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Programme de rétablissement de la physe d'eau chaude

Habitat et mesures

1.6 Habitat essentiel

À l’origine, la présence de la physe d’eau chaude a été signalée dans un tronçon de 34 mètres du ruisseau Alpha, à la décharge du bassin Alpha (Lee et Ackerman, 1998). C’est également l’emplacement type de l’espèce (Te et Clarke, 1985).Les physes d’eau chaude demeurent à cet endroit en raison des conditions particulières régnant dans cette section du cours d’eau, notamment la quantité de tuf et la présence de Chara ainsi que l’étendue des surfaces propices à la croissance des bactéries et des algues (nourriture). La température de l’eau chauffée géothermiquement émergeant du bassin Alpha ne varie pas de façon significative et avoisine les 38° C tout au long de l’année ; l’eau chaude pénètre dans le ruisseau Alpha par l’entremise d’un déversoir artificiel à un débit de 80 à 81 litres/seconde (Peepre, 1990). Étant donné l’endémisme de la physe d’eau chaude à cette portion d’habitat unique et très localisée et la persistance prolongée de l’espèce sous le déversoir depuis son enregistrement initial en 1973, on s’attend à ce que l’habitat essentiel soit en grande partie localisé à l’intérieur des limites du parc.

Il faut effectuer d’autres travaux pour déterminer si d’autres habitats de la physe d’eau chaude sont présents à l’intérieur ou à l’extérieur des limites du parc.On trouvera ci-après un calendrier d’études qui seront effectuées pour définir l’habitat essentiel de l’espèce (section 1.6.1).Ces activités ne sont pas exhaustives et pourraient mener à la découverte d’autres lacunes dans les connaissances que l’on devra combler.Tant que l’habitat essentiel n’est pas défini, les zones énumérées dans l’habitat actuellement occupé (section 1.3) sont considérées comme les zones les plus importantes à conserver.

1.6.1  Calendrier d’études visant à définir l’habitat essentiel

On doit produire davantage d’information avant de pouvoir considérer que des emplacements du complexe des sources thermales constituent l’habitat essentiel de la physe d’eau chaude. Le calendrier d’études suivant (tableau 1) énumère les activités recommandées qui devront être menées au cours des cinq prochaines années pour définir l’habitat essentiel.

Tableau 1. Calendrier d’études recommandées pour définir l’habitat essentiel de la physe d’eau chaude

Description de l’activitéRésultat/justificationÉchéancier
Élaboration d’une méthodologie d’évaluation·        Protocole de relevés standard visant particulièrement à déterminer l’abondance de la population. La méthodologie doit être répétable et causer le minimum de perturbation aux gastéropodes et à l’habitat.2006-2007
Relevés sur la répartition ·        Relevés dans l’habitat aquatique des sources thermales visant à documenter les profils de l’utilisation de l’habitat, l’abondance et la structure de la population.2006-2011
·        Déterminer s’il y a d’autres populations/sous-populations viables de gastéropodes.2006-2011
·        Délimiter les paramètres de l’utilisation de l’habitat et les relier aux fluctuations de la population.Ces facteurs nous aideront à définir les composants de l’habitat aquatique qui sont essentiels pour le gastéropode.2006-2011
Identification des éléments de l’habitat essentiel

·        Définir les facteurs abiotiques (dont la température et le débit de l’eau et la formation de tuf) et biotiques (dont l’occurrence de Chara et du biotecton) et faire une comparaison avec la répartition des gastéropodes telle que déterminée par les relevés.

·        Déterminer l’influence que les dimensions du cours d’eau, sa dynamique, les bassins et les zones de remous ainsi que les débris ligneux grossiers et d’autres substrats peuvent avoir sur la répartition des gastéropodes.

·        Identifier les éléments considérés comme étant essentiels pour la survie des gastéropodes.

2007-2011

1.7  Étapes déjà terminées ou en cours

1.7.1  Protection

La physe d’eau chaude et l’habitat qu’elle occupe se trouvent dans le Parc provincial Liard River Hot Springs, bien que la source d’eau chauffée géothermiquement provienne de l’extérieur des limites du parc. En vertu de la Park Act (C.-B.), la perturbation ou la destruction de l’habitat à l’intérieur du parc est interdite, sauf pour l’aménagement de services récréatifs. La physe d’eau chaude a été intégrée dans les activités de gestion prévues dans le plan directeur du parc Liard River Hotsprings, bien que nombre d’années se soient écoulées depuis la dernière mise à jour du plan (Elliott, comm. pers.).Depuis la dernière mise à jour, une série d’améliorations ont été apportées à la surveillance des activités récréatives, dont la présence du personnel du parc dans les principaux sites utilisés par le public et une importante signalisation à l’intention des usagers du parc. Les baigneurs doivent se doucher (pour éliminer les substances potentiellement nocives comme les écrans solaires et les insectifuges) avant d’entrer dans les sources thermales, et les usagers du parc doivent demeurer sur des pistes balisées et des promenades de bois et ne pas bloquer les déversoirs, modifier le débit du cours d’eau ou, encore, endommager les installations du parc ou la végétation riveraine. Toutefois, il n’y a, à l’heure actuelle, que peu de signalisation concernant le gastéropode de façon précise, car on craint que les affiches n’incitent involontairement les visiteurs à chercher les gastéropodes et à prélever des spécimens.

La Loi sur les pêches (Canada) interdit les travaux qui pourraient entraîner la détérioration, la destruction ou la perturbation de l’habitat du poisson (article 35) ainsi que le rejet de substances nocives, comme des contaminants, dans des eaux où vivent des poissons (article 36). La Loi sur les pêches s’applique à l’ensemble de l’habitat du poisson; ainsi, elle assure la protection de l’eau de source contre les travaux d’aménagement qui pourraient être entrepris à l’intérieur et à l’extérieur du parc.

La physe d’eau chaude est protégée en vertu de la LEP qui interdit de la tuer, de lui nuire, de la harceler, de la capturer ou de la prendre et qui interdit également de détruire son habitat essentiel une fois celui-ci identifié.Des exceptions sont prévues pour permettre des activités qui sont bénéfiques pour l’espèce ou qui sont nécessaires pour améliorer ses chances de survie à l’état sauvage. Ces activités comprennent l’entretien du barrage et du déversoir nécessaire pour préserver l’intégrité du bassin et du ruisseau Alpha. La LEP (article 73) exige que ces activités ne mettent pas en péril la survie ou le rétablissement de l’espèce et soient menées de façon à limiter les dommages.

1.7.2  Surveillance de la population

Jacquie Lee, un malacologue indépendant, prépare actuellement un rapport révisé de la situation de la physe d’eau chaude au Canada à l’intention du COSEPAC.Le travail de terrain a été effectué à l’été 2006.

1.8 Lacunes dans les connaissances

Menaces

  • Effets des modifications des habitats aquatique et riverains sur la physe d’eau chaude.
  • Changements de la qualité de l’eau – on ne sait pas dans quelle mesure l’introduction de substances par les baigneurs, comme des shampooings, des savons, des écrans solaires, des huiles de bain et de l’urine, l’eau naturelle (minéraux, pH, variations de température, charge en sédiments et en débris organiques) et les modifications à la structure des berges altèrent la qualité de l’eau et peuvent affecter la physe d’eau chaude.
  • On sait que la source de l’eau chauffée géothermiquement se trouve à l’extérieur du parc, mais l’on ne sait pas quelle voie elle emprunte avant d’émerger à l’intérieur du parc. Tout forage à un point quelconque dans la nappe souterraine peut affecter de façon marquée le débit d’eau chaude dans le parc. L’atténuation des risques découlant des activités de forage nécessitera des évaluations supplémentaires et la mise en place de nouvelles normes et lignes directrices.
  • Effets des espèces introduites.

Habitat essentiel

  • Répartition spatiale et temporelle du gastéropode dans le complexe des sources thermales et capacité du gastéropode de se disperser dans les différents secteurs.Des sous-populations du gastéropode occupent de petites zones dans le complexe des sources thermales de la rivière Liard, et l’on sait qu’elles se concentrent spatialement et temporellement dans certains sites (bassin et ruisseau Alpha, bassin Bêta). Toutefois, on ne connaît pas les facteurs qui limitent la dispersion du gastéropode et la fréquentation des sites, des sites intermédiaires ou d’autres zones situées ailleurs dans le complexe des sources thermales.
  • Spécificité de l’habitat, besoins abiotiques et biotiques.

1.9 Importance pour les Canadiens

La physe d’eau chaude est une espèce endémique des sources thermales de la rivière Liard et, comme tant d’espèce endémique, elle présente des caractéristiques d’adaptation particulières qui sont d’un intérêt spécial pour les scientifiques et pour les fins de la conservation (Scudder, 1989). À ce que l’on sait, l’espèce n’a pas de valeur commerciale.

Premières nations

On ne dispose pas de preuves que les Premières nations ou d’autres groupes de la C.-B. utilisent la physe d’eau chaude.Toutefois, les sources thermales de la rivière Liard se trouvent sur les territoires traditionnels de la bande de Fort Nelson et de la nation Kaska. Cette dernière est constituée de cinq bandes qui occupent le nord de la C.-B. La bande de Fort Nelson fait partie de la Treaty 8 Tribal Association.

Usagers des sources thermales de la rivière Liard

On estime que le Parc provincial Liard River Hot Springs reçoit chaque année plus de 40 000 baigneurs (Rowe, comm. pers.); il est également très fréquenté par les visiteurs qui empruntent l’autoroute de l’Alaska.

1.9.1 Conflits ou enjeux anticipés

À court terme, les activités de rétablissement prioritaires comprendront la réalisation d’un inventaire et le maintien des mesures de protection dans le parc, et l’on anticipe qu’elles susciteront peu de conflits. La protection de l’habitat dans des sites connus et la gestion de cet habitat de source thermale nécessiteront vraisemblablement de petits changements aux pratiques actuelles, de sorte que des conflits sont possibles avec les usagers de ces secteurs. L’identification de la voie souterraine empruntée par l’eau chauffée géothermiquement depuis sa source jusqu’aux points d’émergence dans le complexe constitue un enjeu important. La mise en œuvre de mesures d’atténuation faisant en sorte que l’exploration pétrolière, gazière ou géothermique n’ait pas d’incidence sur la source d’eau chaude pourrait susciter des conflits. L’obtention du soutien du public et la stimulation de l’intérêt des chercheurs pour ce groupe d’animaux, qui mobilisent à l’heure actuelle peu de chercheurs, constituent un enjeu potentiel à long terme.