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Programme de rétablissement du Gris Rat Serpent (Les spiloides Pantherophis) au Canada [Proposition] - 2017

Partie 2 – Programme de rétablissement de la couleuvre obscure (Pantherophis spiloides), populations de la zone carolinienne et de l’axe de Frontenac en Ontario, préparé par Kraus et al. pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario

Couleuvre obscure (Pantherophis spiloides), populations de la zone carolinienne et de l’axe de Frontenac, en Ontario

Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario
Programme de rétablissement préparé en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition.
Septembre 2010

Couleuvre obscure (Pantherophis spiloides), populations de la zone carolinienne et de l’axe de Frontenac, en Ontario

À propos de la série de Programmes de rétablissement de l'Ontario

Cette série présente l’ensemble des programmes de rétablissement préparés ou adoptés à l’intention du gouvernement de l’Ontario en ce qui concerne l’approche recommandée pour le rétablissement des espèces en péril. La Province s’assure que la préparation des programmes de rétablissement respecte son engagement de rétablir les espèces en péril en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) et de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada.

Qu'est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est le processus par lequel le déclin d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie à l’état sauvage.

Qu'est-ce qu'un programme de rétablissement?

En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement fournit les meilleures connaissances scientifiques disponibles quant aux mesures à prendre pour assurer le rétablissement d’une espèce. Un programme de rétablissement présente de l’information sur les besoins de l’espèce en matière d’habitat et sur les types de menaces à la survie et au rétablissement de l’espèce. Il présente également des recommandations quant aux objectifs de protection et de rétablissement, aux méthodes à adopter pour atteindre ces objectifs et à la zone qui devrait être prise en considération pour l’élaboration d’un règlement visant l’habitat. Les paragraphes 11 à 15 de la LEVD 2007 présentent le contenu requis et les délais pour l’élaboration des programmes de rétablissement publiés dans cette série.

Après l'inscription d'une espèce sur la Liste des espèces en péril en Ontario, des programmes de rétablissement doivent être préparés dans un délai d'un an pour les espèces en voie de disparition et de deux ans pour les espèces menacées. Une période de transition de cinq ans (jusqu'au 30 juin 2013) est prévue pour l'élaboration des programmes de rétablissement visant les espèces menacées et en voie de disparition qui figurent aux annexes de la LEVD 2007. Des programmes de rétablissement doivent obligatoirement être préparés pour les espèces disparues de l'Ontario si leur réintroduction sur le territoire de la province est jugée réalisable.

Et ensuite?

Neuf mois après l'élaboration d'un programme de rétablissement, un énoncé de réaction est publié. Il décrit les mesures que le gouvernement de l'Ontario entend prendre en réponse au programme de rétablissement. La mise en œuvre d'un programme de rétablissement dépend de la collaboration soutenue et des mesures prises par les organismes gouvernementaux, les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres et les partenaires de la conservation.

Pour plus d'information

Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Ontario, veuillez visiter la page Web des espèces en péril du ministère des Richesses naturelles.

Information sur le document

Référence recommandée

Kraus, T., B. Hutchinson, S. Thompson et K. Prior. 2010. Programme de rétablissement de la couleuvre obscure (Pantherophis spiloides), populations de la zone carolinienne et de l’axe de Frontenac, en Ontario, Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario, préparé pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario), vi + 26 p.

Illustration de la couverture : Rob Tervo

Le contenu du présent document (à l'exception de l'illustration de la couverture) peut être utilisé sans autorisation, mais en prenant soin d'indiquer la source.

Auteurs

Talena Kraus – Artemis Eco-Works
Brian Hutchinson – Agence Parcs Canada
Shaun Thompson – ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
Kent Prior – Agence Parcs Canada

Remerciements

La version provisoire de 2010 est basée sur la version provisoire d’un programme de rétablissement de 2005 préparé par Brian Hutchinson, Shaun Thompson et Kent Prior (les remerciements pour cette version provisoire suivent). Rhonda Donley, Shaun Thompson et Anita Imrie ont fourni de l’information sur l’espèce ainsi que des conseils relatifs aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition. Bree Walpole et Anita Imrie (ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Direction des espèces en péril), Corina Brdar, Tobi Kieswalter et Chris Robinson (Parcs Ontario), Brain Farkas, Harry Szeto, Lucy Patterson, Emily Gonzales, Valerie Blazeski, Kara Vlasman, Richard Pither, Briar Howes et Kent Prior (Agence Parcs Canada) et Gabriel Blouin-Demers ont formulé des commentaires et fait un examen critique

Nous souhaitons remercier Gabriel Blouin-Demers, Don Cuddy et Patrick Weatherhead pour les entretiens de nature informative et l’examen critique du présent programme de rétablissement. La plupart des données factuelles présentées dans ce document proviennent d’une étude à long terme sur la couleuvre obscure réalisée par la station biologique de l’Université Queen’s, à laquelle ont participé Patrick Weatherhead, Gabriel Blouin-Demers et Kent Prior. Le financement de cette étude à long terme a été fourni par l’Université Carleton, l’Université d’Ottawa, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario et le Fonds mondial pour la nature.

Déclaration

Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario a dirigé l’élaboration du présent programme de rétablissement de la couleuvre obscure (populations de la zone carolinienne et de l’axe de Frontenac) conformément aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD de 2007). Ce programme de rétablissement a été préparé à l’intention du gouvernement de l’Ontario, d’autres autorités responsables et des nombreuses parties qui pourraient participer au rétablissement de l’espèce.

Le programme de rétablissement ne représente pas nécessairement les opinions de toutes les personnes qui ont prodigué des conseils ou participé à sa préparation ni la position officielle des organisations auxquelles ces personnes sont associées.

Les buts, les objectifs et les méthodes de rétablissement présentés dans le programme se fondent sur les meilleures connaissances disponibles et pourraient être modifiés au fur et à mesure que de nouveaux renseignements deviennent disponibles. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme.

Autorités responsables

Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
Environnement Canada, Service canadien de la faune – Ontario
Agence Parcs Canada

Sommaire

La couleuvre obscure est une grosse couleuvre indigène de l’Amérique du Nord et de l’Ontario que l’on trouve uniquement à deux endroits : la forêt carolinienne et l’axe de Frontenac. Il s’agit de la plus grande espèce de serpent en Ontario, qui peut atteindre une longueur de 185 centimètres. Ce serpent a un corps puissant et mince couvert d’écailles carénées et une tête en forme de trapèze. La forme de son corps semble être plus carrée que ronde en coupe transversale. Les jeunes couleuvres obscures sont marquées de taches gris foncé et brunes sur un fond gris pâle. À mesure que la couleuvre parvient à maturation, ces tâches s’estompent. Les adultes sont principalement de couleur noire. Le dessous du menton et la gorge sont généralement blancs et souvent tachetés de gris et de noir. La couleuvre peut vivre jusqu’à trente ans et atteint la maturité sexuelle à l’âge sept ans environ. L’accouplement commence à la fin mai et se termine à la mi-juin. Les femelles produisent une couvée tous les deux ou trois ans.

En 2009, la population de couleuvres obscures de l’axe de Frontenac a été ajoutée à la liste des espèces menacées aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario et la population carolinienne a été classée comme espèce en voie de disparition. En 2007, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a classé la population de l’axe de Frontenac comme une espèce menacée et la population carolinienne comme une espèce en voie de disparition.

La couleuvre obscure privilégie une mosaïque de caractéristiques d'habitat, notamment le couvert forestier et l’habitat de lisière. Les femelles ayant atteint la maturité sexuelle ont besoin de sites d’oviposition (ponte), généralement les creux des arbres et des souches en décomposition ou des tas de compost. Cette espèce hiverne sous la surface du sol dans des gîtes d’hibernation collectifs et y revient régulièrement.

Certaines caractéristiques du cycle de vie comme l’atteinte tardive de la maturité, une longue vie, une reproduction biennale et le recrutement intermittent des juvéniles rendent les populations de couleuvre obscure plus vulnérables à des fluctuations démographiques importantes lorsqu’elles font l’objet de perturbations et n’ont pas la capacité naturelle de se rétablir rapidement d’un creux démographique.

Les menaces à la couleuvre obscure comprennent la dégradation, la fragmentation et la perte d’habitat, la mortalité directe et la mortalité attribuable à la circulation routière et la perturbation ou la destruction des gîtes d’hibernation. Des lacunes sur le plan des connaissances sont liées à la pérennité des populations et aux mesures de viabilité, à l’efficacité des mesures d’atténuation et à l’écologie des couleuvreaux et des nouveau-nés. Plusieurs mesures de rétablissement ont été réalisées ou sont en voie de réalisation. Ces mesures vont de l'intendance et des activités de sensibilisation à la recherche en matière d’habitat et de génétique.

L’objectif de rétablissement pour la couleuvre obscure en Ontario vise à conserver l’aire de répartition actuelle, la taille des populations et la connectivité entre les sous-populations existantes dans la population de l’axe de Frontenac de l’est de l’Ontario et à établir une sous-population carolinienne autosuffisante en augmentant l’aire de répartition et la taille de la population.

Voici les objectifs de protection et de rétablissement orientant les démarches de rétablissement :

  1. Élaborer et mettre en œuvre un plan de surveillance coordonné axé sur les indices des populations et l’aire de répartition, les pressions exercées sur l’habitat et l’efficacité des mesures de rétablissement;
  2. Effectuer des recherches afin de combler les lacunes au niveau des connaissances, notamment des études écologiques sur l’habitat, la connectivité génétique et les incidences de diverses menaces;
  3. Décrire et établir une carte de l’habitat nécessaire pour répondre aux objectifs de rétablissement pour chacune des populations de l’Ontario;
  4. Protéger et gérer l’habitat des espèces et atténuer les menaces prioritaires; et
  5. Améliorer la mise en oeuvre et l’évaluation de l’intendance et des communications afin d’accroître la sensibilisation, l’intendance environnementale, l’application des pratiques exemplaires en matière de gestion et les travaux des citoyens de la science.

Plusieurs démarches ont été déterminées pour chacun de ces objectifs.

Il est recommandé que la zone prescrite par un règlement sur l’habitat comme étant un habitat de la couleuvre obscure comprenne tous les gîtes d’hibernation connus et la zone située dans un rayon de 150 mètres; et tous les sites d’oviposition connus et la zone située dans un rayon de 30 mètres. De plus, pour la population carolinienne, une zone prescrite par le règlement sur l’habitat comme étant un habitat doit également comprendre toutes les caractéristiques naturelles (p. ex. régions boisées, marécages, haies, prés) dans un rayon de cinq kilomètres des gîtes d’hibernation, sites d’oviposition et lieux où la couleuvre obscure a été observée (à plus ou moins de 100 mètres). Pour la population de l’axe de Frontenac, une carte fondée sur les mesures quantifiées de l’habitat privilégié comprenant les indices d’un habitat propice, la densité routière, les mesures de connectivité et la probabilité de subsistance des populations existantes est compris dans la stratégie. Il est recommandé que les cellules d’habitat propice figurant sur la carte (valeur de la cellule de 0,5 ou plus) soient prescrites par un règlement sur l’habitat comme étant un habitat de la population. Cette zone est sensiblement délimitée par la route 7 au nord, le fleuve Saint-Laurent au sud, la route 38 à l’ouest et la route 29 à l’est.

1. Renseignements généraux

1.1. Évaluation et statut de l'espèce

Nom commun : Couleuvre obscure

Nom scientifique : Pantherophis spiloides

Statut selon la liste des EEPEO :
Couleuvre obscure (population carolinienne) – en voie de disparition
Couleuvre obscure (population de l’axe de Frontenac) – menacée

Historique dans la liste des EEPEO :
Couleuvre obscure (population carolinienne) – en voie de disparition (2009)
Couleuvre obscure (population de l’axe de Frontenac) – menacée (2009)
Couleuvre obscure de l’Est – menacée (2004)

Historique des évaluations du COSEPAC :
Couleuvre obscure de l’Est (population carolinienne) – en voie de disparition (2007)
Couleuvre obscure de l’Est (population des Grands Lacs et du Saint-Laurent) – menacée (2007)
Couleuvre obscure de l’Est – menacée (2000 et 1998)

Statut selon l'annexe 1 de la LEP :
Couleuvre obscure de l’Est (population carolinienne) – en voie de disparition (5 mars 2009)
Couleuvre obscure de l’Est (population des Grands Lacs et du Saint-Laurent) – menacée (5 mars 2009)

Cotes de conservation :
COTE G : G5
COTE N : N3
COTE S : S3

Le glossaire présente les définitions des abréviations susmentionnées. La couleuvre obscure est également connue sous le nom « couleuvre obscure de l’Est » et par les noms scientifiques suivants : Pantherophis obsoletus, Elaphe obsolete et Elaphe spiloides.

1.2. Description et biologie de l'espèce

Description de l'espèce

La couleuvre obscure est le plus gros serpent de l’Ontario. Elle atteint la maturité sexuelle à une longueur moyenne de 105 cm et peut atteindre 185 cm de long. Le diamètre moyen du corps est de 4 cm à son point le plus large. La couleuvre obscure possède des écailles carénées et un corps puissant et élancé; sa tête est cunéiforme. Le corps a tendance a être plus carré que rond en coupe transversale, et la plaque anale est divisée. La coloration de la couleuvre obscure est très variable, et le motif dépend de l’âge de la couleuvre. Les nouveau-nés ont des taches gris foncé ou noires sur un fond gris pâle. À mesure que la couleuvre vieillit, ce motif s’estompe, et les adultes sont principalement noirs. Des traces légères du motif juvénile demeurent souvent visibles chez l’adulte; on peut observer de petits points blancs et parfois même des teintes de rouge et de brun sur les écailles. Le dessous du menton et la gorge sont généralement blancs, et souvent mouchetés de taches grises et noires.

Certains adultes tentent de se protéger en s’enroulant sur eux-mêmes et en faisant vibrer leur queue dans les feuilles mortes pour simuler le bruit d’une sonnette. Si le serpent continue d’être provoqué, il attaquera. Comme moyen dissuasif, la couleuvre obscure produit une odeur nauséabonde, qu’elle répand sur le prédateur qui s’en prend à elle.

Taxinomie de l’espèce

La classification taxinomique de la couleuvre obscure a changé au cours des années; elle est donc connue sous plusieurs noms communs et scientifiques. À l’heure actuelle, son nom commun accepté est « couleuvre obscure », et son nom scientifique, « Pantherophis spiloides » (Gibbs et al., 2006). Plusieurs études génétiques ont été menées au cours de la dernière décennie (Burbrink, 2001; Burbrink et al., 2001; Utiger et al., 2002; Gibbs et al., 2006; Burbrink et Lawson, 2007; Collins et Taggart, 2008; Pyron et Burbrink, 2009). D’après les recherches, même si les deux populations canadiennes sont génétiquement différentes, la population carolinienne est un sous-ensemble de la population de l’axe de Frontenac (Gibbs et al., 2006); ainsi, cette distinction ne devrait pas influer sur la conservation de l’espèce.

Biologie de l’espèce

On estime que la couleuvre obscure peut vivre jusqu’à 30 ans et qu’elle atteint la maturité sexuelle à environ 7 ans (COSEWIC, 2007). En Ontario, la saison de reproduction est de la fin mai à la mi-juin. Les femelles produisent généralement une portée de 10 à 15 œufs tous les deux ou trois ans, mais peuvent avoir des portées durant 2 ou 3 années consécutives (COSEWIC, 2007). La couleuvre obscure assure sa thermorégulation en modifiant son comportement. Il s’agit là d’une caractéristique importante de la sélection et de l’utilisation de l’habitat puisque, en Ontario, l’espèce se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition (COSEWIC, 2007). La superficie du domaine vital est de 18,5 hectares en moyenne, et les individus se déplacent entre leur hibernacle et leur domaine vital (COSEWIC, 2007). L’hibernation dure généralement jusqu’à sept mois (d’octobre à avril) chaque année (Blouin-Demers et al., 2000; Blouin-Demers et Weatherhead, 2001b). La couleuvre hiberne en groupe dans des hibernacles souterrains traditionnels. Il se peut que des hibernacles non perturbés aient été occupés de façon continue pendant des centaines d’années. On ne sait pas où les juvéniles hibernent avant d’utiliser les hibernacles communaux, ce qu’ils font vers l’âge de sept ans (Prior et al., 2001), mais des données préliminaires laissent croire que certains hibernent seuls dans des crevasses rocheuses (Blouin-Demers et al., 2007).

La couleuvre obscure a un flux génique relativement fluide dans tout l’axe de Frontenac, ce qui est indicatif des liens importants entre les populations locales (Lougheed et al., 1999). Selon de récents signes de paternité multiple chez la couleuvre obscure (Blouin-Demers et Gibbs, 2003; Blouin-Demers et al., 2005), l’accouplement d’individus de différents hibernacles assure le flux génique. Enfin, la dispersion des juvéniles contribue également au flux génique (Blouin-Demers et Weatherhead, données inédites).

1.3. Répartition, abondance et tendances des populations

La couleuvre obscure est restreinte à l’Amérique du Nord. Elle est très répandue aux États-Unis, et peut être observée là où il y a de l’habitat convenable dans la plus grande partie de l’est du pays. Dans la partie sud de son aire de répartition, l’espèce peut être relativement abondante. Dans l’est, on l’observe depuis le sud-ouest de la Nouvelle-Angleterre jusqu’au centre de la Géorgie, tandis que, dans le Midwest, l’espèce se rencontre depuis le sud-ouest du Wisconsin jusqu’au sud de l’Oklahoma, au nord du Texas et au nord de la Louisiane (COSEWIC, 2007).

Au Canada, la couleuvre obscure est seulement présente dans deux régions de l’Ontario (figure 1) (COSEWIC, 2007). La région forestière carolinienne, le long de la rive nord du lac Érié, dans le sud-ouest de la province, compte deux sous-populations disjointes existantes (la sous-population du ruisseau Big, dans les comtés de Norfolk et d’Elgin, et celle d’Oriskany Sandstone, dans le comté d’Haldimand) et d’autres sous-populations à confirmer à Skunks Misery (comtés de Middlesex et de Kent) et dans la région de Niagara. Ces sous-populations sont très isolées et semblent assez petites. La région de l’axe de Frontenac, dans le sud-est de l’Ontario, compte une population qui s’étend au-delà de la frontière avec les États-Unis, dans le nord de l’État de New York. Toute la population de l’axe de Frontenac est disjointe des populations de l’Est et du centre des États-Unis. Les populations ontariennes se trouvent à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce, à la périphérie de l’aire centrale.

On estime que l’aire de répartition géographique de l’espèce en Ontario s’est contractée dans une proportion pouvant atteindre 75 % au cours des 100 dernières années, et que la taille de la population a subi une réduction concomitante. Les renseignements anecdotiques basés sur les observations au cours des 50 dernières années dans le sud-ouest de l’Ontario indiquent également que la population continue de décliner. Selon des données de marquage-recapture à long terme obtenues tirées de deux régions de l’axe de Frontenac (parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent et station biologique de l’Université Queen’s), les populations sont en déclin, et ce, même dans les aires protégées (Weatherhead et al., 2002).

Les hibernacles communaux peuvent compter jusqu’à 60 individus chacun, et l’on présume qu’il y a des centaines d’hibernacles actifs dans la région de l’axe de Frontenac. La densité de la population de couleuvres obscures estimée à la station biologique de l’Université Queen’s est de 0,261 individu mature par hectare (Blouin-Demers et Weatherhead, 2002b).

Il n’existe pas d’estimations du nombre d’hibernacles ou de l’abondance de la population dans le sud-ouest de l’Ontario. Selon les membres de l’équipe de rétablissement de la couleuvre obscure, au moins 75 % de l’aire de répartition historique de l’espèce a été éliminée du sud-ouest de la province.

Figure 1. Occurrences d’éléments récentes (1980-2005) et historiques (avant 1980) de la couleuvre obscure en Ontario (Natural Heritage Information Centre, 2005)

Carte de sud-Ontario

Description longue pour la figure 1

Figure 1. Occurrences d’éléments situés dans le sud de l’Ontario, principalement au nord du lac Érié et au nord du fleuve Saint Laurent, dans la région de Kingston/Brockville. Quatre occurrences d’éléments historiques se trouvent au nord du lac Ontario.

1.4. Besoins en matière d'habitat

La couleuvre obscure est typiquement associée aux forêts de feuillus, mais elle semble capable d’utiliser une vaste gamme de types d’habitat. Elle montre une forte préférence pour les écotones (habitats de lisière) entre un milieu ouvert (p. ex. friche, pré, affleurement rocheux ou marais) et une forêt de feuillus (Blouin-Demers et Weatherhead, 2001a, b, c, 2002b). Il est important que les individus soient en mesure d’inclure des forêts et des lisières de forêt dans leur domaine vital. Des travaux réalisés au Maryland laissent croire qu’une mosaïque de paysages composée de 50 % de forêts mixtes et de 33 % de terres cultivées pourrait être suffisante pour soutenir une population en santé lorsque le climat n’est pas un facteur limitatif (Durner et Gates, 1993). Puisque le climat est beaucoup plus problématique pour les serpents en Ontario, ces estimations pourraient ne pas s’appliquer. Les recherches menées dans une zone d’étude relativement peu développée de l’Ontario (dans l’axe de Frontenac) laissent penser que les couleuvres obscures de la province utilisent considérablement moins de milieux ouverts (c.-à-d. 3 % de champs, 4 % de milieux humides et 10 % d’affleurements rocheux) et davantage de forêts que les couleuvres du Maryland (Blouin-Demers et Weatherhead, 2001a). En analysant les données sur les domaines vitaux connus, Row (2006) a noté que la couleuvre obscure préférait un domaine vital qui contient de 41 à 53 % de couvert forestier, moins de 28 % d’écotones (soit une zone de 10 m de chaque côté d’une forêt) et moins de 17 % de marais. La superficie moyenne du domaine vital au sein de la population de l’axe de Frontenac étudiée est d’environ 18,5 hectares (Blouin-Demers et Weatherhead, 2001a). Des analyses de l’utilisation de l’habitat par les juvéniles de la population de l’axe de Frontenac ont permis d’observer qu’ils utilisent l’habitat de façon aléatoire (Blouin-Demers et al., 2007). Les auteurs ont souligné la possibilité que cette utilisation aléatoire découle du fait que l’habitat dans cette région est très convenable pour la couleuvre obscure. Aucune donnée n’est disponible sur l’utilisation de l’habitat par les nouveau-nés (de 0 à 5 ans environ).

Les femelles matures ont besoin de sites de ponte (sites d’oviposition), qui se trouvent généralement dans les cavités pourries de gros arbres feuillus ainsi que dans des souches et des tas de compost (Blouin-Demers et Weatherhead, 2000). Les sites de ponte maintiennent les conditions thermales nécessaires à l’incubation des œufs. Après la ponte, qui a lieu de la fin juin au début d’août, l’incubation dure environ 60 jours, puis les œufs éclosent entre fin août et le début octobre (COSEWIC, 2007). La couleuvre obscure hiberne dans des hibernacles souterrains communaux, auxquels elle est très fidèle (COSEWIC, 2007). Les hibernacles sont des structures souterraines (p. ex. fissures rocheuses) qui sont généralement situés dans des zones rocheuses et doivent s’étendre sous la ligne de gel afin d’offrir une protection suffisante contre le gel (COSEWIC, 2007).

1.5. Facteurs limitatifs

Des caractéristiques du cycle vital, comme la maturité tardive (9-10 ans), la longévité (25-30 ans), la reproduction biennale et le recrutement intermittent des juvéniles, prédisposent les populations de couleuvres obscures à des fluctuations démographiques importantes lorsqu’elles sont sujettes à des perturbations (Blouin-Demers et Weatherhead, 2002a), et les populations n’ont donc pas la capacité naturelle de se remettre rapidement des creux démographiques. Par exemple, même de petites augmentations du taux de mortalité des adultes (p. ex. abattage délibéré par les humains ou mortalité routière accidentelle) peuvent perturber la capacité de reproduction d’une population à un point tel qu’elle devienne très vulnérable à la disparition (Weatherhead et al., 2002; Row et al., 2007).

1.6. Menaces pour la survie et le rétablissement

Les menaces sont les mêmes dans toutes les régions ontariennes abritant la couleuvre obscure, mais elles sont plus grandes au sein des sous-populations caroliniennes.

Dégradation et fragmentation de l’habitat

La couleuvre obscure semble avoir besoin d’une variété d’éléments d’habitat (forêts, milieux ouverts) dans son domaine vital; la qualité et le caractère convenable généraux du paysage correspondent probablement à la proportion relative des éléments nécessaires. Le cas échéant, l’habitat de la couleuvre obscure peut être dégradé par 1) la perte d’éléments spécifiques (p. ex. forêts de feuillus) au sein de la mosaïque; 2) l’altération des proportions ou de la configuration de ses éléments; 3) l’augmentation de la densité des routes. Il est généralement entendu que les routes fragmentent l’habitat à cause de la lumière, du bruit et des effets de bord. La dégradation et la fragmentation de l’habitat dans le paysage peuvent avoir des effets sur les tendances spatiales et les activités des serpents, en plus de limiter la capacité d’une région donnée de soutenir une population viable. Il pourrait être crucial de maintenir la composition appropriée de l’habitat pour assurer la persistance de la population de l’axe de Frontenac.

Les sous-populations de la région carolinienne persistent dans un paysage principalement agricole. Par conséquent, elles sont sujettes à des altérations graves à l’échelle du paysage, y compris la fragmentation et la réduction de la forêt ainsi que l’expansion d’habitat principalement non convenable (p. ex. cultures agricoles intensives comme celles du tabac). Ces changements à l’échelle du paysage sont la principale cause de la réduction de la superficie et de l’isolement extrême des sous-populations observés aujourd’hui. L’interruption de la connectivité entre les sites due aux obstacles aux déplacements (p. ex. fragmentation de l’habitat, déboisement, aménagement de routes) ou l’élimination d’hibernacles entiers peuvent être considérées comme la première étape vers l’isolement des populations et la désintégration de la structure des métapopulations. La nature très isolée de chaque sous-population de la région carolinienne fait en sorte que la taille des populations locales ne peut être augmentée par la recolonisation naturelle ou l’immigration de source externe; ainsi, ces sous-populations sont susceptibles de disparaître.

Perte d’habitat

La perte de forêts de feuillus et de mosaïques composées de forêts et de champs serait l’une des principales causes du déclin de l’espèce dans la région carolinienne du sud-ouest de l’Ontario. Il est intéressant de noter que la disponibilité d’habitat convenable dans l’axe de Frontenac aurait augmenté au cours des 100 dernières années puisque des terres anciennement cultivées sont maintenant en jachère. Cependant, toute augmentation de l’étendue de l’habitat pourrait être contrecarrée par les tendances négatives d’autres facteurs.

Mortalité directe

Un taux de rencontre plus élevé avec des humains mènera inévitablement à des taux de mortalité plus élevés chez la couleuvre obscure, qu’il s’agisse de mortalité intentionnelle (p. ex. persécution fondée sur la croyance erronée que les serpents sont dangereux) ou de mortalité accidentelle (p. ex. machinerie agricole et machinerie de construction, tondeuses à gazon, véhicules tout terrain et bateaux) (COSEWIC, 2007b; COSEWIC, 2008).

Mortalité routière

Dans le cadre d’une étude sur une route secondaire de la région de l’axe de Frontenac (Row et al., 2007), on a noté que la route était une source importante de mortalité pour la population. Row et al. (2007) ont extrapolé les mortalités connues à la population entière d’après la superficie de la zone d’étude, et ont estimé que la mortalité routière totale augmentait la probabilité de disparition de la population de 99 % sur une période de 500 ans. On pourrait en déduire que les routes principales dans l’aire de répartition de la couleuvre obscure seraient une source encore plus grande de mortalité.

Perturbation ou destruction des hibernacles

La perturbation ou la destruction des hibernacles traditionnels pourrait entraîner des disparitions locales. L’extraction d’agrégats, la construction de routes et l’aménagement de zones résidentielles à forte densité sont des menaces courantes pesant sur les hibernacles des deux populations de couleuvres obscures en Ontario. L’augmentation du développement récréatif dans l’axe de Frontenac et les perturbations qui en résultent sur les hibernacles peuvent compromettre les sous-populations locales. Cette menace pourrait être particulièrement importante dans la région carolinienne de l’Ontario, où les sous-populations peuvent dépendre de seulement un ou deux hibernacles. Seul un hibernacle a été observé dans la région carolinienne, ce qui rend les populations hivernantes vulnérables aux perturbations. Des hibernacles non documentés peuvent également être détruits ou perturbés avant qu’on n’ait pu les repérer et les protéger.

1.7. Lacunes dans les connaissances

Besoins en matière de relevés

Les besoins en matière de relevés pour ce qui est des sous-populations du sud-ouest de l’Ontario (région carolinienne) sont les suivantes : 1) la persistance de la population doit être confirmée; 2) les hibernacles doivent être situés; 3) les effets des menaces sur la persistance doivent être mesurés; 4) le niveau de sensibilisation du public doit être déterminé. Pour ce faire, un certain nombre d’activités de relevé organisées sera nécessaire. De plus, de l’information additionnelle sur les effets des menaces et la connectivité génétique est requise dans le cas de la population de l’axe de Frontenac.

Besoins en matière de recherches biologiques et écologiques

Plus d’information est nécessaire concernant les besoins en matière d’habitat à l’échelle des populations et les conditions assurant la viabilité des populations. Il importe de comprendre les tendances de dispersion des nouveau-nés et des juvéniles ainsi que les habitudes d’accouplement afin de déterminer comment ces mécanismes contribuent au flux génique et à la connectivité des populations. On a également besoin de plus de renseignements sur les facteurs touchant la mortalité des œufs (p. ex. disponibilité des nids, parasitisme et prédation exercés sur les œufs). L’efficacité des pratiques d’atténuation et de remise en état est inconnue; des mesures devraient être conçues (au besoin) et évaluées.

Besoins en matière de recherche visant à préciser les menaces

Il est important de savoir pourquoi le nombre de couleuvres obscures est en déclin dans les aires protégées. Comme il a été mentionné ci-dessus, l’effet relatif de diverses menaces sur la persistance des populations devrait être quantifié au sein des populations ontariennes. La validité des méthodes visant à réduire les menaces importantes n’est pas bien établie. De plus, l’étendue dans laquelle la fragmentation et la composition de l’habitat influent sur la persistance des populations doit être bien évaluée. Cette information pourrait être utilisée pour orienter les activités de gestion visant à conserver l’habitat dans certaines régions (p. ex. axe de Frontenac) et à le restaurer dans d’autres (p. ex. ruisseau Big).

1.8. Mesures de rétablissement achevées ou en cours

  • Un suivi systématique et continu est effectué dans trois localités de l’axe de Frontenac : station biologique de l’Université Queen’s (22 hibernacles), parc national des Îles-du-Saint-Laurent (5 hibernacles) et parc provincial de la pointe Murphys (2 hibernacles).
  • Les recherches à long terme sur l’utilisation de l’habitat et la structure génétique se poursuivent à la station biologique de l’Université Queen’s.
  • Les recherches portant sur les différences dans l’utilisation de l’habitat et les tendances de déplacement des juvéniles et des adultes de la population de l’axe de Frontenac se sont terminées en mai 2005 (information publiée dans Blouin-Demers et al., 2007).
  • Des programmes d’interprétation de l’histoire naturelle et de sensibilisation (et/ou de diffusion d’information) sont en cours au parc national des Îles-du-Saint-Laurent, au parc provincial du lac Charleston, au parc provincial Frontenac et au parc provincial de la pointe Murphys.
  • Des études de télémétrie de référence aux parcs provinciaux de la pointe Murphys et du lac Charleston ont fourni certaines données sur les déplacements, l’utilisation de l’habitat, les sites d’hibernation et les caractéristiques des populations de ces deux parcs. Une étude de télémétrie entreprise dans le parc provincial Frontenac durant l’été 2001 a déterminé les zones abritant potentiellement des hibernacles (Solomon, 2003).
  • Un suivi annuel des hibernacles a été mis en œuvre dans le parc provincial de la pointe Murphys en 2003, et est toujours en cours (Lunn, 2009).
  • Le ministère des Richessses naturelles de l’Ontario a publié en 2001 un livret d’information intitulé Vivre et laisser vivre, qui est maintenant disponible en anglais et en français auprès de l’Agence Parcs Canada.
  • Un programme d’éducation et de sensibilisation (qui inclut du matériel éducatif) a été élaboré, et la mise en œuvre est assurée par les commissions scolaires et les conseils d’intendance des comtés de Lanark et de Leeds.
  • On a commencé à établir une relation de coopération avec l’association des propriétaires fonciers du comté de Lanark afin d’améliorer la sensibilisation à la couleuvre obscure, de mettre en œuvre les pratiques exemplaires de gestion (p. ex. conserver les chicots qui serviront de sites d’exposition au soleil et créer des nids artificiels) et de trouver des éléments d’habitat importants. Jusqu’à maintenant, le groupe souhaite recueillir des données en vue d’atteindre les objectifs de rétablissement.
  • Des négociations relatives à la servitude de conservation sont en cours avec l’Office de protection de la nature de la vallée Rideau à propos des terres abritant des hibernacles.
  • Un relevé visant à évaluer la sensibilité du public aux serpents de grande taille a été mené au début des années 1990 dans la région où se trouve la population du ruisseau Big.
  • Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario mène une étude de radiotélémétrie au sein de la population d’Oriskany, située près de Nelles Corners, dans le comté d’Haldimand, dans le sud-ouest de l’Ontario. Un programme de communication avec les propriétaires fonciers a été mis sur pied dans le cadre de cette étude.
  • Norfolk Field Naturalists s’occupe d’un kiosque d’information sur les serpents à la Norfolk Country Fair, et rejoint ainsi plusieurs milliers de personnes par année.
  • Norfolk Field Naturalists a préparé un feuillet d’information sur les serpents de la région.
  • Les Amis du parc provincial de la pointe Murphys ont préparé une vidéo éducative (Black Ratsnake Conservation in Ontario).

2. Rétablissement

2.1 Objectif en matière de rétablissement

L’objectif de rétablissement pour la couleuvre obscure en Ontario vise à conserver l’aire de répartition actuelle, la taille des populations et la connectivité entre les sous-populations existantes dans la population de l’axe de Frontenac de l’est de l’Ontario et à établir une sous-population carolinienne autosuffisante en augmentant l’aire de répartition et la taille de la population.

2.2 Objectifs en matière de protection et de rétablissement

Tableau 1. Objectifs en matière de protection et de rétablissement
NoObjectif en matière de protection ou de rétablissement
1Élaborer et mettre en œuvre un plan de surveillance coordonné axé sur les indices des populations et l’aire de répartition, les pressions exercées sur l’habitat et l’efficacité des mesures de rétablissement.
2Effectuer des recherches afin de combler les lacunes au niveau des connaissances, notamment des études écologiques sur l’habitat, la connectivité génétique et les incidences de diverses menaces.
3Décrire et établir une carte de l’habitat nécessaire pour répondre aux objectifs de rétablissement pour chacune des populations de l’Ontario.
4Protéger et gérer l’habitat des espèces et atténuer les menaces prioritaires.
5Améliorer la mise en œuvre et l’évaluation de l’intendance et des communications afin d’accroître la sensibilisation, l’intendance environnementale, l’application des pratiques exemplaires en matière de gestion et les travaux des citoyens de la science.

2.3 Mesures de rétablissement

Tableau 2. Approches de rétablissement de la couleuvre obscure en Ontario
NoPriorité relativeÉchéancier relatifMesures de rétablissementApproche de rétablissementMenaces ou lacunes dans les connaissances visées
1. Élaborer et mettre en oeuvre un plan de surveillance coordonné axé sur les indices des populations et l’aire de répartition, les pressions exercées sur l’habitat et l’efficacité des mesures de rétablissement.CritiqueContinuInventaire, suivi et évaluation1.1 Continuer le suivi (p. ex. des hibernacles) et élaborer un plan de surveillance pour étendre les activités de suivi.
  • Toutes
1. Élaborer et mettre en oeuvre un plan de surveillance coordonné axé sur les indices des populations et l’aire de répartition, les pressions exercées sur l’habitat et l’efficacité des mesures de rétablissement.CritiqueCourt termeInventaire, suivi et évaluation1.2 Établir des stations de surveillance additionnelles dans la région carolinienne pour combler les lacunes relevées dans le plan.
  • Toutes
1. Élaborer et mettre en oeuvre un plan de surveillance coordonné axé sur les indices des populations et l’aire de répartition, les pressions exercées sur l’habitat et l’efficacité des mesures de rétablissement.CritiqueCourt termeInventaire, suivi et évaluation1.3 Cartographier les localités existantes et déterminer les zones où il faut recueillir d’autres données.
  • Perte d’habitat
1. Élaborer et mettre en oeuvre un plan de surveillance coordonné axé sur les indices des populations et l’aire de répartition, les pressions exercées sur l’habitat et l’efficacité des mesures de rétablissement.NécessaireCourt terme et continuInventaire, suivi et évaluation1.4 Cartographier la zone d’occupation détaillée pour faciliter l’analyse de la connectivité et utiliser comme substitut pour mesurer la taille de la population; mettre la carte à jour régulièrement.
  • Perte d’habitat
1. Élaborer et mettre en oeuvre un plan de surveillance coordonné axé sur les indices des populations et l’aire de répartition, les pressions exercées sur l’habitat et l’efficacité des mesures de rétablissement.NécessaireLong termeInventaire, suivi et évaluation1.5 Élaborer un processus d’analyse des données de suivi et les transmettre aux organismes de gestion foncière et aux programmes d’intendance.
  • Toutes
1. Élaborer et mettre en oeuvre un plan de surveillance coordonné axé sur les indices des populations et l’aire de répartition, les pressions exercées sur l’habitat et l’efficacité des mesures de rétablissement.CritiqueLong terme et continuInventaire, suivi et évaluation1.6 Suivre l’efficacité des mesures de rétablissement et de réduction des menaces.
  • Toutes
2. Effectuer des recherches afin de combler les lacunes au niveau des connaissances, notamment des études écologiques sur l’habitat, la connectivité génétique et les incidences de diverses menaces.CritiqueLong termeRecherche2.1 Établir les besoins en données pour évaluer la viabilité des populations et de l’habitat, et déterminer comment cette évaluation pourrait être utilisée pour la gestion et les analyses.
  • Toutes
2. Effectuer des recherches afin de combler les lacunes au niveau des connaissances, notamment des études écologiques sur l’habitat, la connectivité génétique et les incidences de diverses menaces.NécessaireLong termeRecherche2.2 Faire des recherches/évaluations et recueillir des données sur toutes les mesures de remise en état à grande échelle possibles.
  • Perte d’habitat, perturbation directe des hibernacles
2. Effectuer des recherches afin de combler les lacunes au niveau des connaissances, notamment des études écologiques sur l’habitat, la connectivité génétique et les incidences de diverses menaces.BénéfiqueLong termeRecherche2.3 Déterminer comment la connectivité génétique est maintenue au sein des sous-populations, notamment l’importance relative des mécanismes différents, comme la dispersion des juvéniles et des adultes et la paternité multiple.
  • Perte d’habitat, dégradation et fragmentation de l’habitat

 

2. Effectuer des recherches afin de combler les lacunes au niveau des connaissances, notamment des études écologiques sur l’habitat, la connectivité génétique et les incidences de diverses menaces.NécessaireLong termeRecherche2.4 Faire des recherches et mettre en œuvre des méthodes pour réduire les menaces importantes dans les régions stratégiques et évaluer l’efficacité de ces mesures.
  • Toutes
3. Décrire et établir une carte de l’habitat nécessaire pour répondre aux objectifs de rétablissement pour chacune des populations de l’Ontario.CritiqueLong termeRecherche

3.1 Préciser les cartes d’habitat :

  • clarifier les éléments indispensables de l’habitat associées à des stades spécifiques du cycle vital (p. ex. sites de ponte et d’hibernation);
  • évaluer la tolérance des éléments de l’habitat aux perturbations;
  • déterminer la permanence des éléments de l’habitat pour les associer à un degré de protection;
  • extrapoler les besoins connus en matière d’habitat des individus aux besoins des populations viables.
  • Toutes
4. Protéger et gérer l’habitat des espèces et atténuer les menaces prioritaires.NécessaireCourt termeGestion4.1 Élaborer et appliquer des critères de classement des parcelles ou des réseaux d’habitat. Établir une liste de priorité des parcelles et des réseaux importants à protéger.
  • Perte d’habitat
4. Protéger et gérer l’habitat des espèces et atténuer les menaces prioritaires.NécessaireCourt termeGestion4.2 Promouvoir la protection des parcelles ou des réseaux d’habitat important par le biais de partenaires (municipalités, Conservation de la nature Canada, Parcs Ontario, conseils d’intendance) et faire des acquisitions, conclure des ententes, établir des servitudes, etc.
  • Perte d’habitat
4. Protéger et gérer l’habitat des espèces et atténuer les menaces prioritaires.BénéfiqueCourt termeGestion4.3 Orienter d’autres types de mesures de gestion (p. ex. remise en état) vers des sites prioritaires.
  • Perte d’habitat
4. Protéger et gérer l’habitat des espèces et atténuer les menaces prioritaires.BénéfiqueCourt termeGestion4.4 Examiner, résumer et cartographier toutes les menaces potentielles dans l’aire de répartition de l’espèce, et mentionner l’importance relative de chaque menace (p. ex. la mortalité routière est-elle importante dans toute l’aire de répartition?).
  • Toutes
4. Protéger et gérer l’habitat des espèces et atténuer les menaces prioritaires.CritiqueCourt termeGestion4.5 Atténuer les menaces importantes grâce à des stratégies appropriées.
  • Toutes
5. Améliorer la mise en oeuvre et l’évaluation de l’intendance et des communications afin d’accroître la sensibilisation,l’intendance environnementale, l’application des pratiques exemplaires en matière de gestion et les travaux des citoyens de la science.CritiqueCourt termeCommunication, éducation et sensibilisation5.1 Élaborer un plan de communication dont les publics cibles comprennent les propriétaires fonciers, les planificateurs de l’utilisation du territoire, les gestionnaires de ressources naturelles et d’autres intervenants concernés.
  • Mortalité directe
5. Améliorer la mise en oeuvre et l’évaluation de l’intendance et des communications afin d’accroître la sensibilisation,l’intendance environnementale, l’application des pratiques exemplaires en matière de gestion et les travaux des citoyens de la science.NécessaireLong termeCommunication, éducation et sensibilisation5.2 Préparer une stratégie d’exécution d’un programme de communication destiné aux écoles concernées, aux conseils d’intendance, aux associations de propriétaires de chalets, etc.
  • Mortalité directe
5. Améliorer la mise en oeuvre et l’évaluation de l’intendance et des communications afin d’accroître la sensibilisation,l’intendance environnementale, l’application des pratiques exemplaires en matière de gestion et les travaux des citoyens de la science.NécessaireLong termeCommunication, éducation et sensibilisation5.3 Définir et promouvoir les pratiques exemplaires de gestion et les lignes directrices d’utilisation du terrain pour les propriétaires fonciers et les responsables de l’intendance.
  • Perte d’habitat, perturbation directe des hibernacles
5. Améliorer la mise en oeuvre et l’évaluation de l’intendance et des communications afin d’accroître la sensibilisation,l’intendance environnementale, l’application des pratiques exemplaires en matière de gestion et les travaux des citoyens de la science.BénéfiqueLong termeCommunication, éducation et sensibilisation5.4 Préparer (ou améliorer) des trousses d’éducation et des plans de leçon et les distribuer dans les écoles se trouvant dans l’aire de répartition de la couleuvre obscure et d’autres arrondissements scolaires ciblés.
  • Mortalité directe
5. Améliorer la mise en oeuvre et l’évaluation de l’intendance et des communications afin d’accroître la sensibilisation,l’intendance environnementale, l’application des pratiques exemplaires en matière de gestion et les travaux des citoyens de la science.BénéfiqueLong termeCommunication, éducation et sensibilisation5.5 Planifier et élaborer des documents de mise en valeur des ressources destinés à des publics adultes que pourront utiliser les bénévoles chargés de la sensibilisation.
  • Mortalité directe
5. Améliorer la mise en oeuvre et l’évaluation de l’intendance et des communications afin d’accroître la sensibilisation,l’intendance environnementale, l’application des pratiques exemplaires en matière de gestion et les travaux des citoyens de la science.BénéfiqueLong termeIntendance5.6 Élaborer, promouvoir et mettre en œuvre un programme scientifique pour les citoyens.
  • Toutes
5. Améliorer la mise en oeuvre et l’évaluation de l’intendance et des communications afin d’accroître la sensibilisation,l’intendance environnementale, l’application des pratiques exemplaires en matière de gestion et les travaux des citoyens de la science.BénéfiqueLong termeCommunication, éducation et sensibilisation5.7 Définir les besoins en matière de formation; élaborer et offrir des ateliers et du matériel de formation destinés aux agents d’application des lois sur les espèces sauvages.
  • Toutes

Texte d’appui

Les mesures de rétablissement devraient être appliquées à de multiples échelles, y compris dans des emplacements ponctuels entourant des sites d’occupation traditionnels (hibernacles, sites de ponte) et de vastes paysages où les hibernacles et les populations locales interagissent. Les activités de rétablissement devraient être coordonnées avec les initiatives de conservation à l’échelle du paysage (p. ex. Algonquin to Adirondacks [A2A], la planification écorégionale de Conservation de la nature Canada, planificateurs municipaux, offices de protection de la nature et naturalistes locaux).

Pour que le rétablissement de la couleuvre obscure soit une réussite en Ontario, il est recommandé d’employer une approche collaborative incluant la participation d’organismes gouvernementaux, de gestionnaires des ressources terrestres, de planificateurs municipaux, de promoteurs fonciers et du public. Le paysage rural doit être utilisé de façon telle qu’il soit compatible avec les besoins des populations de couleuvres obscures.

Dans la région carolinienne du sud-ouest de l’Ontario, l’habitat forestier aura probablement besoin d’être remis en état de façon active (p. ex. reconnecter les parcelles d’habitat) pour que la couleuvre obscure puisse occuper le paysage de manière relativement sûre. Par contre, une gestion judicieuse de l’utilisation des terres ainsi qu’un aménagement prudent (et restreint) des terres pourraient être suffisants pour assurer le maintien de grandes portions d’habitat de qualité ainsi que de populations saines en interaction dans l’axe de Frontenac.

2.4. Aire à considérer dans l’élaboration d’un règlement sur l’habitat

En vertu de la LEVD de 2007, un programme de rétablissement doit comprendre une recommandation au ministre des Richesses naturelles concernant l’aire qui devrait être prise en considération lors de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat. Le règlement sur l’habitat est l’instrument juridique qui prescrit une aire qui sera protégée à titre d’habitat de l’espèce. La recommandation énoncée ci-dessous par les auteurs sera l’une des nombreuses sources prises en compte par le ministre lors de l’élaboration du règlement sur l’habitat de cette espèce.

Les recherches de base à partir desquelles les recommandations ont été formulées ont été réalisées par Weatherhead et Charland (1985) ainsi que par Blouin-Demers et Weatherhead (2001a, b, c, 2002b).

Les deux populations

Étant donné la grande fidélité aux hibernacles de l’espèce, la nature communale des hibernacles et l’importance des sites de ponte pour cette espèce qui se reproduit tous les deux ou trois ans, il est recommandé que les hibernacles et les sites de ponte soient prescrits à titre d’habitat dans le règlement sur l’habitat.

Les hibernacles de cette espèce sont des formations géologiques souterraines avec des accès à la surface; ils ne sont pas faciles à repérer à partir des éléments en surface (COSEWIC, 2007). Afin de protéger l’hibernacle lui-même, les entrées et les sorties possibles, de même que les sites d’exposition au soleil et de rassemblement utilisés par la couleuvre obscure dans les semaines précédant l’hibernation à l’automne et dans les semaines suivant l’émergence printanière, il est recommandé de prescrire une zone d’un rayon de 150 m à partir d’une entrée/sortie connue en tant qu’habitat dans le règlement sur l’habitat. Blouin-Demers et Weatherhead (2002b) ont observé que des couleuvres obscures pouvaient être observées dans un rayon de 150 m (en moyenne) de leur hibernacle approximativement 10 à 40 jours avant l’hibernation ou après l’émergence de l’hibernacle. Puisque les hibernacles sont des structures stables qui sont utilisées de façon répétée, il est recommandé de les protéger indéfiniment.

Les œufs sont pondus sur des tas de fumier et de compost, des billes de bois pourries et des masses de végétation morte. Afin de protéger le site même et les sites d’exposition au soleil et de repos à proximité qui sont utilisés avant ou après la ponte, il est recommandé de prescrire une zone d’un rayon de 30 m (c.-à-d. longueur moyenne d’un arbre) en tant qu’habitat dans un règlement sur l’habitat de l’espèce pour veiller à ce que les caractéristiques relatives à la température, à la végétation et à la luminosité soient conservées autour des sites de ponte (p. ex. billes de bois pourries). Ces sites sont éphémères et conviennent seulement pendant quelques années à la ponte. Ainsi, il est recommandé que les sites de ponte soient prescrits en tant qu’habitat pendant une période de deux ans suivant la dernière utilisation connue du site.

Population de l’axe de Frontenac

L’axe de Frontenac, situé dans le Bouclier canadien, est caractérisé par une topographie très vallonnée, de nombreux affleurements rocheux, des forêts mixtes de feuillus et de conifères ainsi qu’un grand nombre de lacs, de rivières et de milieux humides dans des zones de faible altitude (COSEWIC, 2007). Le sous-système naturel dominant est formé de terres boisées en milieu sec, c’est-à-dire des communautés en milieu sec avec un couvert forestier de plus de 60 % sur un substrat composé à moins de 50 % d’affleurements rocheux ou sur un sol peu profond sur substratum rocheux (Reschke, 1990).

L’habitat favorable dans cette région est principalement composé de forêts mésiques de feuillus; cependant, la couleuvre obscure nécessite une mosaïque de forêts et de milieux ouverts, comme des plans d’eau, des milieux humides, des terres stériles et des affleurements rocheux (Blouin-Demers et Weatherhead, 2001a), à une échelle suffisamment petite pour inclure l’habitat de lisière à l’intérieur du domaine vital d’un individu (environ 18,5 hectares). Les couleuvres obscures se déplacent beaucoup dans le paysage, et les populations fréquentent des réseaux d’hibernacles (les individus de différents hibernacles se reproduisent entre eux) (Prior et al., 1997; Blouin-Demers et Weatherhead, 2002; Blouin-Demers et al., 2005). Le maintien de populations saines de couleuvres obscures dépend de la possibilité d’interaction entre des individus d’hibernacles voisins; la connectivité de l’habitat forestier est donc importante dans un rayon de un à deux kilomètres autour d’un hibernacle (Blouin-Demers et Weatherhead, 2002b). Des études ont permis de confirmer un flux génique entre des hibernacles communaux situés à au moins huit kilomètres les uns des autres (Lougheed et al., 1999; Howes et al., 2009).

Row (2006) a utilisé plusieurs cartes de couverture terrestre numériques pour mesurer la superficie d’habitat et extrapoler les préférences connues en matière d’habitat des couleuvres obscures de la station biologique de l’Université Queen’s aux couleuvres présentes ailleurs dans l’habitat de la population de l’axe de Frontenac (en superposant une carte des domaines vitaux sur des cartes de couverture terrestre). L’habitat convenable, la densité des routes, la taille du voisinage (pour mesurer la connectivité) et la probabilité de soutenir les populations existantes ont été mesurés et classés pour chaque cellule. Un caractère convenable global de 0 à 1 a ensuite été calculé pour chaque cellule, et les résultats ont été cartographiés (figure 2). Row a recommandé que les cellules ayant une valeur de 0,5 ou plus soient définies comme habitat de l’espèce.

Cette carte est le résultat d’un processus qui utilise des données quantifiées fondées sur l’utilisation de l’habitat et les préférences en matière d’habitat. On recommande que les cellules de la carte ci‑dessous (figure 2) ayant une valeur d’au moins 0,5 dans l’aire de répartition de la population de couleuvres obscures de l’axe de Frontenac soient prescrites à titre d’habitat dans le règlement sur l’habitat.

Figure 2. Classement de l’habitat à l’intérieur de carrés de quadrillage de 500 ha superposés sur la région de l’axe de Frontenac. L’habitat est classé du moins convenable (0) au plus convenable (1). La ligne noire délimite l’aire de répartition de la population de couleuvres obscures de l’axe de Frontenac (COSEWIC, 2007, d’après Row, 2006).

Carte de region Frontenac (voir longue description ci-dessous)

Description longue pour la figure 2

Figure 2. L’habitat le plus convenable (classement de 0,5 à 1) se trouve dans le centre, le nord, l’ouest et le nord ouest de l’axe de Frontenac. Le sud est de l’axe de Frontenac renferme aussi de l’habitat convenable.

Population carolinienne

Selon une étude de Blouin-Demers et Weatherhead (2002b), la distance maximale parcourue par une couleuvre obscure depuis son hibernacle jusqu’à son site de ponte (oviposition) était légèrement supérieure à 4 km; dans le cas de la population de l’axe de Frontenac, la distance moyenne était d’environ 1 km. L’habitat dans la région de l’axe de Frontenac est plus convenable et beaucoup moins fragmenté que celui de la population carolinienne. Yagi et Tervo (2006) ont vu, pendant leur étude, des couleuvres d’une sous-population de la région carolinienne se déplacer sur près de 2 km; une couleuvre était en train de s’éloigner de son hibernacle lorsque son émetteur a cessé de fonctionner à cette distance.

Compte tenu de ce qui précède et du fait que l’habitat disponible pour cette population est beaucoup plus fragmentée que celui de la population de l’axe de Frontenac, les couleuvres de la région carolinienne se déplacent probablement sur des distances plus grandes et ont probablement des domaines vitaux plus vastes que les couleuvres de la population de l’axe de Frontenac. Ainsi, on recommande de prescrire tous les éléments naturels (p. ex. terrains boisés, milieux humides, haies, prés) se trouvant dans un rayon de 5 km autour des hibernacles, des sites de ponte et des localités connus où la couleuvre obscure a été observée (avec une exactitude de 100 m) en tant qu’habitat dans un règlement sur l’habitat de la population carolinienne de couleuvres obscures.

Glossaire

Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO) :
Comité créé en vertu de l’article 3 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition qui est responsable de l’évaluation et du classement des espèces en péril en Ontario.
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) :
Comité responsable de l’évaluation et de la classification des espèces en péril au Canada.
Cote de conservation :
Classement attribué à une espèce ou à une communauté écologique, qui indique essentiellement le degré de rareté de cette espèce ou de cette communauté aux échelles mondiale (G), nationale (N) ou infranationale (S). Ces classements, appelés cote G, cote N et cote S, ne sont pas des désignations juridiques. Le statut de conservation d’une espèce ou d’un écosystème est désigné par un nombre de 1 à 5, précédé de la lettre G, N ou S indiquant l’échelle géographique de l’évaluation. Les significations des nombres sont les suivantes :

1 = gravement en péril
2 = en péril
3 = vulnérable
4 = apparemment non en péril
5 = non en péril
Liste des espèces en péril en Ontario (EEPEO) :
Règlement passé en vertu de l’article 7 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition qui établit les statuts de conservation officiels des espèces en péril en Ontario. Cette liste a d’abord été publiée en 2004 à titre de politique, puis est devenue un règlement en 2008.
Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD de 2007) :
Loi provinciale qui confère une protection aux espèces en péril en Ontario.
Loi sur les espèces en péril (LEP) :
Loi fédérale qui confère une protection aux espèces en péril au Canada. Dans cette loi, l’annexe 1 constitue la liste légale des espèces sauvages en péril. Les annexes 2 et 3 renferment des listes d’espèces qui, au moment où la Loi est entrée en vigueur, devaient être réévaluées. Une fois réévaluées, les espèces des annexes 2 et 3 jugées en péril sont soumises au processus d’inscription à l’annexe 1 de la LEP.
Occurrence d’élément :
Terme utilisé par les Centres de données sur la conservation, dont le Centre d’information sur le patrimoine naturel, pour désigner l’occurrence d’un élément de la biodiversité à l’échelle du paysage (p. ex. espèce ou communauté écologie), ou une étendue de terre ou d’eau abritant ou ayant déjà abrité un élément de la biodiversité.

Références

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Membres de l’équipe de rétablissement

Équipe chargée de l’élaboration du programme de rétablissement
NomCoordonnées professionnelles
Shaun Thompson (coprésident)Ministère des Richessses naturelles de l’Ontario, district de Kemptville
Brian Hutchinson (président émérite)Agence Parcs Canada, Centre de services de l’Ontario
Gabriel Blouin-Demers (secrétaire)Départment de biologie, Université d’Ottawa
Corina BrdarMinistère des Richessses naturelles de l’Ontario, Parcs Ontario (zone sud-est)
Mary GartshoreConsultante
Jeff LeggoAgence Parcs Canada, parc national des Îles-du-Saint-Laurent
Tobi KiesewalterMinistère des Richessses naturelles de l’Ontario, Parcs Ontario, parc provincial de la pointe Murphys
Kent PriorAgence Parcs Canada
Anne YagiMinistère des Richessses naturelles de l’Ontario
Deb JacobsAnciennement au ministère des Richessses naturelles de l’Ontario
Rob TervoAnciennement au ministère des Richessses naturelles de l’Ontario
Rob ClaveringAnciennement au ministère des Richessses naturelles de l’Ontario
Patrick WeatherheadDépartement des ressources naturelles et des sciences environnementales, Université de l’Illinois (États-Unis)
Don Cuddy (Conseiller)Consultant