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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’éperlan nain du lac Utopia (Osmerus sp.) au Canada

Information sur l’espèce

L’éperlan arc‑en‑ciel, Osmerus mordax (Mitchill, 1814), est un Osméridé euryhalin qui est indigène des bassins hydrographiques tributaires de l’ouest de Atlantique Nord, entre Long Island et le lac Melville sur la côte du Labrador (Scott et Scott, 1988; Nellbring, 1989). Partout dans cette aire, l’éperlan arc‑en‑ciel peut être anadrome, grandissant jusqu’à maturité dans des milieux marins littoraux pour ensuite se reproduire en eau douce dans un cours d’eau au printemps, ou peut habiter en eau douce en permanence. Tout comme de nombreuses espèces de poissons d’eau douce de la zone tempérée nord, l’éperlan arc‑en‑ciel de lac peut exister sous forme d’individus « nains » ou « normaux », ayant une longueur totale à maturité se situant entre 70 mm et 250 mm, respectivement (Taylor et Bentzen, 1993a). La morphologie de l’éperlan nain est généralement adaptée à une alimentation planctonique, alors que l’éperlan normal est macrophage et souvent piscivore (voir Taylor and Bentzen, 1993a). Il y a au moins cinq cas bien documentés de populations lacustres constituées de formes sympatriques naine et normale : lac Heney, Québec; lacs Green et Onawa, Maine; lac Lochaber, Nouvelle‑Écosse; lac Utopia, Nouveau‑Brunswick (Lanteigne et McAllister, 1983; Taylor et Bentzen, 1993a). Les formes sympatriques diffèrent pour ce qui est de la taille à la maturité, de la morphologie et de l’écologie alimentaire et reproductive (Delisle, 1969; Langteigne et McAllister, 1983; Taylor et Bentzen, 1993a).

Lanteigne et McAllister (1983) ont considéré la forme naine présente dans le nord‑est de l’Amérique du Nord comme une espèce distincte, soit l’éperlan nain (Osmerus spectrum), décrit pour la première fois par Cope (1870) d’après des spécimens du Maine. Taylor et Bentzen (1993a) ont étudié les relations entre 19 populations anadromes et dulcicoles naines ou normales en analysant la variation de sites de restriction de l’ADN mitochondrial (ADNmt). Les données sur l’ADNmt ont réfuté l’hypothèse de la monophylie de l’éperlan nain et ont mis en doute la validité du taxon Osmerus spectrum. Aucun site de restriction diagnostique de l’éperlan nain ou de l’éperlan normal n’a été repéré, et les résultats ne regroupaient pas les populations d’éperlans de taille naine en grappe, séparément des populations de taille normale ou des populations anadromes. Par exemple, les éperlans de taille naine du lac Utopia et du lac Green (identifiés dans la passé comme étant des Osmerus spectrum), tout comme les éperlans de taille naine des lacs Lochaber et Onawa, ne se sont pas avérés monophylétiques et étaient moins proches les uns des autres qu’ils ne l’étaient de populations de taille normale ou de populations anadromes voisines (Taylor et Bentzen, 1993a). Taylor et Bentzen (1993a) ont donc conclu que les éperlans nains étaient polyphylétiques et avaient divergé en plusieurs occasions, peut‑être sympatriquement, de populations normales ou de populations anadromes voisines à la suite de la déglaciation, et que les diverses populations forment peut‑être un complexe d’espèces biologiques non décrites.

Les données de Taylor et Bentzen (1993a, b), bien qu’elles mettent en doute la validité du taxon Osmerus spectrum, telle qu’envisagée par Lanteigne et McAllister (1983), ont montré que dans au moins deux lacs où ils sont présents en sympatrie (lac Utopia, N.‑B., et lac Lochaber, N.‑É.), les éperlans nains et les éperlans normaux étaient génétiquement distincts et, par conséquent, isolés au plan de la reproduction. L’isolement reproductif en sympatrie, combiné aux différences morphologiques et écologiques interannuellement stables entre les formes (figure 1), a amené Taylor et Bentzen (1993a, b) à conclure que les éperlans nains et les éperlans normaux du lac Utopia remplissaient les critères pour la reconnaissance de deux espèces biologiques distinctes (au sens de Mayr, 1963). Par contre, les deux formes du lac Utopia tombaient nettement à l’intérieur des limites morphologiques et moléculaires séparant l’Osmerus mordax de l’éperlan d’Europe (Osmerus eperlanus) et de l’éperlan arc‑en‑ciel arctique (Osmerus dentex) (voir Taylor et Dodson, 1994), ce qui complique la reconnaissance taxinomique de l’éperlan nain et/ou de l’éperlan normal en tant qu’espèces distinctes de l’Osmerus mordax. Cependant, les données sur l’ADNmt ont révélé que les éperlans nains du lac Utopia étaient en moyenne légèrement plus différents des Osmerus mordax de l’extérieur du lac Utopia que ne l’étaient les éperlans normaux (Taylor et Bentzen, 1993a). En outre, la divergence qui a donné des populations génétiquement distinctes d’éperlans nains et d’éperlans normaux dans le lac Lochaber (N.‑É.) s’est produite indépendamment de celle du lac Utopia (Taylor et Bentzen, 1993a). Par conséquent, on peut penser que dans tous les autres systèmes lacustres où ils coexistent, les éperlans nains et les éperlans normaux sont probablement apparus de façon indépendante, les deux formes ne représentant pas deux lignées distinctes dans le nord‑est de l’Amérique du Nord (Taylor et Bentzen, 1993a). 

L’éperlan arc‑en‑ciel, Osmerus mordax (Mitchill, 1814), est un Osméridé euryhalin qui est indigène des bassins hydrographiques tributaires de l’ouest de Atlantique Nord, entre Long Island et le lac Melville sur la côte du Labrador (Scott et Scott, 1988; Nellbring, 1989). Partout dans cette aire, l’éperlan arc‑en‑ciel peut être anadrome, grandissant jusqu’à maturité dans des milieux marins littoraux pour ensuite se reproduire en eau douce dans un cours d’eau au printemps, ou peut habiter en eau douce en permanence. Tout comme de nombreuses espèces de poissons d’eau douce de la zone tempérée nord, l’éperlan arc‑en‑ciel de lac peut exister sous forme d’individus « nains » ou « normaux », ayant une longueur totale à maturité se situant entre 70 mm et 250 mm, respectivement (Taylor et Bentzen, 1993a). La morphologie de l’éperlan nain est généralement adaptée à une alimentation planctonique, alors que l’éperlan normal est macrophage et souvent piscivore (voir Taylor and Bentzen, 1993a). Il y a au moins cinq cas bien documentés de populations lacustres constituées de formes sympatriques naine et normale : lac Heney, Québec; lacs Green et Onawa, Maine; lac Lochaber, Nouvelle‑Écosse; lac Utopia, Nouveau‑Brunswick (Lanteigne et McAllister, 1983; Taylor et Bentzen, 1993a). Les formes sympatriques diffèrent pour ce qui est de la taille à la maturité, de la morphologie et de l’écologie alimentaire et reproductive (Delisle, 1969; Langteigne et McAllister, 1983; Taylor et Bentzen, 1993a).


Lanteigne et McAllister (1983) ont considéré la forme naine présente dans le nord‑est de l’Amérique du Nord comme une espèce distincte, soit l’éperlan nain (Osmerus spectrum), décrit pour la première fois par Cope (1870) d’après des spécimens du Maine. Taylor et Bentzen (1993a) ont étudié les relations entre 19 populations anadromes et dulcicoles naines ou normales en analysant la variation de sites de restriction de l’ADN mitochondrial (ADNmt). Les données sur l’ADNmt ont réfuté l’hypothèse de la monophylie de l’éperlan nain et ont mis en doute la validité du taxon Osmerus spectrum. Aucun site de restriction diagnostique de l’éperlan nain ou de l’éperlan normal n’a été repéré, et les résultats ne regroupaient pas les populations d’éperlans de taille naine en grappe, séparément des populations de taille normale ou des populations anadromes. Par exemple, les éperlans de taille naine du lac Utopia et du lac Green (identifiés dans la passé comme étant des Osmerus spectrum), tout comme les éperlans de taille naine des lacs Lochaber et Onawa, ne se sont pas avérés monophylétiques et étaient moins proches les uns des autres qu’ils ne l’étaient de populations de taille normale ou de populations anadromes voisines (Taylor et Bentzen, 1993a). Taylor et Bentzen (1993a) ont donc conclu que les éperlans nains étaient polyphylétiques et avaient divergé en plusieurs occasions, peut‑être sympatriquement, de populations normales ou de populations anadromes voisines à la suite de la déglaciation, et que les diverses populations forment peut‑être un complexe d’espèces biologiques non décrites.

Les données de Taylor et Bentzen (1993a, b), bien qu’elles mettent en doute la validité du taxon Osmerus spectrum, telle qu’envisagée par Lanteigne et McAllister (1983), ont montré que dans au moins deux lacs où ils sont présents en sympatrie (lac Utopia, N.‑B., et lac Lochaber, N.‑É.), les éperlans nains et les éperlans normaux étaient génétiquement distincts et, par conséquent, isolés au plan de la reproduction. L’isolement reproductif en sympatrie, combiné aux différences morphologiques et écologiques interannuellement stables entre les formes (figure 1), a amené Taylor et Bentzen (1993a, b) à conclure que les éperlans nains et les éperlans normaux du lac Utopia remplissaient les critères pour la reconnaissance de deux espèces biologiques distinctes (au sens de Mayr, 1963). Par contre, les deux formes du lac Utopia tombaient nettement à l’intérieur des limites morphologiques et moléculaires séparant l’Osmerus mordax de l’éperlan d’Europe (Osmerus eperlanus) et de l’éperlan arc‑en‑ciel arctique (Osmerus dentex) (voir Taylor et Dodson, 1994), ce qui complique la reconnaissance taxinomique de l’éperlan nain et/ou de l’éperlan normal en tant qu’espèces distinctes de l’Osmerus mordax. Cependant, les données sur l’ADNmt ont révélé que les éperlans nains du lac Utopia étaient en moyenne légèrement plus différents des Osmerus mordax de l’extérieur du lac Utopia que ne l’étaient les éperlans normaux (Taylor et Bentzen, 1993a). En outre, la divergence qui a donné des populations génétiquement distinctes d’éperlans nains et d’éperlans normaux dans le lac Lochaber (N.‑É.) s’est produite indépendamment de celle du lac Utopia (Taylor et Bentzen, 1993a). Par conséquent, on peut penser que dans tous les autres systèmes lacustres où ils coexistent, les éperlans nains et les éperlans normaux sont probablement apparus de façon indépendante, les deux formes ne représentant pas deux lignées distinctes dans le nord‑est de l’Amérique du Nord (Taylor et Bentzen, 1993a). 

Illustration d’éperlans du lac Utopia normal (haut) et nain (bas)

Figure 1.    Illustration d’éperlans du lac Utopia normal (haut) et nain (bas). Les deux spécimens sont des
mâles matures.

En conséquence, le statut des éperlans nains et des éperlans normaux des divers lacs où il y a sympatrie doit être évalué individuellement. En tant que première étape du processus d’évaluation, le présent rapport synthétise les connaissances actuelles sur la biologie des populations d’éperlans du lac Utopia, décrit leur importance scientifique et traite de leur conservation.