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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Jonc du New Jersey (Juncus caesariensis) au Canada

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
jonc du New Jersey
Juncus caesariensis
au Canada

Jonc du New Jersey (Juncus caesariensis)

Espèce préoccupante 2004


COSEPAC

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada


COSEWIC

Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le jonc du New Jersey (Juncus caesariensis) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. vii + 23 p.

Rapports précédents

Newell, R.E., et R.B. Newell. 1992. COSEWIC Status Report on the New Jersey Rush Juncus caesariensis in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Ottawa. 25 p.

Production note:

Le COSEPAC souhaite remercier Ruth E. Newell, qui a rédigé le rapport de situation sur le jonc du New Jersey (Juncus caesariensis) au Canada. Erich Haber, coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité des spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé la préparation du rapport et en a établi la version finale.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Sie web du COSEPAC

 

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the New Jersey Rush Juncus caesariensis in Canada.

Illustration de la couverture

Jonc du New Jersey – Fred Scott.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004
PDF : CW69-14/387-2004F-PDF
ISBN 0-662-77087-0
HTML : CW69-14/387-2004F-HTML
ISBN 0-662-77088-9

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2004

Nom commun: Jonc du New Jersey

Nom scientifique: Juncus caesariensis

Statut: Espèce préoccupante

Justification de la désignation: Espèce de plante rare à l’échelle mondiale qui se trouve le long de la périphérie de 25 tourbières ombrotrophes et minérotrophes dans une région géographiquement limitée du sud-est de l’île du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse). La population canadienne est estimée comme ayant de 5 000 à 10 000 plantes, ce qui constitue une grande proportion de la population mondiale. Les plantes au Canada sont éloignées des sites se trouvant le long de la côte atlantique des États-Unis, où l’espèce est aussi assez rare. L’espèce est vulnérable aux activités qui modifient le régime hydrologique de son habitat, comme l’exploitation forestière, la construction de routes et le remblayage.

Répartition: Nouvelle-Écosse

Historique du statut: Espèce désignée « préoccupante » en avril 1992 et en mai 2004. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Jonc du New Jersey
Juncus caesariensis

Information sur l’espèce

Le jonc du New Jersey est une plante herbacée vivace rhizomateuse mesurant de 40 à 70 cm de hauteur. Les feuilles sont allongées, minces et cylindriques et présentent des cloisons internes régulièrement espacées. Les fleurs sont petites, vertes et peu voyantes, réunies en glomérules eux-mêmes réunis en panicule ramifiée. Les capsules sont brun foncé, plus longues que les pièces florales les entourant. Les tiges et les feuilles sont rudes au toucher.

Répartition

Aux États-Unis, le Juncus caesariensis pousse sur la plaine côtière du New Jersey, du Maryland, de la Virginie et de la Caroline du Nord. Au Canada, il ne pousse que dans le sud-est de l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse.

Habitat

Au Canada, le jonc du New Jersey se rencontre principalement au bord des tourbières ainsi que dans les petites baies ou anses situées à proximité de ces milieux. Aux États-Unis, l’espèce se rencontre dans divers milieux et notamment sur les berges de ruisseau dégagées à ombragées, sur les berges d’étang suintantes, dans les baissières, dans les savanes de pins et dans les marécages boisés à Chamaecyparis thyoides. La modification du régime hydrologique et la fermeture du couvert ont un impact négatif sur le jonc du New Jersey.

Biologie

Le jonc du New Jersey peut se reproduire par voie sexuée (graines) ou asexuée (rhizomes). Les semis sont rarement observés sur le terrain. L’espèce est réapparue dans certains milieux lorsque les plantes ligneuses qui les avaient envahis ont été enlevées. Il semble qu’en pareil cas le jonc du New Jersey peut persister à l’état végétatif, pendant une période dont la durée reste à déterminer.

Taille et tendances des populations

On ne dispose d’aucune information sur les tendances à long terme des populations de Juncus caesariensis de la Nouvelle-Écosse, puisqu’on connaissait très mal ces populations avant la fin des années 1980 et le début des années 1990.

Les populations canadiennes comptent chacune entre moins de dix et un millier d’individus matures.

Les relevés effectués au cours des dix à quinze dernières années ont permis de découvrir 26 sites de l’espèce dans le sud-est de l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. L’effectif total de ces populations se situe entre 5 000 et 10 000 touffes florifères. Dans un des sites ( 17), la population semble avoir disparu. Par contre, à l’intérieur de l’aire de répartition connue, il existe encore de nombreux terrains humides qui n’ont pas encore été examinés. Il est donc très probable que d’autres populations y seront un jour découvertes.

Les relevés effectués en 2002 n’ont permis de constater aucun signe de déclin des populations déjà signalées dans le rapport de situation précédent.

Comme le jonc du New Jersey compte un certain nombre de mentions historiques aux États-Unis, il semble que sa répartition a déjà été plus étendue qu’aujourd’hui.

Facteurs limitatifs et menaces

Le jonc du New Jersey est sensible aux facteurs modifiant le régime hydrologique de ses sites, comme l’inondation prolongée et le drainage. L’espèce serait donc menacée par l’aménagement de chemins ou par le drainage ou remblayage des terrains humides en vue de la construction de maisons ou de chalets. L’exploitation forestière risque aussi de modifier le régime de drainage à proximité des populations de Juncus caesariensis. Toutes ces menaces sont bien réelles dans le sud-est de l’île du Cap-Breton, car les propriétés situées au bord de la mer ou dans les environs sont très recherchées en Nouvelle-Écosse, et la construction de routes, de maisons et de chalets est en augmentation dans ces secteurs. Par ailleurs, l’exploitation forestière soulève toujours des préoccupations.

Depuis le début des années 1990, l’utilisation des véhicules tout-terrain (VTT) a augmenté dans certains des terrains humides où pousse le Juncus caesariensis en Nouvelle-Écosse. Cette activité ne semble pas avoir nui à l’espèce jusqu’à présent, mais elle mérite d’être surveillée. En effet, dans certains des sites, l’utilisation des VTT pourrait atteindre une intensité suffisante pour nuire à l’espèce, en détruisant les plantes elles-mêmes et les réservoirs de semence du sol.

Le jonc du New Jersey est aussi menacé par la succession naturelle, car il ne peut pas opposer une compétition efficace aux espèces ligneuses.

Importance de l’espèce

Le Juncus caesariensis appartient à la flore de la plaine côtière de l’Atlantique. Ses populations de la Nouvelle-Écosse constituent la limite nord de sa répartition et sont disjointes par rapport aux populations situées plus au sud, aux États-Unis. Il est donc possible qu’elles soient génétiquement distinctes de ces populations, ce qui a beaucoup d’importance pour la survie de l’espèce en cas de réchauffement climatique ou d’autres changements environnementaux. L’espèce est rare à l’échelle mondiale, et ses populations de la Nouvelle-Écosse constituent une proportion importante de son effectif total actuel.

Protection actuelle ou autres désignations

En 1992, le COSEPACa inscrit le Juncus caesariensis sur la liste des espèces préoccupantes à l’échelle du Canada. En Nouvelle-Écosse, le J. caesariensis figure sur la liste des espèces vulnérables établie en vertu de l’Endangered Species Act de cette province, et on lui a attribué la cote S1S2 (espèce menacée à très fortement menacée). À l’échelle mondiale, on a attribué à l’espèce la cote G2, qui signifie qu’elle est menacée. Une cote lui a également été attribuée pour les États suivants des États-Unis : Caroline du Nord (S1, très fortement menacée), Maryland (S1), New Jersey (S2, menacée) et Virginie (S2).

Le jonc du New Jersey figure sur la liste rouge de la Nouvelle-Écosse, à titre d’espèce dont on sait ou présume qu’elle est en péril, aux termes du système de cotation générale du Department of Natural Resources de cette province.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)Note de bas de page1
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page2
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page3
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page4
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page5
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique :

Juncus caesariensis Coville

Nom français :

jonc du New Jersey

Noms anglais :

New Jersey rush, rough rush

Famille :

Joncacées

Grand groupe végétal :

Monocotylédones

Description

Le Juncus caesariensis est une plante herbacée vivace poussant en touffes et mesurant environ de 40 à 70 cm de hauteur. Les feuilles sont allongées, minces et cylindriques et présentent des cloisons internes régulièrement espacées. Les fleurs sont petites, vertes et peu voyantes, réunies en glomérules denses eux-mêmes réunis en panicule ouverte et ramifiée. À maturité, les capsules sont brun foncé, plus longues que les pièces florales et terminées par une pointe aiguë. Les tiges et les feuilles sont sensiblement rudes au toucher, un peu comme du papier sablé (figure 1).

Figure 1. Jonc du New Jersey : plante entière (port X 0,4), capsules mûres (X 2) et gros plan de la surface rude de la tige, semblable à celle de la feuille.

Figure 1. Jonc du New Jersey : plante entière (port X 0,4), capsules mûres (X 2) et gros plan de la surface rude de la tige, semblable à celle de la feuille.

Le Juncus canadensis ressemble beaucoup au J. caesariensis. Cependant, les capsules du J. canadensis sont presque de la même longueur que les pétales et sépales, alors celles du J. caesariensis sont distinctement plus longues. Les tiges et les feuilles du J. canadensis sont lisses, alors que celles du J. caesariensis sont rudes. Les glomérules de fleurs et de fruits du J. canadensis sont plus denses que ceux du J. caesariensis.

On trouvera une description technique complète du Juncus caesariensis dans Gleason et Cronquist (1991) ainsi que dans Fernald (1950).

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Répartition

Répartition mondiale

Jusqu’à présent, le Juncus caesariensis a été signalé au New Jersey, au Maryland, en Virginie et en Caroline du Nord, aux États-Unis, et en Nouvelle-Écosse, au Canada (figure 2).

Figure 2. Répartition mondiale du Juncus caesariensis

Figure 2. Répartition mondiale du Juncus caesariensis.

Répartition canadienne

Dans le premier rapport de situation, Newell et Newell (1992) signalent la présence du jonc du New Jersey dans 16 tourbières ombrotrophes et minérotrophes de la plaine côtière du sud-est de l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. Ces sites se trouvent à l’intérieur d’une bande longeant la côte depuis les environs de Gracieville et Point Michaud jusqu’à la baie de Fourchu, situé environ 50 km au nord-est. Des populations sont présentes jusqu’à 20 km à l’intérieur des terres, aux environs de Loch Lomond. Comme les tourbières et autres terrains humides abondent dans la région, les auteurs du rapport jugeaient très probable que des travaux de terrain plus approfondis permettraient d’y découvrir d’autres sites de l’espèce.

Des travaux de terrain effectués par Parcs Canada en 2001 (J. Bridgland, comm. pers., 2002), par la rédactrice du présent rapport en 2002 et par d’autres personnes (tableau 1) ont effectivement permis de découvrir 11 nouveaux sites de l’espèce, tous à l’intérieur de l’aire de répartition connue signalé par Newell et Newell (1992). Étant donné leur proximité, les sites 4a et 4b ont été considérés comme un seul et même site aux fins du présent rapport. L’espèce compte maintenant 26 sites connus, dont seulement 25 existent encore certainement, puisque aucun individu de l’espèce n’a été observé dans le site 17 en 2002.

Tableau 1. Effectif estimatif des populations de Juncus caesariensis de la Nouvelle-Écosse
Site
(le numéro entre parenthèses est celui utilisé dans le premier rapport du COSEPAC)
LocalitéEffectif estimatif
Rapport de situation de 1992
Effectif estimatif
Newell (2002)
Effectif estimatif
Relevé des espèces en péril, Louisbourg, 2001 (J. Bridgland, comm. pers., 2002)
Autres
 1 (1)Gracieville (tourbière nº 4)50-100200-500--
2 (2)Gracieville (tourbière nº 5)>500>500--
3 (3)Gracieville (tourbière nº 3)50-10050-100--
4a (4)Note de bas de pageaGracieville (tourbière nº 2)100-200100-200--
4b (5)Gracieville
(tourbière nº 1)
10-5010-50--
5 nouvelleGracieville-200-500--
6 nouvellePoint Michaud-<10--
7 (6)Point Michaud (tourbière « German »100-200Présence présumée (site non vérifié en 2002,
à cause des nombreuses affiches
« Défense de passer » et « Attention au chien »).
--
8 (7)Point Michaud (tourbière « elbow »)10-5050-100--
9 (8)Grand River (tourbière nº 8)50-100200-500--
10 (9)Grand River (tourbière nº 9b)100-200200-300--
11 nouvelleGrand River (ouest)--présence de l’espèce-
12 nouvelleGrand River (est nº 1)--présence de l’espèce-
13 nouvelleGrand River (est nº 2)--présence de l’espèce-
14 nouvelleGrand River (pointe Indian)---<10 (C. Sneddon,
comm. pers., 2003)
15 (10)L’Archevêque / St. Esprit10-5010-5019-
16 nouvelleSt. Esprit--40+-
17 (11)St. Esprit / chemin Ferguson<100 (la population n’a pas été retrouvée)--
18 (12)Lower St. Esprit<10<1030+-
19 (13)Stirling100-200100-200--
20 nouvelleFramboise / Fourchu (en face
du chemin de la plage Morrison)
-100+--
21 (14)Framboise / Fouchu>500>500234-
22 (15)Lac MulcuishPas de données500-1000--
23 nouvelleLac Mulcuish (près de la gravière)-Espèce présente--
24 (16)Loch Lomond (chemin Graces)100-200500+220-
25 nouvelleLoch Lomond (chemin Graces)-50-100--
26 nouvelleLac South Arm Breeches---présence de l’espèce (spécimen de l’herbier UCCB; Shchepanek et Dugal, 1984; CAN 521528)

Notes de bas de page

Note de bas de page a

Les populations 4a et 4b ne sont séparées que par une route et sont donc considérées comme une seule et même population aux fins du présent rapport. Les sites 9, 10,14,15, 16, 18, 19 et 20 sont situés sur des terres de la Couronne.

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L’aire de répartition canadienne du Juncus caesariensis est illustrée à la figure 3. D’autres localités ont été explorées, sans que l’espèce y soit trouvée. Ces localités ne sont pas indiquées sur la carte mais sont énumérées ci-dessous (avec année des relevés) :

  • Poirierville, à l’île Madame (1991)
  • Big Lorraine (1993)
  • Little Lorraine (1993)
  • Marion Bridge (1993)
  • Environs de Gabarus (1991, 2002) – 2 endroits
  • Fourchu (grand terrain humide associé à la rivière MacKenzies et situé derrière le centre communautaire; 2002)
  • Framboise (2002) – 2 endroits
  • Environs de Grand River (2002) – 2 endroits (dont un près du lac Fergusons)
  • Stirling (2002) – 2 endroits (pont du ruisseau Strachans et rivière Middle Framboise)

De plus, Parcs Canada a mené des travaux de terrain visant à répertorier les espèces rares poussant à l’extérieur des limites du lieu historique national de la Forteresse-de-Louisbourg. Ces travaux n’ont pas permis de trouver des sites au nord du secteur des lacs Mulcuish et Belfry. Par ailleurs, l’espèce n’a jamais été observée au sud du secteur de Little Harbour et Gracieville, ni à l’ouest des lacs MacLeods, sur le chemin entre Loch Lomond et Stirling. L’aire de répartition de l’espèce est donc délimitée par une ligne allant de Little Harbour aux lacs MacLeods, puis au lac Belfry (au sud de Gabarus). En se fondant sur son expérience personnelle, la rédactrice du présent rapport estime que le jonc du New Jersey est sans doute limité par la topographie générale des lieux, puisqu’il ne se rencontre que sur la plaine côtière, où il y a peu de terrains élevés mais beaucoup de terrains humides. En effet, à partir de la ligne qui délimite l’aire de répartition, le terrain s’élève, et les terrains humides sont moins nombreux. Par contre, l’espèce n’a pas été recherchée dans de nombreux terrains humides situés à l’intérieur de l’aire de répartition mais à bonne distance de la mer et de tout chemin. La plupart des terrains humides qui sont accessibles à partir de la route ou de chemins côtiers ont été explorés.

La zone d’occurrence de l’espèce est de 350 km² (selon le Department of Natural Resources de la Nouvelle-Écosse) et ne semble pas avoir diminué au cours des dix dernières années. La zone d’occupation est estimée à 0,09 km2.

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Habitat

Besoins de l’espèce

Au Canada, le jonc du New Jersey se rencontre sporadiquement au bord de tourbières minérotrophes (fens) et ombrotrophes (bogs), dans de petites baies ou anses situées en périphérie de ces milieux, ou encore dans de petites clairières tourbeuses au sein de forêts de conifères (Newell et Newell, 1992). La plupart de ces terrains humides présentent de façon marquée certaines caractéristiques des tourbières minérotrophes.

Figure 3. Répartition canadienne du Juncus caesariensis

Figure 3. Répartition canadienne du Juncus caesariensis.

Aux États-Unis, l’espèce a été signalée dans des terrains sourceux ou suintants, acides et riches en sphaignes, sans eaux stagnantes mais avec une source constante d’eau courante. Ces milieux comprennent des berges de ruisseau dégagées à ombragées, des berges d’étang suintantes, des baissières, des savanes de pins et des marécages boisés dominés par le Chamaecyparis thyoides (NatureServe, 2003).

La nature des milieux où le jonc du New Jersey a été observé dans toute son aire de répartition semble indiquer que la survie de l’espèce exige un régime hydrologique particulier, dont les caractéristiques restent à préciser.

Strong et Sheridan (1991) ont trouvé des populations saines de Juncus caesariensis dans l’emprise récemment déboisée de lignes de transport d’électricité, en Virginie. Il semble que le fauchage régulier de ce milieu soit bénéfique pour le J. caesariensis, en réduisant la végétation ligneuse de seconde venue et en gardant le milieu dégagé. Ware (comm. pers., 1991) a observé une réduction du nombre des individus dans un site de l’espèce, en Virginie, et attribuait ce déclin à l’envahissement par un arbuste, le clèthre à feuilles d’aulne (Clethra alnifolia).

En Nouvelle-Écosse, le Juncus caesariensis est fréquemment associé aux pistes produites par le passage des animaux ou par la circulation légère de véhicules tout-terrain (VTT) au bord des tourbières (Newell et Newell, 1992). L’espèce semble donc avoir besoin d’une perturbation modérée mais assez intense pour garder le milieu dégagé et réduire la compétition d’autres espèces. L’inondation saisonnière de l’habitat contribue sans doute aussi à prévenir l’établissement de nombreuses espèces, notamment arbustives.

Newell et Newell (1992) mentionnent que les espèces suivantes sont communément associées aux populations canadiennes de jonc du New Jersey : Picea mariana (épinette noire), Calamagrostis pickeringii (calamagrostide de Pickering), Muhlenbergia uniflora (muhlenbergie uniflore), Carex exilis (carex maigre), Carex michauxiana (carex de Michaux), Smilacina trifolia (smilacine trifoliée), Myrica gale (myrique baumier), Alnus rugosa (aulne rugueux), Sarracenia purpurea (sarracénie pourpre), Aronia sp. (aronie), Rosa nitida (rosier brillant), Ledum groenlandicum (thé du Labrador), Kalmia angustifolia (kalmia à feuilles étroites), K. polifolia (kalmia à feuilles d'andromède), Chamaedaphne calyculata (cassandre caliculé), Solidago uliginosa (verge d’or des marais) et Aster nemoralis (aster des tourbières).

Deux autres espèces de Juncus, le J. canadensis (jonc du Canada) et le J. brevicaudatus (jonc brévicaudé), peuvent pousser avec le J. caesariensis. À l’occasion, on rencontre également dans le même milieu le J. stygius ssp. americanus (jonc d’Amérique), auquel le Centre de données sur la conservation du Canada atlantique (ACCDC) a attribué la cote S1.

D’autres plantes rares se rencontrent à proximité des populations de Juncus caesariensis, dont le Selaginella selaginoides (sélaginelle fausse-sélagine), le Carex tenuiflora (carex ténuiflore) et une mousse, le Scorpidum scorpioides. L’ACCDC a attribué la cote S2 au Selaginella selaginoides et la cote S1 au Carex tenuiflora.

En juillet 1991, le pH de l’eau et l’épaisseur de la tourbe ont été mesurés dans cinq tourbières des environs de Point Michaud (Newell et Newell, 1992). Le pH se situait entre 4,07 et 5,52, tandis que l’épaisseur de la tourbe était de 40 cm à plus de 2 m.

Tendances

Il n’existe aucune information historique antérieure à 1992 qui permettrait d’établir les tendances à long terme de l’habitat au Canada.

Grâce aux travaux de terrain de 2002, on peut établir que certains changements sont survenus au cours des dix dernières années dans la qualité de l’habitat du jonc du New Jersey à l’île du Cap-Breton. Il y a eu augmentation de l’utilisation des VTT dans certains des terrains humides où pousse l’espèce. Dans le cas du site 3, un chemin a été aménagé à travers la tourbière pour permettre la coupe à blanc de la forêt située de l’autre côté. La coupe a été pratiquée jusqu’au bord de la tourbière.

Comme les terrains humides abondent dans le sud-est de l’île du Cap-Breton, il est fort possible que des travaux de terrain supplémentaires permettraient de trouver d’autres populations à l’intérieur de l’aire de répartition connue de l’espèce.

Protection et propriété des terrains

Parmi les 25 sites connus de l’espèce, huit sont situés sur des terres de la Couronne, tandis que les 17 autres se trouvent sur des terrains privés (tableau 1). Aucun des sites n’est situé dans une zone protégée.

Le jonc du New Jersey figure sur la liste des espèces vulnérables établie en vertu de la loi sur les espèces en péril (Endangered Species Act) de la Nouvelle-Écosse. Les espèces ainsi désignées sont reconnues comme étant en péril (species at risk) et doivent faire l’objet d’un plan d’aménagement dans les trois années suivant leur désignation. Cependant, la destruction de ces plantes ou de leur habitat n’est pas interdite par la loi.

En vertu de la directive sur les terrains humides (Wetlands Directive) du Department of Environment and Labour’s Wetlands de la Nouvelle-Écosse, il faut un permis pour toute modification qui peut avoir un impact sur un terrain humide. Si le terrain humide mesure plus de deux hectares, une évaluation environnementale doit être faite avant que le permis soit délivré. La présence d’espèces menacées et celle d’habitats fauniques sont deux des critères les plus importants qui peuvent justifier le refus d’un permis. Cependant, pour diverses raisons, il arrive que des permis soient délivrés, par inadvertance, à l’égard de terrains humides qui abritent des espèces en péril. Dans d’autres cas, les travaux sont entrepris sans qu’un permis ait même été demandé.

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Biologie

Généralités

Le jonc du New Jersey est une plante herbacée vivace qui produit de grandes quantités de graines. Cependant, les semis sont rarement observés sur le terrain aux États-Unis (Schuyler, 1990), et aucun n’a jamais été identifié sur le terrain en Nouvelle-Écosse. L’espèce peut également se multiplier par voie asexuée, au moyen de ses rhizomes. La pollinisation est assurée par le vent (Knuth, 1909). La floraison a lieu en juillet et août, et la fructification débute en août (Kral, 1983).

Reproduction

On ne connaît pas l’importance relative de l’autopollinisation et de la pollinisation croisée chez le jonc du New Jersey (Schuyler, 1990).

Selon les expériences de germination de Ware (comm. pers., 1991), les graines germent facilement et rapidement (en quelques jours) lorsqu’elles sont placées sur de la sphaigne humide, dans un sac ziplock ensuite laissé en serre pendant une courte période.

Survie 

Les changements du régime hydrologique et la succession vers une végétation ligneuse ont une incidence sur la survie de l’espèce. 

Strong et Sheridan (1991) ont découvert neuf nouveaux sites du Juncus caesariensis en Virginie, dont sept étaient situés sur l’emprise de lignes de transport d’électricité. Schuyler (1990) signale que l’espèce pousse dans des parterres de coupe au New Jersey et en Virginie. Ces observations semblent indiquer que le J. caesariensis peut persister à l’état végétatif, pendant un certain temps, lorsque la formation d’un couvert dense rend le milieu peu propice à l’espèce, puis recommencer à produire de nouvelles pousses, lorsque des agents naturels ou artificiels viennent éliminer ce couvert (Schuyler, 1990).

Physiologie

L’espèce est fortement dépendante d’un régime hydrologique particulier mais peut tolérer un peu d’ombre (Schuyler, 1990). Elle pousse bien en terrain acide et est souvent observée parmi les sphaignes. Elle se rencontre toujours en terrain humide, mais elle ne tolère pas les eaux stagnantes permanentes.

En juillet 1991, le pH de l’eau et l’épaisseur de la tourbe ont été mesurés dans cinq tourbières des environs de Point Michaud (Newell et Newell, 1992). Le pH se situait entre 4,07 et 5,52.

L’espèce peut tolérer un peu d’ombre, puisqu’aux États-Unis elle se rencontre dans des marécages boisés à Chamaecyparis thyoides. En Nouvelle-Écosse, elle pousse souvent sous ombre légère produite par des arbustes, au bord de tourbières. Cependant, la présence d’un couvert dense semble nuire à la plante. Comme l’espèce est réapparue dans des parterres de coupe et sur l’emprise de lignes de transport d’électricité aux États-Unis, on estime qu’elle est capable de persister à l’état végétatif en présence d’un couvert dense, puis de recommencer à produire des graines lorsque ce couvert est enlevé. Cependant, on ne sait pas combien de temps la plante peut ainsi survivre à l’état végétatif..

Déplacement et dispersion

Il n’existe pas de données sur la dispersion des graines, mais certaines observations faites au passage semblent indiquer que les propagules peuvent être transportées par les animaux ou par les eaux de crue.

Nutrition et relations interspécifiques

Le Juncus caesariensis appartient à la flore de la plaine côtière de l’Atlantique. La plupart des espèces de cette flore ont une faible capacité de compétition mais peuvent tolérer certaines sources naturelles de stress, comme l’inondation, l’abrasion glacielle, l’action des vagues et la stérilité du sol (Keddy et Wisheu, 1989). Ces plantes sont donc souvent confinées à des milieux où les espèces plus compétitives mais moins tolérantes au stress ne peuvent pas survivre. Le jonc du New Jersey, à tout le moins en Nouvelle-Écosse, se rencontre généralement dans la partie périphérique de tourbières relativement peu fertiles. C’est également cette partie des tourbières qui subit une inondation saisonnière.

En août 2002, un pourcentage élevé des individus poussant dans un des sites de Gracieville (site 4a) étaient fortement infectés par une rouille. La maladie n’a été observée dans aucune des autres sites visités jusqu’à présent par la rédactrice du présent rapport.

Comportement et adaptabilité

L’habitat du jonc du New Jersey est exposé à un envahissement par les plantes ligneuses. Par conséquent, tout facteur naturel ou humain qui peut retenir la succession végétale à un stade peu avancé semble favoriser l’espèce. En Virginie, Strong et Sheridan (1991) ont trouvé plusieurs populations saines de Juncus caesariensis qui poussaient sur l’emprise récemment déboisée de lignes de transport d’électricité. Il semble que le fauchage régulier de ce milieu soit bénéfique pour le J. caesariensis, en réduisant la végétation ligneuse de seconde venue et en gardant le milieu dégagé. Ware (comm. pers., 1991) a observé une réduction du nombre des individus dans un des sites de Virginie et imputait ce déclin à l’envahissement par un arbuste, le clèthre à feuilles d’aulne (Clethra alnifolia). À l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, le J. caesariensis est fréquemment associé aux pistes produites par le passage des animaux ou par une circulation légère de véhicules tout-terrain. Il semble donc que l’espèce peut tolérer une perturbation juste assez intense pour garder le milieu dégagé et a peut-être même besoin d’une telle perturbation pour sa survie.

Lorsque les semis obtenus en serre par Ware (comm. pers., 1991) ont atteint une hauteur de 30 cm, ils ont été repiqués au bord d’un étang, dans un milieu riche en sphaignes où avait déjà poussé le Juncus caesariensis. Au bout de deux ans, tous les semis étaient morts. Cette mortalité a été imputée à de trop longues périodes d’inondation durant lesquelles les jeunes plants étaient recouverts par des eaux peu profondes.

Tout facteur modifiant le régime hydrologique des sites du Juncus caesariensis peut nuire aux populations de cette espèce.

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Taille et tendances des populations

On ne dispose d’aucune information sur les tendances à long terme des populations de Juncus caesariensis de la Nouvelle-Écosse, puisqu’on connaissait très mal ces populations avant les années 1990. En 1993, la rédactrice du présent rapport a effectué de premiers relevés sur le terrain, d’une durée de trois jours, à la suite de la désignation de l’espèce par le COSEPAC. À la fin août et au début septembre 2002, elle a réalisé de nouveaux relevés, d’une durée de 4 jours, avec l’aide d’un assistant. Elle a ainsi pu constater qu’au cours de ces dix années l’effectif des populations déjà signalées (Newell et Newell, 1992) n’avait pas connu de déclin appréciable (tableau 1). Cet effectif semblait même avoir augmenté dans certains sites, mais cela était sans doute avant tout l’effet de meilleures techniques d’inventaire. La population du site 17 (St. Esprit, chemin Ferguson) n’a pas été retrouvée; cependant, comme cette population comptait un très petit nombre d’individus (moins de 10) lors du premier relevé, il bien possible qu’elle soit passée inaperçue.

Plusieurs nouveaux sites ont été découverts dans le cadre des travaux de terrain menés en 2002 pour le présent rapport de mise à jour. Des sites additionnels ont été découverts dans le cadre d’un relevé des espèces en péril mené par Parcs Canada en 2001 (J. Bridgland, comm. pers., 2002). Par ailleurs, un spécimen de Juncus caesariensis provenant d’un site qui n’avait jamais été signalé a été découvert dans l’herbier de l’University College of Cape Breton, où il était identifié sous le nom J. canadensis, désignant une espèce d’aspect similaire. Enfin, un site a été découvert durant l’automne 2002 par C. Sneggon (comm. pers., 2003). On trouvera au tableau 1 une liste de touts les sites actuellement connus en Nouvelle-Écosse.

Le jonc du New Jersey compte donc maintenant 26 sites connus au Canada. Le site 17 (St. Esprit, chemin Ferguson), où un petit nombre d’individus avaient été signalés en 1992, n’a pas été retrouvé en 2002, et on peut supposer qu’il est disparu. On constate donc une augmentation nette de 11 populations par rapport à 1992. Les sites de Gracieville portant les numéros 4 et 5 dans le rapport de 1992 (Newell and Newell, 1992) sont ici combinées en un seul site (sous-sites 4a et 4b), puisqu’il s’agit d’une seule et même tourbière dont les deux parties ne sont séparées que par une route.

L’aire de répartition connue de l’espèce en Nouvelle-Écosse n’a pratiquement pas changé depuis 1992.

Chacune des populations canadiennes compte entre moins de dix et un millier d’individus. En s’appuyant sur ses propres estimations et sur celles d’autres personnes, la rédactrice du présent rapport de mise à jour évalue à environ 5 000 à 10 000 touffes ou individus matures (chaque touffe compte 1 à 27 tiges) l’effectif canadien du jonc du New Jersey (tableau 1). Il n’existe pas de données sur le nombre d’individus non reproducteurs. L’espèce n’a pas encore été recherchée dans de nombreux terrains humides situés à l’intérieur de son aire de répartition connue. Bon nombre de ces terrains sont moins accessibles que les sites connus de l’espèce.

Les populations canadiennes sont géographiquement isolées des populations des États-Unis, dont les plus proches se trouvent au New Jersey. Par conséquent, si les populations canadiennes venaient à disparaître, il y a peu de chances qu’elles puissent se rétablir par immigration à partir de populations situées au sud.

À l’échelle mondiale, on estime que l’espèce a une abondance maximale dans les Pine Barrens du New Jersey (S2). À l’extérieur de cette région, l’espèce compte quelques sites isolés au Maryland (S1) et en Virginie (S2) ainsi que des populations disjointes en Nouvelle-Écosse (S2) et en Caroline du Nord (S1) (NatureServe Explorer, 2003). Au New Jersey, la plupart des sites sont situés dans les Pine Barrens et semblent hors de danger (Schuyler, 1990). Selon le New Jersey Natural Heritage Program (D. Snyder, comm. pers., 2003), au moins 62 des 95 sites déjà signalés existeraient toujours, et ils compteraient entre quelques individus et plusieurs milliers. Quelques-unes des populations comptent environ 10 000 individus ou davantage.

Enfin, comme il existe plusieurs mentions historiques de l’espèce aux États-Unis, il semble que sa répartition a déjà été plus étendue qu’aujourd’hui (Schuyler, 1990).

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Facteurs limitatifs et menaces

Plusieurs auteurs considèrent que le Juncus caesariensis est particulièrement sensible aux facteurs modifiant le régime hydrologique de son habitat (Schuyler, 1990; Kral, 1983; Ware et Wieboldt, 1981), comme l’inondation prolongée ou le drainage du terrain. Dans le cas des sites canadiens, les activités humaines qui pourraient ainsi modifier le régime de drainage ou favoriser une inondation excessive sont l’exploitation forestière ainsi que la construction de maisons, de chalets, de centres de villégiature ou de routes. Or, bon nombre des populations de J. caesariensis de la Nouvelle-Écosse se trouvent près de la mer, et les propriétés côtières sont justement très recherchées dans cette province pour la construction de maisons et de chalets.

Les méthodes de coupe à blanc qui ne prévoient pas l’établissement de zones tampons entre les terrains humides et les parterres de coupe peuvent également nuire au jonc du New Jersey en modifiant le régime local de drainage.

En 2002, au site 3, on a constaté qu’il avait eu des travaux récents visant à aménager un chemin à travers la tourbière. Une surveillance continue de ce site est donc souhaitable, car il permettrait de déterminer si les travaux auront un effet néfaste sur la population de jonc du New Jersey. Le bureau local du Department of Environment and Labour de la Nouvelle-Écosse devrait être prévenu de la présence du jonc du New Jersey dans le territoire dont il est responsable, afin qu’il puisse en tenir compte avant de délivrer un permis pour la modification d’un terrain humide.

La succession naturelle pourrait entraîner la disparition temporaire ou peut-être permanente de populations de Juncus caesariensis. Aux États-Unis, dans plusieurs cas, le déboisement résultant de l’exploitation forestière ou de l’aménagement de lignes de transport d’électricité a permis à l’espèce de réapparaître à ces endroits (Schuyler, 1990; Strong et Sheridan, 1991). On estime donc que la plante est capable de persister à l’état végétatif en présence d’un couvert dense, puis de recommencer à produire des graines lorsque ce couvert est enlevé. Cependant, on ne sait pas combien de temps la plante peut ainsi survivre à l’état végétatif.

Newell et Newell (1992) estimaient que les véhicules tout-terrain (VTT) ne semblaient pas nuire aux sites de la Nouvelle-Écosse, à l’intensité où ils étaient alors utilisés dans ces terrains humides, mais qu’une utilisation plus intensive risquerait d’endommager ou détruire certains des individus ou certaines des populations de l’espèce. Les observations faites en 2002 ont permis de constater que l’utilisation des VTT avait augmenté dans plusieurs des sites mais ne nuisait pas encore à l’espèce. En fait, dans les sites ainsi perturbés, les sujets étaient souvent plus vigoureux (plus de tiges par touffe) que dans les sites non perturbés. Il se peut donc que l’impact des VTT dépende de la fréquence de leur utilisation et du moment de l’année où il a lieu. Ainsi, une augmentation appréciable de cette activité et l’utilisation des VTT à une autre période de l’année risqueraient de nuire aux populations de jonc du New Jersey.

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Importance de l'espèce

Les populations de jonc du New Jersey de la Nouvelle-Écosse sont situées à une grande distance des autres populations de cette espèce, situées aux États-Unis. De plus, elles constituent la limite nord de la répartition de l’espèce. Bien que cela n’ait pas encore été démontré, il se peut que le bassin génétique des populations canadiennes soit distinct de celui des populations plus méridionales et ait donc une importance pour la capacité de l’espèce à s’adapter au réchauffement climatique ou aux autres changements environnementaux.

En Nouvelle-Écosse, le jonc du New Jersey n’est pas exposé à des pressions d’aménagement du même ordre qu’aux États-Unis. Par ailleurs, les populations de la Nouvelle-Écosse et du New Jersey pourraient servir de refuges à l’ensemble de l’espèce si jamais les autres populations venaient à disparaître.

Le Juncus caesariensis appartient à la flore de la plaine côtière de l’Atlantique, qui réunit des espèces dont l’aire de répartition se trouve principalement sur la plaine côtière de l’est des États-Unis mais qui peuvent compter des populations disjointes en Nouvelle-Écosse et dans la région des Grands Lacs. De nombreuses espèces de la plaine côtière sont en péril à l’échelle mondiale, à cause d’une perte ou dégradation de leur habitat aux États-Unis. En Nouvelle-Écosse, la majorité des espèces rares à l’échelle mondiale se rencontrent dans le sud-ouest de la province. Le jonc du New Jersey constitue donc une exception à cet égard, puisqu’il pousse sur la plaine côtière de l’est de l’île du Cap-Breton. Cette répartition particulière pourrait avoir une importance sur le plan biogéographique.

Le jonc du New Jersey a peu d’usages connus ayant une importance économique. Certaines espèces du genre Juncus sont cultivées à des fins ornementales (Lawrence, 1951; Bailey, 1924) ou utilisées pour la production de tapis tissés, de chapeaux ou de sièges de chaise (Lawrence, 1951). La moelle de certaines espèces a déjà servi à la fabrication de mèches de bougie (Lawrence, 1951). Les racines ont été employées contre les infections de la peau en Colombie (Mabberley, 1989).

Les graines, tiges et racines de Juncus spp. peuvent être consommées par l’original, le cerf, le rat musqué et certains oiseaux (Fassett, 1957).

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Protection actuelle ou autres désignations

Le Juncus caesariensis a été désignée comme espèce préoccupante par le COSEPAC en 1992 (Newell et Newell, 1992). On lui a attribué les cotes S1S2 à l’échelle de la Nouvelle-Écosse et N1N2 à l’échelle du Canada. À l’échelle mondiale, on a attribué à l’espèce la cote G2, qui signifie qu’elle est menacée. Une cote lui a également été attribuée dans les États suivants des États-Unis : Caroline du Nord (S1, très fortement menacée), Maryland (S1), New Jersey (S2, menacée) et Virginie (S2) (NatureServe, 2003).

L’espèce figure sur la liste des espèces vulnérables établie en vertu de l’Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse. Cette loi ne confère pas aux espèces ainsi désignées le même degré de protection qu’aux espèces menacées (threatened) ou en voie de disparition (endangered). Les espèces vulnérables sont cependant reconnues comme espèces en péril et doivent faire l’objet d’un plan d’aménagement dans les trois ans suivant leur désignation. Cependant, la destruction de ces plantes ou de leur habitat n’est pas interdite.

Le jonc du New Jersey vient d’être inscrit sur la « Liste rouge » de la Nouvelle-Écosse, à titre d’espèce dont on sait ou présume qu’elle est en péril (Nova Scotia General Status Ranks - site disponible en anglais seulement).

Aucune des populations de jonc du New Jersey de la Nouvelle-Écosse ne se trouve dans une zone protégée.

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Résumé technique

Juncus caesariensis

Jonc du New Jersey – New Jersey Rush

Répartition au Canada:

Nouvelle-Écosse

Information sur la répartition

Zone d’ occurrence (km²)

350 km² (selon le Department of Natural Resources de la Nouvelle-Écosse)

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Zone d’occupation (km²)

< 1 km² (estimation de la superficie totale de l’habitat) (0,09 km²)

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

 Non

Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).

25 empl. existants

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Stable (le nombre d’emplacements connus devrait augmenter si plus d’effort est consacré aux travaux de terrain.)

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur >1)?

Non

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Déclin de la qualité de l’habitat

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population :  indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

Sans doute plusieurs années avant la floraison

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

5 000 à 10 000

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

Stable

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

Non applicable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Non

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Non

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur >1)?

Non

Énumérer les populations et préciser le nombre d’individus matures dans chacune.

Des données de 2002 sont disponibles pour 24 des 25 populations :

  • Gracieville (tourbière 4) : 200-500
  • Gracieville (tourbière 5) : >500
  • Gracieville (tourbière 3) : 50-100
  • Gracieville (tourbières 1 et 2) : 110-250
  • Gracieville : 200-500
  • Point Michaud : <10
  • Point Michaud (tourbière « German ») : 100-200*
  • Point Michaud (tourbière « elbow »): 50-100
  • Grand River (tourbière 8): 200-500
  • Grand River (tourbière 9b): 200-300
  • Grand River (ouest) : nombre d’individus matures inconnu
  • Grand River (est 1) : nombre d’individus matures inconnu
  • Grand River (est 2) : nombre d’individus matures inconnu
  • Grand River (pointe Indian) : <10
  • L’Archevêque / St. Esprit : 10-50
  • St. Esprit : 40+
  • Lower St. Esprit : 30+
  • Stirling : 100-200
  • Framboise / Fourchu : >500
  • Lac Mulcuish : 500-1000
  • Lac Mulcuish (gravière) : nombre d’individus matures inconnu
  • Loch Lomond (chemin Graces 1) : 500+
  • Loch Lomond (chemin Graces 2) : 50-100
  • Lac South Arm Breeches: nombre d’individus matures inconnu

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • altération des terrains humides par la construction de routes, de chalets et de maisons,
  • par l’exploitation des forêts voisines, et
  • par l’utilisation de véhicules tout-terrain.

Effet d’une immigration de source externe

Statut accordé à des populations d’ailleurs

États-Unis : New Jersey (S2), Virginie (S2), Caroline du Nord (S1), Maryland (S1)

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Improbable, étant donné la grande distance des populations des États-Unis.

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre à l’endroit en question?

On ne sait pas.

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants à l’endroit en question?

Oui

Probabilité d’un rétablissement à partir de populations del’extérieur.

Improbable

Analyse quantitative

Non applicable

Autres désignations

  • COSEPAC : Espèce préoccupante (1992)
  • Nouvelle-Écosse : espèce vulnérable aux termes de l’Endangered Species Act

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce préoccupante

Cote alphanumérique : [L’espèce satisfait aux critères d’espèce menacée aux termes de D2, mais elle a été désignée « préoccupante » parce que : il y a environ 25 sites existants, et d’autres seront probablement découvertes; l’espèce risque peu de devenir gravement en péril puisqu’elle est exposéeà des risques limités et montre une certaine capacité de s’adapter à la perturbation de son habitat.

Justification de la désignation: Espèce de plante rare à l’échelle mondiale qui se trouve le long de la périphérie de 25 tourbières ombrotrophes et minérotrophes dans une région géographiquement limitée du sud-est de l’île du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse). La population canadienne est estimée comme ayant de 5 000 à 10 000 plantes, ce qui constitue une grande proportion de la population mondiale. Les plantes au Canada sont éloignées des sites se trouvant le long de la côte atlantique des États-Unis, où l’espèce est aussi assez rare. L’espèce est vulnérable aux activités qui modifient le régime hydrologique de son habitat, comme l’exploitation forestière, la construction de routes et le remblayage.

Application des critères

Critère A (Population totale en déclin). Non applicable : aucun déclin n’a été signalé.
Critère B (Répartition restreinte et déclin ou fluctuation). Non applicable : aucun déclin continu n’a été signalé; il y a plus de 10 populations, et elles ne sont pas fragmentées.
Critère C (Petite population totale et déclin). Non applicable : aucun déclin continu.
Critère D (Très petite population ou répartition restreinte). Espèce menacée aux termes de D2, étant donné la faible superficie de la zone d’occupation.
Critère E (Analyse quantitative). Non applicable.

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Remerciements

La rédactrice aimerait remercier Reg. Newell, qui l’a aidée sur le terrain. Elle remercie également James Bridgland, écologiste au Parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, qui lui a transmis des données de terrain inédites provenant du relevé des espèces en péril de la forteresse de Louisbourg. Merci également à Catherine Sneddon, qui a partagé l’information dont elle disposait sur un nouveau site du Juncus caesariensis, et à Pixie Williams, qui a examiné les spécimens conservés à l’herbier de l’UCCB. La rédactrice est enfin reconnaissante à Lawrence Benjamin, qui l’a aidée à estimer la superficie de la zone d’occurrence.

La préparation du présent rapport a été financée par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Ouvrages cités

ACCDC (Centre de données sur la conservation du Canada atlantique). 2003. Plant Status Ranks for rare Nova Scotia Vascular Plants. (site Web consulté le 25 janvier 2003).

Bailey, L.H. 1924. Manual of Cultivated Plants. The MacMillan Co., Londres. 851 p.

Fassett, N.C. 1957. A Manual of Aquatic Plants. University of Wisconsin Press, Madison, U.S.A. 405 p.

Fernald, M.L. 1950. Gray’s Manual of Botany. American Book Company, New York, U.S.A. 1632 p.

Gleason, H.A., et A. Cronquist. 1991. Manual of Vascular Plants of Northeastern United States and Adjacent Canada. New York Botanical Gardens, New York, U.S.A. 910 p.

Keddy, P.A., et I.C. Wisheu. 1989. Ecology, biogeography and conservation of coastal plain plants: Some general principles from the study of Nova Scotian wetlands. Rhodora 91: 72-94.

Knuth, P. 1909. Handbook of Flower Pollination. Vol. 3, Goodenovieae to Cycadeae (traduction anglaise par J.R. Ainsworth Davis). Henry Frowde, M.A., Londres. Iv + 644 p.

Lawrence, G.M. 1951. Taxonomy of Vascular Plants. MacMillan Co., New York, U.S.A. 823 p.

Mabberley, D.J. 1989. The Plant-Book. Cambridge University Press, New York, U.S.A. 706 p.

NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application web]. 2002. Version 1.6. Arlington (Virginie), U.S.A. (site Web consulté le 8 janvier 2003).

Newell, R.E., et R.B. Newell, 1992.COSEWIC Status Report on New Jersey Rush, Juncus caesariensis, in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. 19 p. + ?

Nova Scotia DNR (Department of Natural Resources). 2002. Nova Scotia General Status Ranks (plants). (site Web consulté en janvier 2003).

Nova Scotia Government. 1998. Endangered Species Act. (site Web consulté le 22 janvier 2002).

Porter, D.M. 1979. Rare and endangered vascular plant species in Virginia. Virginia Polytechnic Institute and State University, en collaboration avec le United States Fish and Wildlife Service. 57 p.

Reveal, J.L., et C.R. Broome. 1982. Comments on the proposed endangered and threatened vascular plant species of Maryland, U.S.A. Castanea 47(2): 191-200.

Schuyler, A.E. 1990. Element Stewardship Abstract for Juncus caesariensis. Stewardship Abstract No. 008 (for State of New Jersey, Department of Environmental Protection and Energy). (http://www.abi.org/nhp/us/nj/jcaesar.txt, site Web consulté en janvier 2002).

Snyder, D.B., et V.E. Vivian. 1981. Rare and endangered vascular plant species in New Jersey. Conservation and Environmental Studies Center, Inc., en collaboration avec le United States Fish and Wildlife Service. 98 p.

Strong, M.T., et P.M. Sheridan. 1991. Juncus caesariensis Coville (Juncaceae) in Virginia Peat Bogs. Castanea 56(1): 65-69.

Ware, D.M.E. 1991. Department of Biology, College of William and Mary, Williamsburg, Virginia. Communication personnelle.

Ware, D.M.E., et T.F. Wieboldt. 1981. Rediscovery of Juncus caesariensis Coville in Virginia. Jeffersonia 12(2): 6-10.

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Sommaire biographique de la rédactrice du rapport

Ruth E. Newell a obtenu un baccalauréat ès sciences avec spécialisation de la University of Acadia en 1975 et une maîtrise ès sciences en botanique de la University of Guelph en 1979. Elle travaille depuis plus de vingt ans comme conservatrice de l’herbier E.C. Smith, à la University of Acadia. Elle effectue également des relevés de la végétation et des plantes rares, à titre de botaniste-conseil. Elle a déjà rédigé ou co-rédigé plusieurs rapports de situation et mises à jour de rapport de situation pour le COSEPAC, dont le rapport de situation précédent sur le Juncus caesariensis. Elle est actuellement membre du Nova Scotia Species at Risk Working Group et de l’Atlantic Coastal Plain Flora Recovery Team.

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Experts contactés

Amirault, D. Avril 2002. Biologiste de la faune, Programme des espèces en péril, Service canadien de la faune, C.P. 6227, 17 Waterfowl Lane, Sackville (Nouveau-Brunswick)  E4L 1G6.

Blaney, S. Avril 2002. Botaniste, Centre de données sur la conservation du Canada Atlantique, C.P. 6416, Sackville (Nouveau-Brunswick)  E4L 1G6.

Boates, J.S. Avril 2002. Manager, Biodiversity Program, Wildlife Division, Department of Natural Resources, Government of Nova Scotia, 136, rue Exhibition, Kentville (Nouvelle-Écosse)  B4N 4E5.

Elderkin, M.F. Avril 2002. Species-at-Risk Biologist, Wildlife Division, Department of Natural Resources, Government of Nova Scotia, 136, rue Exhibition, Kentville (Nouvelle-Écosse)  B4N 4E5.

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Collections examinées

La rédactrice a examiné les spécimens se trouvant à l’herbier E.C. Smith (ACAD) du Département de biologie de la University of Acadia, à Wolfville, en Nouvelle-Écosse. Pixie Williams a examiné les spécimens conservés à l’herbier de l’University College of Cape Breton.

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