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Programme de rétablissement du triphore penché (Triphora trianthophoros) au Canada – 2015 [Proposition]

Partie 2 – Programme de rétablissement du triphore penché (Triphora trianthophora) en Ontario, préparé par Judith Jones, Jarmo Jalava et John D. Ambrose pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario

Série de Programmes de rétablissement de l'Ontario

Programme de rétablissement préparé en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition.

Naturel. Apprécié. Protégé.
Ministère des Richesses naturelles

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Information sur le document

Illustration de la couverture : Triphore penché, par Allen Woodliffe.
Illustration de la couverture : Triphore penché, par Allen Woodliffe.

À propos de la Série de Programmes de rétablissement de l'Ontario

Cette série présente l’ensemble des programmes de rétablissement préparés ou adoptés à l’intention du gouvernement de l’Ontario en ce qui concerne l’approche recommandée pour le rétablissement des espèces en péril. La province s’assure que la préparation des programmes de rétablissement respecte son engagement de rétablir les espèces en péril en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) et de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada.

Qu'est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est le processus par lequel le déclin d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie à l’état sauvage.

Qu'est-ce qu'un programme de rétablissement?

En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement fournit les meilleures connaissances scientifiques disponibles quant aux mesures à prendre pour assurer le rétablissement d’une espèce. Un programme de rétablissement présente de l’information sur les besoins de l’espèce en matière d’habitat et sur les types de menaces à la survie et au rétablissement de l’espèce. Il présente également des recommandations quant aux objectifs de protection et de rétablissement, aux méthodes à adopter pour atteindre ces objectifs et à la zone qui devrait être prise en considération pour l’élaboration d’un règlement visant l’habitat. Les paragraphes 11 à 15 de la LEVD 2007 présentent le contenu requis et les délais pour l’élaboration des programmes de rétablissement publiés dans cette série.

Après l’inscription d’une espèce sur la Liste des espèces en péril en Ontario, des programmes de rétablissement doivent être préparés dans un délai d’un an pour les espèces en voie de disparition et de deux ans pour les espèces menacées. Une période de transition de cinq ans (jusqu’au 30 juin 2013) est prévue pour l’élaboration des programmes de rétablissement visant les espèces menacées et en voie de disparition qui figurent aux annexes de la LEVD 2007. Des programmes de rétablissement doivent obligatoirement être préparés pour les espèces disparues de l’Ontario si leur réintroduction sur le territoire de la province est jugée réalisable.

Et ensuite?

Neuf mois après l’élaboration d’un programme de rétablissement, un énoncé de réaction est publié. Il décrit les mesures que le gouvernement de l’Ontario entend prendre en réponse au programme de rétablissement. La mise en œuvre d’un programme de rétablissement dépend de la collaboration soutenue et des mesures prises par les organismes gouvernementaux, les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres et les partenaires de la conservation.

Pour plus d'information

Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Ontario, veuillez visiter la page Web des espèces en péril du ministère des Richesses naturelles.

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Référence recommandée

Jones, J., J.V. Jalava et J. Ambrose. 2013. Programme de rétablissement du triphore penché (Triphora trianthophora) en Ontario, Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario, préparé pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario),vi + 32 p.

Auteurs

Judith Jones, Winter Spider Eco-Consulting, Sheguiandah (Ontario)
Jarmo Jalava, écologiste-conseil, Stratford (Ontario)
John D. Ambrose, consultant; Guelph (Ontario)

Remerciements

Les auteurs tiennent à remercier chaleureusement P.A. Woodliffe, H. Bickerton, M. Oldham, M. Cairns, S. Taylor, R. Gould et R. St. Martin pour l’information et les éclaircissements sur le triphore penché. Ils désirent également remercier plusieurs examinateurs pour leurs commentaires utiles et pertinents sur les premières versions du document.

Déclaration

Le Programme de rétablissement du triphore penché a été élaboré conformément aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD, 2007), afin de conseiller le gouvernement de l’Ontario, d’autres compétences responsables et les nombreuses parties concernées par le rétablissement de l’espèce.

Le programme de rétablissement ne représente pas nécessairement les points de vue de toutes les personnes qui ont prodigué des conseils ou participé à son élaboration, ni la position officielle des organismes avec lesquels ces personnes sont associées.

Les buts, les objectifs et les approches de rétablissement présentés dans le programme se fondent sur les meilleures connaissances disponibles et pourraient être modifiés au fur et à mesure que de nouveaux renseignements deviennent disponibles. La mise en œuvre du présent programme de rétablissement est assujettie aux crédits budgétaires, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences responsables et des organisations participantes.

Le succès du rétablissement de l’espèce dépend de l’engagement et de la coopération des nombreuses parties qui participeront à la mise en œuvre des mesures définies dans ce programme.

Compétences responsables

Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
Environnement Canada – Service canadien de la faune, Région de l’Ontario

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Sommaire

Le triphore penché (Triphora trianthophora) est désigné espèce en voie de disparition en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD, 2007) de l’Ontario et de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. Cette petite orchidée se compose d’une tige aérienne vert violacé atteignant 5 à 31 cm de hauteur et de feuilles arrondies à base embrassante insérées à la partie supérieure de la tige. Elle produit habituellement trois fleurs blanc verdâtre. La plante obtient les éléments nutritifs dont elle a besoin d’une association symbiotique avec des champignons du sol, et émet des tiges aériennes seulement quand les conditions sont favorables à la floraison. Les tiges florifères peuvent être absentes pendant plusieurs années, les plantes semblant dormantes. L’orchidée survit toutefois sous forme de racine souterraine. La période maximale d’absence de floraison est inconnue.

Au Canada, le triphore penché se trouve à deux endroits seulement en Ontario : le parc provincial Rondeau et le boisé « Three Birds Woodlot » (comté d’Essex). Plus de 96 plantes ont été répertoriées dans le parc provincial Rondeau en 2011. Aucune n’a été observée dans le boisé « Three Birds Woodlot » depuis 1987, mais seulement trois relevés partiels y ont été effectués en 26 ans. Cette population est considérée comme existante. Il est difficile d’analyser les tendances en raison de la forte fluctuation du nombre de tiges aériennes d’une année à l’autre. En Ontario, le triphore penché pousse dans des forêts d’érables et de hêtres ombragées et humides, dans de petites dépressions tapissées d’une épaisse couche de feuilles et d’humus.

Les menaces pesant actuellement sur le triphore penché comprennent : (1) la perturbation de l’association aux champignons mycorhiziens par les vers de terre, par les espèces envahissantes comme l’épine-vinette du Japon (Berberis thunbergii) et l’alliaire officinale (Alliaria petiolata) ou possiblement par la pollution atmosphérique; (2) la dégradation ou la perte de parcelles d’habitat attribuable à la maladie corticale du hêtre, à l’aménagement des forêts ou aux changements touchant le drainage; et (3) le broutage des cerfs de Virginie, des limaces ou d’autres animaux. Les menaces potentielles et les facteurs limitatifs naturels sont également abordés dans le corps du document.

Le but du rétablissement est de maintenir les populations existantes de triphore penché dans leur état actuel ou dans état meilleur et d’aider ces populations à devenir autosuffisantes et viables à long terme. Les objectifs de rétablissement sont les suivants :

  • déterminer, d’ici 2022, la répartition et l’abondance actuelles des populations de triphore penché en Ontario;
  • évaluer, d’ici 2017, les menaces pesant sur l’espèce et son habitat et, d’ici 2019, contrer ces menaces;
  • combler, d’ici 2017, les lacunes dans les connaissances sur la biologie, l’écologie et l’habitat du triphore penché et les menaces pesant sur l’espèce en Ontario;
  • élaborer et mettre en œuvre un programme de suivi qui servira à atteindre les objectifs 1 à 3 d’ici 2015;
  • utiliser, d’ici 2017, un éventail d’outils pour protéger et maintenir l’habitat des populations répertoriées.

Il est recommandé que l’aire à considérer pour l’élaboration d’un règlement sur l’habitat comprenne ce qui suit :

  1. tous les endroits connus occupés ou anciennement occupés par l’espèce depuis 1950, à moins qu’ils répondent au critère d’absence d’occupation;
  2. les endroits inconnus auparavant où l’espèce est découverte à compter de 2012;
  3. dans l’habitat de forêt de feuillus, un rayon de 200 m autour des colonies de triphore penché. Si de la végétation non forestière se trouve à l’intérieur du rayon de 200 m, il est recommandé que toute la zone boisée soit incluse, plus une bande de végétation non forestière mesurant jusqu’à 30 m de largeur, jusqu’à une distance maximale de 200 m des plantes.

Il est recommandé que les infrastructures existantes (routes, voies de chemin de fer, stationnements, cultures agricoles, etc.) soient exclues de l’habitat réglementé.

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1. Renseignements généraux

1.1 Évaluation et classification de l'espèce

Nom commun :
Triphore penché
Nom scientifique :
Triphora trianthophora
Désignation dans la liste des EEPEO :
Espèce en voie de disparition
Historique de la désignation dans la liste des EEPEO :
Espèce en voie de disparition (2004)
Historique de la désignation du COSEPAC :
Espèce en voie de disparition (2010, 2000, 1999), Espèce menacée (1988)
LEP (annexe 1) :
Espèce en voie de disparition
Conservation Status Rankings:
Endangered

Cotes de conservation :

Cote G :
G3G4
Cote N :
N1
Cote S :
S1

Le glossaire donne les définitions des termes techniques, y compris des abréviations ci‑dessus.

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1.2 Description et biologie de l'espèce

Description de l'espèce

Le triphore penché (Triphora trianthophora) est une petite orchidée qui survit principalement sous forme de racine souterraine, laquelle émet des tiges aériennes florifères uniquement les années où les conditions sont favorables. Les racines sont charnues, et certaines portent des renflements semblables à des tubercules (appelés cormus), qui servent de réserves d’éléments nutritifs. Les tiges aériennes, vert violacé, atteignent 7 à 20 cm (maximum de 30 cm) de hauteur (Romero-González et al., 2002). Une à plusieurs feuilles arrondies, à base embrassante, sont insérées à partir du milieu de la tige jusqu’à la base de l’inflorescence (grappe de fleurs). La plante produit généralement trois fleurs, chacune sous-tendue par une bractée foliacée, mais elle peut en produire aussi peu qu’une seule ou autant que sept. Le périanthe interne (fleur) se compose de deux pétales supérieurs et d’un pétale inférieur labié présentant trois crêtes verdâtres. Les trois sépales extérieurs sont blancs et pétaloïdes. Les fleurs ont parfois une coloration magenta distinctive. Le fruit est une capsule verte dressée.

Biologie de l'espèce

Le triphore penché est une espèce peu voyante apparaissant seulement à la fin de l’été, durant une courte période où elle accomplit sa floraison. L’espèce est hétérotrophe, c’est-à-dire qu’elle a besoin, pour croître, d’azote et de carbone provenant d’une source autre que la photosynthèse. Les éléments nutritifs dont elle a besoin proviennent d’une association avec un champignon mycorhizien infectant le cortex, ou la couche extérieure, des racines (Carlsward et Stern, 2009). Cette association permet à l’espèce de survivre sous forme de racine souterraine, laquelle émet à l’occasion seulement des tiges aériennes, le temps de fleurir et d’accomplir la reproduction sexuelle.

Si les conditions au cours d’une année donnée ne sont pas propices à la reproduction, peu de tiges aériennes, voire aucune, sont émises, et l’espèce peut sembler dormante. Mais cela ne signifie pas qu’elle demeure complètement inactive; les plantes continuent de pousser et de se propager dans le sol et d’entreposer des éléments nutritifs dans les cormus ou tubercules des racines (Williams, 1994). Des périodes de dormance se produisent chez une grande variété d’espèces végétales, et il est reconnu qu’elles se traduisent par un taux de survie plus élevé aux périodes de stress environnemental et de fluctuation des ressources (Shefferson et al., 2001; Gremer et al., 2012).

La période maximale de survie de l’espèce dans le sol, sans formation de tiges florifères (p. ex. la période de dormance), est inconnue, mais des études de marquage (visant à surveiller la présence ou l’absence d’individus particuliers) ont révélé une gamme de périodes de dormance chez d’autres espèces d’orchidées. Ces périodes vont de un à deux ans pour les espèces du genre Cypripedium (Shefferson et al., 2001; Kery et Gregg, 2004) jusqu’à 18 ans chez l’épipactis petit-hellébore (Epipactis helleborine) (Light et MacConaill, 2006) et même jusqu’à 20 ans chez certaines espèces du genre Isotria (Correll, 1950). Toutefois, Holsinger et al. (1996, cité dans COSEWIC, 2011) ont montré que la probabilité que des plantes de l’isotrie fausse-médéole (Isotria medeoloides) restées cinq ans ou plus en dormance ne repoussent pas est de 90 %.

Un rapport provenant de la Caroline du Sud (Porcher, 1977) fait état de la réapparition du triphore penché dans l’État après une absence apparente de 125 ans. Il illustre toutefois l’absence de mentions de l’espèce pour la plaine côtière sud-carolinienne plutôt que pour un site particulier observé régulièrement pendant cette période. Ce rapport ne prouve donc pas de façon concluante qu’un individu peut réapparaître après avoir été dormant pendant tout ce temps. Néanmoins, l’auteur a fait remarquer que les orchidées étaient apparues dans un secteur qu’il avait fréquenté pendant de nombreuses années sans en trouver. Ce fait semble indiquer que les plantes étaient dormantes pendant au moins la période où il a fréquenté le secteur, ce qui pourrait vraisemblablement correspondre à 20 à 30 ans ou plus.

Le nombre de tiges aériennes produites (s’il y en a) peut grandement varier d’une année à l’autre. Au New Hampshire, une superficie d’environ 1 mi2 (2,6 km2) renfermait 20 000 tiges de triphore penché une année donnée, moins de 500 tiges l’année suivante, seulement deux tiges la troisième année et aucune la quatrième année. Toutefois, deux ans plus tard, environ 20 000 tiges y ont été recensées (Lownes, 1926).

Les conditions requises pour la floraison du triphore penché sont inconnues, mais on a observé, dans le parc provincial Rondeau, qu’un plus grand nombre de tiges florifères étaient apparues lors des étés frais et humides; il se peut donc que des conditions sèches empêchent la floraison (Woodliffe, 1988; COSEWIC, 2010). De plus, il est possible que d’autres facteurs, comme la taille des cormus et la quantité d’éléments nutritifs entreposés, jouent un rôle dans la floraison (Williams, 1994).

Il a été observé au Michigan que quelques populations plus visibles du triphore penché subsistent pendant de longues périodes (plus de 30 ans) au même endroit (Case, 1987) et peuvent survivre dans un micro-habitat convenable, même dans un milieu environnant quelque peu perturbé (Case, 1987; Swink et Wilhelm, 1994; Dister, 2006).

En Ontario, des fleurs ont été observées aussi tôt que le 30 juillet et aussi tard que le 27 septembre (Woodliffe, 1988). Durant les années clémentes, jusqu’à trois tiges aériennes peuvent être émises, chacune portant une à sept fleurs. Chaque fleur ne dure habituellement qu’une journée (Case 1987), pendant laquelle elle dépend d’insectes pollinisateurs pour la production de graines. Les fleurs se développent jusqu’à un stade précis puis demeurent en attente jusqu’à ce que certaines exigences de température soient satisfaites. Habituellement le deuxième matin après une chute marquée de la température nocturne, tous les bourgeons floraux s’ouvrent en même temps; ce processus peut accroître le potentiel de pollinisation croisée. Il se répète chez les bourgeons subséquents. La germination fructueuse des minuscules graines, dispersées par le vent, dépend d’un contact avec le champignon compatible pour nourrir l’embryon en développement.

Selon les observations, les pollinisateurs du triphore penché sont principalement des abeilles halictes. Dans le parc provincial Rondeau, des halictes du genre Dialictus ont été observés en train de polliniser l’orchidée (P.A. Woodliffe, comm. pers., 2012). Au Michigan, Medley (1979) a signalé neuf espèces d’abeilles, appartenant principalement à la famille des Halictidés, en train de polliniser le triphore penché.

La propagation artificielle de l’espèce a connu un succès limité. Anderson (1990) a réussi à en faire germer des graines sur un milieu artificiel et a produit de petits cormus en laboratoire, mais ses tentatives de réintroduction dans le milieu sauvage ont échoué. Du matériel provenant du boisé « Three Birds Woodlot » a été introduit dans le parc provincial Rondeau en 1956, mais les plantes introduites n’ont apparemment survécu que quatre ans; une tentative semblable menée dans le parc provincial John E. Pearce a apparemment échoué (Woodliffe, 1988).

Les écureuils ramassent parfois les cormus du triphore penché et les cachent (Case, 1987; P.A. Woodliffe, comm. pers., 2009). Ils peuvent ainsi, par inadvertance, aider à la dispersion de l’orchidée, étant donné que les cormus déplacés peuvent produire des tiges aériennes florifères et des racines souterraines. Aucun travail ciblé n’a été effectué sur la distance de dispersion du triphore penché. Une étude de la dispersion de graines par l’écureuil fauve (Sciurus niger) a toutefois révélé une relation inverse entre la taille des propagules et la distance sur laquelle l’écureuil les transportait (Stapanian et Smith, 1978). Dans le cas des graines du noyer noir (Juglans nigra), il les transportait sur une distance maximale de 108 m. En Illinois, Dow et Ashley (1996) ont établi que les glands du chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa) étaient dispersés sur une distance maximale de 165 m, principalement par des écureuils, bien que la distance moyenne s’élevait à 22 m.

Les cormus du triphore penché sont toutefois plus petits et plus légers que les noix du noyer et les glands; ils peuvent donc être transportés plus loin, mais ils ne sont probablement pas aussi prisés comme source de nourriture et peuvent être abandonnés plus vite. Ce sont là des généralisations qui ne s’appliquent pas seulement aux cormus d’orchidée ou à une espèce d’écureuil particulière. Elles servent toutefois à montrer que la distance de dispersion des cormus du triphore penché pourrait atteindre jusqu’à 165 m ou même plus.

La distance de dispersion des graines du triphore penché est beaucoup plus grande que dans le cas des cormus, des noix du noyer et des glands. Bien qu’aucune distance précise n’ait été établie pour l’espèce, les graines d’orchidée sont en général minuscules (de la taille de grains de poussière) et peuvent demeurer aéroportées pendant de longues périodes. Selon la vitesse du vent et d’autres facteurs, elles peuvent se disperser à des centaines de mètres du parent (Murren et Ellison,1998; Arditti et Ghani, 2000).

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1.3 Répartition, abondance et tendances des populations

Au Canada, le triphore penché est présent uniquement à deux endroits en Ontario : le parc provincial Rondeau, situé dans la municipalité de Chatham-Kent, et le boisé « Three Birds Woodlot », situé près de Leamington, dans le comté d’Essex (figure 1). L’espèce est présente partout dans l’est de l’Amérique du Nord (figure 2), depuis la Nouvelle-Angleterre jusqu’au Texas, et vers le sud jusqu’au Mexique, au Guatemala et au Panama (NatureServe, 2012). À l’échelle mondiale, le classement G3G4 a été attribué au triphore penché (espèce vulnérable à peu commune dans l’ensemble de son aire de répartition), et l’espèce n’est pas classée comme n’étant pas en péril n’importe où en Amérique du Nord (NatureServe, 2012). Le tableau 1 indique le statut de conservation du triphore penché en Amérique du Nord selon l’État et la province. Au Canada et en Ontario, le triphore penché est désigné en voie de disparition. Il est classé N1 et S1 (gravement en péril) à l’échelle nationale et provinciale.

Figure 1. Répartition actuelle du triphore penché en Ontario.
Carte de répartition actuelle du triphore penché en Ontario
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre les deux populations de l’espèce se trouvant dans le sud de l’Ontario, l’une près de Leamington, au nord du parc national de la Pointe-Pelée et l’autre, dans le parc provincial Rondeau.

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Figure 2. Répartition du triphore penché en Amérique du Nord (Flora of North America, 2005). Le point rouge indique l'emplacement général des populations de l'Ontario. La répartition au Mexique, au Guatemala et au Panama n'est pas illustrée.
Carte de répartition du triphore penché en Amérique du Nord
Description longue pour la figure 2

La figure 2 illustre l’aire de répartition de l’espèce en Amérique du Nord. Au Canada, l’espèce se trouve uniquement dans le sud de l’Ontario. Aux États-Unis, son aire de répartition s’étend du sud des États de la Nouvelle-Angleterre, au nord-est, jusqu’au sud du Michigan, au nord-ouest, jusqu’à l’est du Texas, au sud-ouest, et la Floride, au sud-est.

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Tableau 1. Cotes de conservation du triphore penché en Amérique du Nord, selon l'État et la province (NatureServe, 2012).

Historique (SH)
Gravement en péril (S1)
En péril (S2)
District de Columbia Pennsylvanie
Connecticut Delaware MaineMaryland
Massachusetts
Michigan
Nebraska
New Jersey
Ontario
Vermont
Virginie
Géorgie
Louisiane
New Hampshire
New York
Caroline du Nord
Ohio
Caroline du Sud Virginie Occidentale
Wisconsin
En péril à vulnérable (S2S3)
Vulnérable (S3)
Non coté (SNR)
Mississippi
Oklahoma
Florida
Illinois
Iowa
Alabama Arkansas Indiana
Kansas, Kentucky
Missouri
Tennessee
Texas
Parc provincial Rondeau

Dans le parc provincial Rondeau, une colonie comprenant plusieurs groupes de 10 à 15 plantes a été découverte en 1966. Le suivi annuel de ces populations au moyen de parcelles permanentes a débuté en 1986. D’après les données des parcelles et les dénombrements approximatifs des sous-populations, le nombre de tiges aériennes varie grandement d’une année à l’autre. Par exemple, les parcelles renfermaient 40 tiges en 2005, mais seulement 4 tiges en 2007; le nombre a ensuite grimpé à 69 tiges en 2008 et 126 tiges en 2009. Les effectifs réels de la population totale sont plus élevés que le total établi pour les parcelles parce que de nombreuses plantes poussent à l’extérieur de celles-ci, mais des dénombrements annuels n’ont pas toujours été faits aux endroits situés à l’extérieur des parcelles. Il est ainsi impossible de déterminer quels étaient les effectifs maximums annuels de la population par le passé. En 2008, 1 357 tiges ont été dénombrées dans les parcelles couvrant seulement une partie de l’habitat et de la population potentielle (COSEWIC, 2010). En 2011, 96 tiges ont été dénombrées : 13 dans les parcelles et 83 à d’autres endroits, mais seulement une partie de l’ensemble de l’habitat a été répertorié. La population du parc provincial Rondeau se compose de quatre sous-populations réparties sur une superficie d’environ neuf hectares (COSEWIC, 2010).

Il se peut que la population du parc provincial Rondeau soit issue de plantes prélevées dans le boisé « Three Birds Woodlot » et introduites dans le parc en 1956 (Woodliffe, 1988). Dès 1960, la population introduite avait disparu mais, en 1966, l’espèce a été découverte à un autre endroit, situé à environ un kilomètre du site d’introduction. On ignore si elle y était déjà présente ou si ces plantes étaient issues de graines ou de cormus provenant de la population introduite. Tout de même, indépendamment de l’origine, la population du parc provincial Rondeau est admissible au rétablissement parce qu’elle se trouve dans l’aire de répartition naturelle de l’espèce et que les propagules introduites proviennent d’une source indigène connue (COSEWIC, 2010).

Boisé « Three Birds Woodlot »

En 1950, 12 plantes du triphore penché ont été découvertes dans le boisé « Three Birds Woodlot ». Des dénombrements annuels ont été effectués seulement de façon sporadique et ne visaient que des parties de la population, mais les effectifs allaient de 188 en 1967 à 22 en 1985. Aucune plante n’a été observée dans le boisé depuis 1985, mais l’habitat n’a pas été exploré sur une base régulière. La partie est du boisé (où l’accès a été autorisé) a été fouillée en 1998, 2000 et 2008, mais aucun triphore penché n’a été trouvé. Comme des recherches n’ont été effectuées qu’au cours de 3 des 26 dernières années et qu’elles ne couvraient qu’une partie de l’habitat, il reste possible que l’espèce soit présente dans les parties non explorées ou qu’elle ait fleuri au cours d’une année où aucun relevé n’a été effectué. Le boisé « Three Birds Woodlot » a une superficie d’environ huit hectares (COSEWIC, 2010).

Il est impossible d’établir les tendances pour les deux populations à partir des données sur l’abondance en raison des fluctuations interannuelles inhérentes des effectifs et de la couverture inégale des relevés. Le Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN) attribue des cotes de qualité aux occurrences d’éléments naturels d’après leur viabilité prévue. Les occurrences sont cotées comme suit : A – excellente viabilité, B – bonne viabilité, C – viabilité moyenne, D – probablement non viable; E – existence confirmée, F – élément non trouvé, H – élément historique, X – élément disparu. Le CIPN a attribué la cote C à l’occurrence du triphore penché dans le parc provincial Rondeau, et la cote H à l’occurrence de l’espèce dans le boisé « Three Birds Woodlot » (NHIC, 2012).

Selon NatureServe (2012), une cote H sert à indiquer qu’une occurrence n’a pas été confirmée pendant 20 ans ou plus, bien qu’un habitat convenable puisse encore exister. Cette cote est également utilisée pour les espèces végétales produisant des graines pouvant demeurer viables pendant plusieurs années dans le sol mais qui sont absentes pendant de longues périodes. Dans de tels cas, une occurrence peut être cotée H pour jusqu’à 40 ans sans que l’espèce sauvage soit désignée comme disparue du pays. Souvent, la cote H peut indiquer l’absence de travaux sur le terrain (M. J. Oldham, comm. pers., 2012). Il est établi, dans les lignes directrices du COSEPAC, qu’une espèce sauvage peut être désignée comme disparue du pays si (1) il n’existe aucun habitat restant pour l’espèce sauvage et si elle n’a pas été trouvée malgré des relevés récents; (2) 50 ans se sont écoulés depuis la dernière mention crédible de l’espèce malgré que des relevés aient été réalisés; ou (3) des renseignements suffisants existent pour prouver qu’il n’existe aucun individu vivant de l’espèce sauvage (COSEWIC, 2012). Par conséquent, la population du boisé « Three Birds Woodlot » est considérée comme existante.

En 1960, le triphore penché a été signalé dans le parc provincial John Pearce comme espèce introduite (date d’introduction inconnue), mais un inventaire du parc effectué en 1982 n’indiquait pas qu’elle y était présente (Woodliffe, 1988). Morris et Eames (1929) mentionnent que le triphore penché était autrefois présent à Komoka (comté de Middlesex), en Ontario, mais qu’il était disparu depuis longtemps à cet endroit. L’emplacement peut toutefois avoir été signalé incorrectement, et il semblerait que le spécimen sur lequel repose la mention provenait de quelque part dans la région du Niagara (Woodliffe, 1988).

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1.4 Besoins en matière d'habitat

Le triphore penché pousse dans des forêts de feuillus (érables et hêtres) riches et humides à litière abondante et à épaisse couche d’humus, présentant un couvert arborescent bien développé. Il pousse parfois sur des troncs d’arbres pourris. Il est observé dans la documentation publiée à différentes périodes dans de nombreux États américains (Lownes, 1920; Porcher, 1977; Brackley, 1985; Case, 1987; Maine Department of Conservation, 1998; Zika, 2001) que l’espèce se trouvait dans des peuplements purs de hêtres à grandes feuilles (Fagus grandifolia) ou dans des milieux à couvert composé principalement de hêtres et de quelques pruches du Canada (Tsuga canadensis). Aux États-Unis, le triphore penché a été recensé dans des boisés riches le long de ruisseaux, aux bords de marécages et dans des forêts de plaine inondable (Correll, 1950), ainsi que sur d’anciennes crêtes de plage et dans des communautés de Sphagnum aux bords de tourbières (Case, 1987). Dans l’ensemble de son aire de répartition nord-américaine, le triphore penché peut également se trouver dans d’autres habitats : forêts de feuillus mélangés sur sol sableux dominées par le chêne; forêts en terrain plat, humides une partie de l’année; forêts dunaires des Grands Lacs; forêts de conifères; marécages à mélèze; fourrés de rhododendrons; forêts de plaine inondable; terre bourbeuse humide de forêts poussant sur le lit de lacs glaciaires et marécages de doline inondés une partie de l’année (Romero-González et al., 2002).

Selon P.A. Woodliffe (comm. pers., 2012), dans le parc provincial Rondeau, le triphore penché privilégie les forêts riches composées de hêtres et d’érables, renfermant quelques pins blancs (Pinus strobus), le long de crêtes sableuses à sol acide. Le type de végétation est classé comme forêt de feuillus (érable à sucre) à sol frais-humide (M. Cairns, comm. pers., 2012), d’après Lee et al. (1998). Les années plus sèches, les plantes se manifestent près du bas des crêtes basses (qui sont probablement les endroits humides durant les années sèches) mais, les années plus humides, elles poussent un peu plus haut sur le bord des crêtes et même sur le dessus. À certains sites d’occurrence du triphore penché dans le parc provincial Rondeau, la couche d’humus couvrant le sable est de 10 à 15 cm de profondeur, et elle est tapissée d’une litière de feuilles. Dans le nord du Michigan, il semblerait que les tubercules poussent en contact avec le sable, sous une couche de terreau de feuilles de 7,5 à 10 cm d’épaisseur (Van Arsdale, 1982). Toutefois, de nombreux auteurs (voir ci-dessus) signalent aussi que l’espèce pousse dans des dépressions tapissées de feuilles et dans du terreau de feuilles libre de sable ou de terre.

Voici quelques espèces associées typiques présentes dans l’habitat du triphore penché : érable rouge (Acer rubrum), érable à sucre (Acer saccharum), oystryer de Virginie (Ostrya virginiana), maïnthème du Canada (Maianthemum canadense), aralie à tige nue (Aralia nudicaulis) ainsi que d’autres espèces hétérotrophes, notamment l’épifage de Virginie (Epifagus virginiana), le monotrope uniflore (Monotropa uniflora) et la corallorhize maculée (Corallorhiza maculata) (Brackley, 1985; Swink et Wilhelm, 1997; Zika, 2001).

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1.5 Facteurs limitatifs

Le triphore penché ne sort du sol que lorsque les conditions sont favorables pour la production de fleurs et de graines. La reproduction de l’espèce est hautement spécialisée et requiert des facteurs concomitants pour être fructueuse. Si un facteur est absent, la reproduction n’aura pas lieu, parce que l’un ou l’autre des maillons de la chaîne des événements peut être limitatif. Les maillons comprennent des conditions climatiques et d’humidité propices à la production de fleurs, la présence d’insectes pollinisateurs pour la formation de graines, la dispersion des graines dans un habitat convenable et le contact des graines avec une espèce de champignon particulière pour leur germination et l’établissement de plantes.

Un manque de pollinisateurs peut ou non être un facteur limitatif pour le triphore penché. Ses bourgeons floraux ouvrent de façon synchrone et les fleurs ne sont fertiles qu’une seule journée; par conséquent, si aucun pollinisateur n’est présent ce jour-là, la pollinisation ne peut pas avoir lieu. Dans le cadre d’une étude du triphore penché s’échelonnant sur six ans, Williams (1994) a observé des pollinisateurs à deux occasions seulement; il est d’avis que la courte période de floraison et le manque de pollinisateurs sont à l’origine de la faible production de capsules. Toutefois, d’autres chercheurs n’ont eu aucune difficulté à observer la pollinisation chez le triphore penché (Medley, 1979; Woodliffe 1988; Catling et Catling, 1991). En outre, même une faible production de capsules en raison de la rareté de pollinisateurs peut ne pas être un facteur limitatif étant donné que chaque capsule contient des milliers de graines, soit plus que chez de nombreuses autres espèces.

Parce que les deux populations existantes de triphore penché sont petites et isolées l’une de l’autre, la perte de diversité génétique peut être préoccupante, en particulier si la reproduction sexuelle échoue pendant des périodes extrêmement longues. La perte de diversité génétique pourrait rendre l’espèce incapable de réagir aux changements à long terme se produisant dans son habitat, comme une augmentation de la température ou la diminution du niveau d’humidité.

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1.6 Menaces à la survie et au rétablissement

Les menaces et les facteurs qui peuvent toucher le triphore penché sont présentés au tableau 2.

Tableau 2. Menaces actuelles, potentielles et historiques pesant sur le triphore penché (Sources : COSEWIC, 2010; Woodliffe, 2011; H. Bickerton, comm. pers., 2012).
MenaceMenaceBoisé
« Three Birds Woodlot »
Rondeau
1. Dommages à l'association avec des champignons mycorhiziensÉpine-vinette du Japon-Current
1. Dommages à l'association avec des champignons mycorhiziensAlliaire officinaleActuelle-
1. Dommages à l'association avec des champignons mycorhiziensVers de terreActuelle?Actuelle?
1. Dommages à l'association avec des champignons mycorhiziensPollution atmosphériquePotentiellePotentielle
2. Dégradation ou perte de l'habitatMaladie corticale du hêtreActuelle-
2. Dégradation ou perte de l'habitatDéboisement ou aménagement des forêtsPotentielle-
2. Dégradation ou perte de l'habitatModification du drainagePotentielle-
2. Dégradation ou perte de l'habitatPâturage du bétailHistorique-
3. HerbivorieCerf de VirginiePotentielleActuelle
3. HerbivorieTamias, limacesPotentiellePotentielle
4. Autres menacesÉvénements catastrophiques (inondations, tempêtes de vent)PotentiellePotentielle

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Perturbation de l'association avec les champignons mycorhiziens

Tout ce qui perturbe le lien entre les plantes de triphore penché et les champignons auxquels l’espèce est associée, ou qui réduit la présence de ces champignons dans le sol, peut gravement nuire à la capacité de survie du triphore penché. La perturbation des mycorhizes constitue probablement la menace la plus grave pesant sur l’espèce à l’heure actuelle, mais il reste à le confirmer directement au moyen d’études scientifiques sur le terrain. Toutefois, des études des effets de plusieurs espèces envahissantes sur les champignons et les microorganismes du sol prouvent indirectement la gravité de cette menace.

Dans le parc provincial Rondeau, l’épine-vinette du Japon (Berberis thunbergii), un arbuste envahissant, menace le triphore penché. Les racines de cet arbuste secrètent une toxine, la berbérine (Schmeller et al., 1997), qui est hautement dommageable aux plantes et aux microorganismes du sol présents à proximité, ce qui entraîne des changements dans la structure et la fonction du sol (Ehrenfeld et al., 2001). En 2010, des mesures ont été prises pour réduire considérablement le nombre de ces arbustes au voisinage de la principale population de triphore penché. Grâce à ces mesures, leur nombre a beaucoup diminué par rapport à ce qu’il était depuis au moins deux décennies (P. A. Woodliffe, comm. pers., 2012). Cette activité n’est pas encore terminée, et le personnel du parc continue à surveiller et à éliminer l’épine-vinette dans toute la moitié est du parc, où cette espèce envahissante a été la plus problématique. Tout de même, l’épine-vinette continue à poser une menace aux autres sous-populations du parc provincial Rondeau et risque d’envahir à nouveau l’habitat de la population principale si les activités de lutte ne sont pas maintenues (COSEWIC, 2010).

L’alliaire officinale (Alliaria petiolata) est une autre espèce exotique envahissante qui secrète des composés chimiques dans le sol, ce qui inhibe la croissance des plantes et des champignons mycorhiziens poussant à proximité. Des plantules d’alliaire officinale ont été observées dans le boisé « Three Birds Woodlot » en 2008 (COSEWIC, 2010). L’espèce est présente dans le parc provincial Rondeau, mais elle n’y est pas répandue (S. Taylor, comm. pers., 2012).

Il se peut que les lombrics constituent actuellement une menace pour le triphore penché. Historiquement, les lombrics n’étaient pas naturellement présents dans les forêts de l’est de l’Amérique du Nord, et ils peuvent être la cause d’impacts graves et étendus sur ces écosystèmes (Hale et al., 2006). Il a été établi que les lombrics réduisent l’épaisseur des couches de litière et d’humus ainsi que la diversité fongique (Baxter et al., 1999; Muratake, 2003; Bohlen et al., 2004; Hale et al., 2006), qui sont tous des éléments nécessaires à la survie du triphore penché. Bien qu’aucun relevé des lombrics n’ait été effectué dans l’habitat des deux populations du triphore penché, les observations qui y ont été réalisées en 2008 ont permis d’établir que la couche de litière était peu épaisse et que le sol était dénudé à plusieurs endroits dans le secteur où l’orchidée a été observée dans le passé (Woodliffe, 2011; H. Bickerton, comm. pers., 2012). Il se peut que ces changements dans les conditions de la litière soient attribuables aux lombrics (COSEWIC, 2010).

Le triphore penché se rencontre dans une région soumise à des concentrations élevées de polluants atmosphériques. La charge en nutriments de l’air et des précipitations (augmentation de l’azote assimilable) s’est révélée nuisible à la diversité des champignons en Europe (Arnolds, 1991), ce qui peut constituer une menace pour l’association mycorhizienne nécessaire au triphore penché.

Perte ou dégradation de l'habitat

La maladie corticale du hêtre, qui tue les hêtres à grandes feuilles, peut se révéler une menace pour le triphore penché en causant des changements dans le taux d’humidité du sol et en perturbant les conditions de son habitat. Le hêtre à grandes feuilles constitue une composante importante du couvert forestier dans l’habitat du triphore penché en Ontario, et la perte de hêtres crée des trouées dans le couvert permettant à une plus grande quantité de lumière solaire d’atteindre le sol. Le sol devient ainsi plus sec et peut-être moins propice au triphore penché. De plus, comme les racines du hêtre à grandes feuilles et des gros arbres d’autres essences transportent de l’humidité vers les strates supérieures du sol (Light et MacConaill, 2006), la perte de hêtres à grandes feuilles peut aussi réduire le taux d’humidité du sol par le biais de ce mécanisme. L’hypothèse a également été avancée que le triphore penché peut recevoir, des hêtres à grandes feuilles, des éléments nutritifs par le biais d’une association avec des champignons mycorhiziens (Williams, 1994). La maladie corticale du hêtre a été observée dans le boisé « Three Birds Woodlot » en 2008 (COSEWIC, 2010), mais elle n’est pas présente dans le parc provincial Rondeau (S. Taylor, comm. pers., 2012).

Par le passé, le déboisement des terres à des fins d’agriculture et de récolte de produits forestiers peut avoir été la cause principale de la perte de populations du triphore penché en Ontario, mais l’absence de données historiques fait que cette conclusion est purement conjecturale. L’aménagement des forêts crée des trouées dans le couvert forestier (tel que discuté ci-dessus), et l’utilisation de débusqueuses et de machinerie lourde endommage les sols, écrase les plantes et déloge les cormus souterrains. La modification du drainage résultant de l’irrigation et de la canalisation de cours d’eau peut aussi entraîner le séchage excessif des sols. Le déboisement et la modification du drainage ne constituent pas des menaces à l’heure actuelle, mais pourraient se produire dans le boisé privé « Three Birds Woodlot », bien que les deux propriétaires de ces terres ne prévoient pas y mener ces activités (H. Bickerton, comm. pers., 2012).

Par le passé, des chevaux ont été mis au pâturage dans des parties du boisé « Three Birds Woodlot », mais la population du triphore penché y a persisté et les plantes ont fleuri pendant de nombreuses années, apparemment sans souffrir des effets du broutage. Une population du Michigan a persisté pendant plus de 30 ans malgré le broutage (Case, 1987). Par le passé, le broutage peut quand même avoir été à l’origine d’une baisse du nombre de plantes dans le boisé « Three Birds Woodlot ». Le pâturage du bétail peut causer le compactage du sol, endommager directement les plantes et mener à l’introduction d’espèces exotiques ou envahissantes. Comme aucun broutage n’a eu lieu dans le boisé « Three Birds Woodlot » depuis plus de 10 ans, il ne constitue pas une menace à l’heure actuelle (COSEWIC, 2010).

Herbivorie

Le broutage par le cerf de Virginie menace encore le triphore penché dans le parc provincial Rondeau (M. Cairns, comm. pers., 2012) et peut le menacer dans le boisé « Three Birds Woodlot ». Un programme de réduction des populations de cerfs mis en œuvre dans les années 1990 a réduit la gravité de la menace pesant sur la population du triphore penché, mais le broutage continue d’être observé. Le broutage par les cerfs, les tamias et les limaces peut endommager les structures reproductrices aériennes de la plante.

Au Massachusetts (Williams, 1994), les limaces sont les herbivores les plus destructeurs du triphore penché; elles en rongent les cormus, les tiges, les bourgeons et les fleurs. Elles sont également responsables de la perte de capsules avant qu’elles mûrissent. Il n’a pas été établi si les limaces posent un problème en Ontario. Il semble aussi que le tamia rayé (Tamius striatus) mange des triphores penchés (Williams, 1994).

Autres menaces

Le triphore penché risque de disparaître de l’Ontario parce que seules deux populations, petites et éloignées l’une de l’autre, y existent. Des événements catastrophiques, telles des tempêtes ou des périodes de sécheresse, pourraient les détruire (COSEWIC, 2010). Une inondation pourrait entraîner la pourriture des cormus souterrains et endommager les mycorhizes, et les tempêtes de vent pourraient ouvrir des trouées dans le couvert forestier, ce qui mènerait à l’assèchement de la couche d’humus essentielle.

Le piétinement par les naturalistes visiteurs menace de nombreuses espèces d’orchidées et le prélèvement, par des orchidophiles, d’orchidées sauvages indigènes est aussi une pratique répandue qui endommage les plantes. Par contre, ni le piétinement ni le prélèvement ne sont de graves menaces dans le parc provincial Rondeau, car le triphore penché se trouve dans des endroits plutôt inaccessibles, à l’écart des pistes. Ces problèmes ne constituent pas non plus des menaces importantes dans le boisé « Three Birds Woodlot », car la population se trouve sur une propriété privée, dont l’accès est interdit au public (COSEWIC, 2010).

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1.7 Lacunes dans les connaissances

Les lacunes dans les connaissances peuvent limiter le succès du rétablissement du triphore penché. Des études plus poussées et une meilleure compréhension des éléments suivants sont requises :

  • la répartition et l’abondance actuelles de la population du boisé « Three Birds Woodlot », et les changements annuels dans les tendances chez les populations du parc provincial Rondeau;
  • si d’autres parcelles d’habitat potentiel abritent des populations additionnelles ou sont des sites propices à la réintroduction possible de l’espèce;
  • la documentation et la cartographie détaillées et normalisées, selon la classification écologique des terres (CET), des communautés forestières où se trouve la population du boisé « Three Birds Woodlot »;
  • les impacts des vers de terre, des limaces et des plantes envahissantes sur l’espèce et son habitat;
  • les associations mycorhiziennes du triphore penché;
  • les conditions que requiert le triphore penché pour produire des tiges aériennes et combler ses autres besoins biologiques pour pousser;
  • les impacts des charges en éléments nutritifs d’origine atmosphérique et hydrique sur le triphore penché;
  • s’il existe de fait une association avec le hêtre à grandes feuilles ou les arbres matures d’autres essences à feuilles caduques;
  • des détails sur les besoins biologiques et écologiques du triphore penché en rapport avec la gestion des sites et l’intendance;
  • des études démographiques pour comprendre la périodicité de l’émergence, la structure d’âge des populations et les taux de recrutement;
  • des méthodes de multiplication à utiliser aux fins d’efforts de réintroduction possibles.

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1.8 Mesures de rétablissement déjà achevées ou en cours

Les mesures de rétablissement suivantes sont achevées et les mesures de protection suivantes sont déjà en place.

  • Le suivi annuel de parcelles dans le parc provincial Rondeau permet d’établir les effectifs de triphore penché et l’emplacement des plantes ainsi que les bonnes années de floraison.
  • En 2010, une importante quantité de plantes d’épine-vinette du Japon ont été arrachées autour de la principale population de triphore penché dans le parc provincial Rondeau, et d’autres travaux d’arrachage de cette espèce envahissante sont planifiés.
  • La réduction des populations de cerfs de Virginie dans le parc provincial Rondeau a eu un effet bénéfique sur de nombreux attributs du parc et a quelque peu réduit cette menace pesant sur le triphore penché.
  • Le boisé privé « Three Birds Woodlot » est désigné comme zone importante et sensible sur le plan environnemental par l’Office de protection de la nature de la région d’Essex (ERCA, 2012). En raison de cette désignation, une demande de modification du zonage agricole actuel en vue d’une autre utilisation des terres ou d’une division de la propriété nécessiterait une évaluation des incidences environnementales démontrant qu’il n’y a pas d’incidence négative (D. Lebedyk, comm. pers., 2012). En outre, depuis le 30 juin 2012, la Déclaration de principes provinciale faite en vertu de la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario interdit l’aménagement et la modification de l’habitat du triphore penché dans les demandes de changement de mode d’utilisation des terres.
  • Le triphore penché est classé comme étant en voie de disparition dans la Liste des espèces en péril en Ontario (EEPEO) dressée en application de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario (LEVD). Il est interdit en vertu de la Loi de mutiler ou de détruire des plantes de triphore penché. Son habitat bénéficie d’une protection juridique depuis le 30 juin 2013.
  • Dans le parc provincial Rondeau, le triphore penché est protégé en vertu de la Loi de 2007 sur les parcs provinciaux et les réserves de conservation, qui interdit de perturber, de couper, de détruire, de prélever ou d’endommager des plantes dans un parc provincial sans l’autorisation écrite du directeur du parc. En outre, l’espèce se trouve dans une réserve naturelle à l’intérieur du parc, où certaines activités récréatives sont restreintes.
  • Le triphore penché fait partie du Programme de rétablissement de la forêt carolinienne (Jalava et al., 2009). Des travaux de rétablissement axés sur l’écosystème sont en cours de réalisation; ils sont coordonnés par la Carolinian Canada Coalition, consortium de plus de 40 organismes gouvernementaux et non gouvernementaux. Plusieurs plans d’action en matière de conservation (PAC) ont été élaborés, et un projet pilote est actuellement en cours de réalisation pour mettre en œuvre le PAC pour les milieux humides naturels et les forêts du comté d’Essex (2012), qui couvre le comté où est situé le boisé « Three Birds Woodlot ». Un PAC sera élaboré pour la région de Rondeau en 2012, et le triphore penché comptera parmi les espèces ciblées.

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2. Rétablissement

2.1 But du rétablissement

Le but du rétablissement est de maintenir les populations existantes du triphore penché dans leur état actuel ou dans un état meilleur, de les aider à long terme à devenir autosuffisantes et viables et de combler les lacunes dans les connaissances afin que des activités de rétablissement puissent être menées à d’autres endroits à l’avenir.

Justification du but du rétablissement

Le statut historique du triphore penché en Ontario est inconnu, ce qui soulève des questions à savoir ce qui constituerait le « rétablissement ». Il n’est pas clair si le triphore penché était autrefois plus commun et plus largement réparti dans la province ou s’il a toujours été extrêmement rare, ou si les deux populations actuelles représentent l’établissement récent de l’espèce dans la province au moment où elle y a été répertoriée pour la première fois dans les années 1950 et 1960. Il est par conséquent suggéré que la reconstitution de l’aire de répartition ou d’une population historique ne soit pas incluse dans le but du rétablissement à ce moment-ci.

De plus, la multiplication et la réintroduction du triphore penché dans le milieu sauvage, qui permettraient l’établissement de nouvelles populations dans le cadre du rétablissement, n’ont pas encore été réussies. En outre, il reste très peu de parcelles d’habitat forestier intérieur et humide dans l’extrême sud-ouest de l’Ontario où la réintroduction de l’espèce pourrait être tentée. Par conséquent, les activités de rétablissement devraient viser à maintenir les populations existantes et à les aider à devenir autosuffisantes et viables en réduisant les menaces et en assurant le maintien de conditions favorables à la croissance. En raison du manque d’information sur le triphore penché, les lacunes dans les connaissances doivent être comblées avant que des buts plus ambitieux puissent être définis.

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2.2 Objectifs de protection et de rétablissement

Tableau 3. Objectifs de protection et de rétablissement.

No
Objectif de protection et de rétablissement
1
Déterminer la répartition et l’abondance actuelles des populations de triphore penché en Ontario d’ici 2022.
2
Évaluer les menaces pesant sur l’espèce et son habitat d’ici 2017 et éliminer les menaces d’ici 2019.
3
Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, l’écologie, l’habitat et les menaces pesant sur l’espèce en Ontario d’ici 2017.
4
Élaborer une stratégie de suivi et la mettre en œuvre de sorte à atteindre les objectifs 1 à 3 d’ici 2015.
5
Utiliser un éventail d’outils pour protéger et maintenir l’habitat des populations connues d’ici 2017.

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2.3 Approches de rétablissement

Des approches précises visant à éliminer les menaces et à procéder au rétablissement du triphore penché en Ontario sont présentées au tableau 4.

Tableau 4. Approches de rétablissement du triphore penché en Ontario.

  1. Déterminer la répartition et l’abondance actuelles des populations de triphore penché en Ontario d’ici 2022.
    • Approche de rétablissement :
      1. 1.1 Entamer une discussion respectueuse avec les propriétaires fonciers du boisé « Three Birds Woodlot » pour établir quels travaux de rétablissement peuvent être planifiés avec leur collaboration.
        • Priorité relative : Critiquel
        • Échéancier relatif : Court terme
        • Volet du rétablissement : Intendance
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Discussion requise avant qu’il soit possible d’aborder les menaces et les lacunes dans les connaissances à ce site.
      2. 1.2 Avec la permission des propriétaires fonciers, mener des relevés annuels dans le boisé « Three Birds Woodlot » pour déterminer le statut de la population.
        • Priorité relative : Critiquel
        • Échéancier relatif : Court terme
        • Volet du rétablissement : Inventaire, suivi et évaluation
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Lacunes : répartition et abondance de la population dans le boisé « Three Birds Woodlot » et besoins biologiques ou menaces.
      3. 1.3 Poursuivre les dénombrements des effectifs dans le parc provincial Rondeau et élargir la zone surveillée afin d’inclure plus de parcelles d’habitat à l’extérieur des parcelles actuelles.
        • Priorité relative : Critiquel
        • Échéancier relatif : Court terme
        • Volet du rétablissement : Inventaire, suivi et évaluation
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Lacunes : répartition et abondance de la population dans le parc provincial Rondeau, et besoins biologiques ou menaces.
      4. 1.4 Documenter le type de végétation selon la CET dans le boisé « Three Birds Woodlot ».
        • Priorité relative : Nécessaire
        • Échéancier relatif : Court terme
        • Volet du rétablissement : Inventaire, suivi et évaluation
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Lacunes : besoins biologiques, y compris les conditions d'habitat convenable.
  2. Évaluer les menaces pesant sur l’espèce et son habitat d’ici 2017 et éliminer les menaces d’ici 2019.
    • Approche de rétablissement :
      • 2.1 Évaluer et documenter la présence et la gravité de toutes les menaces pesant sur les deux populations.
        • Priorité relative : Critiquel
        • Échéancier relatif : Court terme
        • Volet du rétablissement : Inventaire, suivi et évaluation
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Toutes les menaces.
      • 2.2 Planifier des mesures pour réduire la présence des espèces envahissantes et les mettre en œuvre, et éliminer les autres menaces pesant sur les deux populations.
        • Priorité relative : Critiquel
        • Échéancier relatif : En cours
        • Volet du rétablissement : Gestion et intendance
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Toutes les menaces.
      • 2.3 Collaborer avec les propriétaires fonciers et discuter de la possibilité de mener des travaux de rétablissement dans le boisé « Three Birds Woodlot ».
        • Priorité relative : Nécessaire
        • Échéancier relatif : Court terme
        • Volet du rétablissement : Gestion
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Toutes les menaces.
      • 2.4 Poursuivre la réduction des populations de cerfs de Virginie dans le parc provincial Rondeau afin de réduire la menace de broutage à un faible niveau.
        • Priorité relative : Nécessaire
        • Échéancier relatif : Long terme
        • Volet du rétablissement : Gestion
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Menace : broutage par le cerf de Virginie.
      • 2.5 Après la réalisation de 3.5, évaluer l’utilité d’accroître les effectifs existants ou d’établir d’autres populations dans le parc provincial Rondeau et le boisé « Three-Birds Woodlot ».
        • Priorité relative : Bénéfique
        • Échéancier relatif : Long terme
        • Volet du rétablissement : Gestion
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Menaces : événements catastrophiques; perte de diversité génétique.
      • 2.6 Après la réalisation de 3.5, évaluer la faisabilité de réintroduire l’espèce dans d’autres sites propices. L’y réintroduire si cela est jugé faisable.
        • Priorité relative : Bénéfique
        • Échéancier relatif : Long terme
        • Volet du rétablissement : Gestion
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Menaces : événements catastrophiques; permet de résister à d'autres menaces.
  3. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, l’écologie, l’habitat et les menaces pesant sur l’espèce en Ontario d’ici 2017.
    • Approche de rétablissement :
      • 3.1 Mobiliser la collectivité universitaire pour mener des recherches afin de combler les lacunes dans les connaissances.
        • Priorité relative : Critiquel
        • Échéancier relatif : En cours
        • Volet du rétablissement : Recherche
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : N'importe laquelle ou la totalité des menaces.
      • 3.2 Mener des recherches sur les impacts des vers de terre et d’autres espèces envahissantes sur le triphore penché et son habitat.
        • Priorité relative : Critique
        • Échéancier relatif : En cours
        • Volet du rétablissement : Recherche
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Menaces : perturbation des mycorhizes par des espèces envahissantes; dégradation de l'habitat.
      • 3.3 Mener des recherches sur les relations mycorhiziennes de l’espèce.
        • Priorité relative : Critiquel
        • Échéancier relatif : En cours
        • Volet du rétablissement : Recherche
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Menace : perturbation des mycorhizes.
      • 3.4 Mener des recherches sur les conditions requises pour la production de tiges aériennes, la floraison et la fructification.
        • Priorité relative : Nécessaire
        • Échéancier relatif : En cours
        • Volet du rétablissement : Recherche
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Lacunes : conditions de croissance et besoins biologiques.
      • 3.5 Explorer des protocoles de multiplication et de réintroduction.
        • Priorité relative : Nécessaire
        • Échéancier relatif : En cours
        • Volet du rétablissement : Gestion
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Lacunes : multiplication et besoins biologiques.
      • 3.6 Déterminer les causes possibles de la disparition soupçonnée des sites où les plantes sont présumées absentes (p. ex. sous-population 2 du parc provincial Rondeau).
        • Priorité relative : Bénéfique
        • Échéancier relatif : En cours
        • Volet du rétablissement : Recherche
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Lacune : besoins biologiques.
      • 3.7 Discuter du triphore penché avec les administrations adjacentes où l’espèce est présente pour partager l’information et coordonner les activités, si possible.
        • Priorité relative : Bénéfique
        • Échéancier relatif : En cours
        • Volet du rétablissement : Recherche
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Lacunes : besoins biologiques. Menaces : événements catastrophiques.
      • 3.8 Évaluer le caractère approprié et la faisabilité de l’accroissement des populations ou de la réintroduction du triphore penché dans d’autres parcelles d’habitat convenable.
        • Priorité relative : Bénéfique
        • Échéancier relatif : Long terme
        • Volet du rétablissement : Gestion; réduction des menaces
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Lacunes : événements catastrophiques; permet de résister à d'autres menaces.
      • 3.9 Identifier des sites renfermant un habitat potentiel et en faire le relevé pour localiser de nouvelles populations et déterminer s’ils se prêtent à la réintroduction de l’espèce, si cela est jugé faisable à 3.8.
        • Priorité relative : Bénéfique
        • Échéancier relatif : En cours
        • Volet du rétablissement : Inventaire, suivi et évaluation
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Menace : perte ou dégradation de l'habitat; compensation par la localisation d'autres sites moins perturbés.
      • 3.10 Mener des recherches sur les impacts de la pollution atmosphérique (p. ex. NO2) sur le triphore penché.
        • Priorité relative : Bénéfique
        • Échéancier relatif : Long terme
        • Volet du rétablissement : Recherche
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Gap: effects of air pollution
  4. Élaborer une stratégie de suivi et la mettre en œuvre de sorte à atteindre les objectifs 1 à 3 d’ici 2015.
    • Approche de rétablissement :
      • 4.1 Élaborer un protocole de suivi du triphore penché et l’appliquer :
        - élargir la surveillance actuelle dans le parc provincial Rondeau afin d’inclure des parcelles d’habitat à l’extérieur des parcelles actuelles;
        - appliquer le protocole dans le boisé « Three Birds Woodlot » (après 1.1 et 2.3).
        • Priorité relative : Critique
        • Échéancier relatif : Court terme
        • Volet du rétablissement : Inventaire, suivi et évaluation
        • Threats or Knowledge Gaps Addressed: Lacunes : répartition et abondance; impacts des espèces envahissantes et d'autres menaces.
      • 4.2 Visiter périodiquement l’habitat convenable dans le parc provincial John E. Pearce pour déterminer si le triphore penché est encore présent après y avoir été introduit dans les années 1960.
        • Priorité relative : Nécessaire
        • Échéancier relatif : En cours
        • Volet du rétablissement : Inventaire, suivi et évaluation
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Lacunes : répartition et abondance.
  5. Utiliser un éventail d’outils pour protéger et maintenir l’habitat des populations connues d’ici 2017.
    • Approche de rétablissement :
      • 5.1 Travailler avec les propriétaires fonciers pour mettre en œuvre des mesures d’intendance afin d’assurer que les conditions de croissance sont maintenues.
        • Priorité relative : Critique
        • Échéancier relatif : En cours
        • Volet du rétablissement : Gestion
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : Menaces : aménagement des forêts, modification du drainage, broutage et autres.
      • 5.2 Passer en revue les plans de gestion existants pour le parc provincial Rondeau afin d’établir si des changements ou des ajouts sont nécessaires pour la protection et le rétablissement du triphore penché.
        • Priorité relative : Nécessaire
        • Échéancier relatif : En cours
        • Volet du rétablissement : Gestion
        • Menaces ou lacunes dans les connaissances visées : N'importe laquelle ou la totalité des menaces.

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Commentaires à l'appui des méthodes de rétablissement

Les premières étapes à réaliser en vue du rétablissement du triphore penché sont d’assurer que les deux populations répertoriées demeurent viables à leur emplacement actuel. Des renseignements à jour sur l’abondance et la structure démographique des deux populations, une description de l’habitat ainsi que des évaluations de l’état de l’habitat et des menaces pesant sur ce dernier, sont requis afin de prioriser les activités de rétablissement.

Les mesures de gestion en cours de mise en œuvre pour réduire les populations de cerf de Virginie dans le parc provincial Rondeau continueront d’être nécessaires pour atténuer ou prévenir les incidences négatives de ce cervidé sur le triphore penché. À l’heure actuelle, une seule population de triphore penché se trouve sur des terres privées. Toutefois, si des populations additionnelles sont découvertes à d’autres endroits, ces derniers pourraient être des sites prioritaires désignés à des fins de préservation ou de servitudes de conservation.

La planification du rétablissement du triphore penché et la mise en œuvre d’un certain nombre d’autres initiatives pourraient être coordonnées, notamment les plans d’action en matière de conservation mentionnés à la section 1.8 et les approches écosystémiques du Programme de rétablissement de la forêt carolinienne et des espèces en péril associées (Jalava et al., 2009). En outre, les activités de rétablissement du triphore penché et d’autres espèces en péril qui partagent le même habitat, comme le châtaignier d’Amérique (Castanea dentata), pourraient être coordonnées.

Le triphore penché produit une énorme quantité de graines minuscules dispersées par le vent. La colonisation naturelle de nouveaux sites est donc possible lorsque des conditions d’habitat propices, notamment des champignons appropriés, sont présentes. Toutefois, comme il demeure très peu d’habitat humide dans les forêts intérieures de l’extrême sud-ouest de l’Ontario, les possibilités d’établissement naturel de nouvelles populations peuvent être extrêmement limitées.

Par conséquent, il est recommandé que la réintroduction du triphore penché soit considérée à titre de composante du rétablissement de l’espèce. Par contre, la multiplication de cette orchidée n’a pas réussi jusqu’à maintenant. Qui plus est, les recherches sur la multiplication devront prendre en considération la faisabilité de prélever du matériel dans une population source, étant donné que le triphore penché est gravement en péril ou en péril au Michigan, dans l’État de New York et en Ohio, les sources les plus proches de l’Ontario. Des visites périodiques dans le parc provincial John E. Pearce seraient utiles. Compte tenu de l’étendue de la conversion des terres dans la région de l’Ontario où se trouve le triphore penché, les possibilités de réintroduction de populations peuvent être extrêmement limitées.

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2.4 Aire à considérer pour l'élaboration d'un règlement sur l'habitat

En vertu de la LEVD, un programme de rétablissement doit comprendre une recommandation au ministre des Richesses naturelles concernant l’aire qui devrait être prise en considération lors de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat. Un tel règlement est un instrument juridique qui prescrit une aire comme étant l’habitat de l’espèce. La recommandation énoncée ci‑dessous par les auteurs sera l’un des nombreux éléments dont le ministre tiendra compte dans l’élaboration du règlement sur l’habitat de cette espèce.

En établissant les secteurs à considérer dans l’élaboration du règlement, il est recommandé que plusieurs facteurs soient pris en considération.

  1.  Le triphore penché requiert un habitat qui inclut une forêt mésique dominée par des feuillus, en particulier l’érable à sucre et le hêtre à grandes feuilles. Des conifères parsemés ici et là ainsi que quelques arbres, allant de moyens à matures (DHP ≥ 20 cm), de n’importe quelle essence peuvent aussi être présents. Cette orchidée préfère un sol à couches d’humus et de feuilles épaisses. Par conséquent, l’habitat protégé doit être d’une superficie suffisante pour permettre le fonctionnement des processus écologiques qui produisent et maintiennent les conditions requises concernant l’humidité du sol, la litière et l’humus. Ceci signifie que la superficie du secteur doit être assez grande pour englober un nombre suffisant d’arbres afin de garder le sol bien ombragé et humide, et pour fournir la quantité de feuilles nécessaires pour produire une litière de feuilles et de l’humus adéquats. Comme aucune recherche scientifique n’a encore été réalisée sur la superficie minimale requise pour le maintien des fonctions écologiques dont dépend le triphore penché, il est recommandé que les superficies et les distances précises considérées reposent sur d’autres paramètres.
  2. Les écureuils portent parfois des cormus de triphore penché à de nouveaux endroits et ils peuvent les transporter sur de grandes distances. Ce processus est naturel dans cet écosystème. En outre, le vent peut disperser les graines de la taille de grains de poussière sur de grandes distances (parfois des centaines de mètres ou plus). Un habitat convenable suffisant sera requis pour permettre la dispersion des graines et des cormus en vue de l’établissement de nouvelles colonies de triphore penché. De plus, la majeure partie de l’habitat convenable dans le parc provincial Rondeau n’a pas été fouillé, et il est possible qu’il existe des colonies inconnues à une certaine distance des sous‑populations connues. Par conséquent, afin de permettre la dispersion de l’espèce et de protéger les plantes dormantes qui n’ont potentiellement pas encore été décelées, il est suggéré de considérer l’établissement d’un rayon d’au moins 200 m autour des emplacements connus, pourvu que la zone à l’intérieur du cercle soit une forêt de feuillus.
  3. Si le triphore penché se trouve à un endroit situé près de la limite d’un habitat de forêt de feuillus convenable, il est recommandé qu’une certaine quantité de végétation au‑delà de la forêt soit incluse afin de protéger les plantes et les conditions d’habitat globales contre les incidences négatives. Par exemple, le triphore penché requiert un sol humide et ombragé renfermant un humus riche; les changements touchant le drainage, même dans la végétation non forestière adjacente, pourraient avoir une incidence négative sur le taux d’humidité du sol aux endroits où pousse l’orchidée. Une distance de 30 m a été établie sur le terrain comme étant suffisante pour protéger le chardon de Hill (Cirsium hillii) contre de tels impacts (Agence Parcs Canada, 2010). Par conséquent, il est recommandé qu’une bande de 30 m de végétation non boisée, mesurée à partir de la lisière de la forêt, soit considérée comme faisant partie de l’habitat à réglementer lorsque nécessaire.
  4. Bien qu’il n’y ait pas de preuve concluante d’une période de dormance maximale du triphore penché, des périodes de dormance de 18 à 20 ans ont été démontrées comme étant possibles pour deux autres espèces canadiennes d’orchidées, bien que cela ne se produise que rarement. Même si seulement quelques plantes de triphore penché arrivent à atteindre cette durée de dormance, il n’y a aucun moyen de savoir quelles plantes dormantes sont en cours de processus. Par conséquent, à la lumière de descriptions anecdotiques de longues périodes de dormance du triphore penché, il est recommandé que la période de dormance maximale prouvée pour d’autres espèces d’orchidées au Canada (18 à 20 ans au moins) soit jugée possible pour le triphore penché jusqu’à ce que d’autres études soient réalisées.
  5. Dans le but de respecter le principe de précaution, l’habitat peut devoir être réglementé même si l’occupation par l’espèce n’est pas encore définitivement établie, soit en raison de la dormance ou parce que l’habitat n’a pas encore été fouillé (p. ex. parties du parc provincial Rondeau) ou n’a pas été fouillé régulièrement (p. ex. boisé « Three Birds Woodlot »). En raison des lacunes dans les connaissances sur le triphore penché, il peut se révéler nécessaire de prouver l’absence d’occupation plutôt que l’occupation par l’espèce. Par conséquent, des critères définissant l’absence d’occupation sont requis. Il est recommandé que l’absence d’occupation soit supposée lorsque le critère suivant est satisfait :

Un relevé de l’ensemble du secteur concerné a été effectué tous les ans pendant 20 années consécutives et, chaque année, de brefs relevés ont été réalisés une fois par semaine, du 1er août au 30 septembre, pour déterminer la présence ou l’absence du triphore penché. Aucun triphore penché n’a été décelé lors de ces relevés.

Par conséquent, il est recommandé que l’aire à considérer pour l’élaboration d’un règlement sur l’habitat comprenne ce qui suit :

  • tous les endroits connus occupés ou anciennement occupés par le triphore penché depuis 1950, à moins qu’ils répondent au critère d’absence d’occupation (ci-dessus);
  • les endroits inconnus auparavant où l’espèce est découverte à compter de 2012;
  • dans l’habitat de forêt de feuillus (voir ci-dessus), un rayon minimum de 200 m autour des colonies recensées de triphore penché (même si les plantes n’ont pas de tiges aériennes). Si le rayon de 200 m renferme de la végétation non forestière, il est recommandé que toute la zone boisée soit incluse, plus une bande de végétation non forestière de jusqu’à 30 m de largeur (mesurée à partir de la lisière de la forêt), jusqu’à une distance maximale de 200 m des plantes de triphore penché (figure 3);
  • il est recommandé que les infrastructures existantes (routes, voies de chemin de fer, stationnements, édifices, champs d’épuration, zones agricoles en culture) soient exclues de l’habitat réglementé.

D’après ces critères, il est attendu que, dans le parc provincial Rondeau, plusieurs grands polygones seront formés à partir de cercles accolés et que ces polygones devraient être les aires à considérer pour l’élaboration du règlement. Dans le boisé « Three Birds Woodlot », il est attendu que les cercles de 200 m formés autour des deux sous-populations couvriront la majeure partie du boisé. Advenant le cas que de nouvelles populations soient découvertes, les critères susmentionnés pourront devoir être appliqués à d’autres sites. La figure 3 illustre un exemple d’application de ces critères.

Figure 3. Exemple d'une aire à considérer pour l'établissement d'un règlement sur l'habitat du triphore penché, selon les paramètres décrits ci-dessus.

Le point rouge indique l’emplacement d’une colonie de triphore penché. Du côté gauche du diagramme, on peut voir un cercle d’un rayon de 200 m tracé dans un habitat de forêt de feuillus. Du côté droit, on peut voir une bande de végétation non forestière de 30 m à inclure dans l’aire (mesurée à partir de la lisière de la forêt). Le terrain de stationnement existant et les terres déjà en culture sont exclus de l’aire réglementée.

Exemple d'une aire à considérer
Long description for Figure 3

La figure 3 montre comment l’habitat de l’espèce est réglementé. Voir les paragraphes précédents pour des détails.

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Glossaire

Bractée :
Feuille modifiée qui exécute une fonction autre qu’une feuille typique, p. ex. une petite feuille modifiée insérée sous les fleurs du triphore penché.
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) :
Comité chargé de l’évaluation et de la classification des espèces en péril au Canada.
Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO) :
Comité chargé de l’évaluation et de la classification des espèces en péril en Ontario, créé en vertu de l’article 3 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition.
Cote de conservation :
Cote assignée à une espèce ou à une communauté écologique qui traduit principalement le degré de rareté de l’espèce ou de la communauté à l’échelle mondiale (G pour Global), nationale (N) ou provinciale (S pour Subnational). Ces cotes (G, N et S) ne sont pas des désignations légales. La cote attribuée à une espèce ou à un écosystème est désignée par un chiffre de 1 à 5 précédé de la lettre G, N ou S, qui reflète la portée géographique de l’évaluation. Voici la signification des chiffres :
  1. Gravement en péril
  2. En péril
  3. Vulnérable
  4. Apparemment non en péril
  5. Non en péril
Cormus :
Tige souterraine verticale et courte, renflée, qui sert de réservoir de substances nutritives.
Cortex :
Couche extérieure de tissus se trouvant juste à l’intérieur de l’épiderme d’une racine ou d’une tige.
Hétérotrophe :
Se dit d’un organisme dont la nutrition repose sur d’autres sources, comme le parasitisme ou la décomposition. De nombreuses orchidées obtiennent des matières nutritives par le biais d’une relation avec des champignons présents dans leurs racines et le sol plutôt que par photosynthèse.
Humus :
Couche organique recouvrant le sol minéral, qui résulte de la décomposition de la litière et d’autres matières organiques.
Liste des espèces en péril en Ontario (EEPEO) :
Règlement pris en application de l’article 7 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, qui définit la classification officielle des espèces en péril en Ontario. La liste a d’abord été publiée en 2004 comme une politique, puis est devenue un règlement en 2008.
Litière :
Couche supérieure de matières tapissant le sol. Elle est principalement composée de feuilles, d’aiguilles, de brindilles et de matières ligneuses non décomposées.
Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) :
Loi provinciale assurant la protection des espèces en péril en Ontario.
Loi sur les espèces en péril (LEP) :
Loi fédérale assurant la protection des espèces en péril au Canada. L’annexe 1 de la Loi constitue la liste légale des espèces sauvages en péril visées par les dispositions de la LEP. Les annexes 2 et 3 contiennent des listes des espèces dont la situation demeurait à réévaluer au moment de l’entrée en vigueur de la Loi. Une fois que leur situation a été réévaluée et qu’elles ont été déclarées en péril, ces espèces font l’objet du processus d’inscription à la liste de la LEP menant à leur inclusion à l’annexe 1.
Mésique :
Humide; qualifie un milieu qui n’est ni très humide ni très sec.
Mycorhizes :
Association mutualiste d’un champignon du sol avec les racines d’une plante.
Périanthe :
Ensemble des enveloppes des organes reproducteurs d’une fleur, constitué habituellement des pétales et des sépales.

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Références

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