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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Jonc du New Jersey (Juncus caesariensis) au Canada

Taille et tendances des populations

On ne dispose d’aucune information sur les tendances à long terme des populations de Juncus caesariensis de la Nouvelle-Écosse, puisqu’on connaissait très mal ces populations avant les années 1990. En 1993, la rédactrice du présent rapport a effectué de premiers relevés sur le terrain, d’une durée de trois jours, à la suite de la désignation de l’espèce par le COSEPAC. À la fin août et au début septembre 2002, elle a réalisé de nouveaux relevés, d’une durée de 4 jours, avec l’aide d’un assistant. Elle a ainsi pu constater qu’au cours de ces dix années l’effectif des populations déjà signalées (Newell et Newell, 1992) n’avait pas connu de déclin appréciable (tableau 1). Cet effectif semblait même avoir augmenté dans certains sites, mais cela était sans doute avant tout l’effet de meilleures techniques d’inventaire. La population du site 17 (St. Esprit, chemin Ferguson) n’a pas été retrouvée; cependant, comme cette population comptait un très petit nombre d’individus (moins de 10) lors du premier relevé, il bien possible qu’elle soit passée inaperçue.

Plusieurs nouveaux sites ont été découverts dans le cadre des travaux de terrain menés en 2002 pour le présent rapport de mise à jour. Des sites additionnels ont été découverts dans le cadre d’un relevé des espèces en péril mené par Parcs Canada en 2001 (J. Bridgland, comm. pers., 2002). Par ailleurs, un spécimen de Juncus caesariensis provenant d’un site qui n’avait jamais été signalé a été découvert dans l’herbier de l’University College of Cape Breton, où il était identifié sous le nom J. canadensis, désignant une espèce d’aspect similaire. Enfin, un site a été découvert durant l’automne 2002 par C. Sneggon (comm. pers., 2003). On trouvera au tableau 1 une liste de touts les sites actuellement connus en Nouvelle-Écosse.

Le jonc du New Jersey compte donc maintenant 26 sites connus au Canada. Le site 17 (St. Esprit, chemin Ferguson), où un petit nombre d’individus avaient été signalés en 1992, n’a pas été retrouvé en 2002, et on peut supposer qu’il est disparu. On constate donc une augmentation nette de 11 populations par rapport à 1992. Les sites de Gracieville portant les numéros 4 et 5 dans le rapport de 1992 (Newell and Newell, 1992) sont ici combinées en un seul site (sous-sites 4a et 4b), puisqu’il s’agit d’une seule et même tourbière dont les deux parties ne sont séparées que par une route.

L’aire de répartition connue de l’espèce en Nouvelle-Écosse n’a pratiquement pas changé depuis 1992.

Chacune des populations canadiennes compte entre moins de dix et un millier d’individus. En s’appuyant sur ses propres estimations et sur celles d’autres personnes, la rédactrice du présent rapport de mise à jour évalue à environ 5 000 à 10 000 touffes ou individus matures (chaque touffe compte 1 à 27 tiges) l’effectif canadien du jonc du New Jersey (tableau 1). Il n’existe pas de données sur le nombre d’individus non reproducteurs. L’espèce n’a pas encore été recherchée dans de nombreux terrains humides situés à l’intérieur de son aire de répartition connue. Bon nombre de ces terrains sont moins accessibles que les sites connus de l’espèce.

Les populations canadiennes sont géographiquement isolées des populations des États-Unis, dont les plus proches se trouvent au New Jersey. Par conséquent, si les populations canadiennes venaient à disparaître, il y a peu de chances qu’elles puissent se rétablir par immigration à partir de populations situées au sud.

À l’échelle mondiale, on estime que l’espèce a une abondance maximale dans les Pine Barrens du New Jersey (S2). À l’extérieur de cette région, l’espèce compte quelques sites isolés au Maryland (S1) et en Virginie (S2) ainsi que des populations disjointes en Nouvelle-Écosse (S2) et en Caroline du Nord (S1) (NatureServe Explorer, 2003). Au New Jersey, la plupart des sites sont situés dans les Pine Barrens et semblent hors de danger (Schuyler, 1990). Selon le New Jersey Natural Heritage Program (D. Snyder, comm. pers., 2003), au moins 62 des 95 sites déjà signalés existeraient toujours, et ils compteraient entre quelques individus et plusieurs milliers. Quelques-unes des populations comptent environ 10 000 individus ou davantage.

Enfin, comme il existe plusieurs mentions historiques de l’espèce aux États-Unis, il semble que sa répartition a déjà été plus étendue qu’aujourd’hui (Schuyler, 1990).