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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la baleine grise (population du Pacifique nord-est) au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation
du COSEPAC
sur la
Baleine grise
Eschrichtius robustus
population du Pacifique Nord-Est
au Canada

Baleine grise (Eschrichtius robustus)

Espèce préoccupante
2004


COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
COSEWIC logo

COSEWIC
Committee on the status
of endangered wildlife
in Canada

 

Les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante.

COSEPAC. 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la baleine grise Eschrichtius robustus au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa . vii-35 p.
(Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

Rapports précédents :

Reeves, R.R., et E. Mitchell. 1987. COSEWIC status report on the grey whale (Eastern North Pacific population) Eschrichtius robustus in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. 35 p.

Note de production :

Le COSEPAC remercie Volker Deecke, qui a rédigé la mise à jour du rapport de situation sur la population du Pacifique Nord Est de la baleine grise Eschrichtius robustus au Canada. Andrew Trites, coprésident du Sous-comité de spécialistes des mammifères marins du COSEPAC, a supervisé la préparation du présent rapport et en a établi la version finale. Population désignée par le COSEPAC en mai 2004 sous le nom de Population de l'Est du Pacifique Nord. Nom changé en Juillet 2004 pour la population du Pacifiqu Nord-Est.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa  (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Grey Whale Eschrichtius robustus Eastern North Pacific Population in Canada.

Illustration de la couverture :
Baleine grise - dessin de A. Denbigh, gracieusement fourni par Pêches et Océans Canada.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004
No de catalogue : CW69-14/129-2004F-PDF
ISBN : 0-662-77069-2
HTML : CW69-14/129-2004F-HTML
0-662-77070-6

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation -- Mai 2004

Nom commun :
Baleine grise (population du Pacifique Nord-Est)

Nom scientifique :
Eschrichtius robustus

Statut :
Espèce préoccupante

Justification de la désignation :
Les baleines grises migrent chaque année de leur aires hivernales de mise bas au Mexique à leurs aires d'alimentation estivales dans le nord de l'Alaska, de la Russie et du Canada. La majeure partie de la population passe le long de la côte de la Colombie-Britannique, et certains individus reviennent tous les étés en Colombie-Britannique pour se nourrir (environ 80). Cette population a connu une augmentation de 2,5 p. 100 par année à la suite de la clôture de la chasse à la baleine, et elles ont atteint leur nombre le plus élevé, soit à des niveaux comparables à ceux existants avant l'exploitation, d'environ 27 000 individus en 1998. La possibilité de rétablissement du groupe résident estival est inconnue. Cependant, plus d'un tiers de la population est décédée entre 1998 et 2002 (possiblement en raison du manque de nourriture en Alaska). Les taux de natalité, les taux de survie et d'autres indicateurs laissent entendre que le déclin a cessé et que la population est stable ou à la hausse depuis 2002. Ces baleines sont vulnérables aux activités humaines dans leurs quatre lagunes de reproduction au Mexique, ainsi qu'à l'enchevêtrement dans les engins de pêche et aux collisions avec des navires dans l'ensemble de leur aire de répartition. Les bruits sous l'eau associés à l'exploitation d'hydrocarbures proposée en Colombie-Britannique pourraient modifier les trajets de migration. Le petit groupe estival de baleines résidentes pourrait également être menacé par la chasse à la baleine de subsistance aux États‑Unis.

Répartition :
Océan Pacifique, Océan Arctique

Historique du statut :
Espèce désignée « non en péril » en avril 1987. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « préoccupante » en mai 2004. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Baleine grise
Eschrichtius robustus
Population du Pacifique Nord-Est

Information sur l’espèce

La baleine grise (Eschrichtius robustus) est un cétacé à fanons de taille moyenne à grosse (11 à 15 m) et au corps gris foncé. Elle n’a pas de nageoire dorsale. Les fanons, de couleur crème à jaune pâle, sont courts. De deux à quatre sillons gulaires lui permettent de dilater sa gorge au moment de la déglutition. La peau, mouchetée, est souvent couverte de plaques d’anatifes et de crustacés.


Répartition

La population de baleine grise de l’Atlantique Nord a disparu de cette région au XVIIIe siècle. Aujourd’hui, l’espèce forme deux populations dans le Pacifique Nord. La population du Pacifique Nord-Ouest migre entre les aires de reproduction hivernales du sud de la Chine et les aires d’alimentation estivales de la mer d’Okhotsk. La population du Pacifique Nord-Est passe l’hiver le long de la côte ouest de la Basse-Californie, au Mexique. La plupart des baleines grises du Pacifique Est passent l’été à se nourrir dans les eaux arctiques des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort, mais un petit nombre, appelé le groupe résident estival, se nourrit dans les eaux tempérées, du nord de la Californie jusqu’au sud-est de l’Alaska. Au Canada, les aires d’alimentation sont situées dans le sud de la mer de Beaufort, ainsi que dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique.


Habitat

La baleine grise fréquente habituellement des eaux peu profondes (< 60 m), près du rivage. Les lagunes de reproduction sont des baies protégées peu profondes aux eaux relativement chaudes et de salinité élevée. Dans les aires d’alimentation de l’Arctique, la baleine grise se nourrit presque exclusivement sur des fonds de vase ou de sable, évitant les endroits où la glace est épaisse, tandis que, dans les aires d’alimentation en eaux tempérées, elle se nourrit aussi sur des fonds rocheux et dans les herbiers de laminaires. Les individus résidents se tiennent le plus souvent le long du rivage extérieur, mais ils pénètrent à l’occasion dans des baies protégées et des voies navigables intérieures.


Biologie

La baleine grise atteint la maturité sexuelle à environ huit ans. Elle peut vivre jusqu’à 70 ans. La femelle donne naissance à un seul baleineau à la fin de l’hiver, au Mexique. Le baleineau accompagne sa mère lorsqu’elle migre vers le nord; elle le sèvre à la fin de l’été dans les aires d’alimentation. Étant donné que la période de gestation dure de 13 à 14 mois, les femelles ne donnent généralement naissance à un petit qu’à tous les deux ans. Le taux de mortalité des baleineaux et des jeunes d’un an est relativement élevé, mais diminue à mesure que les animaux approchent de la maturité sexuelle.

Dans les aires d’alimentation de l’Arctique, la baleine grise se nourrit surtout de crustacés amphipodes qu’elle filtre à l’aide de ses fanons après avoir raclé les sédiments du fond par grosses goulées. Durant la migration vers le nord et dans les aires d’alimentation en eaux tempérées, son régime alimentaire semble plus varié : oeufs et larves de hareng, mysis, callianasse de Californie, larves de crabe et amphipodes. La baleine grise est infestée par des ectoparasites et des endoparasites. Elle est attaquée à l’occasion par des épaulards durant les migrations et dans les aires d’alimentation.


Taille et tendances des populations

Au cours du dernier siècle, la chasse commerciale à la baleine grise a réduit la taille de la population du Pacifique Nord-Est à environ 4 000 individus. L’espèce étant protégée à l’échelle mondiale depuis 1937, l’effectif de la population a augmenté régulièrement à un taux annuel d’environ 2,5 p. 100, pour compter environ 26 000 individus en 1998. Il se peut que ce niveau soit proche de l’abondance historique. L’effectif a diminué par la suite; il se situait à environ 18 000 en 2002. Par ailleurs, la meilleure estimation situe à quelques centaines le nombre de baleines grises qui passent l’été au large de la Colombie-Britannique. La population du Pacifique Nord-Ouest, qui passe l’été à s’alimenter dans la mer d’Okhotsk, ne s’est pas encore rétablie des effets de la chasse commerciale. Cette population, dont l’effectif était estimé à 100 individus en 2002, est considérée comme en voie de disparition.


Facteurs limitatifs et menaces

Aucun programme coordonné visant à établir la cause de la mort des baleines échouées n’est actuellement en place sur la côte ouest du Canada, ce qui explique pourquoi l’information sur la cause de la mort de baleines grises au large de la Colombie-Britannique est limitée. Le développement industriel de zones marines peu profondes (p. ex. l’exploration pétrolière et l’exploitation minière en haute mer) et la pollution par le bruit (p. ex. la prospection sismique) peuvent entraîner la détérioration ou la perte d’habitat. La présence de glaces dans les aires d’alimentation de l’Arctique limite la période d’alimentation, ce qui a une incidence sur la mortalité et la natalité. La baleine grise est aussi victime des engins de pêche dans lesquels elle reste prise ou se blesse, et des collisions avec des navires. Dans l’ensemble, la population du Pacifique Nord-Est semble pouvoir soutenir la chasse de subsistance, gérée par la Commission baleinière internationale, dont elle est l’objet.


Importance de l’espèce

La baleine grise est peut-être une espèce clé dans les écosystèmes marins arctiques du fait qu’elle ramène dans la colonne d’eau les substances nutritives emprisonnées dans les sédiments. Elle est importante au plan culturel et, par le passé, au plan économique pour la subsistance des peuples autochtones de l’Arctique et de la côte ouest de l’Amérique du Nord, y compris les Premières nations du Canada. La baleine grise étant le pilier de l’industrie florissante de l’observation des baleines en Colombie-Britannique, elle est d’une grande valeur économique pour les collectivités côtières.


Protection existante ou autres désignations

La baleine grise est protégée à l’échelle mondiale contre la chasse commerciale. La CITES interdit le commerce des produits de la baleine grise. Le Mexique a limité les activités commerciales dans certaines des aires de reproduction de la population du Pacifique Nord-Est. La baleine grise est protégée aux États-Unis en vertu de la Marine Mammal Protection Act et, au Canada, en vertu de la Loi sur les pêches et du Règlement sur les mammifères marins, selon lesquels il est interdit de chasser ou de perturber les cétacés, sauf à des fins de subsistance.

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Historique, mandat, composition et définitions du COSEPAC

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.


Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en peril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.


Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.


Définitions
(depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)Note de bas de page 1
Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page 2
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page 3
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page 4
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page 5
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manqué de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l'espèce

Mise à jour
Rapport de situation du COSEPAC
sur la
baleine grise
Eschrichtius robustus
population du Pacifique Nord-Est
au Canada
2004

Nom et classification

La baleine grise (Eschrichtius robustus, Liljeborg 1861), ou « grey whale » en anglais, tire son nom de sa coloration grisâtre. Les suggestions à l’effet que l’animal a été nommé en honneur de J.E. Gray et donc que la graphie du nom anglais devrait être « gray » ne sont pas fondées : Gray (1865) a appliqué le nom de genre Eschrichtius à des fossiles découverts en Grande-Bretagne et en Suède, et le lien entre lui et l’animal vivant (Van Deinse et Junge, 1937) a été établi bien après que les noms anglais « grey whale » ou « gray whale » soient communément utilisés (voir par exemple Scammon, 1874). Gray whale (graphie aux États-Unis), scrag whale (vieux terme appliqué à la population de l’Atlantique disparue de cette région; Mead et Mitchell, 1984), hardhead, mussel-digger, devilfish, grayback, ripsack (vieux termes de chasse à la baleine; Scammon, 1874) sont d’autres synonymes anglais.

Dans d’autres langues européennes, le nom de l’animal est aussi habituellement relié à sa coloration : Ballena gris (en espagnol) et серый кит (en russe). Parmi les noms autochtones, on retrouve mauk (Nuu-chah-nulth; Happynook, comm. pers.), balgina (Kwakw'ala – dialectes de l’Ouest; parfois aussi appliqué au petit rorqual; Compton, comm. pers.), gwa'yam (Kwakw'ala – dialectes de l’Est; nom générique désignant n’importe quelle grosse baleine; Sanborn, comm. pers.), cetuqupak (Yup’ik; Jacobson, 1984) et abvibluaq (IñupiaQ; Institute of Social and Economic Research, 2002).

La baleine grise est la seule espèce de la famille des Eschrichtidés qui existe encore. Les résultats d’analyses génétiques donnent à penser que cette famille est surtout apparentée aux rorquals (Balénoptéridés; Arnason et Best, 1991; Milinkovitch et al., 1994). Aucun taxon infraspécifique (sous-espèce) de cette baleine n’est actuellement reconnu.

Description

La baleine grise est un cétacé à fanons (sous-ordre des Mysticètes) de taille moyenne à grosse. Les femelles adultes mesurent typiquement de 11,7 à 15,2 m de long, alors que les mâles adultes sont un peu plus petits, mesurant entre 11,1 et 14,3 m (Evans, 1987). La coloration du corps, mouchetée à divers degrés, va du gris foncé au gris clair. Les animaux sont souvent couverts d’anatifes (Cryptolepas rachianecti) et de cicatrices aux endroits où ceux-ci se sont fixés, ainsi que de grappes de poux des baleines (Cyamus scammoni, C. ceti et C. kessleri; Mead et Mitchell, 1984). La baleine grise est la seule grosse baleine dont la mâchoire supérieure (qui porte de 130 à 180 fanons, de couleur crème à jaune pâle et mesurant de 5 à 25 cm de long) dépasse la mâchoire inférieure. De deux à quatre sillons creusent la gorge (plis permettant une dilatation accrue de celle-ci pendant la déglutition des aliments). Cette baleine n’a pas de nageoire dorsale; elle porte plutôt une bosse charnue et une série de 7 à 15 nodosités le long du dos (figure 1).


Figure 1. Illustration d’une baleine grise, Eschrichtius robustus

Figure 1. Illustration d’une baleine grise, Eschrichtius robustus.

Dessin par A. Denbigh, gracieusement fourni par Pêches et Océans Canada.

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Répartition

Répartition mondiale

La baleine grise n’est retrouvée que dans l’hémisphère nord. Des restes subfossiles (Mead et Mitchell, 1984) et des récits historiques (Mead et Mitchell, 1984; Lindquist, 2000) documentent l’existence d’une population de baleine grise dans l’Atlantique Nord, maintenant disparue. Dans l’Atlantique Nord-Est, l’espèce fréquentait la mer Baltique, la mer du Nord et la Manche (Mead et Mitchell, 1984), ainsi que les eaux entourant l’Islande (Lindquist, 2000), alors que dans l’Atlantique Nord-Ouest, des restes subfossiles ont été découverts du sud-est de la Floride à Long Island, au nord (Mead et Mitchell, 1984; Reeves et Mitchell, 1988). Il se peut que la baleine grise ait pénétré dans les eaux canadiennes, y compris les Bancs de Terre-Neuve, le plateau Néo-Écossais, le golfe du Saint-Laurent et même la baie d’Hudson (Reeves et Mitchell, 1988). L’espèce semble avoir disparu de l’Atlantique Est vers 1730 (Bryant, 1995; Lindquist, 2000) et de l’Atlantique Ouest, entre le milieu et la fin du XVIIIe siècle (Mead et Mitchell, 1984).

Les fossiles de baleine grise découverts dans le Pacifique Nord sont vieux d’au moins 50 000 ans (Barnes et McLeod, 1984). Les baleines grises du Pacifique Nord forment deux populations distinctes. La population de l’est ou de la Californie passe l’hiver dans un chapelet de lagunes peu profondes (principalement les lagunes Guerrero Negro, Ojo de Liebre et San Ignacio et la baie Bahía Magdalena) de la côte ouest de la Basse-Californie, au Mexique (Rice et al., 1981). Des baleines grises sont régulièrement observées aussi dans le golfe de Californie et le long de la côte continentale du Mexique en hiver et au printemps (Tershy et Breese, 1991; Silber et al., 1994; Sánchez-Pacheco et al., 2001). Entre janvier et mai, les animaux quittent les aires de reproduction hivernales et remontent vers le nord en suivant la côte ouest de l’Amérique du Nord, se tenant habituellement à quelques kilomètres du rivage (Braham, 1984; Herzing et Mate, 1984; Poole, 1984a; Green et al., 1995). La plus grande partie de la population franchit la passe Unimak, dans les îles Aléoutiennes, entre mai et juin (Pike, 1962) pour aller s’alimenter dans les eaux peu profondes des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort. La principale aire d’alimentation estivale de la population de l’est (figure 2) s’étend du cap Bathurst (Territoires du Nord-Ouest; Rugh et Fraker, 1981) vers l’ouest, jusqu’à Mys Billingsa, dans la mer de Sibérie Orientale (Miller et al., 1985; Kochnev, 1998), et inclut toutes les eaux peu profondes de la mer de Béring jusqu’à la passe Unimak, au sud (Braham, 1984). Une petite partie de la population du Pacifique Nord-Est, appelée le groupe résident estival, passe l’été à se nourrir dans les eaux littorales tempérées (figure 3) à partir du nord de la Californie jusqu’au sud-est de l’Alaska (Pike, 1962; Patten et Samaras, 1977; Flaherty, 1983; Darling, 1984; Mallonée, 1991; Avery et Hawkinson, 1992; Calambokidis et al., 1994).


Figure 2. Carte du Pacifique Nord indiquant la répartition et le trajet de migration de la population de baleine grise du Pacifique Nord-Est.

Figure 2. Carte du Pacifique Nord indiquant la répartition et le trajet de migration de la population de baleine grise du Pacifique Nord-Est.


On en connaît beaucoup moins au sujet de la population de baleine grise du Pacifique Ouest, aussi appelée la population de la Corée. Décimée par la chasse, elle ne compterait plus qu’une centaine d’individus (Weller et al., 2002a). Une aire d’alimentation a récemment été découverte au large de l’île Sakhalin (Weller et al., 1999; Weller et al., 2002a). Cette population migre probablement vers les aires de reproduction de la côte sud de la Chine en longeant les côtes du Japon, de la Corée et de la Chine (Wang, 1984; Clapham et al., 1999). Il ne semble pas y avoir d’échange génétique entre les populations du Pacifique Nord-Ouest et du Pacifique Est (LeDuc et al., 2002).


Figure 3. Carte du Pacifique Nord-Est indiquant le trajet de migration et les aires d’alimentation connues de la baleine grise au large de la Colombie-Britannique, au Canada.

Figure 3. Carte du Pacifique Nord-Est indiquant le trajet de migration et les aires d’alimentation connues de la baleine grise au large de la Colombie-Britannique, au Canada.

Répartition canadienne

Seules des baleines grises de la population du Pacifique Nord-Est entrent dans les eaux canadiennes. Presque toute la population (qui comptait environ 18 000 individus en 2002) traverse les eaux côtières de la Colombie-Britannique au printemps et en automne, lorsqu’elle migre entre les aires d’alimentation estivales et les aires de reproduction hivernales (fig. 3). Les individus qui migrent vers le nord arrivent généralement dans les eaux de la province à l’ouest de la pointe Carmanah, dans l’île de Vancouver (Darling, 1984; Gisborne, comm. pers.); elles longent ensuite la côte ouest de l’île jusqu’au cap Scott (Darling, 1984). Le trajet de migration au nord de l’île de Vancouver est mal compris, mais la plupart des animaux traversent probablement le bassin Reine-Charlotte, puis, arrivés au cap St. James, dans les îles de la Reine-Charlotte, contournent les îles en longeant la côte est ou ouest (Pike, 1962). Ils franchissent ensuite l’entrée Dixon, puis quittent les eaux canadiennes. De nombreux animaux ont été observés se nourrissant dans les eaux côtières lors de la migration vers le nord (Pike, 1962; Sund, 1975; Darling, 1984). La migration vers le sud suit presque le même trajet, bien que les animaux aient tendance à voyager plus loin au large des côtes et à se nourrir peu (Pike, 1962; Darling, 1984).

Pike (1962) a été le premier à observer qu’un certain nombre de baleines grises mettent fin à leur migration vers les aires d’alimentation de l’Arctique dans les eaux côtières tempérées de la Colombie-Britannique, où elles passent l’été à se nourrir. De tels groupes estivaux de baleines résidentes ont depuis été signalés à de nombreux autres endroits de la côte ouest de l’Amérique du Nord (Patten et Samaras, 1977; Flaherty, 1983; Mallonée, 1991; Avery et Hawkinson, 1992; Calambokidis et al., 1994). Ces baleines, très fidèles au site, ont tendance à revenir au même lieu d’alimentation d’année en année (Darling, 1984; Calambokidis et al., 1994; Calambokidis et al., 2002). La présence en été de baleines grises résidentes tout le long de la côte ouest de l’île de Vancouver est bien documentée (Darling, 1984). On en voit souvent aussi le long de la côte nord de l’île, du cap Scott au cap Sutil, ainsi que le long du littoral continental, de la baie Shelter au cap Caution (Deecke, 1996). L’effort d’observation étant nettement moins intense sur la côte nord de la Colombie-Britannique, l’occurrence de baleines grises et leur répartition en été dans cette région sont mal comprises. Aux îles de la Reine-Charlotte, on en voit souvent se nourrissant d’œufs de hareng dans l’inlet Skidegate et sur la côte est de l’île South Moresby entre mai et juillet (Nichol et Heise, 1992; Ford et al., 1994). D’autres ont été vues se nourrissant en été sur la côte ouest des îles Calvert (Darling, comm. pers.), Dundas et Aristazabal (Ellis, comm. pers.; Ford, comm. pers.), et des baleines connues comme résidentes dans les eaux de la province ont été photographiées dans l’archipel McMullin Group, ainsi que dans la baie Sitka, au sud-est de l’Alaska (Deecke, 1996, 2003; Calambokidis et al., 2002). D’autres ont aussi été vues dans les eaux des détroits de la Colombie-Britannique, principalement dans la baie Boundary (Deecke, 1996; Ford, comm. pers.), ainsi qu’à l’occasion dans les détroits de Haro et de Georgia (Calambokidis et Baird, 1994; Malcolm, 1999).

Bien que la principale aire d’alimentation de la population du Pacifique Nord-Est dans l’Arctique s’étend essentiellement dans des eaux appartenant à la Russie et aux États-Unis, elle englobe aussi des eaux des Territoires du Nord-Ouest et peut-être de l’ouest du Nunavut. Des baleines grises ont été observées en train de se nourrir au large du cap Bathurst (Rugh et Fraker, 1981) et sont inscrites sur la liste des espèces retrouvées dans le parc national Tuktut Nogait (Alvo, comm. pers.). Le rôle des eaux canadiennes de la mer de Beaufort comme aire d’alimentation estivale est actuellement mal compris. D’autres recherches semblent justifiées, d’autant que l’importance de cette région comme aire d’alimentation pourrait augmenter à l’avenir si la capacité de charge du quadrant ouest de la mer de Beaufort, de la mer des Tchouktches et de la mer de Béring pour la baleine grise est atteinte.

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Habitat

Besoins de l’espèce

Mammifère migrateur, la baleine grise requiert différents habitats pour s’alimenter et se reproduire. Son habitat hivernal consiste principalement en lagunes subtropicales bordant la côte ouest de la Basse-Californie, au Mexique. Ces lagunes d’accouplement et de mise bas sont typiquement peu profondes (généralement moins de 4 m de profondeur); le fond, de sable ou de vase, est couvert ici et là d’herbiers de zostère et le rivage est bordé de mangroves (Rice et al., 1981). La température de l’eau en hiver dans ces lagunes, hypersalines à cause de l’évaporation, se situe entre 15 et 20 °C (Gardner et Chávez-Rosales, 2000). La superficie totale des quatre lagunes se chiffre à 2 241 km2 (lagunes Ojo de Liebre et Guerrero Negro, 366 km2; baie Bahía Magdalena, 1 700 km2; lagune San Ignacio, 175 km2).

Dans les aires d’alimentation de l’Arctique, la baleine grise se nourrit presque exclusivement sur le fond, ne fréquentant que les endroits peu profonds (généralement moins de 60 m de profondeur) où le fond est mou (Moore et Ljungblad, 1984; Moore et DeMaster, 1997; Moore et al., 2000). Dans la mer de Béring, elle se tient à une distance de 0,5 à 166 km du rivage et tend à éviter les endroits où la glace est épaisse (Clarke et al., 1989). On a aussi déjà vu des individus qui avaient pénétré dans des lagunes côtières peu profondes pour s’alimenter (Gill et Hall, 1983).

Aux endroits où elles se nourrissent d’amphipodes (principalement des genres Ampelisca et Atylus) et de callianasse de Californie (Calianassa californiensis), les baleines grises qui passent l’été au large de la Colombie-Britannique privilégient aussi les eaux littorales peu profondes où le fond est vaseux ou sablonneux. Elles chassent habituellement la callianasse de Californie dans les bras de mer et les baies protégées, au fond vaseux, de moins de 3 m de profondeur, et les amphipodes, dans les baies au fond sablonneux de la côte océanique exposée, à des profondeurs de moins de 35 m (Oliver et al., 1984; Weitkamp et al., 1992; Darling et al., 1998; Dunham et Duffus, 2001, 2002). On les a souvent observées aussi à des endroits de moins de 30 m de profondeur où le fond se composait de roches et de blocs, ainsi que dans des herbiers de laminaires, où elles se nourrissent principalement de mysis ou de larves de crabe (Wellington et Anderson, 1978; Nerini, 1984; Deecke, 1996; Darling et al., 1998; Dunham et Duffus, 2001, 2002). Les herbiers de laminaires sont le principal habitat où elles s’alimentent d’œufs et de larves de hareng (Ford et al., 1994; Darling et al., 1998). Il semble donc que les baleines grises résidentes qui se nourrissent en été dans les eaux tempérées utilisent probablement presque tous les habitats littoraux de la côte océanique de la Colombie-Britannique (Darling et al., 1998), ainsi que quelques baies protégées dans les détroits.

Tendances

Espèce essentiellement côtière, la baleine grise est menacée dans une certaine mesure par notre utilisation accrue des écosystèmes marins côtiers (Reeves et Mitchell, 1988). La détérioration de son habitat est préoccupante (voir la section « Facteurs limitatifs et menaces »), et l’exploration pétrolière constitue à l’heure actuelle la principale menace à son habitat le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord.

Protection et propriété des eaux

Étant donné que la baleine grise ne fréquente que les eaux littorales peu profondes, presque tout son habitat le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord se trouve à l’intérieur de la zone économique exclusive (200 milles) du Mexique, des États-Unis et du Canada.

Au Mexique, trois des quatre principales lagunes de reproduction de la baleine grise sont protégées. Les lagunes Guerrero Negro et Ojo de Liebre font partie de la réserve de la biosphère El Vizcaino. L’observation des baleines dans la réserve, limitée à l’entrée des lagunes, est réglementée par permis (Reeves et Mitchell, 1988). En 1979, le gouvernement mexicain a déclaré la lagune San Ignacio un sanctuaire de la baleine grise et y a limité la circulation maritime commerciale à la partie inférieure entre décembre et mars (ce qui permet de protéger les principales aires de mise bas et d’allaitement des baleineaux) (Reeves et Mitchell, 1988). Aucune mesure de protection de la baie Bahía Magdalena n’a été mise en place.

Aux États-Unis, l’habitat de la baleine grise est protégé dans le cadre du programme des zones de protection marines. Certaines parties du corridor de migration, ainsi que certaines parties des aires d’alimentation en eaux arctiques et tempérées, sont situées à l’intérieur de sanctuaires marins (Channel Islands, Monterey Bay, Gulf of the Farallones, Olympic Coast), des portions marines de parcs nationaux (Channel Islands, Redwood, Olympic, Bering Land Bridge) et d’un certain nombre de refuges fauniques nationaux. Certaines activités à l’intérieur de ces réserves sont interdites ou limitées (US Dept. of Commerce, 2000).

La gestion de la zone économique exclusive du Canada relève de la compétence du gouvernement fédéral. Il existe actuellement peu de zones de protection marines au pays. Dans la Réserve de parc national Pacific Rim, le niveau de protection a récemment été étendu de sorte à englober les eaux adjacentes jusqu’à l’isobathe de 20 m, ce qui permettra de limiter certaines activités commerciales dans une partie du corridor de migration et des aires d’alimentation du groupe résident estival. On prévoit établir une aire marine protégée semblable dans la Réserve de parc national Moresby-Sud/Gwaii Haanas. Ces deux réserves de parcs nationaux et dans une moindre mesure le parc national Tuktut Nogait, ainsi que plusieurs parcs provinciaux, permettent d’assurer la protection des terres adjacentes à l’habitat de la baleine grise et de limiter l’aménagement du littoral. En 1998, la zone de récifs rocheux connue sous le nom de Race Rocks, utilisée à l’occasion par la baleine grise (Malcolm, 1999), est devenue la première zone pilote de protection marine du Canada.

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Biologie

Généralités

La migration de la population de baleine grise du Pacifique Nord‑Est entre ses aires de reproduction subtropicales et ses aires d’alimentation tempérées ou arctiques est le plus long périple connu effectué par un mammifère. La baleine grise a un comportement généraliste en matière d’alimentation; elle est la seule espèce de cétacés à fanons qui se nourrit régulièrement de proies benthiques. Parmi les gros cétacés à fanons, la baleine grise a un potentiel reproductif relativement élevé.

Reproduction

La mise bas a lieu presque exclusivementdans les lagunes de reproduction subtropicales (Rice et al., 1981), mais elle peut aussi se faire à l’occasion au large de la Californie (Sund, 1975). Des comportements sexuels ont été observés toute l’année (Wilson et Behrens, 1982; Clarke et al.,1989), mais la plupart des baleineaux sont conçus à la fin de novembre et au début de décembre, durant la migration vers le sud (Rice et Wolman, 1971). Les animaux arrivent aux lagunes de mise bas entre décembre et janvier, et la date de naissance médiane se situe à la fin de janvier (Rice et Wolman, 1971). La période de gestation dure de 13 à 14 mois, et la femelle met bas un seul baleineau (Rice et Wolman, 1971; Rice, 1983). Un seul cas de jumeaux a été signalé (Blokhin, 1987). Chacune des femelles identifiées d’après des photographies est ordinairement accompagnée d’un baleineau à tous les deux ans (Jones, 1990), mais l’intervalle entre les naissances est probablement plus long les années où la nourriture est rare. Durant la période de lactation de six mois, le baleineau grossit rapidement, passant de 4,6 m à la naissance à 7,0 m. À un an, il mesure typiquement 8,0 m (Sumich, 1986). La croissance se poursuit jusqu’à l’âge d’environ 40 ans (Rice et Wolman, 1971). Les mâles et les femelles atteignent la maturité sexuelle à un âge moyen de huit ans (Rice et Wolman, 1971); Heppell et al. (2000) ont estimé qu’une génération dure en moyenne 22 ans. Des données sur la chasse de subsistance à la baleine (Blokhin, 1984) donnent à penser que les individus sexuellement matures constituent environ 60 p. 100 de la population. Un recensement annuel de la population, effectué à divers points du rivage au moment de sa migration vers le nord, a permis d’établir que les baleineaux comptaient pour 4,6 à 5,2 p. 100 de l’effectif (Herzing et Mate, 1984; Poole, 1984a, b). Plus récemment, toutefois, des pourcentages ne dépassant pas 1,1 p. 100 ont été signalés (Le Boeuf et al., 2000; Perryman et al., 2002).

Survie

Les anneaux de croissance qui semblent se former chaque année dans les bouchons de cire kératinisée de l’oreille permettent de déterminer l’âge des baleines grises mortes (Rice et Wolman, 1971). Étant donné que ces anneaux peuvent se fusionner chez les adultes, il se peut que les âges ainsi obtenus soient des sous-estimations de l’âge réel des individus (Rice et Wolman, 1971; Reeves et Mitchell, 1988). Rice et Wolman (1971) font état d’un mâle dont les bouchons auditifs portaient 70 anneaux de croissance. Les études d’individus identifiés d’après des photographies n’ont pas produit d’estimation de la durée de vie maximale. Toutefois, une baleine adulte du groupe résident estival observée pour la première fois en 1974 était encore vivante 25 ans plus tard (Darling, 1984; Deecke, 2003).

C’est durant la première année de vie que le taux de mortalité des baleines grises est le plus élevé. Swartz et Jones (1983) ont estimé le taux de mortalité des baleineaux dans les aires de mise bas à 5,4 p. 100. Sumich et Harvey (1986) sont d’avis que 75 p. 100 de la mortalité des baleineaux pendant leur première année de vie se produit dans les quelques semaines suivant leur naissance. Jusqu’à récemment, les baleineaux constituaient de loin la plus forte proportion (91,4 p. 100) des baleines grises mortes dans les aires de reproduction, suivis des jeunes d’un an (0-19,5 p. 100) et des adultes (0-5 p. 100; Jones et Swartz, 1984). Des analyses des estimations démographiques laissent supposer que le taux global de mortalité des adultes varie entre 0,1 et 5,0 p. 100 (Punt et Butterworth, 2002; Wade, 2002). Les taux élevés d’observation répétée en été de baleines grises résidentes d’une année à l’autre laissent supposer de même que le taux de mortalité des adultes est relativement faible (Darling, 1984; Deecke, 1996; Calambokidis et al., 2002). Récemment, toutefois, des taux de mortalité plus élevés des adultes ont été signalés (voir la section « Taille et tendances des populations »).

Physiologie

Étant donné que la baleine grise s’alimente presque exclusivement en été, les femelles dépendent principalement de leurs réserves de graisse pour la reproduction (Perryman et al., 2002). Une femelle gravide doit nourrir son fœtus lorsqu’elle migre vers le sud, mettre bas puis allaiter son baleineau pendant la migration vers le nord, tout cela sans prise importante d’aliments. Durant ce périple, son baleineau double presque de longueur (Sumich, 1986). Puisque les mères et les baleineaux sont les derniers à quitter les lagunes de reproduction, la période pendant laquelle elles peuvent ensuite s’alimenter est fortement écourtée (3,5 mois par opposition à 6,9 mois pour les femelles nouvellement gravides et les mâles; Swartz, 1986). Les réserves d’énergie d’une femelle sont donc probablement nettement affaiblies après qu’elle a sevré son baleineau. Ceci signifie que l’intervalle entre les naissances allongerait dans des conditions d’alimentation sous-optimales, soit par suppression de l’ovulation (Rice et Wolman, 1971), soit par fin prématurée de la gestation (Perryman et al., 2002).

Déplacements/dispersion

Le baleineau reste avec sa mère durant sa première migration vers le nord et apprend peut-être d’elle l’emplacement des aires d’alimentation. Lors d’études reposant sur des individus identifiés d’après des photographies, quelques baleineaux ont été observés à nouveau les années suivantes dans la même aire d’alimentation que leurs mères, ce qui semble indiquer un certain niveau de fidélité aux sites d’origine maternelle (Weller et al., 1999; Calambokidis et al., 2002). Toutefois, aucune étude génétique n’a encore réussi à prouver une telle transmission maternelle (Steeves et al., 2001).

Alimentation

On croyait que la baleine grise se nourrissait exclusivement d’invertébrés benthiques, mais des recherches récentes ont révélé qu’elle consommait une gamme beaucoup plus variée d’organismes, ce qui donne à penser qu’elle s’alimente de façon opportuniste (Reeves et Mitchell, 1988; Darling et al., 1998).

Dans les aires d’alimentation de la mer de Béring, de la mer des Tchouktches et de la mer de Beaufort, la baleine grise se nourrit surtout d’amphipodes épibenthiques et endofauniques des genres Ampelisca, Atylus et Anonyx (Bogoslovskaya et al., 1981; Nerini, 1984). Des études quantitatives ont ainsi révélé que les amphipodes constituent 95 p. 100 de son régime alimentaire dans les aires d’alimentation de l’Arctique (Nerini, 1984). Elle plonge jusqu’au fond, se tourne sur le côté et aspire des sédiments, puis filtre ses proies à travers ses fanons (Ray et Schevill, 1974; Bogoslovskaya et al., 1981; Johnson et Nelson, 1984; Nerini, 1984; Oliver et Kvitek, 1984). Les panaches de vase qu’elle laisse dans son sillage lorsqu’elle remonte à la surface révèlent qu’elle est allée se nourrir au fond, où elle laisse des cratères caractéristiques dans le lit marin (Johnson et Nelson, 1984; Oliver et Kvitek, 1984; Nerini, 1984; Kvitek et Oliver, 1986; Nelson et al., 1987; Weitkamp et al., 1992). Dans les aires d’alimentation de l’Arctique, elle se nourrit aussi à l’occasion de crevettes (Crangon sp.; Gill et Hall, 1983).

Il semble que le régime alimentaire du groupe résident estival soit plus varié que celui des individus qui se nourrissent dans l’Arctique. Les amphipodes (Ampelisca spp., Atylus borealis, Corophium spinicorne) constituent des proies importantes dans les aires d’alimentation tempérées de la côte ouest de l’Amérique du Nord (Oliver et al., 1984; Avery et Hawkinson, 1992; Darling et al., 1998; Dunham et Duffus, 2001, 2002), les baleines privilégiant les endroits où les gros individus (plus grands que le 6 mm) sont communs (Dunham et Duffus, 2001, 2002). Ces baleines résidentes mangent aussi de grandes quantités de callianasse de Californie (Callianassa californiensis) et de mye de Californie (Cryptomya californica), petit mollusque retrouvé aux mêmes endroits que la callianasse dans les baies vaseuses peu profondes de la côte ouest de l’Amérique du Nord (Weitkamp et al., 1992; Darling et al., 1998; Dunham et Duffus, 2001).

Outre ces proies benthiques, le groupe résident estival mange aussi de grandes quantités d’invertébrés planctoniques. Dans les eaux exposées de la côte ouest de l’île de Vancouver et ailleurs, il recherche particulièrement les crevettes de l’ordre des Mysidacés (principalement Holmesimysis sculpta, Neomysis rayii, Acanthomysis spp.) (Wellington et Anderson, 1978; Murison et al., 1984; Deecke, 1996; Darling et al., 1998; Dunham et Duffus, 2002). Ces baleines se nourrissent aussi communément des larves planctoniques de diverses espèces de crabe (Pachycheles rudis, Petrolisthes spp., Cancer magister; Darling et al., 1998; Dunham et Duffus, 2001, 2002).

Dans de nombreux secteurs de la côte de la Colombie-Britannique, l’arrivée des baleines grises en route vers le nord coïncide avec la fraye du hareng (Clupea harengus) dans les herbiers de zostère. On les a observées en train de se nourrir d’œufs et de larves de hareng dans la baie Barkley (Gisborne, comm. pers.) et la baie Clayoquot (Darling et al., 1998), ainsi qu’aux environs des îles de la Reine‑Charlotte (Nichol et Heise, 1992; Ford et al., 1994). Il se peut que la consommation d’œufs de hareng constitue une importante « escale d'avitaillement » pour les baleines grises migrant vers les aires d’alimentation de l’Arctique.

On croit que la baleine grise se nourrit très peu dans ses aires de reproduction hivernales; lorsqu’elle le fait, les amphipodes (Ampelisca spp., Aoroides columbiae) et les larves de crabe constituent à nouveau leurs principales proies (Oliver et al., 1983; Nerini, 1984; Tershy et Breese, 1991; Sánchez-Pacheco et al., 2001). Elle s’y nourrit aussi de poissons‑appâts d’espèces non identifiées (Nerini, 1984).

Relations interspécifiques

En plus d’exercer une importante pression par prédation sur de nombreuses communautés d’invertébrés benthiques et planctoniques des eaux tempérées et arctiques, la baleine grise est, sur le plan écologique, importante pour un certain nombre d’espèces à l’échelle de son aire de répartition. Ainsi, elle est l’hôte de nombreuses espèces d’endoparasites et d’ectoparasites (voir par exemple Blokhin, 1984; Dailey et al., 2000) et, étant donné qu’elle n’a aucun proche parent, elle est l’hôte exclusive de nombre de ces espèce (p. ex. l’anatife Cryptolepas rachianecti et le crustacé Cyamus scammoni, de la famille des Cyamidés).

La baleine grise entretient des relations symbiotiques et commensales. Par exemple, Swartz (1981) décrit une symbiose entre la capucette barrée (Atherinops affinis), un poisson nettoyeur, et la baleine grise dans les aires de reproduction de cette dernière au Mexique. Dans ses aires d’alimentation de l’Arctique, de nombreuses espèces d’oiseaux de mer (p. ex. le Fulmar boréal, Fulmarus glacialis; le Phalarope à bec large, Phalaropus fulicaria; la Mouette tridactyle, Rissa tridactyla; et le Guillemot de Brünnich, Uria lomvia) se nourrissent des invertébrés présents dans les panaches de vase qu’elle laisse dans sa traînée; la baleine grise est, pour ces oiseaux, le seul moyen d’avoir accès à des proies benthiques (Obst et Hunt, 1990; Grebmeier et Harrison, 1992).

L’épaulard (Orcinus orca) attaque souvent la baleine grise sur le parcours de migration et dans les aires d’alimentation (Ljungblad et Moore, 1983; Lowry et al., 1987; Goley et Straley, 1994; Craighead et Suydam, 1998). Il semble surtout cibler les baleineaux et peut constituer une importante source de mortalité des baleines grises juvéniles. Dix‑huit pour cent des baleines grises débarquées aux stations de dépeçage de la Californie portaient des cicatrices imputées à une attaque par un épaulard (Rice et Wolman, 1971).

Comportement/adaptabilité

Ses proies étant variées, la baleine grise est probablement capable de s’adapter aux changements dans l’abondance de certaines sources de nourriture. Il semble toutefois que la santé de la population du Pacifique Nord‑Est dépende en grande partie de la productivité des habitats benthiques dans l’Arctique.

L’accroissement de l’activité humaine est probablement le principal facteur portant atteinte à l’habitat de la baleine grise le long de son corridor de migration, notamment avec l’augmentation des bruits industriels et du trafic maritime (transport de marchandises, exploitation des ressources naturelles et loisirs). Il a été démontré que cette baleine évite les sources de bruits industriels intenses (Richardson et al., 1995; Moore et Clarke, 2002). En présence de bateaux, elle peut aussi bien s’en approcher que tout faire pour les éviter (Jones et Swartz, 1984; Heckel et al., 2001).

Quoique l’importance des signaux acoustiques pour la communication et l’orientation chez la baleine grise soit encore mal comprise, on sait qu’elle communique avec ses congénères dans les aires d’alimentation et de reproduction en émettant une gamme de sons (Dahlheim et al., 1984; Moore et Ljungblad, 1984; Crane et Lashkari, 1996). Toute augmentation du niveau de bruit résultant d’un accroissement de l’activité humaine dans l’habitat de la baleine grise peut avoir une incidence négative sur la communication acoustique.

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Taille et tendances des populations

Selon des modèles des prises historiques et de l’habitat disponible, la population de baleine grise du Pacifique Nord-Est comptait entre 23 000 et 35 000 individus avant la chasse commerciale, qui a commencé en 1846 (Reilly, 1992; Punt et Butterworth, 2002; Wade, 2002). De 1854 à 1901, cette baleine était chassée, pendant sa migration, à partir de stations terrestres établies entre la Basse-Californie et la Colombie-Britannique (Sayers, 1984). Elle a aussi été chassée dans les lagunes de reproduction à partir de baleiniers entre 1846 et 1874, année où les chasseurs ont abandonné cette activité, considérant qu’elle n’était plus rentable à cause de la rareté des baleines (Henderson, 1984). Entre 1914 et 1946, les navires de chasse pélagique ont déclaré des prises de 940 baleines grises (Reeves, 1984). Des éléments probants indiquent que toutes les prises japonaises et soviétiques n’étaient pas signalées et que la chasse a continué après 1937, année où l’espèce a été déclarée protégée à l’échelle mondiale (Baker et al., 2002). Rice et al. (1984) sont d’avis que la taille de la population du Pacifique Nord-Est a atteint un creux à la fin du XIXe siècle, soit environ 4 000 individus.

La population de baleine grise du Pacifique Nord-Ouest ne s’est pas encore rétablie des effets de la chasse commerciale. Cette population, qui compte une centaine d’individus (Weller et al., 1999; Weller et al., 2002a), est considérée comme l’une des populations de cétacés à fanons les plus en danger de disparition (Clapham et al., 1999).

Selon les normes des données sur les populations de cétacés, les estimations récentes de la taille de la population du Pacifique Nord-Est sont précises. Étant donné que les baleines grises se tiennent près du rivage lorsqu’elles migrent, toute la population peut être dénombrée à des points stratégiques le long du corridor de migration (voir par exemple Reilly et al., 1983; Rugh, 1984; Buckland et Breiwick, 2002), de sorte que les écarts-types des estimations de la taille de la population sont généralement petits (de 4 à 8 p. 100; Buckland et al., 1993). Les dénombrements des baleines migrant vers le sud, effectués environ tous les deux ans depuis 1967 à partir du littoral de la Californie, ont permis d’établir que la population est à la hausse. L’effectif est passé de 12 921 individus en 1967 à 20 869 en 1988 puis à 26 635 en 1998 (Buckland et al., 1993; Gerber et al., 1999; Buckland et Breiwick, 2002), soit un taux d’accroissement moyen d’environ 2,5 p. 100 (Buckland et Breiwick, 2002).

Durant l’hiver 1998 à 1999, un changement radical s’est produit dans les régimes de mortalité et de recrutement de la population du Pacifique Nord-Est. Le taux de mortalité dans les aires de reproduction et pendant la migration vers le nord en 1999 a triplé ou quadruplé (Le Boeuf et al., 2000). Le taux de natalité (qui se situe habituellement entre 4,6 et 5,2 p. 100; voir la section « Reproduction ») a simultanément chuté à 1,7 p. 100 (Perryman et al., 2002). Le taux de mortalité était élevé aussi en 2000, mais il est revenu à un niveau normal en 2001 (Le Boeuf et al., 2000; Moore et al., 2001; Commission baleinière internationale, 2003b). Le taux de natalité est resté faible en 2000 et 2001 (1,1 p. 100 et 1,4 p. 100 respectivement; Perryman et al., 2002; Commission baleinière internationale, 2003b), mais il a augmenté par la suite, se situant à environ 4,8 p. 100 en 2002 et 4,4 p. 100 en 2003 (Perryman, comm. pers.). En se fondant sur la distribution des glaces dans l’Arctique pendant l’été 2003, Perryman (comm. pers.) a calculé que le taux de natalité en 2004 reviendra au niveau normal d’avant 1999.

La taille estimative de la population du Pacifique Nord-Est se situait à 18 761 en 2001 et 17 414 en 2002 (Commission baleinière internationale, 2003b), ce qui indique qu’elle a diminué à un taux annuel d’environ 10 p. 100 depuis 1998. On ne sait pas si ces estimations reflètent une baisse réelle de l’effectif ou résultent du fait que, ces deux années, de nombreuses baleines n’ont pas complété leur migration vers le sud jusqu’aux lagunes de reproduction. Quoi qu’il en soit, il faut continuer à surveiller cette population de près afin de réévaluer les tendances. Par contre, aucun recensement n’a été effectué lors de la migration vers le sud en 2002-2003, et aucun n’est prévu en 2003-2004 (Rugh, comm. pers.)

Une analyse préliminaire laisse supposer que les baleines grises qui passent l’été dans les eaux de la Colombie-Britannique ne sont pas génétiquement distinctes des baleines grises du Pacifique Est qui passent l’été dans les aires d’alimentation de l’Arctique (Steeves et al., 2001). Elles s’accouplent probablement dans les mêmes lagunes (Deecke, 2003). Le groupe résident estival ne constitue donc pas une population distincte. Toutefois, les facteurs qui lui nuisent ou qui portent atteinte à son habitat pourraient l’amener à disparaître de cet endroit à cause de son niveau élevé de fidélité envers ces eaux et de la possibilité d’un recrutement localisé (Calambokidis et al., 2002). Pour cette raison et vu l’importance culturelle et économique de ce groupe en Colombie-Britannique ( voir la section « Importance de l’espèce »), il se peut qu’il doive être géré comme une unité distincte. Darling (1984) a estimé que de 35 à 50 individus se nourrissent le long de la côte ouest de l’île de Vancouver en été, tandis que Deecke (1996) a établi que, à tout moment durant l’été, de 12 à 20 individus s’alimentent le long d’une portion de 57 km de littoral près du cap Caution. De 1996 à 1998, Calambokidis et al. (2002) ont identifié un total de 155 individus résidents le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord, dont au moins 80 ont été vus dans les eaux de la Colombie-Britannique (Deecke, 2003). Les estimations des effectifs (méthode de marquage-recapture) reposant sur les observations de 1997 et 1998 indiquent que le groupe estival qui reste dans les eaux s’étendant du nord de la Californie jusqu’au sud-est de l’Alaska se compose de 179 individus (I. C. à 95 p. 100 : de 171 à 187) (Calambokidis et al., 2002).

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Facteurs limitatifs et menaces

L’accroissement de l’activité humaine dans les lagunes de reproduction de la population de baleine grise du Pacifique Nord-Est constitue probablement la principale menace à laquelle elle est confrontée (Clapham et al., 1999). Certaines lagunes ou parties de celles-ci ne sont déjà plus adéquates à cause du trafic maritime et de l’extraction du sel (Rice et al., 1981). Si cette tendance se poursuit, toute la population pourrait éventuellement être en danger.

Aucun programme coordonné visant à établir la cause de la mort des baleines échouées n’est actuellement en place sur la côte ouest du Canada, et on dispose de peu de données sur les causes du taux de mortalité anormalement élevé des baleines grises qui se sont échouées en Colombie-Britannique durant la migration vers le nord en 1999 et 2000. Des études menées au Mexique et aux États-Unis (Le Boeuf et al., 2000; Moore et al., 2001) ont permis d’établir que beaucoup des individus qui s’y étaient échoués étaient extrêmement émaciés, ce qui évoque un stress nutritionnel comme cause de leur mort et du faible recrutement. Perryman et al. (2002) ont signalé que la mer de Béring n’est restée libre de glaces que pendant une période anormalement courte au cours des étés de 1998 et 1999, ce qui a considérablement réduit la saison d’alimentation ces années-là. L’augmentation soudaine du taux de mortalité et la baisse de la natalité sont donc probablement le résultat de l’effet combiné de deux facteurs : d’une part, la population approchait la capacité de charge de ses aires d’alimentation et, d’autre part, deux saisons d’alimentation consécutives ont été sous-optimales (Moore et al., 2001; Perryman et al., 2002; Wade, 2002). Il est en outre probable qu’un stress nutritionnel chronique ou aigu rend les animaux plus vulnérables à la maladie (Moore et al., 2001).

À mesure que son effectif remonte à ce qu’il était avant le début de la chasse, la population du Pacifique Nord-Est est de plus en plus limitée par la quantité d’habitat disponible dans les aires d’alimentation. Le taux élevé de mortalité et le faible recrutement observés de 1998 à 2000 laissent supposer que tout changement dans la disponibilité de l’habitat d’alimentation, résultant du changement climatique ou de facteurs anthropiques, nuira aux baleines grises du Pacifique Nord.

L’exploration pétrolière et gazière et le bruit qui en résulte, ainsi que les possibilités de déversements d’hydrocarbures, peuvent causer la perte d’habitat dans les aires d’alimentation arctiques et tempérées (Jayko et al., 1990; Moore et Clarke, 2002). Il a été établi que les ondes acoustiques produites par les canons à air utilisés pour la prospection sismique dans le but de localiser des gisements de pétrole et de gaz déclenchent un comportement d’évitement très marqué chez les baleines grises migratrices à des distances allant jusqu’à 5 km (études recensées dans Richardson et al., 1995; Moore et Clarke, 2002). Il semble en outre que la prospection sismique fasse nettement s’éloigner les individus en train de s’alimenter (Weller et al., 2002b). Clapham et al. (1999) considèrent l’exploration pétrolière et gazière comme la plus grave menace à la population de baleine grise du Pacifique Nord-Ouest. De même, l’exploitation minière et le dragage en haute mer peuvent mener à la perte d’habitat d’alimentation à cause de la pollution par le bruit et de l’enlèvement et de l’ensevelissement du substrat d’alimentation (Jewett et al., 1999). L’ouverture du versant Nord de l’Alaska à l’exploitation du pétrole et du gaz pourrait mener à la perte d’habitat d’alimentation, tandis que la levée du moratoire sur l’exploration pétrolière et gazière dans les eaux de la Colombie-Britannique fera augmenter la pollution acoustique le long du trajet de migration de la baleine grise et dans les aires d’alimentation du groupe résident estival.

En plus de lapollution par le bruit, l’accroissement du trafic maritime dans les lagunes de reproduction, le long du corridor de migration et dans les aires d’alimentation peut mener à une mortalité accrue chez la baleine grise à cause du risque de collisions. Laist et al. (2001) mentionnent que des baleines grises sont souvent heurtées par des navires au large de la Californie, et quelques individus identifiés au large de la Colombie-Britannique portaient de grosses cicatrices de blessures causées par des hélices (Deecke, 2003).

Le problème des engins de pêche et des débris marins est une autre source de mortalité. Heyning et Lewis (1990) rapportent que la baleine grise est l’espèce de cétacés à fanons le plus souvent affectée par ce problème sur la côte sud de la Californie. Calambokidis et Baird (1994) et Ford et al. (1994) sont d’avis que les engins de pêche constituent une importante menace anthropique pour la baleine grise au large de la Colombie-Britannique. Les engins de pêche dans lesquels des baleines grises se prennent ou se blessent incluent les filets dérivants utilisés pour la pêche de l’espadon en haute mer, les filets maillants utilisés pour pêcher le bar commun, le flétan, le saumon et le requin dans les eaux côtières, ainsi que des palangres et des casiers à crabes et à homards (Sumich et Harvey, 1986; Heyning et Lewis, 1990; Baird et al., 2002). Au large de la Colombie-Britannique, les pêches du saumon à la senne et aux filets maillants, ainsi que les pêches des poissons démersaux à la palangre, sont probablement la source la plus importante de mortalité (Baird et al., 2002).

Sa répartition au voisinage des côtes et son mode d’alimentation benthique ou épibenthique rendent la baleine grise potentiellement vulnérable aux composés toxiques présents dans l’environnement. Il peut d’agir de toxines comme la phycotoxine paralysante et l’acide domoïque, quoique les cas confirmés d’intoxications imputables à celles-ci soient rares (voir par exemple Moore et al., 2001). Étant donné que la baleine grise ingère régulièrement des sédiments du fond lorsqu’elle s’alimente, il a été avancé que la pollution due à l’homme peut gravement lui nuire. Toutefois, à part une teneur en cuivre passablement haute relevée chez un individu échoué (Méndez et al., 2002), aucune concentration alarmante de composés organochlorés ou de métaux lourds n’a été décelée (Varanasi et al., 1994; Jarman et al., 1996; Krahn et al., 2001; Tilbury et al., 2002). Le fait que la baleine grise se nourrisse au bas de la chaîne alimentaire l’empêche probablement d’accumuler des toxiques à des concentrations élevées comme celles qu’on retrouve chez certains Odontocètes (O'Shea et Brownell, 1994).

La chasse commerciale à la baleine a pris fin en 1937. La baleine grise est encore chassée au large de la Tchoukotka en vertu de quotas de subsistance attribués par la Commission baleinière internationale, et la tribu Makah, de l’État de Washington, a recommencé à la chasser en 1999. Les prises annuelles de la chasse de subsistance varient entre zéro (1944, 1992, 1993) et 374 individus (1967) (Commission baleinière internationale, 2003a). Les modèles démographiques donnent à penser que la population du Pacifique Nord-Est peut soutenir des prises allant jusqu’à 463 animaux (Commission baleinière internationale, 2003b). Bien que les niveaux de prises actuels soient assez bas pour n’avoir que peu d’effet sur la population dans l’ensemble, ils pourraient tout de même occasionner la disparition de la baleine grise au niveau local en raison de sa grande fidélité à certains sites. Par exemple, la population migratrice peut soutenir la capture tous les ans du quota de cinq individus alloué à la tribu Makah, mais ce niveau de prises pourrait mener à la disparition de l’espèce au niveau local si la chasse venait à cibler le groupe résident estival. Le fait que la baleine grise ait disparu de l’Atlantique bien avant le début de la chasse commerciale à grande échelle laisse supposer que l’espèce est vulnérable à la chasse pratiquée par des collectivités côtières.

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Importance de l'espèce

Importance écologique

La baleine grise est considérée comme une espèce clé des écosystèmes benthiques de l’Arctique. À titre de principal prédateur dans les mers arctiques peu profondes, elle maintient la structure et la diversité des assemblages d’invertébrés benthiques (Nerini,1984; Oliver et Slattery, 1985). Nerini (1984) a estimé qu’au début des années 1980, ces baleines ont retourné chaque saison une superficie de 3 565 km2 dans l’Arctique, déplaçant ainsi 9 p. 100 de la communauté d’amphipodes. Ces valeurs ont sensiblement augmenté depuis. Comme elle se nourrit sur le fond, la baleine grise, en réarrangeant les sédiments mous, libère les substances nutritives minérales emprisonnées dans les substrats (Feder et al., 1994; Oliver et Slattery, 1985). En outre, même si elle s’alimente d’organismes benthiques, elle défèque et urine dans la colonne d’eau, y ramenant ainsi des substances nutritives (Reeves et Mitchell, 1988). Avec ses fanons grossiers, la baleine grise ne retient que les invertébrés relativement gros (plus grands que le 6 mm) qu’elle extrait des sédiments et rejette les petits près de la surface, où les oiseaux de mer et les poissons s’en nourrissent (Obst et Hunt, 1990; Grebmeier et Harrison, 1992).

Importance culturelle et économique

Étant donné que la baleine grise passe habituellement près du rivage, les peuples autochtones qui vivent le long de son trajet de migration et près de ses aires d’alimentation en dépendent pour se nourrir depuis plusieurs millénaires (O'Leary, 1984). Des Autochtones de l’Arctique et de l’État de Washington la chassent encore à des fins de subsistance. Plusieurs groupes autochtones, y compris les Haïdas et les Tsimshian de la Colombie-Britannique, se nourrissent des baleines échouées (O'Leary, 1984). Sanborn (comm. pers.) rapporte que les Kwakwaka'wakw du nord de l’île de Vancouver et de la côte continentale adjacente ne chassaient pas activement la baleine grise, mais utilisaient les ossements des baleines échouées pour fabriquer des outils.

Les Aléoutes chassaient autrefois la baleine grise dans les eaux de l’ouest de l’Alaska à partir de petites embarcations recouvertes de peau (O'Leary, 1984). Les Koniaq de l’île Kodiak et du littoral adjacent de l’Alaska la chassaient aussi (O'Leary, 1984). Le long du littoral des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort, les peuples Yup’i, IñupiaQ et Tchouktche la chassaient aussi à l’occasion, mais, d’après certaines indications, ils préféraient la baleine boréale (Balaena mysticetus) lorsqu’ils pouvaient en trouver (Marquette et Braham, 1982; Krupnik, 1987).

Le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord, les Nuu-chah-nulth du sud-ouest de l’île de Vancouver et la tribu voisine des Makah de l’État de Washington étaient probablement les Autochtones qui chassaient le plus la baleine (O'Leary, 1984). Ces deux tribus étroitement apparentées chassaient la baleine grise et le rorqual à bosse, quoiqu’elles privilégiaient ce dernier (Happynook, comm. pers.). Les ossements de rorqual à bosse sont un peu plus abondants que ceux de baleine grise au site archéologique préeuropéen d’Ozette (Huelsbeck, 1988), et cela malgré le fait qu’il était probablement plus facile aux Makah d’Ozette de chasser la baleine grise en raison de sa répartition côtière, ce qui semble indiquer aussi qu’ils préféraient le rorqual à bosse. Les Makah et les Nuu-chah-nulth accordaient une grande importance spirituelle et économique à la chasse à la baleine (O'Leary, 1984; Huelsbeck, 1988; Happynook, 2002).

L’observation des baleines est aujourd’hui une importante activité commerciale et la baleine grise est devenue le pilier de l’économie de nombreuses collectivités de la côte ouest de l’Amérique du Nord. En Colombie-Britannique, des voyagistes offrent des excursions d’observation de la baleine grise le long de la côte ouest de l’île de Vancouver. La plupart des bateaux partent de Tofino et d’Ucluelet (Duffus, 1996) et quelques autres, de Bamfield et de Port Renfrew. Bien qu’un certain nombre d’excursions aient lieu durant la migration vers le nord, la plupart sont effectuées en été, ce qui explique pourquoi le groupe résident estival est la principale cible des observateurs de baleines dans cette région (Duffus, 1996).

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Protection actuelle ou autres désignations et Résumé

Protection actuelle ou autres désignations

La chasse commerciale à la baleine grise a été interdite partout dans le monde en 1937. La population du Pacifique Nord-Est a été inscrite sur la liste des espèces en danger de l’Union mondiale pour la nature (UICN) jusqu’en 1996, puis elle a été transférée à la liste des espèces à faible risque. La population du Pacifique Nord-Ouest est considérée comme étant en danger critique d’extinction. La baleine grise est répertoriée à l’Annexe 1 de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), qui interdit le commerce mondial des produits de cette espèce. La Commission baleinière internationale fixe, pour la chasse de subsistance, une limite de prises dans cette population, que les pays membres se partagent bilatéralement.

Le Mexique protège une grande partie des aires de reproduction de la population du Pacifique Nord-Est (voir la section « Habitat – Protection/propriété des eaux ») et a établi des directives pour l’observation des baleines dans les eaux mexicaines. Aux États-Unis, la baleine grise est protégée en vertu de la Marine Mammal Protection Act, selon laquelle il est interdit de harceler un mammifère marin, de le chasser, de le capturer ou de le tuer, ou de tenter de le harceler, de le chasser, de le capturer ou de le tuer. L’application de cette loi relève du National Marine Fisheries Service. La chasse autochtone de mammifères marins à des fins de subsistance est exemptée de ces exigences.

Au Canada, la gestion des cétacés relève du ministère fédéral des Pêches et des Océans en vertu de la Loi sur les pêches et du Règlement sur les mammifères marins (Ministère de la Justice du Canada, 1993). Ces mesures législatives interdisent à quiconque de chasser ou de perturber les cétacés, sauf à des fins de subsistance, mais elles ne les protègent pas des captures accidentelles ni des problèmes avec les engins de pêche. Le ministère des Pêches et des Océans a élaboré un ensemble de directives pour l’observation des baleines, qui exigent que les bateaux se tiennent à une distance d’au moins 100 m de tout cétacé (voir par exemple Ford et al., 2000).

Résumé

La population de baleine grise du Pacifique Nord-Est migre entre ses aires de reproduction subtropicales de la Basse-Californie et ses aires d’alimentation estivales des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort. Une petite fraction de la population, appelée le groupe résident estival, passe l’été à s’alimenter dans les eaux tempérées s’étendant entre le nord de la Californie et le sud-est de l’Alaska. La population du Pacifique Nord-Est a été décimée par l’industrie baleinière au cours du siècle dernier. Depuis 1967, elle a connu une augmentation d’environ 2,5 p. 100 par année. Son effectif atteignait quelque 26 000 individus en 1998, soit un niveau comparable à celui avant l’exploitation. Depuis, toutefois, la population du Pacifique Est a diminué, de sorte que son effectif estimatif à l’heure actuelle est d’environ 18 000 animaux. À mesure que la population approche de la capacité de charge historique, elle est de plus en plus limitée par la disponibilité de l’habitat d’alimentation. La pollution acoustique et chimique résultant de la relance de l’exploration pétrolière et gazière pose une menace potentielle à l’habitat de cette population au large de la Colombie-Britannique. Les aires d’alimentation au large des Territoires du Nord-Ouest et de l’ouest du Nunavut ne sont pas menacées à l’heure actuelle, mais une très petite portion de l’habitat de la baleine grise dans les eaux canadiennes est actuellement protégée. Les effets des biotoxines et des maladies sur la population sont mal compris.

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Résumé technique

Eschrichtius robustus
Baleine grise
Population du Pacifique Nord-Est

Grey whale

Zone d’occurrence au Canada : eaux côtières de la Colombie-Britannique (C.-B.) et du sud de la mer de Beaufort


Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km2).
(eaux côtières de la Colombie-Britannique et eaux peu profondes du sud de la mer de Beaufort entre la frontière de l’Alaska et le cap Bathurst)
250 000 km2
Préciser la tendance.
Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?
Non, mais elle dépend de l’étendue de la couverture de glaces dans les eaux arctiques (voir Perryman et al., 2002).
Superficie de la zone d’occupation (km2).
(eaux côtières de la Colombie-Britannique)
150 000 km2
Préciser la tendance.
Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occupation?
Non
Nombre d’emplacements existants connus ou déduits.
s.o.
Préciser la tendance du nombre d’emplacements.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements?
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat.
L’exploration pétrolière et gazière au large de la Colombie-Britannique pourrait mener à la détérioration et/ou à la perte d’habitat et certaines lagunes de reproduction au Mexique continuent d’être menacées par le développement


Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population).
22 ans (Heppell et al., 2000)
Nombre d’individus matures.
Population du Pacifique Nord-Est : 11 000
Groupe résident estival de la C.-B. : 110
(ces nombres représentent 60 p. 100 de la population estimative)
Tendance de la population totale.
Population du Pacifique Nord-Est : à la hausse avant 1998, stable ou à la baisse depuis 1998
Groupe résident estival de la C.-B. : stable ou à la hausse
S’il y a déclin ou croissance, p. 100 du déclin ou de la croissance au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations.
Population du Pacifique Nord-Est avant 1998 : augmentation annuelle de 2,5 p. 100 (Buckland et Breiwick, 2002)
1998 – 2002 : déclin annuel de 10 p. 100 (établi d’après l’effectif estimé)
après 2002 : tendance inconnue, mais probablement stable ou à la hausse (d’après les taux de mortalité et de natalité)
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
Non
La population totale est-elle très fragmentée?
Non
Préciser la tendance du nombre de populations.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?
Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune.


Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Dégradation ou perte d’habitat (p. ex. développement des lagunes de reproduction au Mexique, exploration pétrolière et gazière dans les corridors de migration et les aires d’alimentation aux États-Unis et au Canada
  • Mortalité imputable au problème des engins de pêche et des débris marins
  • Mortalité imputable aux collisions avec des navires


Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?
Population du Pacifique Nord-Ouest : en danger de disparition (Weller et al., 2002a)
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Non (LeDuc et al., 2002)
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Inconnu
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants au Canada?
Oui
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?
Non


Analyse quantitative

Aucune


Autres désignations de statut

COSEPAC : espèce désignée non en péril en avril 1987


Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce préoccupante
Code alphanumérique : Sans objet


Justification de la désignation : Les baleines grises migrent chaque année de leur aires hivernales de mise bas au Mexique à leurs aires d’alimentation estivales dans le nord de l’Alaska, de la Russie et du Canada. La majeure partie de la population passe le long de la côte de la Colombie-Britannique, et certains individus reviennent tous les étés en Colombie-Britannique pour se nourrir (environ 80). Cette population a connu une augmentation de 2,5 p. 100 par année à la suite de la clôture de la chasse à la baleine, et elles ont atteint leur nombre le plus élevé, soit à des niveaux comparables à ceux existants avant l’exploitation, d’environ 27 000 individus en 1998. La possibilité de rétablissement du groupe résident estival est inconnue. Cependant, plus d’un tiers de la population est décédée entre 1998 et 2002 (possiblement en raison du manque de nourriture en Alaska). Les taux de natalité, les taux de survie et d’autres indicateurs laissent entendre que le déclin a cessé et que la population est stable ou à la hausse depuis 2002. Ces baleines sont vulnérables aux activités humaines dans leurs quatre lagunes de reproduction au Mexique, ainsi qu’à l’enchevêtrement dans les engins de pêche et aux collisions avec des navires dans l’ensemble de leur aire de répartition. Les bruits sous l’eau associés à l’exploitation d’hydrocarbures proposée en Colombie-Britannique pourraient modifier les trajets de migration. Le petit groupe estival de baleines résidentes pourrait également être menacé par la chasse à la baleine de subsistance aux États-Unis.


Applicabilité des critères

Critère A : Ne s’applique pas, bien que le critère A4 (espèce menacée) soit presque satisfait. Toutefois, le déclin documenté semble refléter une fluctuation de la taille de la population. Les taux vitaux et d’autres indicateurs donnent à penser que la taille de la population ne continuera pas à diminuer.

Critère B : Ne s’applique pas. La superficie de la zone d’occurrence est supérieure à 20 000 km2

Critère C : Ne s’applique pas.

Critère D : Ne s’applique pas. Le nombre d’individus adultes se chiffre à 11 000.

Critère E : Aucune analyse quantitative n’a été effectuée.

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Remerciements et Ouvrages cités

Remerciements

Marta Donovan, du British Columbia (BC) Conservation Data Centre, ainsi que Norm Sloan, de la Réserve de parc national Moresby-Sud/Gwaii Haanas, ont offert à Volker Deecke l’accès à divers ouvrages. Le rédacteur remercie Brian Compton (University of British Columbia), Tom Happynook (World Council of Whalers), Wayne Perryman (Southwest Fisheries Science Center), David Rugh (National Marine Mammal Laboratory) et Andrea Sanborn (U’mista Cultural Society), qui lui ont fourni de l’information utile. Brian Gisborne, Edward Gregr et Andrew Trites ont révisé et amélioré les premières ébauches du présent rapport.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada a assuré le financement de ce rapport de situation.

Ouvrages cités

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport et Experts contactés

Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Volker Deecke a obtenu son baccalauréat et sa maîtrise ès sciences de la University of British Columbia (UBC) et son doctorat de la University of St. Andrews, en Écosse. Il a été nommé attaché de recherche au niveau postdoctoral à l’unité de recherche sur les mammifères marins de l’UBC en janvier 2003. Il collabore depuis 1994 à des recherches sur le groupe de baleines grises qui passe l’été dans les eaux de la Colombie-Britannique. Ces recherches, qui se poursuivent, comportent la collecte de données sur le terrain et la préparation de rapports sur l’abondance passée et présente de la baleine grise dans les eaux de la côte nord-ouest de l’Amérique du Nord (voir par exemple Deecke, 1996; Calambokidis et al., 2002; Deecke, 2003).

Dans le cadre de la présente étude, M. Volker a acquis de vastes connaissances pratiques sur la répartition et l’abondance de la baleine grise dans les eaux canadiennes, ainsi qu’une bonne connaissance de la documentation pertinente. En outre, le fait que cette étude était menée en collaboration lui a permis d’établir une bonne relation de travail avec la plupart des experts de l’écologie, de la répartition et de l’abondance de la baleine grise au Canada et aux États-Unis.

Experts contactés

Alvo, R., biologiste de la conservation, Direction de l’intégrité écologique, Parcs Canada, Hull (Québec).

Campbell, B., biologiste, réserve de parc national Pacific Rim, Ucluelet (Colombie-Britannique).

Compton, B. D., agrégé de recherche, Département de botanique, University of British Columbia, Vancouver (Colombie-Britannique).

Darling, J., chercheur principal, West Coast Whale Research Foundation, Vancouver (Colombie-Britannique).

Donovan, M., coordonnateur de l’information biologique, BC Conservation Data Centre, Ministry of Sustainable Resource Management, Victoria (Colombie-Britannique).

Ellis, G. M., technicien de recherche sur les mammifères marins, Secteur de la biologie de la conservation, Station biologique du Pacifique, ministère des Pêches et des Océans, Nanaimo (Colombie-Britannique).

Elner, R., Centre de recherches sur la faune du Pacifique, Service canadien de la faune, Environnement Canada, Delta (Colombie-Britannique).

Ford, J. K. B., scientifique spécialiste des mammifères marins, Secteur de la biologie de la conservation, Station biologique du Pacifique, ministère des Pêches et des Océans, Nanaimo (Colombie-Britannique).

Fraser, D., spécialiste des espèces en péril, Biodiversity Branch, Terrestrial Ecosystems Science Section, Ministry of Sustainable Resource Management, Government of British Columbia, Victoria (Colombie-Britannique).

Gisborne, B., capitaine, Juan de Fuca Express, Victoria (Colombie-Britannique).

Grandison, E., coordonnateur des communications, Gouvernement Nisga'a Lisims, New Aiyansh (Colombie-Britannique).

Happynook, T. M., World Council of Whalers, Colombie-Britannique.

Joyce, M., coordonnateur des ressources de mammifères marins, ministère des Pêches et des Océans, Vancouver (Colombie-Britannique).

McDonald, I., biologiste, Parc national Tuktut Nogait, Paulatuk (Nunavut).

McLean, E., Comité mixte de gestion de la pêche, Secrétariat mixte – Comités des ressources renouvelables des Inuvialuit, Inuvik (Territoires du Nord-Ouest).

Noble, J., directeur exécutif, Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut, Iqaluit (Nunavut).

Perryman, W. L., ichtyobiologiste, Southwest Fisheries Science Center, États-Unis.

Rugh, D. J., biologiste de la faune, U.S. National Marine Mammal Laboratory, Seattle (Washington).

Sanborn, A., conservatrice, U’mista Cultural Society, Alert Bay (Colombie-Britannique).

Sloan, N., biologiste, Réserve de parc national Moresby-Sud/Gwaii Haanas, Queen Charlotte City (Colombie-Britannique).

Staples, L., président, Comité consultatif de la gestion de la faune (versant Nord), Whitehorse (Yukon).

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