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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’éperlan nain du lac Utopia (Osmerus sp.) au Canada

COSEPAC Résumé du Rapport de situation de 1998

Éperlan nain du lac Utopia

Osmerus sp.

Le lac Utopia, dans le sud‑ouest du Nouveau-Brunswick, contient deux populations phénotypiquement et génétiquement distinctes d’éperlans (genre Osmerus). La première forme, l’« éperlan nain », arrive à maturité à une longueur totale de 100 à 120 mm et l’autre forme, l’« éperlan normal », à 150 à 250 mm. L’éperlan nain et l’éperlan normal du lac Utopia dériveraient tous deux de l’éperlan arc‑en‑ciel (Osmerus mordax) anadrome, qui a colonisé le lac après l’ère glaciaire. L’éperlan nain et l’éperlan normal sont tous deux térétiformes et comprimés latéralement. Leur hauteur maximale se trouve à l’avant de la nageoire dorsale, la tête est de longueur modérée, et le museau, effilé et pointu, est caractérisé par une mâchoire inférieure proéminente. L’os maxillaire s’étend au delà du milieu de l’œil chez l’éperlan normal et s’arrête au milieu de l’œil chez l’éperlan nain. Les dents sont bien développées, surtout sur la langue et le vomer de l’éperlan normal. La coloration des deux formes va du vert pâle au bleu foncé sur le dos, et les flancs essentiellement argentés présentent des irisations bleues, pourpres et rosâtres. Les mâles des deux formes acquièrent des tubercules nuptiaux à l’époque de la fraye. L’éperlan nain a davantage de branchicténies et de plus grands yeux que l’éperlan normal, mais sa bouche est plus petite. L’éperlan nain possède en moyenne 36 branchicténies, alors que l’éperlan normal en possède généralement 32. L’Osmerus mordax anadrome possède habituellement de 28 à 32 branchicténies. Les différences morphologiques entre l’éperlan nain et l’éperlan normal sont probablement le résultat d’une adaptation à des niches trophiques distinctes dans le lac.

Répartition

Le lac Utopia fait partie du bassin de la rivière Magaguadavic, dans le sud‑ouest du Nouveau-Brunswick (comté de Charlotte), et se trouve à environ 100 km au sud‑ouest de Saint John. Des éperlans nains du lac Utopia ont été introduits dans le lac Meech, au Québec, et une population durable semble s’y être établie.

Taille et tendances des populations

Aucun relevé démographique formel n’a été effectué dans le lac Utopia, ni pour l’éperlan nain, ni pour l’éperlan normal. L’éperlan nain serait la forme la plus menacée, la fraye n’ayant été observée que dans deux petits cours d’eau et l’effectif total de reproducteurs n’atteignant peut‑être pas 1 000 individus. Par contre, les reproducteurs de la forme normale se compteraient par milliers dans chacun des deux cours d’eau de fraye, de plus grande taille. L’éperlan nain et l’éperlan normal sont tous deux sujets à une pêche annuelle récréative à l’épuisette. L’exploitation de l’éperlan normal dans le lac Utopia va de faible à modérée. L’ampleur de la pêche à l’épuisette de l’éperlan nain est moins bien connue à cause, notamment, de l’isolement relatif des cours d’eau de fraye de cette forme.

Habitat

Le lac Utopia est relativement peu profond, les profondeurs moyenne et maximale étant de 11,1 et 25,6 m, respectivement. Le lac fait 7,2 km de long et occupe une superficie d’environ 1 370 hectares. L’habitat de fraye des formes naine et normale semble essentiellement limité à quatre petits cours d’eau se jetant dans la moitié nord (amont) du lac. On ne dispose actuellement d’aucune information sur la répartition des éperlans nains et normaux juvéniles ou subadultes à l’intérieur du lac en dehors de la période de fraye. 

Biologie générale

L’éperlan normal fraye pendant les deux premières semaines d’avril, lorsque la température de l’eau se situe entre 4 et 8 °C. L’éperlan nain fraye généralement entre le début et le milieu de mai, à des températures de l’eau supérieures (peut‑être de 8 à 10 °C). Tant les éperlans nains que les éperlans normaux entrent dans les tributaires au crépuscule, et c’est entre 21 h et 4 h qu’ils sont le plus nombreux à remonter les cours d’eau et à frayer. Les œufs adhèrent aux roches, à la végétation submergée et aux débris ligneux.

L’éperlan nain du lac Utopia, qui semble largement zooplanctivore, consomme des Diaptomous, Cyclops, Leptodora, Daphnia, Epischura et Bosmina. Quant à l’éperlan normal (au moins quand il a dépassé la taille moyenne de l’éperlan nain), il est macrophage et consomme souvent des éperlans juvéniles (des deux formes, pense‑t‑on). Les éperlans nains du lac Utopia ont une longueur totale moyenne de 120 mm à maturité, alors que les éperlans normaux ont une longueur totale moyenne de 226 mm. Il n’existe aucune donnée sur l’âge ou la croissance des deux formes du lac Utopia.

Les relations prédateur‑proie sont mal connues, mais l’on sait que des éperlans des deux formes sont consommés par des Salmonidés indigènes (saumon atlantique et omble de fontaine). En outre, les éperlans normaux sont piscivores et consomment souvent de petits éperlans.

Facteurs limitatifs

La production d’éperlans nains et d’éperlans normaux dans le lac Utopia pourrait être limitée par la prédation due aux Salmonidés indigènes (saumon atlantique [Salmo salar] et omble de fontaine [Salvelinus fontinalis]), qui touche surtout les juvéniles de petite taille et les éperlans nains. Les efforts de mise en valeur des Salmonidés dans le lac pourraient perturber cet équilibre et réduire la production de juvéniles des deux formes et d’éperlans nains adultes. En outre, les gros éperlans sont souvent piscivores et peuvent consommer de petits éperlans

La taille et le nombre des cours d’eau de fraye constituent les plus importants facteurs limitatifs pour les populations d’éperlans du lac Utopia. Nous manquons de données précises, mais on sait que la fraye de l’éperlan normal se déroule surtout dans deux cours d’eau situés au nord‑est du lac et que celle de l’éperlan nain semble largement limitée à deux cours d’eau beaucoup plus petits, situés à l’extrémité nord‑ouest du lac. Les cours d’eau de fraye de l’éperlan normal prennent leur source dans des lacs et semblent relativement durables, tandis que les cours d’eau de fraye de l’éperlan nain sont plus éphémères et vulnérables à la dégradation à cause de leur petite taille.

Protection

L’exploitation des populations d’éperlans du lac Utopia se résume à une pêche locale à l’épuisette pendant les frayes printanières (avril et mai). Il semble que cette pêche se concentre sur les éperlans normaux. Les pêches sont réglementées par des limites de prise et de possession. Une certaine protection de la fraye est indirectement assurée par la présence, au nord‑est du lac, d’un refuge de gibier englobant l’un des cours d’eau de fraye de l’éperlan normal.

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MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.