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Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur le Râle jaune au Canada

Évaluation et statut proposé

On estime en gros à quelques milliers le nombre de couples de Râles jaunes qui nichent dans la région de la baie d’Hudson et de la baie James, à 2 000 ceux qui nichent ailleurs au Canada, et à 600-750 ceux qui nichent aux États-Unis. Hors de la région de la baie d’Hudson et de la baie James, les lieux de reproduction sont largement dispersés. La disparition des milieux humides est un sujet de préoccupation dans la plus grande partie de l’Amérique du Nord. Les espèces animales et végétales associées aux milieux humides sont souvent considérées comme soulevant des préoccupations particulières. Parmi ces espèces, le Râle jaune est particulièrement vulnérable parce que l’habitat des milieux humides spécifiques qu’il utilise est habituellement le plus facile à convertir aux fins de diverses activités humaines, et donc le premier à l’être.

La population a diminué et continue de diminuer, quoique plus lentement, partout dans la partie méridionale de l’aire. Dans le reste de l’aire, soit la région de la baie d’Hudson et de la baie James, l’habitat pourrait aussi diminuer dans certains secteurs, ce que ne peut qu’aggraver le problème causé par les Oies des neiges. L’aire d’hivernage, relativement petite, diminue elle aussi. Dans l’ensemble, l’habitat semble disparaître à un rythme lent à modéré; cependant, si l’on ne peut qualifier ce rythme de rapide, il a selon toute vraisemblance été plus rapide au début du siècle dans la majeure partie de l’aire de répartition située au sud de la région de la baie d’Hudson et de la baie James. La disparition de l’habitat est attribuable avant tout aux activités humaines, directes (p. ex. le drainage des milieux humides) ou indirectes (p. ex. les Oies des neiges), et on peut sans crainte affirmer qu’il diminue encore aujourd’hui. Comme ce déclin est sans doute plus lent aujourd’hui, et que l’espèce n’est certes pas vouée à une disparition imminente, il serait injustifié de lui attribuer le statut d’espèce en voie de disparition. La taille relativement petite de son aire d’hivernage, combinée aux énormes pressions auxquelles est soumis son habitat, pourrait sans doute devenir le principal facteur limitatif, si ce n’est pas déjà le cas.

Pour l’heure, les renseignements dont nous disposons ne nous permettent pas de savoir si le Râle jaune est condamné à disparaître si les tendances actuelles touchant les lieux d’hivernage et de reproduction ne sont pas renversées. Néanmoins, il semble peu vraisemblable que l’espèce disparaisse au cours des prochaines décennies.

Compte tenu des discussions en cours sur les critères de sélection des espèces en péril au Canada, nous avons jugé qu’il pourrait être instructif d’appliquer à l’espèce les critères de l’UICN à l’échelle nationale. Selon nous, la population nicheuse du Canada pourrait décliner de 20 p.100 au cours des 10 prochaines années (critère A pour les espèces vulnérables), mais dans les circonstances actuelles, cela pourrait prendre un peu plus de temps (p. ex. 15-20 ans). En outre, la population nicheuse totale au Canada pourrait compter moins de 10 000 individus (critères C pour les espèces vulnérables). Par conséquent, en vertu des critères de l’UICN, il serait tout à fait justifié d’attribuer au Râle jaune le statut d’espèce quasi-vulnérable, sinon celui d’espèce vulnérable.

Le Râle jaune n’est pas coté par l’UICN (à l’échelle mondiale), mais compte tenu des nouvelles informations présentées dans ce rapport, on pourrait appliquer, à l’échelle mondiale, les mêmes critères que ceux qui ont été appliqués au Canada, et attribuer à l’espèce le statut d’espèce quasi-vulnérable, voire vulnérable. (La population nicheuse des États-Unis compte un nombre relativement peu élevé de couples par rapport à la grande population canadienne, et le déclin des populations dans ce pays a été plus prononcé qu’au Canada et continue probablement de l’être.)