres agiles bleues sur l'île Pelée. Pourvu que les autres menaces pesant sur les individus (p. ex. le développement résidentiel et agricole, la mortalité routière, la persécution intentionnelle) soient gérées et atténuées, il devrait être possible d'assurer la persistance à long terme de populations viables là où il e suffisamment d'habitat convenable, et de favoriser l'expansion naturelle de la population existante vers de nouvelles zones de l'île Pelée en assurant le maintien d'habitat convenable adjacent pour le moment inoccupé.

6 Stratégies et approches générales pour l'atteinte des objectifs

Environnement et Changement climatique Canada adopte les approches définies à la section 2.3 du Programme de rétablissement de la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii) en Ontario (partie 2) à titre de stratégies et d'approches générales pour l'atteinte de l'objectif en matière de population et de répartition, exception faite des approches 2.1 et 5.1. Ces deux approches ont été modifiées comme suit, aux fins du présent programme de rétablissement :

2.1 Appuyer les efforts du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario visant à élaborer un règlement sur l'habitat et/ou une description de l'habitat pour la couleuvre agile bleue au titre de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario.

5.1 Appuyer tous les efforts que pourrait déployer le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario en vue de déterminer le caractère réalisable d'une réintroduction.

Environnement et Changement climatique Canada ajoute également l'approche suivante pour faire face à la menace émergente que représente la MFS :

4.6 Étudier la menace que représente la maladie fongique du serpent (MFS) pour la couleuvre agile bleue au Canada, y compris la présence de la maladie au sein de la population canadienne de l'espèce, les possibles vecteurs de transmission de la maladie et les méthodes de lutte contre la maladie.

7 Habitat essentiel

7.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

En vertu de l'alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l'habitat essentiel de l'espèce, dans la mesure du possible, et des exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de cet habitat. Aux termes de la LEP, l'habitat essentiel est l'« habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d'action élaboré à l'égard de l'espèce ».

La LEVD de l’Ontario n’exige pas que les programmes de rétablissement provinciaux comprennent une désignation de l’habitat essentiel. Aux termes de la LEVD, une espèce qui est inscrite sur la Liste des espèces en péril en Ontario comme espèce en voie de disparition ou menacée bénéficie automatiquement d’une protection de son habitat général. La couleuvre agile bleue bénéficie actuellement d’une protection de son habitat général en vertu de la LEVD. Cependant, la description de l’habitat général n’a pas encore été établie. Dans certains cas, un règlement sur l’habitat de l’espèce peut être élaboré en remplacement des dispositions sur la protection de l’habitat général. Le règlement sur l’habitat est l’instrument juridique par lequel la Province de l’Ontario prescrit une aire qui sera protégée Note 11 de bas de page à titre d’habitat de l’espèce. Aucun règlement sur l’habitat de la couleuvre agile bleue n’a été élaboré en vertu de la LEVD; cependant, le programme de rétablissement provincial (partie 2) contient une recommandation concernant l’aire à considérer dans l’élaboration d’un tel règlement. Le présent programme de rétablissement fédéral désigne, dans la mesure du possible, l’habitat essentiel de la couleuvre agile bleue au Canada, sur la base de cette recommandation et de la meilleure information accessible en date de juin 2015. De l’habitat essentiel additionnel pourrait être ajouté dans l’avenir si de nouvelles données soutiennent l’inclusion d’aires au-delà de celles désignées actuellement.

La désignation de l'habitat essentiel de la couleuvre agile bleue repose sur deux critères : l'occupation de l'habitat et le caractère convenable de l'habitat.

7.1.1. Occupation de l'habitat

Le critère d'occupation de l'habitat fait référence aux zones d'habitat convenable (définies à la section 7.1.2) pour lesquelles on peut affirmer avec une certaine certitude qu'elles sont actuellement utilisées par l'espèce.

L'habitat est considéré comme occupé dans les cas où :

  • Au moins une couleuvre agile bleue a été observée dans quelque année que ce soit depuis 1990.

En Ontario, la population restante de couleuvres agiles bleues ne comprend qu'un petit nombre d'individus (COSEWIC, 2012). Peu de relevés de l'espèce ont été effectués dans son aire de répartition; par conséquent, même une seule observation pourrait indiquer la présence d'une population locale ou d'importants éléments d'habitat. Cette approche convient à la couleuvre agile bleue, qui a une petite aire de répartition géographique et fait face à des menaces considérables.

La période de 25 ans (1990-2015) fixée pour le critère d’occupation de l’habitat est raisonnable, vu la nature discrète de l’espèce et le nombre limité de relevés systématiques. La plupart des données disponibles proviennent d’études de marquage‑recapture et d’études par radiotélémesure Note 12 de bas de page effectuées entre 1993 et 1995 par Porchuk (1996), qui fournissent certaines des meilleures données disponibles sur l’emplacement connu des éléments de nidification et d’hibernation. La couleuvre agile bleue est fidèle à ses éléments de nidification et d’hibernation, qui sont limités sur l’île Pelée (Willson et Cunnington, 2015). De plus, l’application de la période de 25 ans permet d’inclure deux endroits sur l’île Pelée où l’habitat semble convenable, mais où l’espèce n’a pas été observée depuis plus d’une décennie, en dépit d’activités de relevé répétées. Les activités de relevé futures devraient confirmer la situation de l’espèce et l’utilisation de l’habitat à ces deux endroits.

L'occupation de l'habitat est déterminée d'après les lieux de nidification ou d'hibernation documentés, les relevés et les données de radiotélémesure, et les observations fortuites de couleuvres agiles bleues (vivantes ou mortes) à des endroits dans les environs desquels sont présentes les caractéristiques biophysiques clés de l'habitat convenable, définies plus bas à la section 7.1.2. Pour être adéquates aux fins de désignation de l'habitat essentiel, ces données d'observation doivent être d'une précision spatiale de moins de 1 km ou être suffisamment détaillées pour pouvoir être associées à un ou plusieurs éléments spécifiques d'habitat convenable.

7.1.2 Caractère convenable de l'habitat

Le caractère convenable de l’habitat réfère aux zone présentant un ensemble particulier de caractéristiques biophysiques permettant aux individus de l’espèce de mener à bien des activités essentielles de leur cycle vital (p. ex. hibernation, accouplement, nidification, alimentation, abritement) et de se déplacer. Bien qu'il n'y ait aucun obstacle absolu aux déplacements sur l'île Pelée, Il est important que toutes les zones d'habitat nécessaires soient reliées ou, du moins, à une distance raisonnable les unes des autres pour permettre aux couleuvres de se déplacer facilement entre elles. L'habitat convenable pour la couleuvre agile bleue peut ainsi être décrit comme une mosaïque d'habitats secs, ouverts à semi-ouverts, dans lesquels des caractéristiques biophysiques particulières peuvent être associées à des activités essentielles du cycle vital. Dans la zone d'habitat convenable, les caractéristiques biophysiques nécessaires à la couleuvre agile bleue varieront dans l'espace et le temps en raison de la nature dynamique des écosystèmes. De plus, certaines caractéristiques biophysiques seront plus importantes pour les individus à différents moments (p. ex. selon les divers processus du cycle vital, les saisons ou les périodes de l'année).

Le tableau 1 décrit en détail les caractéristiques biophysiques de l'habitat essentiel.

Tableau 1. Caractéristiques biophysiques détaillées de l'habitat essentiel pour les diverses activités du cycle vital de la couleuvre agile bleue en Ontario.
Stades du cycle vital et/ou besoinsCaractéristiques biophysiquesRéférences
Tous les processus du cycle vital
(hibernation, nidification, abritement, thermorégulation, alimentation, accouplement, déplacement)
  • Habitat de lisière de forêta, avec couvert forestier entier (> 60 %) adjacent à un habitat ouvert ou semi-ouvert.
  • Communautés végétales de début ou de milieu de succession, arides (peu d'humidité), avec couvert forestier ouvert (< 25 %) à semi-ouvert (25-40 %).
  • Ces types d'habitats peuvent comprendre, sans toutefois s'y limiter, les suivants :
    • savanes;
    • prés;
    • anciens champs;
    • alvars;
    • fourrés;
    • terrains boisés;
    • bordures de haies; bandes de végétation riveraine en bordure de chenaux; fossés peu profonds en bordure de routes; berges.
  • Porchuk, 1996; Porchuk et Prevett, 1999; Carfagno et Weatherhead, 2006; Willson et Cunnington, 2015
Abritement
  • Présence d'éléments qui facilitent la mue, la thermorégulation, la digestion et la protection contre les prédateurs. Les éléments se trouvent généralement dans des endroits très exposés au soleil et où le couvert forestier est limité et comprennent notamment, sans toutefois s'y limiter :
  • végétation morte ou vivante au sol ou dans les arbres; grosses roches plates; tas ou accumulations de roches ou de terre (abris naturels) ;
  • déchets laissés par les humains, p. ex. tôle, planches de bois (abris artificielsb).
  • Porchuk, 1996; Willson et Cunnington, 2015
Nidification
  • Les éléments sont généralement situés dans des endroits exposés au soleil durant la plus grande partie de la journée et, sur l'île Pelée, ils sont souvent confinés aux zones riveraines. Parmi ces éléments, on retrouvec :
  • gros débris ligneux en décomposition au sol;
  • grosses roches;
  • monticules de matière organique en décomposition.
  • Porchuk, 1996; Willson et Cunnington, 2015
Hibernation
  • Structures qui s'étendent sous la ligne de gel, où les conditions d'humidité sont adéquates (c.-à-d. que les couleuvres ne gèleront pas ni ne se déshydrateront).
  • Généralement dans les plaines calcaires, où les crevasses de l'assise rocheuse permettent d'accéder à des cavités et à des cavernes souterraines.
  • Peut-être aussi des tas ou accumulations de roches et de terre.
  • Porchuk, 1996; Willson et Cunnington, 2015
Déplacement
  • Habitat de lisièred continu qui relie des habitats convenables adjacents nécessaires à l'ensemble des processus du cycle vital.
  • Habitat perméablee à la couleuvre agile bleue, non entrecoupé d'obstacles au déplacement. Les obstacles possibles comprennent notamment les falaises, les agglomérations urbaines denses et les plans d'eau.
  • Les habitats de lisière peuvent comprendre, sans toutefois s'y limiter, les suivants :
  • haies;
  • bandes de végétation riveraine en bordure de chenaux;
  • fossés peu profonds en bordure de routes;
  • berges;
  • forêts.
  • Porchuk, 1996; Porchuk et Prevett, 1999; Carfagno et Weatherhead, 2006; Willson et Cunnington, 2015

a La définition d'habitat de lisière est celle utilisée dans les analyses d'habitat de Porchuk (1996). L'habitat de lisière s'étend sur cinq mètres de part et d'autre de l'interface entre deux communautés adjacentes (p. ex. forêt-champ). Par exemple, là où il y a une transition entre une forêt et un habitat ouvert, la communauté de lisière s'étend sur cinq mètres dans la forêt et sur cinq mètres dans l'habitat ouvert.

b Les éléments artificiels sont des structures construites ou entretenues par l'humain dont l'objectif premier n'est pas de fournir un habitat aux espèces sauvages.

c Même si leur utilisation a été observée, les éléments d'habitat de nidification artificiels, comme les plaques de tôle et les planches de bois, n'ont pas été inclus dans les caractéristiques biophysiques étant donné que la majorité des œufs pondus sous ces objets n'écloront pas en raison de fluctuations extrêmes de température et d'humidité (Porchuk, 1996; Porchuk, 1998).

d La définition d'habitat de lisière est celle utilisée dans les analyses d'habitat de Porchuk (1996). L'habitat de lisière s'étend sur cinq mètres de part et d'autre de l'interface entre deux communautés adjacentes (p. ex. forêt-champ). Par exemple, là où il y a une transition entre une forêt et un habitat ouvert, la communauté de lisière s'étend sur cinq mètres dans la forêt et sur cinq mètres dans l'habitat ouvert.

e Type d'habitat permettant le passage des animaux.

Comme on ne dispose d'aucune donnée sur la quantité d'habitat nécessaire à la couleuvre agile bleue pour l'accomplissement des activités de son cycle vital à l'intérieur de son domaine vital, on utilise une approche prudente pour établir une étendue d'habitat convenable pour l'espèce. La description de l'habitat convenable reflète le fait que certaines caractéristiques biophysiques n'ont pas besoin d'être immédiatement adjacentes les unes aux autres, tant qu'elles demeurent reliées de sorte que les individus puissent se déplacer facilement entre elles pour satisfaire tous leurs besoins biologiques et réagir aux perturbations, ou les éviter, quand cela est nécessaire. Les distances qui déterminent l'étendue de l'habitat convenable sont propres à la couleuvre agile bleue et fondées sur les exigences biologiques et comportementales de l'espèce (voir la partie 2, section 1.4).

L'habitat convenable de la couleuvre agile bleue est décrit comme suit :

  • l'étendue des caractéristiques biophysiques dans un rayon de 2 300 m autour d'une observation connue de couleuvre agile bleue.

Ce critère englobe la grande majorité des habitats potentiels de nidification et d’hibernation, qui sont importants étant donné que très peu d’emplacements précis sont connus. De plus, les sites d’hibernation et de nidification connus sont désignés séparément en raison de leur étroite relation avec la survie et le recrutement des individus. La disponibilité et le choix des sites d’hibernation et de nidification sont des facteurs limitatifs connus pour l’espèce et jouent vraisemblablement un rôle très important dans la persistance des populations, étant donné la rareté de ces habitats et compte tenu de la fidelité de l’espèce à l’égard de ceux‑ci et de leur utilisation collective (ce qui pourrait indiquer la faible disponibilité de sites optimaux). Par conséquent, l’habitat convenable de la couleuvre agile bleue comprend aussi :

  • la zone dans un rayon de 120 m de l'entrée et/ou de la sortie d'un élément d' hibernacle naturel de la couleuvre agile bleue (site unique ou complexe), ET
  • la zone dans un rayon de 30 m autour d'un site de nidification naturel connu de la couleuvre agile bleue.

L'habitat convenable de la couleuvre agile bleue peut être décrit à l'aide de la classification écologique des terres (CET) de l'Ontario (Lee et al., 1998)Note 13 de bas de page, qui fournit un cadre normalisé pour l'interprétation et la délimitation des écosystèmes dynamiques. La CET classe les habitats non seulement en fonction des communautés végétales, mais aussi en fonction de l'hydrologieNote 14 de bas de page et de la topographieNote 15 de bas de page et couvre donc les caractéristiques biophysiques de l'habitat de la couleuvre agile bleue. De plus, de nombreux gestionnaires de terres et spécialistes de la conservation connaissent bien la terminologie et les méthodes de la CET et ont adopté cet outil comme approche normalisée pour la classification des habitats en Ontario, et notamment pour l'île Pelée.

Les caractéristiques biophysiques de l'habitat convenable de la couleuvre agile bleue se trouvent habituellement dans les communautés végétales suivantes du système de la CET : alvar ouvert (ALO); alvar à arbustes (ALS); alvar boisé (ALT); prairie à herbes hautes ouverte (TPO); savane à herbes hautes (TPS); terrain boisé à herbes hautes (TPW); pré résultant de l'activité humaine (CUM); fourré résultant de l'activité humaine (CUT); savane résultant de l'activité humaine (CUS); terrain boisé résultant de l'activité humaine (CUW). En raison de leur rareté, les hibernacles et les sites de nidification confirmés seront également désignés comme habitat essentiel, et ce, quel que soit leur emplacement (il n'est pas nécessaire qu'ils soient à l'intérieur des polygones d'habitat convenable de la CET).

L'habitat de déplacement n'est pas décrit au moyen de la CET. Il comprend tout habitat de lisière contigu Note 16 de bas de page reliant des parcelles adjacentes d'habitat convenable de la CET utilisées par l'espèce pour l'hibernation, l'accouplement, la nidification, l'abritement et l'alimentation ainsi que les hibernacles et les sites de nidification connus. Les couleuvres se déplacent principalement pour trouver ces parcelles d'habitat convenable. Les couleuvres agiles bleues de l'île Pelée se déplacent sur de longues distances durant la saison d'activité (Porchuk, 1996). La distance utilisée pour déterminer la limite de l'habitat convenable (c.-à-d. un rayon de 2 300 m autour d'une observation) correspond à la superficie qui englobe plus de 90 % de l'aire occupée par un individu, sur la base de l'analyse de données sur les déplacements de couleuvres agiles bleues suivies par radiopistage à partir d'hibernacles connus sur l'île Pelée (Porchuk, 1996; Willson et Porchuk, données inédites de Willson et Cunnington, 2015). La connectivité entre les habitats qui demeurent occupés et disponibles pour la couleuvre agile bleue est importante, étant donné qu'une grande partie de l'habitat de l'espèce a déjà été perdue, ou fragmentée, dans le paysage. Des haies, des bandes de végétation riveraine en bordure de chenaux et de routes, des berges et des forêts relient bon nombre des parcelles d'habitat, et les couleuvres agiles bleues utilisent volontiers les lisières de ces types d'habitats pour se déplacer, en plus des lisières des communautés végétales de la CET décrites ci-dessus (Willson, 2002; Porchuk,1996; Brooks et Porchuk, 1997).

Bon nombre des crevasses visibles à la surface que les couleuvres agiles bleues utilisent pour se rendre dans les cavités ou cavernes souterraines où elles hibernent sont reliées sous terre, et les couleuvres peuvent se déplacer horizontalement sur plusieurs mètres via ces crevasses (Porchuk, 1996). Des complexes d'hibernation ayant jusqu'à 120 m de diamètre ont été répertoriés dans les régions de plaines calcaires de l'île Pelée (Porchuk et Willson, données inédites de Willson et Cunnington, 2015), et le fait d'inclure la zone d'un rayon de 120 m autour de l'entrée et/ou de la sortie d'un élément d'hibernacle permet de protéger la majeure partie du complexe auquel ce dernier peut appartenir.

La zone d’un rayon de 30 m autour d’un site de nidification est importante pour maintenir les conditions microclimatiques (p. ex. caractéristiques thermales, végétatives et de luminosité) et sert d’aire de rassemblement. Les habitats de nidification artificiels, comme les plaques de tôle et les planches de bois, n’ont pas été considérés comme constituant un habitat de nidification convenable étant donné que la majorité des œufs pondus sous ces objets n’écloront pas en raison de fluctuations extrêmes de température et d’humidité (Porchuk, 1996; Porchuk, 1998).

L'habitat d'abritement utilisé par les couleuvres agiles bleues est constitué habituellement de végétation morte ou vivante au sol ou dans les arbres, de grosses roches plates et de tas ou d'accumulations de roches et de terre. Cependant, la couleuvre agile bleue peut aussi utiliser des éléments artificiels, comme les rebuts de tôle ou de pièces d'automobiles, pour s'abriter. Étant donné que les couleuvres agiles bleues font preuve de fidélité à l'égard de leurs abris, ces éléments sont d'importantes composantes de l'habitat de l'espèce. Dans la mesure du possible, les éléments artificiels présents dans l'habitat essentiel ou à proximité immédiate devraient être laissés en place pour fournir des endroits où les couleuvres peuvent s'abriter, se protéger des prédateurs et assurer leur thermorégulation.

Les champs agricoles exploités (cultures en rangs ou en rotation), y compris les vignobles, ne possèdent pas les caractéristiques biophysiques nécessaires à la couleuvre agile bleue et ne sont pas désignés comme de l'habitat essentiel (y compris les hibernacles), puisqu'ils n'offrent qu'un milieu de piètre qualité où les abris sont limités. L'utilisation de ces milieux peut entraîner une hausse des taux de mortalité. De plus, ces milieux peuvent devenir des pièges écologiquesNote 17 de bas de page. Par ailleurs, les routes présentent un risque de mortalité élevé pour les couleuvres agiles bleues, et, bien qu'elles puissent être traversées durant la saison d'activité ou pour les déplacements vers les hibernacles ou les sites de nidification ou à partir de ceux-ci (Porchuk, 1996; Brooks et Porchuk, 1997; MacKinnon et Porchuk, 2006), elles ne constituent pas un habitat pour l'espèce et ne sont donc pas désignées comme de l'habitat essentiel.

7.1.3 Application des critères de désignation de l’habitat essentiel de la couleuvre agile bleue

L’habitat essentiel de la couleuvre agile bleue est désigné comme étant l’étendue d’habitat convenable (section 7.1.2), là où le critère d’occupation de l’habitat est respecté (section 7.1.1). Dans les endroits occupés, l’habitat essentiel est défini comme étant l’ensemble de l’habitat convenable situé dans un rayon de 2 300 m autour d’une observation de couleuvre agile bleue (voir la figure 1). L’habitat essentiel comprend également les éléments d’hibernation (hibernacles) et de nidification, peu importe où ils se trouvent, ainsi que l’habitat environnant dans un rayon de respectivement 120 m et 30 m autour de l’élément. L’application des critères d’habitat essentiel aux meilleures données accessibles a mené à la désignation de l’habitat essentiel pour la population existante connue de couleuvres agiles bleues au Canada (île Pelée), cet habitat s’étendant sur un total de 526 ha Note 18 de bas de page. Au fur et à mesure que d’autres données deviendront disponibles, de l’habitat essentiel additionnel pourrait être ajouté ou les limites de l’habitat essentiel pourraient être ajustées.

Pour tenir compte de la sensibilité de l’information concernant l’espèce (c.-à-d. risque de persécution), son habitat essentiel est présenté au moyen de carrés du quadrillage UTM (Universal Transverse Mercator, soit projection de Mercator transverse) de référence de 10 km x 10 km (figure 2, voir aussi le tableau 2). Les carrés du quadrillage UTM présentés à la figure 2 font partie d’un système de quadrillage de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel, éventuellement à des fins d’aménagement du territoire et/ou d’évaluation environnementale. En plus de fournir ces avantages, l’utilisation du quadrillage UTM de référence de 10 km × 10 km respecte les ententes provinciales de partage des données en Ontario. L’habitat essentiel dans chaque carré du quadrillage se trouve là où les descriptions de l’occupation de l’habitat (section 7.1.1) et du caractère convenable de l’habitat (section 7.1.2) sont respectées. De plus amples informations sur l’habitat essentiel peuvent être obtenues, à des fins de protection de l’espèce et de son habitat et sur justification, auprès d’Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune à ec.planificationduretablissement-recoveryplanning.ec@canada.ca.

Figure 1. Schéma des critères de désignation de l’habitat essentiel de la couleuvre agile bleue. A) L’habitat essentiel de la couleuvre agile bleue est désigné comme étant l’étendue d’habitat convenable (section 7.1.2) où le critère d’occupation de l’habitat est respecté. Dans les endroits occupés, l’habitat essentiel est défini comme étant l’ensemble de l’habitat convenable situé dans un rayon de 2 300 m autour d’une observation de couleuvre agile bleue. L’habitat essentiel comprend également les éléments d’hibernation (hibernacles) et de nidification, peu importe où ils se trouvent, ainsi que l’habitat environnant dans un rayon de respectivement 120 m et 30 m autour de l’élément. Les acronymes de la classification écologique des terres (CET) utilisés dans la figure sont les suivants : alvar à arbustes (ALS); prairie à herbes hautes ouverte (TPO); savane à herbes hautes (TPS); terrain boisé à herbes hautes (TPW); terrain boisé résultant de l’activité humaine (CUW); marais peu pronfond (MAS); pré marégageux (MAM). B) L’habitat essentiel comprend les superficies comprises dans les limites établies pour l’habitat convenable, les hibernacles et/ou les sites de nidification, là où le critère d’occupation de l’habitat est respecté.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 1

Ce schéma illustre la procédure de désignation de l'habitat essentiel au moyen d'observations, de sites de nidification et d'hibernacles de la couleuvre agile bleue. De plus amples détails sont fournis dans les paragraphes qui précèdent ou qui suivent.

Figure 2. Carrés du quadrillage renfermant de l'habitat essentiel de la couleuvre agile bleue au Canada. L'habitat essentiel de la couleuvre agile bleue se trouve dans les carrés (bordés de rouge) du quadrillage UTM de 10 km × 10 km, là où les descriptions de l'occupation de l'habitat (section 7.1.1) et du caractère convenable de l'habitat (section 7.1.2) sont respectées.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre les quatre carrés du quadrillage contenant l'habitat essentiel de l'espèce. Ces carrés couvrent l'île Pelée.

Tableau 2. Carrés du quadrillage renfermant de l'habitat essentiel de la couleuvre agile bleue au Canada. L'habitat essentiel de la couleuvre agile bleue se trouve dans les carrés du quadrillage UTM de 10 km × 10 km là où les descriptions de l'occupation de l'habitat (section 7.1.1) et du caractère convenable de l'habitat (section 7.1.2) sont respectées.
PopulationCode d'identificationf du carré du quadrillage UTM de référence de 10 km × 10 kmProvince/territoireCoordonnéesg du carré du quadrillage UTM

Abscisse
Coordonnéesg du carré du quadrillage UTM

Ordonnée
Île Pelée17TLG63Ontario3600004630000
Île Pelée17TLG53Ontario3500004630000
Île Pelée17TLG62Ontario3600004620000
Île Pelée17TLG52Ontario3500004620000

Total = 4 carrés

fFondé sur le système militaire de quadrillage UTM de référence; les deux premiers caractères et la lettre correspondent à la zone UTM, les deux lettres suivantes indiquent le quadrillage UTM de référence de 100 km x 100 km suivies de deux caractères pour représenter le quadrillage UTM de référence  de 10 km x 10 km renfermant la totalité ou une partie d’une unité d'habitat essentiel. Ce code alphanumérique unique s’inspire de la méthodologie utilisée pour les Atlas des oiseaux nicheurs du Canada. (Pour en apprendre davantage sur les Atlas des oiseaux nicheurs, consulter le site Études d'oiseaux Canada.

gLes coordonnées indiquées sont une représentation cartographique de l’emplacement de l’habitat essentiel, présenté comme étant le coin sud-ouest du carré du quadrillage UTM de référence de 10 km x 10 km. Les coordonnées peuvent ne pas faire partie de l’habitat essentiel et ne fournissent qu’une indication générale de l’emplacement.

7.2 Activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l'habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de cet habitat. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu'il y a dégradation d'un élément de l'habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l'habitat essentiel n'est plus en mesure d'assurer ses fonctions lorsque exigé par l'espèce. La destruction peut découler d'une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d'une ou de plusieurs activités au fil du temps. Le tableau 3 donne des exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel de l'espèce; il peut toutefois exister d'autres activités destructrices.

Comme l'habitat de la couleuvre agile bleue doit être géré pour qu'il demeure convenable pour l'espèce, certaines activités nécessaires pour maintenir l'habitat peuvent entraîner la disparition temporaire d'habitat essentiel (p. ex. la coupe et/ou le brûlage d'arbustes et d'autre végétation de succession). Toutefois, ces activités peuvent contribuer à la disponibilité future d'habitat essentiel (p. ex. le brûlage de la végétation à certains endroits peut créer/maintenir des zones plus dégagées, ce dont les couleuvres agiles bleues ont besoin pour certains processus vitaux). La planification de ces activités dans le temps est importante pour s'assurer que l'habitat essentiel ne soit ni détruit ni endommagé de façon permanente. Elle est décrite ci-dessous dans le tableau 3. Il faudra discuter des contraintes temporelles avec les organismes concernés (généralement, la Province de l'Ontario (ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario) pour le territoire non domanial et Environnement et Changement climatique Canada pour le territoire domanial), au cas par cas.

Tableau 3. Activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel.
Description des activitésDescription des effets (caractéristiques biophysiques, par exemple)Emplacement des activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel

Dans l'habitat essentiel

Habitat d'alimentation, de nidification et d'abritement
Emplacement des activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel

Dans l'habitat essentiel

Habitat de déplacement
Emplacement des activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel

Dans l'habitat essentiel

Hibernacles
Hors de l'habitat essentiel
Aménagement et conversion de l'habitat convenable pour une utilisation des terres n'offrant pas d'habitat convenable pour l'espèce (p. ex. développement résidentiel ou commercial, construction de routes)

Le défrichement, le dynamitage et le nivelage qui modifient la couverture végétale entraînent la perte directe de caractéristiques de l'habitat convenable (p. ex. les tas ou accumulations de roches et de terre, la végétation vivante ou morte) dont l'espèce dépend pour se nourrir, nidifier, s'abriter et passer l'hiver.

Le dynamitage peut aussi endommager l'habitat d'hivernage à l'extérieur du site d'une carrière exploitée s'il détruit l'accès aux hibernacles souterrains ou empêche les couleuvres d'y accéder.

XXXX
Destruction ou altération de structures naturelles offrant des sites de nidification et/ou des hibernacles (p. ex. par l'utilisation de véhicules hors route, de machinerie agricole ou de tondeuses à gazon)L'utilisation de véhicules hors route, de machinerie agricole ou de tondeuses à gazon dans l'habitat essentiel de nidification et/ou d'hibernation peut endommager, voire détruire, les éléments et les substrats que les couleuvres préfèrent pour la nidification (p. ex. les débris ligneux en décomposition au sol); et/ou peut endommager, voire détruire, de façon permanente des sites d'hibernation importants ou empêcher l'accès à ceux-ci.Xblanc Xblanc 
Activités entraînant un enlèvement, une perturbation ou une destruction nets d'habitat d'abritement naturel et artificiel

Les couleuvres agiles bleues peuvent utiliser un habitat naturel et/ou artificiel pour se protéger des prédateurs et s'abriter durant divers stades vitaux (p. ex. mue et gestation). L'enlèvement, la perturbation ou la destruction d'habitat d'abritement peut augmenter la vulnérabilité des couleuvres à la prédation et leur exposition et nuire à la digestion, à la gestation et/ou au rétablissement à la suite d'une blessure.

Il ne faut en aucun temps enlever de l'habitat d'abritement naturel pour assurer la disponibilité d'un tel habitat aussi bien pendant qu'en dehors de la saison d'activité et durant les saisons d'activité subséquentes.

Si des abris artificiels sont enlevés durant la saison d'activité (d'avril à environ novembre) à l'intérieur des limites de l'habitat essentiel, il est probable que les couleuvres seront dérangées et qu'il y aura perte d'habitat d'abritement essentiel. Les couleuvres agiles bleues présentent une grande fidélité à leurs abris durant une saison d'activité, de sorte que le fait d'enlever un abri pendant qu'il est utilisé pourrait s'avérer nuisible. Cependant, si des abris artificiels sont enlevés en dehors de la saison d'activité (de décembre environ à mars), les couleuvres pourraient utiliser d'autres abris (p. ex. des abris naturels) durant les saisons d'activité subséquentes.

Il est peut-être possible de remplacer la fonction assurée par des éléments ou des structures soumises à l'influence humaine, advenant la nécessité de les enlever ou de les modifier. Cette possibilité devra être déterminée au cas par cas en tenant compte d'un certain nombre de facteurs, notamment la biologie de l'espèce, le risque potentiel pour l'espèce, la disponibilité d'éléments d'habitat naturels et anthropiques à proximité ainsi que les options pour l'atténuation ou le remplacement.

Note : L'enlèvement de déchets laissés par les humains, utilisés comme habitat de nidification, ne détruirait pas de l'habitat essentiel, étant donné que les sites de nidification artificiels n'offrent pas le microclimat approprié au développement des œufs (taux d'éclosion faibles notamment). Il faut toutefois s'assurer que les objets ne sont pas aussi utilisés comme abris.

XXXblanc 
Activités qui entraînent une réduction importante ou l'élimination d'éléments naturels ou semi-naturels, y compris l'enlèvement de haies et/ou de végétation au sol, morte ou vivante L'enlèvement de haies et/ou de végétation au sol, morte ou vivante, à n'importe quelle période de l'année entraînerait la perte directe d'habitat dont l'espèce a besoin pour se nourrir, s'accoupler, se déplacer, nidifier et s'abriter. L'élimination d'habitats linéaires fournis par les haies briserait la connectivité entre les plus vastes parcelles d'habitat utilisées par l'espèce.XXblanc blanc 
Brûlage dirigé

Le brûlage dirigé pratiqué pour freiner la succession végétale crée de l'habitat pour la couleuvre agile bleue, mais peut aussi s'avérer néfaste selon la période de l'année où il est effectué. Lorsqu'il est effectué à une période inappropriée, le brûlage dirigé peut détruire les abris et tuer les espèces proies, les couleuvres agiles bleues se trouvant alors vulnérables à la prédation et privées des réserves énergétiques dont elles ont besoin avant et après l'hibernation.

Si cette activité était menée dans les limites de l'habitat essentiel en septembre ou en octobre, elle aurait probablement des effets directs sur l'habitat essentiel.

XXblanc blanc 

8 Mesure des progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous constituent un moyen de définir et de mesurer les progrès accomplis vers l'atteinte de l'objectif en matière de population et de répartition. Tous les cinq ans, le succès de la mise en œuvre du programme de rétablissement sera évalué au moyen des indicateurs de rendement suivants :

  • L'abondance et la répartition de la couleuvre agile bleue au Canada ont été maintenues et, si cela est réalisable sur le plan biologique et technique, augmentées.

9 Énoncé sur les plans d'action

Un ou plusieurs plans d'action visant la couleuvre agile bleue seront élaborés d'ici le 31 décembre 2023.

10 Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement élaborés en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L'objet de l'EES est d'incorporer les considérations environnementales à l'élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l'environnement, et d'évaluer si les résultats d'un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l'environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l'EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

Le présent programme de rétablissement aura assurément un effet bénéfique sur l'environnement en favorisant le rétablissement de la couleuvre agile bleue et en protégeant et améliorant l'habitat pour deux autres espèces cooccurrentes de couleuvres menacées, la couleuvre fauve de l'Est (Elaphe gloydi) et la couleuvre d'eau du lac Érié (Nerodia sipedon insularum).

La possibilité que la mise en œuvre du programme ait des conséquences néfastes imprévues sur d'autres espèces a été envisagée. Parmi les autres espèces en péril présentes sur l'île Pelée, on compte la Paruline orangée (Protonaria citrea), le Petit Blongios (Ixobrychus exilis), la rainette grillon de Blanchard (Acris blanchardi), la salamandre à petite bouche (Ambystoma texanum), la camassie faux-scille (Camassia scilloides), le Martinet ramoneur (Chaetura pelagica), l'oponce de l'Est (Opuntia humifusa), le renard gris (Urocyon cineroargenteus), le chicot févier (Gymnocladus dioicus), le mûrier rouge (Morus rubra), le Moucherolle vert (Empidonax virescens) et la tortue molle à épines (Apalone spinifera spinifera). On ne prévoit pas que les approches pour le rétablissement de la couleuvre agile bleue auront des effets négatifs sur ces espèces, qui sont principalement associées à des habitats que la couleuvre agile bleue n'affectionne pas. Les mesures prises pour le maintien d'habitats ouverts pour la couleuvre agile bleue pourraient avoir un effet négatif sur la Paruline polyglotte de la sous-espèce virens (Icteria virens virens), oiseau en voie de disparition qui a besoin d'habitat de début de succession. Pour atténuer les effets négatifs sur cette paruline, il faut évaluer individuellement le risque écologique de chaque activité avant de l'entreprendre. Par exemple, on peut déterminer l'emplacement des brûlages dirigés de manière à ne pas éliminer l'habitat utilisé par la Paruline polyglotte, tout en créant de l'habitat futur pour elle. Suivant cette approche, des stratégies d'atténuation sont disponibles pour répondre aux besoins de ces deux espèces en péril sur l'île Pelée.   

L'EES a permis de déterminer que le programme aura certainement un effet bénéfique sur l'environnement et qu'il n'entraînera pas de conséquences néfastes notables qui ne pourraient être évitées ou atténuées. Le lecteur est invité à consulter les sections suivantes du document, en particulier : Besoins en matière d'habitat (partie 2, section 1.4); Lacunes dans les connaissances (partie 2, section 1.7).

Références

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Note de bas de page

Note 1 de bas de page

Ces zones protégées par le gouvernement fédéral sont les suivantes : un parc national du Canada dénommé et décrit à l'annexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, le parc urbain national de la Rouge créé par la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, une zone de protection marine sous le régime de la Loi sur les océans, un refuge d'oiseaux migrateurs sous le régime de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs ou une réserve nationale de la faune sous le régime de la Loi sur les espèces sauvages du Canada. Voir le paragraphe 58(2) de la LEP.

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Note 2 de bas de page

Espèce commune, répandue et abondante.

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Note 3 de bas de page

Espèce assez peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la grande étendue de son aire de répartition ou du grand nombre de populations ou d'occurrences, mais pour laquelle il existe des sources de préoccupations en raison de déclins localisés récents, de menaces ou d'autres facteurs.

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Note 4 de bas de page

Espèce très susceptible de disparaître du territoire en raison d'une aire de répartition limitée, d'un nombre restreint de populations ou d'occurrences, de déclins marqués, de menaces graves ou d'autres facteurs.

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Note 5 de bas de page

Espèce sauvage qui, de façon imminente, risque de disparaître du pays ou de la planète.

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Note 6 de bas de page

Espèce qui vit à l'état sauvage en Ontario mais qui risque, de façon imminente, de disparaître de cette province ou de la planète.

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Note 7 de bas de page

Zone d'occupation : mesure biologique de la superficie d'habitat occupée par une espèce dans son aire de répartition, calculée par le COSEPAC au moyen d'un indice de zone d'occupation (IZO).

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Note 8 de bas de page

Stochasticité environnementale : variation de la croissance de la population en raison de fluctuations de l'environnement dans le temps.

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Note 9 de bas de page

Par immigration, on entend l'utilisation d'individus provenant de populations étatsuniennes stables de couleuvres agiles bleues pour établir des populations dans des zones se trouvant à l'intérieur de l'ancienne aire de répartition de l'espèce au Canada, où l'espèce n'est plus présente.

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Note 10 de bas de page

Plage de valeurs autour de la taille estimée de la population de couleuvres agiles bleues, qui, si l'estimation était répétée, renfermerait l’estimation réelle de la taille de la population dans 95 % des cas.

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Note 11 de bas de page

La Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral établit des exigences et des processus particuliers en matière de protection de l'habitat essentiel. La protection de l'habitat essentiel en vertu de la LEP sera évaluée suivant la publication du programme de rétablissement fédéral final.

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Note 12 de bas de page

Dans une étude par radiotélémesure, on surveille les signaux radio transmis par un dispositif fixé sur un animal pour suivre ses déplacements; la télémesure est une technique dans laquelle de l'information est transmise par voie atmosphérique.

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Note 13 de bas de page

La CET en Ontario fait actuellement l'objet d'une révision pour mieux distinguer les différents types d'habitats résultant de l'activité humaine (p. ex. cultures en rangs, cultures pérennes de couverture, cultures spéciales, pâturages) en plus des divers écotoypes de prairies indigènes (H. Lee, comm. pers., 2012). Il est recommandé que soient intégrés ces nouveaux écotypes de la CET une fois que la prochaine version du système de classification aura été approuvée et/ou sera largement adoptée.

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Note 14 de bas de page

Mouvement, répartition et qualité de l'eau.

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Note 15 de bas de page

Disposition des éléments physiques naturels et artificiels dans une région.

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Note 16 de bas de page

Ensemble de parcelles d'habitat et/ou de types de couverture terrestre adjacents, qui peuvent être ou ne pas être de même nature, mais qui sont perméables au déplacement de la couleuvre agile bleue (aucun obstacle).

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Note 17 de bas de page

Habitat de faible qualité que les animaux choisissent au lieu de choisir d'autres habitats disponibles de meilleure qualité.

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Note 18 de bas de page

Cette superficie a été déterminée au moyen de photos aériennes, mais elle pourrait être modifiée à la suite de vérifications sur le terrain. Les superficies calculées à partir des rayons de 120 m et de 30 m autour des hibernacles et des sites de nidification connus, respectivement, sont incluses dans cette estimation.

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