Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Programme de rétablissement de la tête carminée (Notropis percobromus) au Canada [Projet] 2007

5.0           Rétablissement de l’espèce

Outre la description de l’espèce et des menaces qui pèsent sur sa survie ou son rétablissement, la planification du rétablissement de l’espèce doit également tenir compte des facteurs suivants :

  1. la faisabilité du rétablissement;
  2. un but à long terme approprié pour le rétablissement de l’espèce;
  3. les objectifs de rétablissement de l’espèce;
  4. les stratégies à mettre en œuvre pour identifier les menaces et orienter la recherche; les mesures de gestion recommandées pour l’atteinte des objectifs de rétablissement identifiés;
  5. l’identification de l’habitat essentiel ou les études à réaliser en ce sens;
  6. les effets potentiels sur des espèces non ciblées;
  7. les mesures complétées ou en cours de mise en œuvre;
  8. l’évaluation et le rendement du programme de rétablissement;
  9. l’élaboration de plans d’action.

Le programme de rétablissement de la tête carminée est décrit aux paragraphes suivants en fonction de chacun des facteurs précités.

5.1             Faisabilité du rétablissement

Les critères et les analyses qui suivent ont été utilisés dans l’évaluation de la faisabilité biologique et technique du rétablissement de la tête carminée.

Le rétablissement est un continuum entre la survie de l’espèce – maintien de l’aire de répartition et de l’effectif actuel – et son rétablissement complet – retour d’une population viable et durable capable de résister à des événements stochastiques et d’autres variables environnementales à caractère non catastrophique (Groupe de travail national sur le rétablissement, 2004). Le rétablissement d’une espèce est considéré comme étant faisable quand son maintien à long terme à l’état sauvage peut être assuré d’une manière raisonnable et pratique. La faisabilité du rétablissement est déterminée par quatre critères, qui sont décrits dans la politique du gouvernement du Canada (2005). Voici une analyse de la faisabilité du rétablissement de la tête carminée en fonction de ces critères.

Potentiel reproducteur – Il existe des populations viables à un certain nombre d’endroits au Manitoba, notamment dans les rivières Whitemouth et Birch où la présence de l’espèce est signalée depuis un certain temps. En dépit de sa répartition apparemment limitée, rien n’indique que la répartition et/ou l’abondance de la tête carminée est en déclin ou a diminué ces dernières années.

Disponibilité de l’habitat  –  La présence de populations viables qui est signalée depuis un certain nombre d’années dans les rivières Birch et Whitemouth laisse supposer qu’il existe un habitat adéquat pour soutenir toutes les étapes du cycle biologique de l’espèce, à tout le moins à ces endroits. Ailleurs, l’aménagement de projets hydroélectriques dans le réseau hydrographique de la rivière Winnipeg a pu diminuer l’étendue de l’habitat disponible pour la reproduction de la tête carminée en modifiant la profondeur et le débit des cours d’eau et dégrader d’autres habitats en augmentant la turbidité. Mais, il n’existe aucune donnée définitive à l’appui de cette inférence. En effet, de récentes études ont permis de constater que les têtes carminées étaient plus largement réparties et plus abondantes que ce que l’on croyait auparavant. S’il y a peu d’information disponible, voire aucune, sur la persistance de l’habitat disponible dans certains sites où l’espèce a été signalée récemment (c.-à-d. la rivière Bird et le ruisseau Pederson), il n’en demeure pas moins que ces sites offrent un habitat adéquat lorsque certaines conditions sont maintenues. L’existence d’habitats de substitution peut contribuer à assurer la protection de l’espèce contre des événements catastrophiques. De façon générale, on ne croit pas actuellement que l’habitat est un facteur limitatif pour les populations de têtes carminées du Manitoba.

Atténuation des menaces – Les possibilités d’atténuation des menaces qui pèsent sur la tête carminée (section 3, tableaux 6-8, annexe A) vont de modérées à élevées, sauf pour ce qui est de l’introduction d’espèces, du changement climatique et de l’hybridation, dont les possibilités d’atténuation sont vraisemblablement faibles. Actuellement, ces dernières menaces ne semblent pas influer sur la survie de l’espèce et les futurs effets du changement climatique et de l’hybridation demeurent spéculatifs. Bien que de futures introductions d’espèces soient susceptibles de perturber les populations de têtes carminées du Manitoba, ces effets peuvent être évités en s’appliquant des mesures appropriées de contrôle réglementaire et de gestion aux cours d’eau affectés. L’incidence possible de la plupart des menaces liées à l’habitat peut également être réduite, voire éliminée, en appliquant des mesures appropriées de contrôle réglementaire et de gestion et en faisant appel à des pratiques de gestion optimales pour les projets actuels ou anticipés. De façon générale, les menaces identifiées ne devraient vraisemblablement pas nuire à la survie ou au rétablissement de l’espèce. Il existe des populations viables à un certain nombre d’endroits au Manitoba, et les efforts de conservation et d’atténuation déployés envers ces populations devraient assurer le maintien de leur viabilité à long terme. Cependant, l’amélioration de notre base de connaissances sur l’espèce nous aiderait à mieux comprendre les effets potentiels des menaces que pèsent sur l’espèce ainsi que l’efficacité des mesures d’atténuation prises pour contrer ces menaces.

Moyens techniques – Les techniques envisageables pour la conservation des populations de têtes carminées reposent sur les plus récentes données scientifiques et pratiques de gestion. Compte tenu de l’abondance relative de l’espèce à l’intérieur d’une aire de répartition restreinte, il faudra concentrer les efforts de rétablissement sur l’atténuation des effets liés à l’habitat et sur l’exclusion d’espèces indésirables. Les connaissances techniques sur la façon d’atténuer des effets potentiels liés à l’habitat sont bien étayées et appliquées partout sur la planète. Le meilleur moyen d’éviter l’introduction d’espèces est de mettre en place des programmes de gestion et de vulgarisation relevant tous deux entièrement des provinces ou territoires responsables. Aucun empêchement au rétablissement de la tête carminée n’a été identifié par aucun des organismes responsables.

Selon l’analyse qui précède, le rétablissement de la tête carminée est considéré comme étant biologiquement et techniquement faisable.

5.2             But du rétablissement

Rien n’indique jusqu’à maintenant que les populations de têtes carminées du Manitoba ont connu un déclin important de leur abondance ou de leur aire de répartition par rapport aux niveaux historiques. Cependant, l’abondance et l’aire de répartition de la tête carminée étant apparemment très restreintes, l’espèce pourrait être sensible à de futures perturbations anthropiques. En conséquence, le but du rétablissement devrait s’articuler autour du maintien de populations saines et durables à l’intérieur de leur aire de répartition actuelle. Pour atteindre ce but, il faudra atténuer les menaces actuelles et potentielles pour l’espèce. Il sera aussi essentiel d’accroître nos connaissances de la biologie, de l’écologie et du cycle biologique de l’espèce pour améliorer notre capacité de contrôler et de protéger l’espèce et son habitat. Comme un rétablissement complet de l’espèce ne sera sans doute pas requis, le présent programme s’articule autour du maintien ou de la conservation des populations actuelles et de leurs habitats. La conservation de l’espèce est importante, car elle contribue au respect de l’engagement du Canada envers le maintien de la biodiversité du pays. Dans ce contexte, voici quel est le but du rétablissement de la tête carminée : 

Maintenir des populations durables de têtes carminées en réduisant ou en éliminant les menaces potentielles pour l’espèce et ses habitats. 

5.3             Objectifs du rétablissement

Pour atteindre ce but, on propose également un certain nombre d’objectifs de rétablissement. Il s’agit d’objectifs liés aux populations de têtes carminées, à leur répartition ainsi qu’à l’atténuation des menaces qui pèsent sur l’espèce.

5.3.1       Objectifs liés aux populations de têtes carminées et à leur répartition

Les objectifs liés aux populations de têtes carminées et à leur répartition doivent tenir compte des facteurs suivants : la situation incertaine et en grande partie non étayée des populations de têtes carminées du Manitoba; leurs liens uniques avec d’autres populations du Sud; les difficultés liées à l’identification de l’espèce. Pour que le but du rétablissement soit atteint, il faut que le programme de rétablissement permette :

  1. de maintenir l’abondance et l’aire de répartition actuelle des populations de têtes carminées;
  2. de confirmer l’identité spécifique de la tête carminée au Canada;
  3. d’accroître les connaissances sur la biologie, le cycle biologique, les exigences en matière d’habitat et l’abondance de la tête carminée au Canada.

5.3.2       Objectifs liés à l’atténuation des menaces

Le rétablissement de l’espèce exige l’élimination ou la réduction des menaces qui ont contribué ou peuvent contribuer au déclin de l’espèce ou, encore, qui nuiront aux futurs efforts de rétablissement ou de conservation de l’espèce. En l’occurrence, comme le déclin de la population du Manitoba n’a pas été démontré, il faudra réduire les menaces susceptibles d’entraîner un déclin de l’espèce et prendre des mesures proactives pour éviter toute menace potentielle pour l’espèce. Pour que les objectifs liés à la réduction ou à l’atténuation des menaces soient atteints, il faut que le programme de rétablissement permette :

4.      d’identifier des menaces potentielles pour la tête carminée associées aux activités humaines et aux processus écologiques et d’élaborer des plans visant à éviter, à éliminer ou à atténuer ces menaces. 

5.4             Méthodes et stratégies de rétablissement

Voici les rubriques générales dans lesquelles sont regroupées, aux fins de discussion, les stratégies proposées pour contrer les menaces identifiées et orienter les activités de recherche et de gestion à mettre en œuvre pour atteindre le but du rétablissement et les objectifs de rétablissement : 

  1. la recherche et la surveillance;
  2. la gestion et la réglementation;
  3. l’éducation et la vulgarisation.

Chaque stratégie doit permettre d’évaluer, d’atténuer ou d’éliminer les menaces qui pèsent sur l’espèce; de combler des lacunes dans les connaissances à acquérir (les lacunes non comblées risquant de compromettre le rétablissement de l’espèce); de contribuer au rétablissement de l’espèce en général. Ces stratégies sont résumées aux tableaux 2 à 4. Elles sont présentées par ordre de priorité sur chaque tableau et associées à un ou à plusieurs objectifs de rétablissement.

5.4.1       Recherche et surveillance

Tous les efforts consentis pour le rétablissement de la tête carminée doivent reposer sur de solides connaissances scientifiques. Avant que la population du Manitoba puisse être correctement évaluée, il importe de confirmer son identité actuelle. Pour combler les besoins en matière de recherche scientifique et de surveillance, nous recommandons la mise en œuvre des stratégies décrites aux paragraphes suivants (tableau 2).

R1               Confirmer l’identité de l’espèce en comparant les résultats des analyses génétiques (ADN mitochondrial et ADN nucléaire) et morphométriques réalisées sur des spécimens provenant du Manitoba, de l’Ontario, du Minnesota et du Wisconsin aux résultats des analyses enzymatiques réalisées par Wood et al. (2002). Cela contribuera à préciser les liens entre les populations du Manitoba et d’autres populations de têtes carminées (N. percobromus) du Sud; à améliorer notre compréhension de la biodiversité au sein des populations de l’espèce et entre celles-ci; à orienter les activités de recherche et de surveillance visant à combler les lacunes dans les connaissances concernant la répartition et l’abondance de l’espèce, les caractéristiques de son cycle biologique, ses exigences en matière d’habitat et la dynamique interspécifique; enfin, à mieux comprendre les effets potentiels des activités anthropiques et des processus écologiques.

R2               Faciliter l’identification de l’espèce en élaborant des clefs d’identification sur le terrain à partir des analyses génétiques et morphologiques les plus récentes (R1) et en établissant des protocoles/instruments habilitants scientifiques. Cela contribuera à confirmer l’identité des spécimens de têtes carminées obtenus des programmes de surveillance ou de relevés, et l’identification de l’espèce sera effectuée avec plus de fiabilité.

Tableau 2. Priorisation des stratégies de recherche et de surveillance (R).
Priorité*Numéro de l’objectifStratégieÉtapes particulièresEffets anticipés
Urgent2R1. Confirmer l’identité de l’espèceProcéder à des analyses génétiques (ADN) et morphologiques des poissons du Manitoba, de l’Ontario, du Minnesota et du Wisconsin.Permettra d’établir les assises de tous les autres travaux.
Urgent2R2. Faciliter l’identification de l’espèceÉlaborer des clés d’identification et/ou contribuer à l’identification de spécimens.Permettra d’identifier la tête carminée avec plus de facilité et de fiabilité.
Nécessaire3, 4R3. Préciser les besoins liés au cycle biologique de l’espèceDéterminer les exigences de l’espèce en matière d’habitat à toutes les étapes de son cycle biologique.Permettra d’identifier les habitats importants ou essentiels pour l’espèce. Une meilleure compréhension des paramètres liés au cycle biologique de l’espèce sera un atout pour la détermination de cibles démographiques.
Nécessaire3R4. Préciser l’aire de répartition de l’espèceMener des échantillonnages synoptiques visant à mieux définir l’aire de répartition de l’espèce.Permettra d’améliorer les connaissances sur les exigences de l’espèce en matière d’habitat. Une meilleure connaissance de la répartition de l’espèce pourrait éventuellement faire passer la désignation de l’espèce à un rang moins élevé.
Nécessaire4R5. Identifier les facteurs limitatifsEffectuer des recherches sur les changements physiques (ex. qualité, température et débit de l’eau) qui ont une incidence sur l’espèce.Permettra d’évaluer et d’atténuer les menaces découlant des activités anthropiques qui pèsent sur l’espèce.
Nécessaire1,3R6. Surveiller les tendances démographiquesÉlaborer des indices de l’abondance et les utiliser pour suivre les tendances démographiques et, simultanément, surveiller des paramètres clés liés à la qualité de l’habitat sur des sites d’échantillonnage.Permettra d’obtenir des données chronologiques, d’améliorer les connaissances sur la variabilité naturelle et la viabilité de la population, d’améliorer la capacité d’identification des effets anthropiques.
Nécessaire3R7. Répertorier l’habitatDéterminer l’étendue des habitats adéquats et essentiels.Permettra de cibler les efforts de protection ou de remise en état des habitats.
Bénéfique4R8. Réduire les prisesMener des recherches pour déterminer la vulnérabilité des têtes carminées envers les divers engins de pêche aux poissons‑appâts.Permettra de réduire ou d’éliminer les prises accessoires dans les pêches aux poissons-appâts.

*Priorité : urgent, nécessaire, bénéfique.

R3               Préciser les besoins liés au cycle biologique de l’espèce en consignant des données sur les besoins physiques de la tête carminée (température, turbidité, chimie et débit de l’eau) ainsi que sur les substrats qu’elle préfère. Ces données, conjointement avec les résultats des études scientifiques sur le cycle biologique de l’espèce et sur ses exigences en matière d’habitat, nous donneront une meilleure idée de l’utilisation faite par l’espèce de son habitat au Manitoba et faciliteront l’identification d’éventuels habitats essentiels. Les observations faites dans la rivière Whitemouth nous aideront également à préciser les besoins de l’espèce en matière de reproduction, surtout en ce qui a trait à la température de l’eau, aux substrats et aux interactions trophiques. La connaissance de ces besoins pourrait servir à orienter les recherches menées sur les populations de têtes carminées présentes dans d’autres réseaux hydrographiques. Outre la recherche sur le terrain, l’étude de spécimens préservés de têtes carminées du Manitoba nous permettra d’obtenir de l’information sur l’âge à maturité, la longévité et la fécondité de l’espèce. Grâce à cette information, nous pourrons savoir si les têtes carminées du Manitoba ont un potentiel reproducteur semblable à celui des populations du Sud et s’il est raisonnable d’appliquer les connaissances que nous possédons sur celles-ci à la gestion des populations du Manitoba.

R4               Préciser l’aire de répartition de l’espèce en déterminant la répartition géographique et bathymétrique saisonnière des populations de têtes carminées. L’aire de répartition connue de l’espèce a augmenté sensiblement à la suite des échantillonnages menés depuis 2001. Or, elle pourrait augmenter davantage si les efforts d’échantillonnage dirigés augmentent. De nouvelles découvertes pourraient éventuellement faire passer la désignation de l’espèce à un rang moins élevé.

R5               Identifier les facteurs limitatifs en examinant les effets des changements qui surviennent dans les paramètres physiques de l’eau (ex. qualité, température et débit) et dans les paramètres écosystémiques qui découlent de l’introduction d’espèces. Cela permettra d’améliorer notre compréhension des menaces découlant d’activités anthropiques, dont l’utilisation des terres, la régulation des cours d’eau et l’introduction d’espèces.

R6               Surveiller les tendances démographiques en élaborant des indices de l’abondance permettant de suivre l’évolution dans le temps des tendances démographiques pour nous assurer que les objectifs de conservation ou de rétablissement sont atteints. La surveillance des principaux paramètres de la qualité de l’habitat combinée à la surveillance des tendances démographiques nous permettra d’obtenir les données chronologiques requises pour comprendre la variabilité naturelle et identifier les effets anthropiques. Ce travail pourrait également nous aider à élaborer les modèles démographiques et les estimations de la variabilité dont nous pourrions avoir besoin pour identifier l’habitat essentiel de l’espèce et estimer les prises admissibles.

R7               Répertorier l’habitat en menant des études scientifiques visant à décrire, à localiser et à inventorier les divers types d’habitats que fréquente la tête carminée. Ce travail était axé initialement sur des aires connues, mais il pourrait également inclure l’échantillonnage proactif d’autres habitats apparemment adéquats comme ceux du cours supérieur du chenal Pinawa. Cela nous permettra d’optimiser les efforts visant à protéger et à restaurer des habitats clés et, en bout de ligne, contribuera à l’identification de l’habitat essentiel de l’espèce.

R8               Réduire les prises en menant des études scientifiques sur la façon d’éliminer ou de réduire les prises accessoires de têtes carminées en apportant des modifications aux activités de pêche aux poissons-appâts (ex. choix des engins, emplacements et profondeur de déploiement des engins, contraintes de temps).

5.4.2       Gestion et réglementation

Des mesures de gestion et de réglementation sont requises vis-à-vis d’une variété de menaces, y compris la perte ou la dégradation de l’habitat, l’introduction d’espèces et les prises. Pour combler les besoins en matière de gestion et de réglementation, nous recommandons la mise en œuvre des stratégies décrites aux paragraphes suivants (tableau 3).

M1              Conserver des données et/ou archiver convenablement tous les échantillons de têtes carminés et toute l’information actuelle et future sur l’espèce dans des entrepôts de données connus. Cela permettra d’assurer la continuité des données et leur consultation future. L’information sur le cycle biologique de l’espèce et son habitat permettra de suivre l’évolution des changements qui surviennent dans la situation de l’espèce. Cette information pourra être réexaminée advenant la modification de la situation taxinomique de la tête carminée au Manitoba. La mise en place d’un dépôt central de données permettra d’améliorer l’accès à l’information et la sécurité des données.

M2              Réviser, au besoin, les plans de gestion et les règlements sur les pêches pour qu’ils reflètent la situation actuelle de la tête carminée. L’espèce ne devrait plus faire partie des poissons-appâts dont la pêche est autorisée en vertu la réglementation sur les pêches, et les utilisateurs de cette ressource devraient en être informés. Dans les aires que fréquente l’espèce, il faudra limiter les prises accessoires de l’espèce, soit en interdisant le déploiement des engins de pêche, soit en contrôlant les prises pour qu’elles ne nuisent pas à la tête carminée. Il faudra coordonner les efforts de rétablissement avec ceux déployés par d’autres organismes responsables de la gestion de la tête carminée ou qui participent à sa gestion, ce qui inclut entre autres la province du Manitoba. Il faudra réviser les plans sur l’utilisation des terres (sylviculture, agriculture, construction de routes et autres activités d’aménagement) pour qu’ils tiennent compte convenablement de la tête carminée.

Tableau 3. Priorisation des stratégies de réglementation et de gestion (M).
Priorité*Numéro de l’objectifStratégiesÉtapes particulièresEffets anticipés
Nécessaire2, 3M1. Conserver des donnéesConserver et archiver des spécimens, des échantillons et des données scientifiques sur l’espèce et son habitat.Permettra de réexaminer des spécimens advenant la modification de la taxinomie de l’espèce.
Nécessaire1, 4M2. Réviser les plans de gestionInterdire la pêche aux poisons-appâts dans des habitats clés pour la tête carminée. Tenir comte de la tête carminée dans la planification de l’utilisation des terres.Permettra de prévenir les prises de têtes carminées et assurera une protection proactive des habitats que fréquente la tête carminée.
Nécessaire1, 4M3. Protéger les habitats clésCoordonner les travaux de rétablissement avec des organismes qui s’intéressent à la réglementation des activités susceptibles d’avoir une incidence sur le rétablissement de la tête carminée, y compris les municipalités et les ministères fédéraux et provinciaux.Permettra de prévenir la dégradation et/ou la destruction de l’habitat.
Nécessaire2, 3, 4M4. Surveiller les prises de poissons-appâtsDéterminer le pourcentage de prises accessoires de têtes carminées par les pêcheurs de poissons-appâts et les pêcheurs à la ligne.Permettra de réduire les prises accessoires de têtes carminées.
Bénéfique4M5. Soutenir les meilleures pratiques de gestionSoutenir des pratiques de gestion qui sont bénéfiques pour la tête carminée et la qualité de son habitat et, si cela est possible, offrir des conseils techniques en la matière (ex. érosion et gestion des sédiments, élimination appropriée des contaminants).Permettra de prévenir la dégradation et/ou la destruction de l’habitat et de réduire les menaces qui pèsent actuellement sur la tête carminée.
Bénéfique4M6. Resserrer les conditions des permis délivrés en vertu de la LEPLimiter le nombre de têtes carminées qui peuvent être capturées.Permettra de prévenir les captures inutiles et la mortalité chez les têtes carminées remises à l’eau.
Bénéfique4M7. Rationaliser les programmes d’ensemencementÉvaluer l’incidence de l’introduction de poisons gibiers dans les systèmes que fréquente la tête carminée. Éviter l’adoption de nouveaux programmes d’ensemencement tant que leur incidence possible sur la tête carminée n’aura pas été réexaminée et/ou étudiée.Permettra de réduire les mortalités inutiles de têtes carminées.

*Priorité : urgent, nécessaire, bénéfique.

M3              Protéger les habitats clés qu’ils soient connus ou soupçonnés, y compris les zones de fraye, d’alimentation et d’hivernage, pour assurer la viabilité à long terme des populations actuelles. Pour assurer une telle protection, il faudra modifier les législations provinciales, dont la Ecological Reserves Act, comme dans le cas de la réserve écologique de la rivière Whitemouth qui assure la protection actuelle d’une zone de végétation de faible superficie qui tapisse le fond de la rivièreWhitemouth. Il faudra dorénavant faire une surveillance et une application plus rigoureuses des dispositions de la législation fédérale – Loi sur les pêches et Loi sur les espèces en péril.

M4              Surveiller périodiquement les prises de poissons-appâts pour s’assurer que des têtes carminées ne sont pas capturées. Ces études permettrait d’obtenir des données utiles sur la composition des effectifs de l’espèce, son aire de répartition, son cycle biologique et l’utilisation qu’elle fait de son habitat. On pourrait profiter de l’occasion pour faire connaître l’espèce aux pêcheurs de poissons-appâts (voir également E1).

M5              Soutenir les meilleures pratiques de gestion, lorsque cela possible, en offrant des conseils et des incitatifs techniques qui sont bénéfiques pour la tête carminée et la qualité de son habitat (ex. lutte contre l’érosion et l’envasement, élimination appropriée des contaminants). Il faudra notamment soutenir le secteur agricole – ou lui fournir des incitatifs – pour qu’il adopte de meilleures pratiques d’abreuvement du bétail et de gestion des zones riveraines.

M6              Resserrer les conditions des permis délivrés en vertu de l’article 73 de la LEP pour la réalisation de recherches scientifiques ou l’autorisation de dommages admissibles en vertu de l’article 73 de la LEP. Il faudra délivrer les permis au cas par cas en s’assurant du respect des objectifs globaux de rétablissement de l’espèce. Il faudra que les demandes de permis de pêche à la tête carminée contiennent des éléments de preuve probants voulant que l’activité favorisera le rétablissement de l’espèce ou ne lui nuira pas, à tout le moins.

M7              Rationaliser les programmes d’ensemencement en s’assurant que tout projet d’ensemencement dans les eaux que fréquente la tête carminée tienne compte de l’incidence de l’espèce introduite sur la tête carminée. Il faudra réexaminer les anciens programmes d’ensemencement pour s’assurer que les objectifs de rétablissement de la tête carminée ne sont pas compromis. Il faudra éviter d’adopter de nouveaux programmes tant que leur incidence possible n’aura pas été mieux comprise.

5.4.3       Éducation et vulgarisation

Des efforts d’éducation et de vulgarisation sont nécessaires pour assurer l’acceptation et le respect du programme de rétablissement dans son ensemble. Pour combler les besoins en matière d’éducation et de vulgarisation, nous recommandons la mise en œuvre des stratégies décrites aux paragraphes suivants (tableau 4).

E1               Faire connaître davantage l’espèce au public en élaborant des documents d’information et du matériel didactique sur la tête carminée, son habitat et les conséquences de son inscription sur la liste de la LEP, puis en les distribuant aux intervenants, aux communautés locales et aux organismes responsables d’attribuer des autorisations ou des permis pour des activités susceptibles d’avoir une incidence sur l’espèce. Pour réduire les possibilités de dommages dirigés ou fortuits, il faudra faire mieux connaître l’espèce, les menaces qui pèsent sur sa survie et les meilleures pratiques de gestion à appliquer pour éviter qu’elle subisse des dommages par le biais de fiches d’information et de clefs d’identification. Une telle information devrait accompagner tous les permis ou autorisations de pêche aux poissons-appâts dans les zones que fréquente habituellement la tête carminée au Manitoba et devrait être prise en considération dans l’élaboration d’éventuelles lignes directrices sur la pêche aux poissons-appâts.

E2               Encourager activement la participation des intervenants aux efforts de rétablissement, y compris aux activités de recherche et de surveillance. En améliorant la sensibilisation et la participation aux activités de rétablissement, nous pourrons favoriser une attitude propice à l’intendance chez les intervenants et générer un soutien aux initiatives de rétablissement de l’espèce. Les efforts devront être axés sur l’intendance de l’habitat et, plus particulièrement, sur la gestion des habitats riverains. Le département de zoologie de l’université du Manitoba, qui mène depuis longtemps des échantillonnages scientifiques dans la rivière Whitemouth, est un bon exemple de la façon dont la participation des intervenants peut contribuer au programme de rétablissement de l’espèce. Là où cela est faisable et pratique, ces programmes devront être soutenus et intégrés au programme de rétablissement.

Tableau 4. Priorisation des stratégies d’éducation du public et de vulgarisation (E).
Priorité*Numéro de l’objectifStratégieÉtapes particulièresEffets anticipés
Nécessaire1, 3, 4E1. Faire connaître davantage l’espèce au publicÉlaborer du matériel didactique sur la tête carminée, puis le distribuer aux intervenants, aux collectivités et aux organismes responsables du développement et de l’attribution de permis. Inclure de l’information sur l’identification de l’espèce et sur les amendes prévues dans la Loi sur les espèces en péril pour la capture de têtes carminées ou la destruction de leur habitat.Permettra d’améliorer la sensibilisation à la tête carminée et à son habitat, de favoriser la compréhension de l’espèce et la communication sur celle-ci, de réduire les captures fortuites et la destruction de l’habitat.
Nécessaire3, 4E2. Encourager la participation des intervenantsSolliciter la participation des intervenants aux activités de recherche et de surveillance et à d’autres initiatives de rétablissement de l’espèce.Permettra d’améliorer la sensibilisation à l’espèce et à son habitat et le soutien local à l’égard des initiatives de rétablissement.
Nécessaire2, 3, 4E3. Faciliter l’échange d’informationPartager des données de recherche et de surveillance par le biais d’un entrepôt de données central.Permettra d’améliorer l’accessibilité et la sécurité des données.
Bénéfique1, 4E4. Décourager l’introduction d’espècesAccroître la sensibilisation du public et du gouvernement aux effets de l’introduction d’espèces.Permettra de réduire les dommages possibles aux populations de têtes carminées causés par l’introduction de prédateurs et de compétiteurs.

*Priorité : urgent, nécessaire, bénéfique.

E3               Faciliter l’échange d’information entre chercheurs, intervenants et organismes responsable des pêches du Canada et des États-Unis au sujet des activités de recherche, de rétablissement et de gestion liées à la tête carminée. Une grande partie de l’aire de répartition de l’aire carminée est située aux États-Unis. Cela représente une occasion de collaboration et de coopération envers beaucoup d’initiatives de recherches, de rétablissement et de gestion. Toute information additionnelle recueillie sur l’espèce dans le cadre de ces initiatives augmentera notre capacité de gérer efficacement sa conservation ou son rétablissement.

E4               Décourager l’introduction d’espèces dans les écosystèmes, car cela peut gravement perturber la dynamique des espèces indigènes et conduire à la disparition du pays d’espèces qui ne parviennent pas à s’accaparer de ressources limitées. Comme les effets de l’introduction d’espèces sont souvent irréversibles, la prévention est souvent la seule option disponible. Pour prévenir l’introduction d’espèces, qu’elle soit délibérée ou non, il faudra soutenir la mise en place de programmes d’éducation visant à accroître la sensibilisation à cet enjeu.

5.5             Habitat essentiel

L’habitat essentiel tel que défini par la LEP est l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’espèces sauvages désignées. Sa désignation exige une compréhension fondamentale de la relation qui existe entre l’espèce et son environnement physique (habitat) et de la façon dont les changements dans les conditions ayant cours dans l’habitat peuvent affecter la survie de l’espèce. Pour l’instant, peu d’études ont examiné la biologie, le cycle biologique ou les exigences relatives à l’habitat de la tête carminée. En conséquence, on manque d’information sur l’endroit et le moment où a lieu la fraye, sur les lieux de croissance, d’alevinage et d’alimentation de la tête carminée, sur l’emplacement de ses sources de nourriture ainsi que sur l’époque et l’étendue des migrations, si elles ont lieu. On sait que les adultes fréquentent les seuils peu profonds de la rivière Whitemouth, là où les eaux sont claires et où le substrat, de gravier et de cailloux, est propre. Cependant, il est impossible de déterminer si ces types d’habitat sont essentiels – et lesquels le sont – à l’espèce. Des spécimens de tête carminée ont été prélevés dans un plus vaste éventail d’habitats, ailleurs dans le réseau hydrographique de la rivière Winnipeg. Dans le cadre des futurs efforts de désignation de l’habitat essentiel, il faudra se pencher sur ces lacunes documentaires pour tous les stades biologiques et toutes les saisons.

Bien que nous ne soyons pas en mesure d’identifier l’habitat essentiel de la tête carminée pour l’instant, il faudra éventuellement décrire et protéger cet habitat pour assurer la conservation de l’espèce. Une annexe sur les études à réaliser pour identifier l’habitat essentiel est présentée au tableau 5. Nous avons mis en relief, dans la section précédente, bon nombre de ces études, lesquelles incluent des travaux portant sur la résolution des incertitudes concernant la taxonomie de l’espèce, la description des caractéristiques de son cycle biologique et les attributs biophysiques de son habitat et, enfin, la description, la localisation et l’établissement de l’inventaire des types d’habitats que fréquente actuellement la tête carminée.

Études requisesCalendrierCommentaires
1. Résolution des incertitudes taxinomiques au sujet de l’espèce et d’autres ménés étroitement apparentés2007-2010. Ces études ont été lancées et sont en cours.Il faudra orienter les efforts initiaux sur la population de la rivière Whitemouth où les poissons sont aisément accessibles, puis procéder à l’examen d’autres populations à des fins de comparaison. Les études devront se faire en collaboration avec des collègues de l’Ontario, du Minnesota et du Wisconsin. Les résultats de ces études permettront de déterminer le type et la portée des recherches nécessaires sur la biologie et l’habitat de l’espèce.
2. Description des caractéristiques du cycle biologique de l’espèceIl faudra caractériser les relations entre les étapes essentielles du cycle biologique de l’espèce, les activités clés et les caractéristiques de l’habitat.
3. Description des attributs biophysiques de l’habitat requisIl faudra décrire les divers types d’habitats en relation avec les milieux physique et biologique.
4. Identification, localisation et inventaire de l’habitat que fréquente l’espèceOn peut amorcer ces études immédiatement, en même temps que les programmes de surveillance et de relevés.
5. Rationalisation de l’habitat essentiel2010-2012Il s’agit de l’étape finale du processus qui permet de déterminer quelle partie d’habitat doit être considérée comme étant « essentielle ». Ce travail découle des résultats des études antérieures et pourrait inclure une modélisation de la viabilité des populations. Il faudra envisager le remplacement des estimations de l’abondance par des prises par unité d’effort (PUE).

Le calendrier des études prescrites est nécessairement un document de planification à long terme. Sa structure est plus ou moins hiérarchique étant donné que la collecte d’information sur l’habitat de l’espèce suppose la réalisation d’études préalables, dont celles nécessaires pour résoudre les incertitudes taxinomiques et recueillir de l’information sur le cycle biologique. Cependant, dans la réalité, l’information sur l’habitat peut et devrait être recueillie en même temps que l’information provenant des programmes de surveillance et des relevés de la population, dont certains menés de façon continue. Les détails des études prescrites seront présentés dans une série de plans d’action pour le rétablissement, le premier incluant les quatre premières études et couvrant une période de trois ans environ. Il faudra apporter des améliorations ou des ajustements au calendrier des études requises sur une base continue et au moment de la publication de chaque plan d’action successif.

5.6             Effets sur des espèces non visées

Le programme de rétablissement proposé peut avoir un effet positif sur d’autres espèces et leurs habitats, y compris la tête à taches rouges, la lamproie brune (Ichthyomyzon castaneus) et la lamproie du nord (I. fossor) dans la rivière Whitemouth, ainsi que la lamproie argentée (I. unicuspis) et le ventre-pourri (Pimephales notatus), ailleurs dans le réseau hydrographique de la rivière Winnipeg, toutes des espèces qui sont peu communes au Manitoba (Stewart et Watkinson, 2004). La lamproie du nord et la lamproie brune ont été désignées « espèces préoccupantes » par le COSEPAC, et leur situation est à l’étude http://www.cosewic.gc.ca/fra/sct2/sct2_4_f.cfm. Le programme peut également avoir une incidence sur les pêches aux poissons-appâts où des espèces de ménés font partie des prises admissibles. Si les têtes carminées devenaient plus abondantes ou si leur aire de répartition s’élargissait grâce aux mesures de protection mises de l’avant, elles viendraient à tout le moins augmenter la diversité et la stabilité des communautés aquatiques affectées (K.W. Stewart, comm. pers., 2004). Une population plus diverse et plus abondante de poissons fourrages pourrait également accroître la productivité de certaines espèces économiquement importantes.

Le programme de rétablissement proposé recommande également l’examen des effets que peuvent avoir les programmes d’ensemencement actuels et proposés sur la tête carminée. La plupart des programmes d’ensemencement incluent des espèces non indigènes (voir 3.2.2), de sorte que leur suppression aurait sans doute un effet positif ou neutre sur l’environnement. Les effets sur des espèces de poissons introduites seraient pris en considération dans le processus de rationalisation.

5.7             Mesures complétées ou en cours de mise en œuvre

Des études génétiques (ADN) et morphométriques visant à confirmer l’identification des têtes carminées au Manitoba ont été amorcées par le MPO en 2002 (W. Franzin, MPO, Winnipeg, comm. pers., 2005). Ces études se poursuivent en même temps, d’une part, que les études sur le terrain visant à délimiter l’aire de répartition et l’abondance de la tête carminée au sud-est du Manitoba et dans des aires voisines de l’Ontario et, d’autre part, que les études morphométriques axées sur l’élaboration de clefs d’identification sur le terrain. Ces études traitent de certains aspects des stratégies de recherche et de surveillance (voir R1 à R4) et établissent les assisses d’autres évaluations de l’habitat.

Les études que poursuit actuellement le Dr Chris Wilson du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (comm. pers., 2005) ont confirmé que les têtes caminées et les têtes roses sont des taxons distincts, tout comme le méné émeraude, selon les séquences d’ADN mitochondrial (ATPase 6 et 8) et nucléaire (ITS-1 de l’ARNr). Les recherches se poursuivent en vue d’identifier des différences de séquence entre les espèces qui peuvent être facilement détectées au moyen d’enzymes de restriction, ce qui permettrait un dépistage rapide (et peu coûteux) aux fins d’identification de l’espèce.          

Le Dr K.W. Stewart de l’université du Manitoba a recueilli un ensemble complet de données morphométriques à partir de spécimens représentatifs du Wisconsin, du Minnesota, de l’Ontario et du Manitoba ainsi que de ménés émeraudes du lac Winnipeg en tant que groupe étroitement apparenté, mais facilement distinguable. Les données seront analysées en utilisant diverses techniques multi-variables pour déterminer les caractères, ou les combinaisons de caractères, qui sont utiles pour séparer les différentes espèces prélevées. Des échantillons aveugles provenant de mêmes poissons individuellement identifiés ont été soumis à des analyses génétiques, ce qui a permis d’obtenir deux ensembles de données impartiaux pour fins de comparaison finale des données génétiques et morphométriques. Les résultats préliminaires suggèrent qu’il est possible de distinguer aisément les têtes carminées des têtes roses au moyen de caractères morphologiques et qu’il n’est pas possible de distinguer aisément les têtes carminées des ménés émeraudes sans détruire ou préserver des spécimens pour fins d’examen en laboratoire.

Pour faire mieux connaître l’espèce, une fiche de renseignements intitulée « The Carmine Shiner... A Species at Risk in the Prairie Provinces » a été préparée et est accessible auprès du MPO. Cette publication est préparée pour diffusion générale. Elle décrit la répartition de l’espèce, le cycle biologique et les exigences en matière d’habitat, et présente les menaces potentielles pour sa survie. 

5.8             Évaluation et rendement

L’Équipe de rétablissement de la tête carminée surveillera l’exécution du programme de rétablissement et de ses plans d’action connexes sur une base continue. L’Équipe sera responsable de passer en revue et d’évaluer l’exécution de tous les plans d’action et le rendement du programme de rétablissement vis-à-vis de l’atteinte du but et des objectifs indiqués. Elle se réunira annuellement pendant cinq ans pour évaluer le succès de la stratégie et pour recommander tout changement d’orientation. Pendant la cinquième année, le programme de rétablissement global sera réexaminé pour déterminer :

  • s’il continue d’atteindre son but et ses objectifs;
  • s’il faut en modifier le but et les objectifs;
  • s’il est justifié de revoir en profondeur l’approche qui sous-tend le but et les objectifs.

Il faudra envisager l’adoption de mesures appropriées, y compris la modification ou la reformulation du programme, à ce moment-là. Les évaluations seront basées sur la comparaison des mesures de rendement particulières et des objectifs de rétablissement énoncés. Si cela est possible, les études scientifiques seront également examinées par des pairs.

5.9             Élaboration d’un plan d’action

La mise en œuvre du Programme de rétablissement de la tête carminée commencera avec l’élaboration subséquente d’un plan d’action, qui sera terminé d’ici 2009. L’équipe de rétablissement actuelle élaborera ce plan d’action pour assurer la continuité du rétablissement et son efficacité. Ce plan d’action sera examiné tous les cinq ans ou selon les besoins, si de nouvelles données le justifient.