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Programme de rétablissement du polystic des rochers (Polystichum scopulinum) au Canada - 2016 [Proposition]

Partie 2

 

Programme de rétablissement du polystic des rochers (Polystichum scopulinum) en Colombie-Britannique, au Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador, préparé par le Comité aviseur du polystic des rochers pour le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique.

Polystic des rochers
Photo du polystic des rochers
Photo: © Ben Legler

British Columbia, The best Place on Earth, Ministry of Environment Logo

Mai 2009

Table des matières - Partie 2

Information sur le document - Partie 2

Liste des tableaux

Liste des figures

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Information sur le document - Partie 2

Photo  de couverture

La série de programmes de rétablissement de la Colombie-Britannique

Cette série rassemble les programmes de rétablissements préparés à titre d’avis au gouvernement de la Colombie-Britannique en matière d’approche stratégique générale à adopter pour le rétablissement des espèces en péril. Le gouvernement provincial veille à ce que des programmes de rétablissement soient élaborés afin de respecter ses engagements en matière de rétablissement des espèces en péril, pris en vertu de l’Accord pancanadien pour la protection des espèces en péril et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Qu’est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est l’ensemble des mesures visant à stopper ou à renverser le déclin d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du territoire, et à éliminer ou à atténuer les menaces qui pèsent sur elle afin d’améliorer ses chances de persister à l’état sauvage.

Qu’est-ce qu’un programme de rétablissement?

Un programme de rétablissement réunit les meilleures connaissances scientifiques accessibles sur les mesures à prendre pour rétablir une espèce ou un écosystème. Il expose les connaissances et les lacunes dans les connaissances au sujet d’une espèce ou d’un écosystème. Il présente également les menaces auxquelles l’espèce ou l’écosystème est exposé ainsi que les mesures à prendre pour les atténuer. Le programme de rétablissement fixe enfin des buts et des objectifs pour le rétablissement et recommande les approches à adopter pour les atteindre.

Les programmes de rétablissement sont généralement élaborés par une équipe de rétablissement composée de membres des organismes responsables de la gestion de l’espèce ou de l’écosystème, de spécialistes d’autres organismes, d’universités, de groupes de conservation, de groupes autochtones et de groupes d’intervenants, selon le cas.

Et ensuite?

Dans la plupart des cas, on procède à l’élaboration d’un ou de plusieurs plans d’action pour préciser et orienter la mise en œuvre du programme de rétablissement. Les plans d’action comprennent des renseignements plus détaillés sur ce qui doit être fait pour atteindre les objectifs établis dans le programme de rétablissement. Le programme de rétablissement fournit toutefois de l’information précieuse sur les menaces qui pèsent sur l’espèce et sur ses besoins en matière de rétablissement. Cette information peut servir aux particuliers, aux collectivités, aux utilisateurs des terres et à toute personne soucieuse du rétablissement des espèces en péril.

Pour obtenir de plus amples renseignements

Pour en apprendre davantage sur le rétablissement des espèces en péril en Colombie Britannique, consulter la page Web du ministère de l’Environnement portant sur la planification du rétablissement (Ministry of Environment Recovery Planning).

Référence recommandée :

Comité consultatif sur le polystic des rochers. 2009. Programme de rétablissement du polystic des rochers (Polystichum scopulinum) en Colombie-Britannique, au Québec et à Terre Neuve et-Labrador. Préparé pour le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 30 p.

Illustration de la couverture

Ben Legler

Exemplaires additionnels

La version anglaise du présent document peut être téléchargée à partir de la page Web du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique portant sur la planification du rétablissement (Ministry of Environment Recovery Planning) :

Le contenu du présent document (à l'exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, dans la mesure où la source est dûment citée.

Avis

Le présent programme de rétablissement a été rédigé par le Comité consultatif sur le polystic des rochers, à titre d’avis aux autorités responsables et aux organismes susceptibles de participer au rétablissement de l’espèce. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a reçu ces recommandations dans le cadre des engagements pris en vertu de l’Accord pancanadien pour la protection des espèces en péril et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Ce document indique les mesures jugées nécessaires au rétablissement des populations canadiennes de polystics des rochers, à la lumière des meilleures données scientifiques et des meilleures connaissances traditionnelles accessibles. Les mesures de rétablissement à adopter pour atteindre le but et les objectifs établis dans le présent document sont assujetties aux priorités et aux contraintes budgétaires des organismes participants. Ce but, ces objectifs et ces approches pourraient être modifiés de manière à tenir compte de nouveaux objectifs et de nouvelles conclusions.

Les autorités responsables et tous les membres de l’équipe de rétablissement ont eu l’occasion d’examiner le présent document. Cependant, le contenu du document ne reflète pas nécessairement la position officielle des organismes ou les opinions personnelles de tous les membres de l’équipe de rétablissement.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépend de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre d’intervenants susceptibles de participer à la mise en œuvre des orientations établies dans le présent programme. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique encourage tous les citoyens de la province à participer au rétablissement du polystic des rochers.

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Membres du comité consultatif

Comité consultatif sur le polystic des rochers

  • Brenda Costanzo, ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique
  • Ted Lea, écologiste à la retraite
  • Lucy Reiss, Environnement Canada, Service canadien de la faune – région du Pacifique et du Yukon
  • Guy Jolicœur, Gouvernement du Québec
  • Alain Branchaud, Environnement Canada, Service canadien de la faune – région du Québec
  • Joe Brazil, Gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador
  • Peter Thomas, Environnement Canada, Service canadien de la faune, Région de l'Atlantique

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Auteur

Ksenia Barton

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Autorités s responsables

En vertu de l’Accord pancanadien pour la protection des espèces en péril, il incombe au ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique de produire un programme de rétablissement pour le polystic des rochers. Le gouvernement du Québec, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador ainsi que le Service canadien de la faune d’Environnement Canada ont participé à l’élaboration du présent programme de rétablissement.

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Remerciements

La préparation du présent programme de rétablissement a été financée par le Gouvernement de Colombie-Britannique. Les personnes suivantes ont fait de précieuses observations sur la première version du document : Brenda Costanzo, Orville Dyer, Claudia Hanel, Ted Lea, Lucy Reiss, Peter Thomas et Matthew Wild. Les personnes suivantes ont fourni de l’information utile à l’élaboration du programme : Joseph Arnett, Adolf Ceska, Frédéric Coursol, Claudia Hanel, Gary Lewis, Malcolm Martin, Jenifer Penny, Gail Smart et Matthew Wild. Laura Super a fourni des services de recherche bibliographique.

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Sommaire

Le polystic des rochers (Polystichum scopulinum) a été désigné comme « espèce menacée » par le COSEPAC en mai 2005 et inscrit à ce titre à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril fédérale. L’aire de répartition canadienne connue de l’espèce inclut 5 populations répartie entre la Colombie-Britannique, le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador. Le polystic des rochers est une fougère vivace à feuilles persistantes. Ses folioles sont repliées vers l’intérieur et tordues dans le sens horizontal, et leur base est oblique. La plante pousse en montagne sur des affleurements de roche ultramafique (serpentine). En Colombie-Britannique, l’espèce compte 3 populations, se trouvant toutes dans la vallée de la Tulameen. L’espèce compte également une population au Québec, dans la péninsule gaspésienne, ainsi qu’une population historique dans l’ouest de la partie insulaire de Terre-Neuve-et-Labrador, au mont North Arm.

Des menaces locales spécifiques touchent particulièrement les populations de polystics des rochers de la Colombie-Britannique. Aucune menace locale spécifique ne touche la population du Québec. La présence de la population de Terre-Neuve-et-Labrador reste à ëtre confirmée, mais son emplacement historique est éloigné et n’est exposé à aucun risque lié aux activités humaines.

Aucune désignation de l’habitat essentiel, au sens de la Loi sur les espèces en péril fédérale, n’est proposée pour l’instant. Il est prévu que l’habitat essentiel sera proposé suivant la consultation et l’élaboration de mesures d’intendance en collaboration avec les propriétaires fonciers et les organisations touchés ainsi que l’achèvement des études requises pour déterminer les besoins spécifiques de l’espèce en matière d’habitat et de superficie.

Le but du rétablissement du polystic des rochers est de protéger et de maintenir toutes les populationsconnues au Canada.

Les objectifs du rétablissement de l’espèce sont les suivants :

  1. Assurer la protection à long terme des populations existantes et de leur habitat (zones d'occupation plus habitat essentiel adéquat);
  2. Préciser la répartition actuelle de l'espèce au Canada;
  3. Combler les lacunes dans les connaissances relatives aux tendances des populations existantes, à leurs caractéristiques démographiques et au cycle de vie (survie et reproduction);
  4. Déterminer si une augmentation des populations est nécessaire et, le cas échéant, élaborer et mettre à l'essai des techniques permettant d'établir des populations dans les sites existants et historiques.

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Contexte

Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation :
Mai 2005
Nom commun :
Polystic des rochers
Nom scientifique :
Polystichum scopulinum
Statut selon le COSEPAC :
Espèce menacée
Justification de la désignation :
Il s'agit d'une fougère à l'occurrence très limitée observée sur les substrats de serpentine dans trois zones éloignées du Canada. Ces très petites populations sont en péril en raison des phénomènes stochastiques et, en ce qui concerne les 3 populations de Colombie-Britannique, en raison de l'éventuelle exploitation minière pour des métaux précieux.
Présence du Canada :
Colombie-Britannique, Québec, Terre-Neuve-et-Labrador
Historique du statut selon le COSEPAC :
Espèce désignée « menacée » en mai 2005. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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Description de l'espèce

Le polystic des rochers (Polystichum scopulinum) est une fougère vivace à feuilles persistantes (figure 1). Les tiges sont courbées vers le haut. Les feuilles dressées (frondes) font de 10 cm à 30 cm (parfois jusqu’à 50 cm) de longueur; le pétiole fait de 0,2 à 0,33 fois la longueur totale de la feuille et est densément recouvert d’écailles brun clair qui deviennent plus petites et plus clairsemées vers le haut du pétiole. Les feuilles sont plusieurs fois plus longues que larges et leur largeur est maximale près de la base et diminue vers le sommet. Elles sont divisées en folioles (pennes) qui sont elles-mêmes partiellement divisées. Les folioles sont longues de 1 cm à 3 cm, plus longues que larges, rétrécies vers le sommet, mais leurs côtés sont par ailleurs presque parallèles. Les folioles sont chevauchantes, repliées vers l’intérieur, tordues dans le sens horizontal, et leur base est oblique. La marge des folioles est munie de dents fines, aiguës, courbées vers l’intérieur, à pointe orientée vers le sommet de la foliole. Le sommet des folioles est arrondi à cuspidé (terminé par une courte pointe aiguë et raide). Près du sommet des folioles, les dents sont plus petites que la dent se trouvant au sommet. Le dessous des feuilles est parsemé de petites structures ressemblant à des poils et pourvues de grosses projections; ces structures sont beaucoup plus longues que larges, atteignent leur largeur maximale près de la base et deviennent plus étroites vers le sommet. L’indusie (enveloppe mince et écailleuse) des sores (organes producteurs de spores) immatures est bordée de poils. Les spores sont brunes. Plusieurs descriptions techniques de l’espèce sont disponibles, dont celles de Wagner (1993) et de Douglas et coll. (2000).

Figure 1. Morphologie du polystic des rochers (illustration tirée de Vascular Plants of the Pacific Northwest, reproduite avec la permission de la University of Washington Press).
une illustration du polystic des rochers
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre une illustration du polystic des rochers (tiges, pétiole, foliole, face inférieure d'une foliole, indusie avec sores). Les tiges sont courbées vers le haut. Les feuilles dressées (frondes) font de 10 à 30 cm (parfois jusqu'à 50 cm) de longueur. Le pétiole fait de 0,2 à 0,33 fois la longueur totale de la feuille. Les feuilles sont plusieurs fois plus longues que larges, et leur largeur est maximale près de la base et diminue vers le sommet. Elles sont divisées en folioles (pennes) qui sont elles-mêmes partiellement divisées. Les folioles sont longues de 1 à 3 cm, plus longues que larges, rétrécies vers le sommet, mais leurs côtés sont par ailleurs presque parallèles. La marge des folioles est munie de dents fines, aiguës, à pointe orientée vers le sommet de la foliole. Le sommet des folioles est arrondi à cuspidé (terminé par une courte pointe aiguë et raide). Près du sommet des folioles, les dents sont plus petites que la dent se trouvant au sommet. Le dessous des feuilles est parsemé de petites structures ressemblant à des poils et pourvues de grosses projections; ces structures sont beaucoup plus longues que larges, atteignent leur largeur maximale près de la base et deviennent plus étroites vers le sommet. L'indusie (enveloppe mince et écailleuse) des sores (organes producteurs de spores) immatures est bordée de poils. .

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Populations et repartition

À l’échelle mondiale, le polystic des rochers se trouve uniquement en Amérique du Nord (figure 2), où il est présent de manière sporadique depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’au Colorado, à l’Arizona et à la Californie. Des populations isolées de l’espèce se trouvent également dans l’est du Québec et dans l’ouest de la partie insulaire de Terre-Neuve-et-Labrador (Wagner, 1993; COSEWIC, 2005).

Figure 2. Aire de répartition mondiale du polystic des rochers (d'après les données du COSEPAC (COSEWIC, 2005), de Graham et Ackerfield (2007), du Montana Natural Heritage Program (2007) et de l'USDA (2007)).
ne carte de l'aire de répartition mondiale du polystic des rochers, située en Amérique du Nord
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre une carte de l'aire de répartition mondiale du polystic des rochers, située en Amérique du Nord. L'espèce se rencontre dans le sud-ouest de la Colombie­Britannique et, de façon dispersée, dans l'ouest des États-Unis, jusque dans le Colorado, l'Arizona et la Californie vers le sud. Des populations isolées de l'espèce se trouvent également dans l'est du Québec et dans l'ouest de la partie insulaire de Terre Neuve-et-Labrador.

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Au Canada, le polystic des rochers est présent en Colombie-Britannique, au Québec et à Terre Neuve-et-Labrador (figures 3 et 4). Les populations de la Colombie-Britannique se trouvent à la limite nord de l'aire de répartition de l'espèce en Amérique du Nord. Le tableau 1 fournit plus d'information sur les populations canadiennes de l'espèce.

Tableau 1. Populations canadiennes du polystic des rochers (d'après COSEWIC (2005) et USDA (2007)).
PopulationEmplacementPropriété / tenureAnnée de la dernière observa¬tion et situationNombre d'indivi¬dusZone d'occu-pationProximité d'autres populations
Mont OlivinePrès de Tulameen (Colombie-Britannique)Terres de la Couronne de Colombie-Britannique1996
Population existante
4200 m222,5 km de la pop. du ruisseau Britton; 230 km de la pop. la plus proche située aux États-Unis (État de Washington)
Ruisseau BrittonPrès de Tulameen (Colombie-Britannique)Terres de la Couronne de Colombie-Britannique2002
Population existante
400Note a du tableau 11 ha1,1 km de la pop. du mont Grasshopper; 230 km de la pop. la plus proche située aux États-Unis (État de Washington)
Mont Grasshopper (2 sous-populations)Près de Tulameen (Colombie-Britannique)Terres de la Couronne de Colombie-Britannique1996
Population existante
5 + 30Note b du tableau 1200 m2 + 500 m211,1 km de la pop. du ruisseau Britton; 230 km de la pop. la plus proche située aux États-Unis (État de Washington)
Mont AlbertPentes orientées au sud, vallée du Diable, versant est du mont Albert, Gaspésie, QuébecTerres de la Couronne du Québec, dans le parc national de la Gaspésie2004
Population existante
2158 ha550 km de la population historique de Terre-Neuve; 3 200 km de la pop. la plus proche située aux États-Unis (Colorado)
Mont North Arm, baie des Îles (Bay of Islands)Ouest de la partie insulaire de Terre-Neuve-et-LabradorTerres de la Couronne de Terre-Neuve-et-Labrador1950
Situation inconnue
??550 km de la pop. du Québec; 3 800 km de la pop. la plus proche située aux États-Unis (Colorado)

Note du tableau 1

Note a du tableau 1

Population stable depuis 1995.

Retour à la référence de la note a du tableau 1

Note b du tableau 1

Selon le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique (B.C. CDC, 2007), cette sous population compte 30 individus, alors que selon le COSEPAC (COSEWIC, 2005) elle en compte seulement 3.

Retour à la référence de la note b du tableau 1

Figure 3. Répartition du polystic des rochers en Colombie-Britannique. Carte établie d'après B.C. CDC (2007), avec modifications.
une carte de la répartition du polystic des rochers en Colombie­Britannique
Description longue pour la figure 3

La figure 3 montre une carte de la répartition du polystic des rochers en Colombie­Britannique. Près de Tulameen, il y a 2 sous-populations au mont Grasshopper, 1 au ruisseau Britton et 1 au mont Olivine.

 

Figure 4. Répartition du polystic des rochers dans l'est du Canada. Carte établie d'après Wagner et Rouleau (1984) et COSEWIC (2005).
une carte de la répartition du polystic des rochers dans l'est du Canada
Description longue pour la figure 4

La figure 4 montre une carte de la répartition du polystic des rochers dans l'est du Canada. Au Québec, il y a une population existante au mont Albert, dans la péninsule gaspésienne. À Terre-Neuve, une population historique est indiquée au mont North Arm, près de la baie des Îles.

La cote de conservation mondiale attribuée à l’espèce par NatureServe (2007) est G5 (non en péril), ce qui signifie que l’espèce est commune, répandue et abondante. La cote de conservation de l’espèce à l’échelle des États-Unis n’a pas été établie. Au Canada, la cote de conservation de l’espèce est N1 (gravement en péril; NatureServe (2007) et son statut, attribué par le COSEPAC, est « espèce menacée » (COSEWIC, 2005). Les cotes de conservation infranationales (province ou État) attribuées à l’espèce sont indiquées au tableau 2. Le polystic des rochers est une espèce de priorité 3 dans le contexte du but 3 du B.C. Conservation Framework (en anglais seulement).

Tableau 2. Cotes de conservation infranationales attribuées au polystic des rochers (NatureServe, 2007)
PaysProvince ou ÉtatCoteDescription de la cote
CanadaBritish ColumbiaS1Gravement en péril
CanadaQuébecS1Gravement en péril
CanadaNewfoundland and LabradorSHPossiblement disparue (Historique)
États-UnisArizonaS2En péril
États-UnisCaliforniaSNRNon classée
États-UnisColoradoS1Gravement en péril
États-UnisIdahoSNRNon classée
États-UnisMontanaS1Gravement en péril
États-UnisNevadaSNRNon classée
États-UnisOregonSNRNon classée
États-UnisUtahS2En péril
États-UnisWashingtonSNRNon classée
États-UnisWyomingSHPossiblement disparue (Historique)

Si les populations canadiennes du polystic des rochers disparaissaient, la possibilité que ces populations se rétablissent grâce à la dispersion de spores provenant d’autres populations est relativement faible. Les spores des fougères peuvent parcourir des distances remarquables (Wagner et Rouleau, 1984; Barrington, 1993), mais il semble que l’établissement et le recrutement soient difficiles pour de nombreuses espèces de fougères (Wild et coll., 2006). Les spores du polystic des rochers peuvent se disperser à des milliers de kilomètres, mais l’espèce semble avoir de la difficulté à coloniser de nouveaux sites, si on en juge d’après le nombre de sites ultramafiques de montagne qui semblent convenir à l’espèce (voir la section « Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques ») mais qui ne sont pas occupés par celle-ci (figure 5).

Figure 5. Répartition canadienne du polystic des rochers par rapport à celle des formations géologiques ultramafiques (selon les données de Wheeler et coll., 1996, et de COSEWIC, 2005). Note : les formations ultramafiques n'offrent pas toutes un habitat convenable au polystic des rochers (l'espèce ne colonise que des versants de montagne secs).
une carte de la répartition canadienne du polystic des rochers par rapport à celle des formations géologiques ultramafiques
Description longue pour la figure 5

La figure 5 montre une carte de la répartition canadienne du polystic des rochers par rapport à celle des formations géologiques ultramafiques. La majeure partie de la superficie du Canada est occupée par des milieux terrestres sans couverture permanente de glace. On trouve des formations géologiques ultramafiques le long de la côte Ouest du Canada, à la limite nord du Nunavut, à l'extrémité nord-ouest du Québec, ainsi que dans le sud­est du Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador. Les occurrences du polystic des rochers se trouvent dans le sud-ouest de la Colombie­Britannique, l'ouest de Terre-Neuve-et-Labrador et la péninsule gaspésienne, au Québec.

L’abondance de la population mondiale du polystic des rochers n’est pas connue, mais il est probable que sa population canadienne, estimée à moins de 1 000 individus (COSEWIC, 2005), corresponde à bien moins de 1 % de la population mondiale de l’espèce.

Il existe peu d’information sur les taux de variation de la répartition du polystic des rochers et de l’abondance des populations de l’espèce au Canada. Toutes les populations connues demeurent présentes, sauf celle de Terre-Neuve-et-Labrador, dont la situation est inconnue car elle n’a jamais été revue depuis sa première observation, en 1950. Étant donné que l’emplacement du site de récolte n’est pas indiqué avec précision et que le site se trouve dans un secteur très éloigné (accessible seulement par bateau), il est possible que la population ait persisté jusqu’à nos jours sans avoir été redécouverte (COSEWIC, 2005; C. Hanel, comm. pers., 2007). Les populations de la Colombie-Britannique et du Québec sont présumées stables.

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Besoins du polystic des rochers

Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat

Le polystic des rochers pousse sur des affleurements de roche ultramafique (serpentine), en montagne (Wagner, 1993). Les roches ultramafiques ont une texture granulaire et sont presque exclusivement constituées de minéraux ferromagnésiens (Longwell et coll., 1969). Les habitats associés aux affleurements de roche ultramafique présentent plusieurs caractéristiques particulières qui influent sur leur végétation :

  • les roches ultramafiques sont très érodables (Brooks, 1987);
  • la quantité d'eau disponible dans le sol est généralement réduite, l'eau étant adsorbée par les argiles à montmorillonite (Brooks, 1987);
  • les versants ultramafiques peuvent aussi renfermer un excès d'humidité sous forme de suintement, comme on observe souvent à Terre-Neuve-et-Labrador (C. Hanel, comm. pers., 2007);
  • les sols sont pauvres en azote et en phosphore, et leur rapport calcium:magnésium est faible (Kruckeberg, 1984; Brooks, 1987);
  • les sols peuvent être toxiques pour la plupart des plantes, à cause de la présence de métaux lourds tels que le chrome et le nickel (Brooks, 1987).

En Colombie-Britannique, le polystic des rochers est présent le long de la bande rocheuse ultramafique (clinopyroxénite à olivine) allant du mont Olivine au mont Grasshopper, dans la vallée de la Tulameen. Les populations de polystics des rochers se trouvent à des altitudes de 979 m à 1 768 m. La végétation présente une pauvreté caractéristique (par rapport à la forêt dense environnante) et est dominée par des espèces telles que le pin tordu (Pinus contorta), le pin à écorce blanche (Pinus albicaulis), l’aspidote touffue (Aspidotis densa), le polystic de Kruckeberg (Polystichum kruckebergii), le genévrier commun (Juniperus communis), l’orpin à feuilles lancéolées (Sedum lanceolatum), le séneçon des Rocheuses (Senecio streptanthifolius) et le raisin d’ours (Arctostaphylos uva-ursi).

Au Québec, le polystic des rochers se rencontre en montagne, sur des pentes orientées au sud, au-dessus de la limite des arbres (800 m à 900 m). La fougère pousse dans les fissures d’affleurements ultramafiques (serpentinite, dunite et pyroxénite) et à la base de grosses roches. La végétation est pauvre et dominée par l’épinette noire (Picea mariana), le bouleau nain (Betula nana), le thé du Labrador (Ledum groenlandicum), l’airelle rouge (Vaccinium vitis-idaea) et la potentille frutescente (Dasiphora floribunda). Au nombre des plantes associées, on compte des espèces endémiques locales serpentinicoles, comme la minuartie de la serpentine (Minuartia marcescens), le saule à bractées vertes (Salix chlorolepis) et la verge d’or à bractées vertes (Solidago simplex ssp. simplex var. chlorolepis), ainsi que des espèces de l’Ouest qui forment ici des populations isolées, comme l’adiante des Aléoutiennes (Adiantum aleuticum) et l’aspidote touffue (Aspidotis densa) (COSEWIC, 2005; MDDEP, 2006).

Selon la description originale du lieu de récolte, l’occurrence de Terre-Neuve-et-Labrador se trouvait sur les « versants sud d’une crête sèche de serpentine » (Wagner et Rouleau, 1984).

Le gamétophyte du polystic des rochers n’a jamais été observé au Canada, et ses besoins en matière d’habitat sont inconnus.

Rôle écologique

On ne connaît pas le rôle écologique du polystic des rochers, mais il est présumé mineur, étant donné la faible abondance des populations (tableau 1). Il est possible que l’habitat ultramafique de l’espèce lui permette de survivre dans un milieu où la compétition que lui livrent d’autres espèces végétales est faible.

Facteurs limitatifs

Plusieurs facteurs biologiques limitent le potentiel de rétablissement du polystic des rochers au Canada.

Stérilité potentielle des populations

Étant donné l’isolement extrême des populations de polystics des rochers du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador, on présume que la dispersion de spores serait à l’origine de ces populations. Cependant, dans l’État de Washington, on a trouvé des hybrides primaires diploïdes et stériles de l’espèce (plutôt que sa forme habituelle tétraploïde et fertile; Wagner et Rouleau, 1984). Comme les hybrides stériles sont incapables de se disperser ou de se reproduire au moyen de spores, ils sont totalement dépendants de la multiplication végétative. Étant donné la proximité des populations de la Colombie-Britannique par rapport à celles de l’État de Washington, il est possible qu’une partie ou l’ensemble des populations de la Colombie-Britannique soient constitués d’hybrides diploïdes stériles.

Besoins écologiques du gamétophyte

Même si les populations canadiennes de polystic des rochers se reproduisent effectivement par spores comme les autres fougères, la capacité de l’espèce à survivre et à coloniser d’autres milieux pourrait être limitée par ses besoins écologiques au stade gamétophytique, notamment quant au régime d’humidité et à la composition chimique du substrat (Given, 1993; Wild et coll., 2006). Ce facteur a souvent été invoqué pour expliquer le phénomène fréquemment observé chez les fougères, celui des « niches vides » (habitats apparemment convenables à une espèce qui ne sont pourtant pas occupés; Wild et Gagnon, 2005). En Colombie-Britannique, George Douglas n’a pas réussi à trouver de gamétophytes de polystic des rochers sur le terrain, ce qui l’a mené à émettre l’hypothèse que l’espèce se reproduisait principalement par voie végétative (COSEWIC, 2005). Cependant, il arrive assez souvent qu’on ne réussisse pas à trouver les gamétophytes d’une espèce de fougère (Farrar, 1976).

Faible capacité de compétition

Les fougères ont souvent une faible capacité de livrer compétition aux autres espèces végétales, ce qui pourrait également limiter la capacité de persistance et de colonisation du polystic des rochers (Given, 1993).

Spécificité et faible superficie de l'habitat

Comme les habitats montagnards ultramafiques sont relativement rares au Canada, il existe relativement peu d’habitat potentiel pouvant être colonisé par le polystic des rochers. De plus, l’habitat de l’espèce est intrinsèquement très fragmenté (limité à certains types d’affleurements rocheux). Il est également possible que l’espèce ait d’autres besoins en matière d’habitat, encore inconnus, aux limites de son aire de répartition, ce qui restreindrait encore son habitat potentiel.

Faible abondance des populations

La faible abondance des populations canadiennes de l’espèce (voir tableau 1) expose ces populations à un risque de disparition provoquée par des phénomènes stochastiques associés à des variables démographiques.

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Menaces

En général, les menaces locales spécifiques visent surtout les populations britanno-colombiennes du polystic des rochers. On ne connaît aucune menace locale spécifique visant la population québécoise de l’espèce, qui se trouve dans le parc national de la Gaspésie (F. Coursol, comm. pers., 2007). On ne sait pas si la population terre-neuvienne existe encore; cependant, l’emplacement historique présumé est très éloigné et n’est pas actuellement exposé à des menaces anthropiques (C. Hanel, comm. pers., 2007).

Classification des menaces

Les menaces potentielles à la survie des populations de polystics des rochers de la Colombie-Britannique comprennent l’exploitation minière, la construction routière, les ruptures de versant et les incendies graves. Les menaces auxquelles l’espèce est actuellement exposée en Colombie-Britannique comprennent la lutte contre le dendroctone du pin ponderosa (Dendroctonus ponderosae) et l’exploration minière. Les changements climatiques et la cueillette de spécimens sont des menaces potentielles dans les trois provinces. Les menaces sont résumées au tableau 3.

Tableau 3. Classification des menaces qui pèsent sur le polystic des rochers
Type de classificationType de la menaceDescription de la menaceCaractéristiques de la menace
Locale
Caractéristiques de la menace
Dans toute l'aire de répartition
1. Exploration minièreCatégorie de menacePerte ou dégradation de l'habitat, mortalité accidentelleÉtendue : Généralisée en Colombie-BritanniqueÉtendue : Généralisée en Colombie-Britannique
1. Exploration minièreMenace généraleExploration minière--
1. Exploration minièreMenace spécifiqueDestruction, élimination ou enfouissement d'individus et dégradation de l'habitat--
1. Exploration minièreStressMortalité accrue, réduction de l'abondance des populations, disparition de populations--
1. Exploration minièreOccurrence-C.-B. : anticipée
Qc : non anticipée
T.-N-L. : non anticipée
Inconnue
1. Exploration minièreFréquence-InconnueInconnue
1. Exploration minièreCertitude causale-ÉlevéeÉlevée
1. Exploration minièreGravité-ÉlevéeÉlevée
1. Exploration minièreNiveau de préoccupation-MoyenMoyen
2. Exploitation minièreCatégorie de menacePerte ou dégradation de l'habitat, mortalité accidentelleÉtendue : Généralisée en Colombie-BritanniqueÉtendue : Généralisée en Colombie-Britannique
2. Exploitation minièreMenace généraleExploitation minière--
2. Exploitation minièreMenace spécifiqueDestruction, élimination ou enfouissement d'individus et dégradation de l'habitat--
2. Exploitation minièreStressMortalité accrue, réduction de la taille des populations, disparition de populations--
2. Exploitation minièreOccurrence-C.-B. : anticipée
Qc : non anticipée
T.-N-L. : non anticipée
Inconnue
2. Exploitation minièreFréquence-InconnueInconnue
2. Exploitation minièreCertitude causale-FaibleFaible
2. Exploitation minièreSeverity-FaibleFaible
2. Exploitation minièreNiveau de préoccupation-FaibleFaible
3. Lutte contre le dendroctone du pin ponderosaCatégorie de menacePerte ou dégradation de l'habitat, mortalité accidentelleÉtendue : LocaliséeÉtendue : Localisée
3. Lutte contre le dendroctone du pin ponderosaMenace généraleRécolte d'arbres du genre Pinus comme moyen de combattre la propagation du dendroctone--
3. Lutte contre le dendroctone du pin ponderosaMenace spécifiqueDestruction ou enfouissement d'individus et dégradation de l'habitat--
3. Lutte contre le dendroctone du pin ponderosaStressMortalité accrue, réduction de l'abondance des populations, disparition de populations--
3. Lutte contre le dendroctone du pin ponderosaOccurrence-C.-B. : courante
Qc : non anticipée
T.-N-L.: non anticipée
-
3. Lutte contre le dendroctone du pin ponderosaFréquence-Unique-
3. Lutte contre le dendroctone du pin ponderosaCertitude causale-Faible-
3. Lutte contre le dendroctone du pin ponderosaGravité-Élevée-
3. Lutte contre le dendroctone du pin ponderosaNiveau de préoccupation-MoyenMoyen
4. Construction routièreCatégorie de menacePerte ou dégradation de l'habitat, mortalité accidentelleÉtendue : Généralisée en Colombie-BritanniqueÉtendue : Généralisée en Colombie-Britannique
4. Construction routièreMenace généraleConstruction routière--
4. Construction routièreMenace spécifiqueDestruction, élimination ou enfouissement d'individus et dégradation de l'habitat--
4. Construction routièreStressMortalité accrue, réduction de l'abondance des populations, disparition de populations--
4. Construction routièreOccurrence-C.-B. : anticipée
Qc : non anticipée
T.-N-L. : non anticipée
Inconnue
4. Construction routièreFréquence-UniqueUnique
4. Construction routièreCertitude causale-ÉlevéeÉlevée
4. Construction routièreGravité-ÉlevéeÉlevée
4. Construction routièreNiveau de préoccupation-MoyenMoyen
5. Changements climatiquesCatégorie de menaceClimat et catastrophes naturellesÉtendue : GénéraliséeÉtendue : Généralisée
5. Changements climatiquesMenace généraleChangements climatiques--
5. Changements climatiquesMenace spécifiqueRisque d'augmentation de la fréquence et de la longueur des périodes de sécheresse--
5. Changements climatiquesStressSuccès de reproduction médiocre, mortalité accrue, réduction de l'abondance des populations, disparition de populations--
5. Changements climatiquesOccurrence--Courante
5. Changements climatiquesFréquence--Saisonnière
5. Changements climatiquesCertitude causale--Faible
5. Changements climatiquesGravité--Inconnue
5. Changements climatiquesNiveau de préoccupation-FaibleFaible
6. Ruptures de versantCatégorie de menaceRuptures de versantÉtendue : GénéraliséeÉtendue : Généralisée
6. Ruptures de versantMenace généraleRuptures de versant--
6. Ruptures de versantMenace spécifiqueDestruction, enfouissement et déracinement d'individus--
6. Ruptures de versantStressMortalité accrue, réduction de la taille des populations, disparition de populations--
6. Ruptures de versantOccurrence--Anticipée
6. Ruptures de versantFréquence--Récurrente
6. Ruptures de versantCertitude causale--Faible
6. Ruptures de versantGravité--Élevée
6. Ruptures de versantNiveau de préoccupation-FaibleFaible
7. Incendies gravesCatégorie de menaceClimat et catastrophes naturellesÉtendue : GénéraliséeÉtendue : Généralisée
7. Incendies gravesIncendies gravesDestruction d'individus--
7. Incendies gravesMenace spécifiqueDestruction d'individus--
7. Incendies gravesStressSuccès de reproduction médiocre, mortalité accrue, réduction de l'abondance des populations, disparition de populations--
7. Incendies gravesOccurrence-C.-B. : anticipée
Qc : non anticipée
T.-N-L. : non anticipée
Anticipée
7. Incendies gravesFréquence--Récurrente
7. Incendies gravesCertitude causale--Faible
7. Incendies gravesGravité--Élevée
7. Incendies gravesNiveau de préoccupation-FaibleFaible
8. Cueillette de spécimensCatégorie de menacePerturbation ou persécutionÉtendue : GénéraliséeÉtendue : Généralisée
8. Cueillette de spécimensMenace généraleDestruction sélective--
8. Cueillette de spécimensMenace spécifiqueCueillette de spécimens--
8. Cueillette de spécimensStressRéduction de l'abondance des populations, disparition de populations--
8. Cueillette de spécimensOccurrence--Anticipée
8. Cueillette de spécimensFréquence--Inconnue
8. Cueillette de spécimensCertitude causale--Moyenne
8. Cueillette de spécimensGravité-Modérée au CanadaModérée au Canada
8. Cueillette de spécimensNiveau de préoccupation-FaibleFaible

C.-B. = Colombie-Britannique; T.-N-L.= Terre-Neuve-et-Labrador; Qc = Québec

Description des menaces

Exploitation minière

L'exploitation minière a été reconnue comme étant la principale menace potentielle pesant sur le polystic des rochers en Colombie-Britannique (COSEWIC, 2005). La société d'exploration minière Bright Star Ventures (qui n'est plus cotée en bourse) ne semble pas être encore active dans le secteur, alors qu'elle l'était au moment de la rédaction du rapport de situation (COSEWIC, 2005). Malgré plusieurs dizaines d'années d'exploration intensive, la plupart des sites prometteurs n'ont pas été mis en valeur. L'exploitation minière n'est pas considérée comme une menace pour les populations de polystics des rochers du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador.

Exploration minière

L’exploration minière en cours dans la région de Tulameen semble constituer une plus grave menace que l’exploitation minière pour les populations de polystics des rochers de la Colombie-Britannique. La figure 6 indique les sites d’exploitation minière passée ou actuelle se trouvant à proximité de populations de polystics des rochers. L’exploitation et l’exploration minières ne sont pas considérées comme des menaces pour les populations de polystics des rochers du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador.

Figure 6. Sites miniers se trouvant à proximité de populations de polystics des rochers en Colombie-Britannique. Source : B.C. MEMPR (2007).
une carte des sites miniers se trouvant à proximité de populations de polystics des rochers en Colombie-Britannique
Description longue pour la figure 6

La figure 6 montre une carte des sites miniers se trouvant à proximité de populations de polystics des rochers en Colombie-Britannique. L'emplacement des populations de polystics des rochers du mont Olivine, du ruisseau Britton et du mont Grasshopper est indiqué sur la figure. Le long de la rivière Tulameen et de ses tributaires ainsi que dans la région avoisinante, il y a environ 9 sites de prospection minière, 17 sites miniers actifs et 4 sites anciennement exploités.

Lutte contre le dendroctone du pin ponderosa

En Colombie-Britannique, la zone d’approvisionnement forestier de Merritt connaît une augmentation exponentielle des attaques de dendroctone du pin ponderosa, et le Ministry of Forests and Range de la province a adopté une stratégie « agressive et proactive » pour repérer et combattre cet insecte destructeur (Senger, 2006). Dans le cadre de cette stratégie, le ministère a fixé comme cible que les détenteurs de concession forestière effectuent 212 524 m3 de coupes de récupération et d’assainissement en 2006-2007 dans la Tulameen Landscape Unit, unité de paysage où se trouvent les trois populations connues de polystic des rochers de la Colombie-Britannique (Senger, 2006). Cependant, ces trois populations occupent moins de 2 ha de la Tulameen Landscape Unit, et on ne sait pas quelle proportion du territoire visé risque de chevaucher des secteurs où se trouvent les populations.

Les coupes de récupération de cette nature peuvent détruire l’habitat en perturbant le sol et les roches. Des individus de l’espèce risquent également d’être détruits par la machinerie lourde et enfouis sous la terre et les roches ainsi perturbées. La lutte contre le dendroctone ne constitue pas une menace pour les populations du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador.

Construction routière

La construction routière est une menace potentielle pour les populations de polystics des rochers de la Colombie-Britannique si elle a lieu à proximité de ces populations. La construction de chemins d’exploration minière n’est pas aussi réglementée que celle de chemins forestiers et elle peut causer davantage de destruction de l’habitat. La construction routière ne constitue pas une menace pour les populations du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador.

Changements climatiques

Il est difficile d’évaluer les effets possibles des changements climatiques sur les populations de polystics des rochers. La modification du régime climatique peut se révéler favorable aux populations en créant des conditions ressemblant davantage à celles observées dans le centre de l’aire de répartition de l’espèce, mais elle peut aussi accroître le risque de conditions climatiques extrêmes pouvant réduire la viabilité des populations, en augmentant par exemple la gravité des sécheresses. Les changements climatiques constituent une menace potentielle pour l’espèce dans toute son aire de répartition.

Ruptures de versant

En raison de la nature colluviale du sol, certaines des populations risquent d’être éradiquées par de graves ruptures de versant. On ne sait pas quelles populations sont les plus exposées à cette menace potentielle, mais la menace pèse sur toutes les populations canadiennes.

Incendies graves

De graves incendies pourraient éradiquer les populations de polystics des rochers de la Colombie-Britannique, car ces populations se trouvent dans des secteurs où des incendies assez graves pour provoquer un remplacement du peuplement forestier sont susceptibles de survenir tous les 4 à 50 ans ou tous les 100 ans; ces incendies constituent des perturbations naturelles de types 3 et 4 (Senger, 2006).

La population de polystics des rochers du Québec est moins exposée à cette menace, parce qu’elle se trouve au-dessus de la limite des arbres (COSEWIC, 2005). La population de Terre-Neuve-et-Labrador, si elle existe toujours, n’est probablement pas menacée par des incendies graves, en raison du climat de la région (C. Hanel, comm. pers., 2007).

Cueillette de spécimens

Étant donné la faible abondance des populations canadiennes de polystics des rochers (tableau 1), la cueillette inconsidérée de spécimens botaniques dans les populations existantes pourrait avoir un impact appréciable sur l’abondance de ces populations. Cette menace potentielle demeure d’importance mineure pour toutes les populations canadiennes, qui sont situées dans des lieux reculés, ou à tout le moins éloignés des endroits fréquentés par les humains.

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Mesures déjà achevées ou en cours

Un plan de conservation préliminaire a été élaboré pour la population québécoise de l’espèce (MDDEP, 2006). En 2000, on a cherché à retrouver la population historique de Terre-Neuve-et-Labrador, avec la participation de 7 personnes pendant une journée. Aucune mesure de rétablissement particulière n’a été achevée ou entreprise en Colombie-Britannique.

Lacunes dans les connaissances

Au Canada, les mesures visant à rétablir le polystic des rochers sont limitées par plusieurs lacunes dans les connaissances. Ces lacunes sont exposées ci-dessous.

Répartition du polystic des rochers au Canada

La probabilité de trouver des populations additionnelles de l’espèce en Colombie-Britannique est relativement élevée. Les populations connues se trouvent dans des sites montagnards ultramafiques. Ces sites ont beaucoup attiré l’attention des botanistes, mais les populations de polystics des rochers peuvent facilement passer inaperçues, surtout en présence d’autres espèces du genre Polystichum et notamment d’une espèce plus commune, le polystic de Kruckeberg (P. kruckebergii), présent dans la région. De plus, certains sites ultramafiques se trouvent dans des secteurs montagneux peu accessibles qui n’ont probablement pas été autant fouillés que les autres.

Il faudrait mener des relevés supplémentaires pour pouvoir déterminer si la population historique de Terre-Neuve-et-Labrador existe toujours. Relativement peu de relevés ont été menés dans le secteur, qui est éloigné et n’est accessible que par bateau (C. Hanel, comm. pers., 2007). De plus, le seul spécimen de polystic des rochers à avoir été récolté à Terre-Neuve-et-Labrador avait d’abord été identifié comme étant un spécimen de polystic de Braun (Polystichum braunii), et l’erreur n’a été corrigée qu’en 1978 (Wagner et Rouleau, 1984).

La découverte de populations additionnelles de polystic des rochers au Québec est relativement improbable, étant donné les relevés intensifs déjà menés dans les sites ultramafiques (G. Hall et F. Coursol, comm. pers. par l’entremise de M. Wild, 2007).

Écologie du gamétophyte

On ne connaît pas l’importance du stade gamétophytique pour la reproduction du polystic des rochers au Canada, ni les besoins du gamétophyte en matière d’habitat, le cas échéant (aucun gamétophyte de l’espèce n’a jamais été observé au Canada). L’information sur l’écologie du gamétophyte influerait sur les mesures de rétablissement et permettrait une définition plus précise de l’habitat essentiel.

Multiplication végétative

On ne connaît pas l’importance de la multiplication végétative pour la persistance, la croissance et la dispersion de l’espèce. Si la multiplication végétative constitue le principal moyen de reproduction, comme le laisse croire le rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2005), cela influera sur les mesures de rétablissement et sur l’estimation de la viabilité des populations.

Génétique des populations canadiennes

Il faudrait des études pour déterminer si les populations canadiennes sont constituées de la forme tétraploïde fertile normale du polystic des rochers ou de sa forme diploïde stérile (Wagner et Rouleau, 1984). Cette information influerait sur les mesures de rétablissement et sur l’estimation de la viabilité des populations.

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Rétablissement

Caractère réalisable du rétablissement

Le rétablissement du polystic des rochers au Canada est réalisable, selon les critères suivants :

  • Des sporophytes adultes capables de multiplication végétative (et peut-être de reproduction sexuée) sont actuellement disponibles pour améliorer le taux de croissance et l’abondance des populations.
  • Suffisamment d’habitat convenable est disponible pour le maintien de l’espèce (selon ce qu’on sait de ses besoins en matière d’habitat).
  • Les principales menaces pesant sur l’espèce ou son habitat peuvent être atténuées ou évitées.
  • Les techniques de rétablissement nécessaires existent, et leur efficacité a été démontrée dans la plupart des cas.

But du rétablissement

Le but du rétablissement du polystic des rochers est de protéger et de maintenir toutes les populations connues Note de bas de page1 de l’espèce au Canada.

Justification du but du rétablissement

Le but du rétablissement consiste essentiellement à assurer la survie de l’espèce au Canada. La répartition de l’espèce au Canada est très restreinte et l’a été historiquement. Les populations sont exposées à certaines menaces, mais le potentiel de rétablissement du polystic des rochers est principalement limité par les facteurs biologiques décrits dans la section « Facteurs limitatifs ».

Objectifs du rétablissement

Le but du rétablissement est appuyé par les objectifs suivants (qui devraient être atteints d’ici 2014) :

  1. Assurer la protection à long terme des populations existantes et de leur habitat (zones d’occupation plus habitat essentiel adéquat);
  2. Préciser la répartition actuelle de l’espèce au Canada;
  3. Combler les lacunes dans les connaissances relatives aux tendances des populations existantes, à leurs caractéristiques démographiques et au cycle de vie (survie et reproduction);
  4. Déterminer si une augmentation des populations est nécessaire et, le cas échéant, élaborer et mettre à l’essai des techniques permettant d’établir des populations dans les sites existants et historiques.

Approches recommandées pour l'atteinte des objectifs du rétablissement

Tableau de planification du rétablissement

La planification du rétablissement du polystic des rochers est résumée au tableau 4.

Tableau 4a. Tableau de planification du rétablissement du polystic des rochers
Objectif 1 : Assurer la protection à long terme des populations existantes et de leur habitat (zones d'occupation plus habitat essentiel adéquat)
PrioritéMenace ou préoccupation viséeStratégie générale visant à atténuer les menacesApproche recommandée pour l'atteinte des objectifs du rétablissement
ÉlevéeExploration et exploitation minières, lutte contre le dendroctone du pin ponderosa, construction routière, ruptures de versant, incendies gravesProtection de l'habitat et de l'espèce, gestion de l'habitat et de l'espèce, intendance, recherche, application de la loi, coordination, communication et sensibilisation
  • Désigner les terres de la Couronne où se trouvent les populations de la Colombie Britannique à des fins de conservation des ressources naturelles, en vertu de l'article 17 de la Land Act de cette province, afin d'informer les utilisateurs des terres des endroits où pousse l'espèce.
  • Désigner le polystic des rochers à titre d'espèce en péril (species at risk) aux termes de la Forest and Range Practices Act de la Colombie Britannique et établir les zones d'habitat d'espèces sauvages (wildlife habitat areas) requises.
  • Déterminer la superficie d'habitat requise pour une protection adéquate des populations (y compris celles qui se trouvent sur des versants instables).
  • Communiquer avec le Ministry of Forests and Range et le Ministry of Energy, Mines and Petroleum Resources de la Colombie Britannique et aider ces ministères à élaborer un plan de construction routière adéquat.
  • Aider le Ministry of Forests and Range de la Colombie-Britannique à élaborer un plan d'aménagement des sites pour le secteur.
  • Élaborer pour les populations de la Colombie Britannique un plan d'aménagement incluant des lignes directrices visant à :
    • atténuer les effets de la lutte contre le dendroctone sur les populations de polystics des rochers;
    • gérer le risque de disparition de populations associé aux incendies graves.
FaibleCueillette de spécimensCommunication et sensibilisation
  • Sensibiliser les cueilleurs de spécimens végétaux à la nécessité de protéger l'espèce et son habitat.
Tableau 4b. Tableau de planification du rétablissement du polystic des rochers
Objectif 2
: Préciser la répartition actuelle de l'espèce au Canada
PrioritéMenace ou préoccupation viséeStratégie générale visant à atténuer les menacesApproche recommandée pour l'atteinte des objectifs du rétablissement
MoyenneLacunes dans les connaissancesInventaire, communication et sensibilisation
  • T.-N : mener des relevés additionnels en vue de retrouver l’espèce dans son emplacement historique présumé.
  • C.-B. : repérer des secteurs d’habitat potentiel dans le sud de la province en utilisant des cartes géologiques détaillées et des photographies aériennes; mener des relevés dans ces secteurs.
  • C.-B. : communiquer avec le Ministry of Energy, Mines and Petroleum Resources au sujet des emplacements de l’espèce dans le contexte de l’exploration et de l’exploitation minières.
  • C.-B. : communiquer avec le Ministry of Forests and Range au sujet des emplacements de l’espèce dans le contexte de la construction routière et de la lutte contre le dendroctone.
  • Qc : effectuer des relevés sur les versants sud qui n’ont pas encore été fouillés.
  • Fournir aux botanistes de terrain des descriptions du polystic des rochers et de son habitat.
Tableau 4c. Tableau de planification du rétablissement du polystic des rochers
Objectif 3 :
Combler les lacunes dans les connaissances relatives aux tendances des populations existantes, à leurs caractéristiques démographiques et au cycle de vie (taux de survie et de reproduction) de l'espèce
PrioritéMenace ou préoccupation viséeStratégie générale visant à atténuer les menacesApproche recommandée pour l'atteinte des objectifs du rétablissement
MoyenneLacunes dans les connaissancesRecherche, inventaire et suivi
  • Élaborer un programme de recherche visant à estimer la viabilité des populations existantes.
  • Réaliser des études visant à estimer les paramètres critiques pour la viabilité des populations, dont :
    • abondance et structure (et tendances) des populations;
    • paramètres démographiques (déterminer les taux de survie et de fécondité des gamétophytes, vérifier au moyen de relevés la présence de gamétophytes dans toutes les populations existantes, évaluer l’importance des divers modes de dispersion, etc.);
    • paramètres génétiques (déterminer si les populations sont constituées d’hybrides diploïdes stériles ou de tétraploïdes fertiles).
Tableau 4d. Tableau de planification du rétablissement du polystic des rochers
Objectif 4 :
Déterminer si une augmentation des populations est nécessaire et, le cas échéant, élaborer et mettre à l'essai des techniques permettant d'établir des populations dans les sites existants et historiques
PrioritéMenace ou préoccupation viséeStratégie générale visant à atténuer les menacesApproche recommandée pour l'atteinte des objectifs du rétablissement
FaibleChangements climatiques
(et but du rétablissement en général)
Recherche, multiplication
  • Évaluer l’opportunité d’une réintroduction.
  • Délimiter l’habitat potentiel s’il y a lieu.
  • Mener des études en serre sur la possibilité de multiplier l’espèce à partir de spores récoltées sur le terrain, de spores provenant d’une banque de spores ou de propagules végétatives.
  • Mener des études sur le terrain pour évaluer les méthodes de transplantation des sujets obtenus en serre pour accroître l’abondance de la population.

C.-B. = Colombie-Britannique; T.-N. = Terre-Neuve-et-Labrador; Qc = Québec.

Description du tableau de planification du rétablissement

Dans le tableau de planification, le premier objectif de priorité élevée est de protéger les populations canadiennes du polystic des rochers et leur habitat. Cet objectif concerne la majorité des menaces auxquelles l’espèce est exposée et vise à empêcher que des populations disparaissent à court terme à cause d’activités humaines. La plupart des approches de rétablissement s’appliquent avant tout aux populations de la Colombie-Britannique. Bien que ces populations soient situées sur des terres de la Couronne, elles ne font l’objet d’aucune mesure d’intendance et ne jouissent d’aucune protection particulière.

Le premier objectif de priorité moyenne est de préciser la répartition canadienne de l’espèce. La découverte de populations additionnelles de polystic des rochers (ou la redécouverte de la population historique de Terre-Neuve-et-Labrador) pourrait influer sur le statut de l’espèce et sur les précisions à apporter aux objectifs du rétablissement. Au Canada, les habitats ultramafiques ont fait l’objet de relevés botaniques approfondis, mais le polystic des rochers peut être confondu sur le terrain avec les autres espèces de Polystichum poussant dans les mêmes secteurs. En Colombie-Britannique, le polystic des rochers peut facilement être confondu avec une espèce plus commune figurant sur la liste bleue, le polystic de Kruckeberg (Polystichum kruckebergii). À Terre-Neuve-et-Labrador, le spécimen de polystic des rochers qui avait été récolté en 1950 a d’abord été pris pour un spécimen de Polystichum braunii, et l’erreur n’a été corrigée que 28 ans plus tard (Wagner et Rouleau, 1984). Des relevés de terrain ciblant spécifiquement l’espèce pourraient donc révéler des occurrences additionnelles. Du point de vue des inventaires, le Québec est moins prioritaire, puisque des recherches approfondies ont été menées dans les habitats ultramafiques et qu’aucune autre espèce de Polystichum ne pousse dans ces habitats au Québec (G. Hall et F. Coursol, comm. pers. par l’entremise de M. Wild, 2007).

Le deuxième objectif de priorité moyenne est d’estimer la viabilité des populations existantes. Cet objectif vise à combler plusieurs des lacunes dans les connaissances reliées au rétablissement du polystic des rochers.

Lorsque la biologie et la démographie du polystic des rochers seront mieux connues, on pourra formuler des objectifs plus spécifiques en vue d’atteindre le but du rétablissement de l’espèce au Canada.

Un dernier objectif, de faible priorité, est de déterminer si un accroissement des populations est nécessaire et, s’il y a lieu, d’élaborer et mettre à l’essai des techniques permettant d’établir des populations dans les sites existants et dans le site historique. Given (1993) recommande le maintien de collections vivantes hors site et de matériel génétique des diverses espèces de fougères, comme mesure de secours en cas d’échec des mesures de conservation in situ que devrait assurer la protection des habitats naturels. Ces techniques seraient nécessaires si les objectifs en matière de population étaient modifiés et ciblaient plutôt une augmentation des populations (si des données additionnelles sur la viabilité des populations le justifiaient, par exemple).

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Mesure des progrès

Les critères de rendement suivants serviront à déterminer dans quelle mesure la stratégie de rétablissement a permis d’atteindre les objectifs :

  • Un suivi des populations indique que les nombres d’individus présents dans les sites existants connus sont stables ou ont augmenté (d’ici 2014);
  • De l’habitat convenable pour de nouvelles populations, en Colombie-Britannique, ou pour la population historique, à Terre-Neuve-et-Labrador, a été relevé et documenté (d’ici 2014);
  • Les variations démographiques et le cycle biologique (survie et reproduction) des populations existantes ont été étudiés (d’ici 2014);
  • Un examen des variations démographiques et du cycle biologique des populations a permis de déterminer s’il y a lieu d’accroître l’abondance des populations dans l’une ou l’autre des provinces où l’espèce est présente (d’ici 2014);
  • Les sites connus du polystic des rochers en Colombie-Britannique sont reconnus par les gestionnaires du Ministry of Forests and Range de cette province et inclus dans leurs plans d’aménagement des forêts et des grands pâturages, en matière de protection incendie et de lutte contre le dendroctone du pin ponderosa (d’ici 2014).

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Habitat essentiel

Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

Aucun habitat essentiel aux termes de la Loi sur les espèces en péril fédérale ne sera proposé jusqu’à ce que les lacunes existant dans les données soient comblées et que la consultation soit terminée. On sait relativement peu de choses sur les besoins spécifiques du polystic des rochers en matière d’habitat et sur la répartition de l’espèce, et il faudra réaliser d’autres travaux plus concluants avant de proposer officiellement des sites comme étant de l’habitat essentiel. Il est prévu que l’habitat essentiel sera proposé suivant la consultation et l’élaboration de mesures d’intendance en collaboration avec les propriétaires fonciers et les organisations touchés ainsi que l’achèvement des études requises pour déterminer, s’il y a lieu, les besoins spécifiques de l’espèce en matière d’habitat et de superficie.

Aucun habitat essentiel ne sera proposé à Terre-Neuve-et-Labrador, sauf s’il y a confirmation que la population historique connue de l’espèce existe toujours. En pareil cas, l’habitat essentiel proposé sera abordé dans le cadre d’un calendrier d’études faisant partie d’un plan d’action pour l’espèce.

Calendrier des études recommandé visant à désigner l'habitat essentiel

Des renseignements supplémentaires sont requis pour qu’on puisse définir l’habitat essentiel du polystic des rochers en Colombie-Britannique. Plusieurs études devraient être réalisées d’ici cinq ans pour qu’on puisse formuler des recommandations plus précises en matière d’habitat essentiel (tableau 5).

Tableau 5. Calendrier des études.
Description de l'activitéRésultat/justificationÉchéancier
À l'aide de techniques éprouvées d'inventaire et de cartographie, préciser les limites de l'habitat occupé par chacune des populations canadiennes existantes.Il faut cartographier les zones d'occupation existantes pour pouvoir définir l'habitat essentiel.2009–2014
Recenser les caractéristiques de l'habitat dans chaque site existant.Il faut déterminer les caractéristiques biotiques et abiotiques de l'habitat essentiel2009-2014
Réaliser un relevé des populations existantes à Terre-Neuve-et-Labrador.Les zones d'occupation de nouvelles populations devraient être envisagées comme habitat essentiel.2009–2014
Réaliser un inventaire des populations additionnelles pouvant exister en Colombie Britannique.Les zones d'occupation de nouvelles populations devraient être envisagées comme habitat essentiel.2009–2014

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Approches existantes et recommandées en matière de protection de l'habitat

La population de polystics des rochers du Québec est protégée par le fait qu’elle se trouve dans un parc provincial, le parc national de la Gaspésie, et un plan de conservation a été rédigé pour l’espèce. Les populations de la Colombie-Britannique se trouvent sur des terres de la Couronne provinciales, mais leur habitat ne jouit d’aucune protection officielle. Les approches suivantes sont recommandées pour la protection de l’habitat en Colombie-Britannique :

  • Reconnaître le polystic des rochers comme espèce en péril (species at risk) aux termes de la Forest and Range Practices Act de la Colombie-Britannique et établir les zones d’habitat d’espèces sauvages (Wildlife Habitat Areas) nécessaires;
  • Chercher à obtenir des désignations de conservation des ressources naturelles aux termes de l’article 17 de la Land Act, afin que les utilisateurs des terres soient informés des emplacements du polystic des rochers;
  • Faciliter l’élaboration d’un plan de construction routière adéquat pour les secteurs où pousse le polystic des rochers, avec le Ministry of Forests and Range et le Ministry of Energy, Mines and Petroleum Resources de la Colombie-Britannique;
  • Communiquer le plan de construction routière aux entrepreneurs forestiers et miniers;
  • Aider le Ministry of Forests and Range de la Colombie-Britannique à élaborer des plans de protection et d’aménagement pour les sites existants connus du polystic des rochers.

On croit que la population historique de Terre-Neuve-et-Labrador se trouve sur des terres de la Couronne provinciales (C. Hanel, comm. pers., 2007), où son habitat ne jouit d’aucune protection particulière.

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Effets sur les espèces non ciblées

En Colombie-Britannique, le polystic des rochers est présent dans les mêmes habitats que le polystic de Kruckeberg (Polystichum kruckebergii), qui a été placé sur la liste rouge de la province par le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique (B.C. CDC, 2007) et a été coté S1 (gravement en péril) par NatureServe (2007). Cependant, cette espèce est répandue dans le secteur, où ses sites chevauchent les sites moins étendus du polystic des rochers. Les populations de polystics des rochers se trouvent également dans une région où il y a eu plusieurs observations du castor de montagne (Aplodontia rufa), considéré comme une espèce vulnérable (liste bleue) en Colombie-Britannique (B.C. CDC, 2007) et comme une espèce préoccupante au Canada (COSEWIC, 2005). L’habitat du castor de montagne est plus humide que l’habitat occupé par le polystic des rochers. Cependant, on prévoit que les activités de rétablissement visant chaque espèce auront un effet positif sur les espèces rares associées et leurs communautés, en assurant une protection locale de leur habitat. Au Québec, les activités de rétablissement ne devraient pas avoir d’effet sur d’autres espèces, car l’habitat y jouit déjà d’une protection. À Terre-Neuve-et-Labrador également, les activités de rétablissement ne devraient pas avoir d’effet sur d’autres espèces.

Considérations socio-économiques

En Colombie-Britannique, les activités de rétablissement pourraient avoir des effets négatifs sur les intérêts miniers, mais ces effets devraient être faibles. Au Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador, les activités de rétablissement devraient avoir un impact socio-économique négligeable.

Approche recommandée pour la mise en œuvre du rétablissement

Comme le rétablissement du polystic des rochers concerne trois provinces, lesquelles ont adopté des lois, règlements, politiques et priorités différents en matière d’espèces en péril, il est recommandé que chaque province prépare un plan d'action conforme à son propre programme. On trouvera au tableau 6 des précisions sur l'approche recommandée.

Tableau 6. Approche de mise en œuvre du rétablissement
ProvinceAutorités responsableReprésentant fédéralType de plan d'action
Colombie-BritanniqueGouvernement de la Colombie-BritanniqueEnvironnement Canada, Service canadien de la faune (région du Pacifique et du Yukon)Monospécifique
QuébecGouvernement du QuébecEnvironnement Canada, Service canadien de la faune (région du Québec)Monospécifique ou plurispécifique
Terre-Neuve-et-LabradorGouvernement de Terre-Neuve-et-LabradorEnvironnement Canada, Service canadien de la faune (région de l'Atlantique)Monospécifique (s'il y a lieu)

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Énoncé sur les plans d'action

Des plans d’action appuyant le présent programme de rétablissement devraient être achevés conformément à l’approche décrite au tableau 6, selon l’échéancier suivant :

  • d’ici 2014 en Colombie-Britannique;
  • d’ici 2014 au Québec;
  • à Terre-Neuve-et-Labrador, si la présence de l’espèce est confirmée, le gouvernement provincial envisagera d’inscrire l’espèce en vertu de la Newfoundland and Labrador Endangered Species Act. Si l’espèce est ainsi inscrite à titre d’espèce « menacée » (Threatened) ou « en voie de disparition » (Endangered), un plan de rétablissement devra être élaboré, cependant la province peut adopter un plan national s’il en existe un. Le calendrier pour l’élaboration d’un plan d’action devrait être d’environ 2 ans à compter de la date d’inscription légale. Si la présence du polystic des rochers est confirmée mais que l’espèce n’est pas inscrite en vertu de la loi provinciale, le gouvernement provincial consultera le gouvernement fédéral pour ce qui concerne la conservation de l’espèce.

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Références

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Note de bas de page - Partie 2

Note de bas de page 1

Les « populations connues » inclueront elle de Terre-Neuve-et-Labrador, si elle est retrouvée.

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