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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la baleine à bec de Sowerby (Mesoplodon bidens) au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Les activités de relevés visant les cétacés dans les eaux profondes de l’Atlantique canadien sont limitées. De plus, les baleines à bec du genre Mesoplodon, qui semblent éviter les bateaux, sont difficiles à observer et à identifier. Depuis la fin des années 1970, les réseaux de récupération des carcasses sont plus actifs dans l’Atlantique canadien, et le nombre d’échouages signalés a augmenté (tableau 1). On ne sait toutefois pas si cette hausse est attribuable à une augmentation des activités de récupération ou à un nombre plus élevé d’individus échoués sur les rivages (Lien et Barry, 1990).

Abondance

Il n’y a aucune estimation de la taille des populations ni du nombre d’individus matures dans les eaux canadiennes pour cette espèce. La rareté des observations porte à croire que les baleines à bec de Sowerby sont peu communes, mais cette rareté apparente pourrait également témoigner des activités de recherche limitées dans les eaux profondes et des difficultés inhérentes à la détection et à l’identification de l’espèce en mer.

Plusieurs relevés ont été réalisés au large de la Nouvelle-Écosse et des États-Unis par le National Marine Fisheries Service et le Bureau of Land Management des États-Unis en vue d’évaluer les populations de cétacés. Puisqu’il est difficile de différencier en mer les espèces du genre Mesoplodon, les estimations des populations ont été calculées seulement pour l’ensemble des espèces du genre Mesoplodon observées. Ces estimations sont fondées sur des relevés par transect marin ou aérien et n’ont pas fait l’objet de la correction de g(0) (probabilité de ne pas détecter des individus sur le transect linéaire). Elles sont donc faussées à la baisse, surtout si l’on tient compte du fait que les mésoplodons plongent en eaux profondes. Chaque relevé ayant couvert une portion différente de l’habitat considéré comme convenable pour les mésoplodons et ayant été réalisé à différents moments de l’année, ces estimations ne sont pas directement comparables. Toutefois, les relevés réalisés de 1978 à 1994 ont révélé que plusieurs centaines de mésoplodons fréquentent le secteur s’étendant du cap Hatteras à la Nouvelle-Écosse pendant les mois d’été et que la région du banc Georges peut accueillir de relativement grandes densités (Blaylock et al., 1995).

Fluctuations et tendances

Il n’y a aucune information sur les fluctuations ou sur les changements dans la taille des populations. Les observations et les échouages étant très peu nombreux (tableau 1), les augmentations ou les diminutions apparentes ne peuvent pas être attribuées à des changements dans la taille des populations.

Effet d’une immigration de source externe

Des baleines à bec de Sowerby sont présentes près du talus continental au large de la côte américaine et font probablement partie de la même population que les individus des eaux canadiennes. Il n’y a cependant aucune donnée indiquant la fréquence des déplacements entre les eaux canadiennes et américaines.

Aucune observation ni échouage n’ont été signalés du côté ouest du Groenland. Les activités de recherche n’ayant pas été nombreuses dans ce secteur, le nombre peu élevé de mentions ne signifie pas nécessairement que les baleines ne fréquentent pas cet endroit. Des baleines à bec de Sowerby ont été observées au large de l’Islande (Sigurjónsson et al., 1989), mais on ne sait pas si les individus se déplacent entre l’est et l’ouest de l’Atlantique.

L’immigration d’une source externe est au moins plausible.