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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’éperlan nain du lac Utopia (Osmerus sp.) au Canada

Biologie générale

Reproduction

Des éperlans normaux en fraye ont été capturés dans les décharges du lac Mill et du lac Trout le 7 avril 1980 (température de l’eau : 4°C), et des éperlans nains ont été capturés dans le « ruisseau Mill » le 12 mai 1980 (Lanteigne et McAllister, 1983). Bridges et Delisle (1974) ont rapporté que des éperlans nains frayaient dans le lac Utopia le 22 mai 1972. Des récoltes d’éperlans nains et d’éperlans normaux faites en 1990 et 1991 révèlent également une différence marquée entre les deux formes pour ce qui est de l’époque de la fraye; en effet, des éperlans normaux mûrs ont été capturés du 8 au 13 avril 1991, alors que des éperlans nains mûrs ont été capturés le 7 mai 1990 et du 10 au 12 mai 1991 (Taylor et Bentzen, 1993b). Des éperlans nains et des éperlans normaux entrant dans les tributaires ont été observés au crépuscule, et c’était entre 21 h et 4 h qu’ils étaient le plus nombreux à remonter les cours d’eau et à frayer (E.B. Taylor, obs. pers.). Fait intéressant, les éperlans du lac Meech, issus de la transplantation d’éperlans nains du lac Utopia, ont été vus à deux occasions en train de frayer à la même période que la population donneuse, soit le 8 mai 1963 et le 19 mai 1971 (Bridges et Delisle, 1974; Lanteigne et McAllister, 1983).

Écologie alimentaire

L’éperlan nain du lac Utopia semble largement zooplanctivore. Bajkov (1936) a rapporté que le contenu stomacal était composé de Diaptomous, Cyclops, Leptodora, Daphnia, Epischura et Bosmina. Quant à l’éperlan normal (au moins quand il a dépassé la taille moyenne de l’éperlan nain), il est macrophage et consomme souvent des éperlans juvéniles (des deux formes, pense‑t‑on) (Bajkov, 1936, E.B. Taylor, obs. pers.). Bajkov (1936) a également rapporté que l’éperlan normal pouvait être pêché à la ligne à l’aide de mouches artificielles à la surface.

Taille, âge, croissance et morphologie

Les éperlans nains et les éperlans normaux capturés dans le lac Utopia en 1981 avaient une longueur standard moyenne (± erreur‑type) de 96,9 (1,5) mm et de 177,9 (4,1) mm, respectivement (Lanteigne et McAllister, 1983). Les éperlans nains capturés en 1990 et 1991 avaient une longueur totale moyenne de 142,9 (2,34) mm et 112,9 (1,84) mm, respectivement (voir Taylor et Bentzen, 1993a). Les éperlans normaux capturés en 1991 avaient une longueur totale moyenne de 226,0 (2,89) mm (Taylor et Bentzen, 1993a). Il n’existe aucune donnée sur l’âge ou la croissance des deux formes du lac Utopia.

Les caractéristiques morphologiques des formes naine et normale du lac Utopia ont été synthétisées par Taylor et Bentzen (1993a). En général, l’éperlan nain a davantage de branchicténies, des yeux plus grands et une bouche plus petite que l’éperlan normal. C’est le nombre de branchicténies qui constitue la différence la plus évidente. Lanteigne et McAllister (1983) ont rapporté un total moyen de 34,1 (0,11) et 31,1 (0,30) branchicténies chez l’éperlan nain et l’éperlan normal, respectivement. Des différences analogues entre les formes ont été rapportées par Taylor et Bentzen (1993a, b) : le nombre moyen de branchicténies chez les éperlans nains capturés en 1990 et 1991 était de 36,2 (0,21) et de 35,4 (0,20), respectivement, et les éperlans normaux capturés en 1991 comptaient en moyenne 32,8 (0,15) branchicténies. La stabilité interannuelle des différences dans le nombre de branchicténies entre les deux formes porte à croire que la différenciation morphologique trophique observée a un fondement génétique. En outre, le nombre de branchicténies de l’éperlan nain semble se maintenir lorsqu’on le transplante dans des environnements différents; en effet, le nombre de branchicténies d’éperlans nains du lac Utopia capturés en 1980 n’était pas significativement différent de celui d’individus nains du lac Meech (issus d’éperlans nains du lac Utopia) capturés en 1963 (NMC71‑0651, Copeman et McAllister, 1978; Lanteigne et McAllister, 1983).