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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Jonc du New Jersey (Juncus caesariensis) au Canada

Importance de l'espèce

Les populations de jonc du New Jersey de la Nouvelle-Écosse sont situées à une grande distance des autres populations de cette espèce, situées aux États-Unis. De plus, elles constituent la limite nord de la répartition de l’espèce. Bien que cela n’ait pas encore été démontré, il se peut que le bassin génétique des populations canadiennes soit distinct de celui des populations plus méridionales et ait donc une importance pour la capacité de l’espèce à s’adapter au réchauffement climatique ou aux autres changements environnementaux.

En Nouvelle-Écosse, le jonc du New Jersey n’est pas exposé à des pressions d’aménagement du même ordre qu’aux États-Unis. Par ailleurs, les populations de la Nouvelle-Écosse et du New Jersey pourraient servir de refuges à l’ensemble de l’espèce si jamais les autres populations venaient à disparaître.

Le Juncus caesariensis appartient à la flore de la plaine côtière de l’Atlantique, qui réunit des espèces dont l’aire de répartition se trouve principalement sur la plaine côtière de l’est des États-Unis mais qui peuvent compter des populations disjointes en Nouvelle-Écosse et dans la région des Grands Lacs. De nombreuses espèces de la plaine côtière sont en péril à l’échelle mondiale, à cause d’une perte ou dégradation de leur habitat aux États-Unis. En Nouvelle-Écosse, la majorité des espèces rares à l’échelle mondiale se rencontrent dans le sud-ouest de la province. Le jonc du New Jersey constitue donc une exception à cet égard, puisqu’il pousse sur la plaine côtière de l’est de l’île du Cap-Breton. Cette répartition particulière pourrait avoir une importance sur le plan biogéographique.

Le jonc du New Jersey a peu d’usages connus ayant une importance économique. Certaines espèces du genre Juncus sont cultivées à des fins ornementales (Lawrence, 1951; Bailey, 1924) ou utilisées pour la production de tapis tissés, de chapeaux ou de sièges de chaise (Lawrence, 1951). La moelle de certaines espèces a déjà servi à la fabrication de mèches de bougie (Lawrence, 1951). Les racines ont été employées contre les infections de la peau en Colombie (Mabberley, 1989).

Les graines, tiges et racines de Juncus spp. peuvent être consommées par l’original, le cerf, le rat musqué et certains oiseaux (Fassett, 1957).