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Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur le Râle jaune au Canada

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COSEPAC
Résumé
du Rapport de situation de 1999

Râle jaune
Coturnicops noveboracensis

Description

Le Râle jaune (Coturnicops noveboracensis) ressemble à un poussin d’une semaine. Sa petite taille, son plumage chamois marqué de noir et de blanc, sa queue très courte, son sourcil clair et son petit bec font penser à une caille, d’où le nom du genre, Coturnicops, qui signifie « qui a l’apparence d’une caille ». Il s’agit d’un des plus petits râles au monde, avec une masse de 60 g seulement (les femelles sont un peu moins lourdes) et une longueur de 15 à 19 cm (soit un peu plus que le Moineau domestique [Passer domesticus]). Le bout des rémiges secondaires est blanc, et on peut apercevoir une tache blanche sur l’aile lorsque l’oiseau vole. Comme chez tous les râles, le corps est comprimé latéralement et les longs doigts permettent à l’oiseau de se déplacer facilement dans la végétation aquatique.

On confond parfois le Râle jaune, jeune ou adulte, avec la Marouette de Caroline (Porzana carolina), leurs aires de reproduction se chevauchant largement au Canada. La Marouette adulte a toutefois la face et la gorge noires, et la poitrine grise. Chez cette dernière espèce, les adultes et les jeunes ont en outre le dos orné de rayures longitudinales, alors que chez le Râle jaune, ces rayures sont transversales. L’absence de tache blanche sur l’aile de la Marouette de Caroline jeune ou adulte constitue également un excellent moyen de distinguer les deux espèces en vol.

Répartition

Sauf dans une très petite région du Mexique, où nicheraient quelques oiseaux, le Râle jaune se reproduit exclusivement au Canada et dans le nord des États-Unis. Il hiverne aux États-Unis, près de la côte est, depuis la Caroline du Nord jusque dans l’est du Texas. Ses sites de nidification, mal connus, seraient très localisés et disjoints.

Taille et tendances des populations

Selon les auteurs, quelques milliers de couples nicheraient dans la région de la baie d’Hudson et de la baie James, et environ 2 000 autres ailleurs au Canada. Entre 600 et 750 couples nicheraient aux États-Unis. L’habitat a diminué dans toute l’aire de reproduction du Sud, et il diminue encore aujourd’hui, quoique à un rythme plus lent. Il pourrait aussi rétrécir dans certains secteurs de la région de la baie d’Hudson et de la baie James à cause des ravages causés par l’Oie des neiges (Chen caerulescens). Les aires d’hivernage, de taille relativement réduite, diminuent elles aussi.

Habitat

Le Râle jaune niche habituellement dans les marais où dominent les Cypéracées, les Graminées et les Joncacées, où il y a peu ou pas d’eau dormante (en général 0 à 12 cm de profondeur), et dont le sol reste saturé pendant tout l’été. On peut le trouver dans les champs et les prés humides, dans la plaine inondable des rivières et des ruisseaux, dans l’herbaçaie des tourbières, et à l’étage supérieur (plus sec) des marais estuariens et salés. Dans les habitats de nidification, on trouve habituellement un tapis sec formé de la végétation morte des années précédentes. Ce râle utilise une plus grande variété d’habitats pendant la migration et l’hivernage que pendant la saison de reproduction. En hiver, il habite les marais côtiers et les rizières.

Biologie

Les Râles jaunes commencent vraisemblablement à se reproduire à l’âge d’un an, et les couples se forment sans doute dans les aires de nidification. Les mâles semblent pouvoir s’accoupler successivement avec deux ou plusieurs femelles, du moins en captivité. Lorsque plusieurs couples se reproduisent dans le même marais, les zones d’activité des nicheurs se chevauchent en partie.

Les femelles n’ont qu’une seule couvée par année, mais peuvent refaire un nid si la première nichée ne survit pas. Mâles et femelles collaborent à la première étape de la construction du nid, en grattant grossièrement un creux dans la végétation. Le nid est en général aménagé sur le sol, ou quelques centimètres au-dessus, et est habituellement camouflé par un couvert de végétation morte. Les œufs, au nombre de 7 à 10, sont pondus au rythme d’un par jour. Dès la ponte terminée, la femelle couve les œufs seule jusqu’à leur éclosion, 17 ou 18 jours plus tard. L’éclosion est synchrone et, après quelques heures, les jeunes, semi-précoces, peuvent déjà se tenir sur leurs pattes. Le succès d’éclosion est en général très élevé. Deux jours après l’éclosion, toute la couvée suit la mère dans ses déplacements hors du nid. Les jeunes commencent à se nourrir eux-mêmes dès l’âge de 5 jours, ne sont plus couvés trois semaines après leur naissance, et sont en mesure de voler vers l’âge de 35 jours. On ignore à quel âge ils deviennent indépendants.

Pendant les heures de clarté, le Râle jaune préfère marcher ou courir; il ne vole presque jamais à moins d’être dérangé. Il est particulièrement difficile de le repérer en approchant car, comme les autres râles du même genre, il demeure habituellement immobile dans la végétation au lieu de s’enfuir comme le font les autres râles. Les mâles chantent beaucoup plus souvent et régulièrement la nuit que le jour. Les adultes se nourrissent d’invertébrés et de graines; le régime des oisillons est inconnu.

Facteurs limitatifs

La perte des milieux humides au profit de l’agriculture et d’autres activités humaines est indéniablement la plus lourde menace à peser sur le Râle jaune, au Canada comme aux États-Unis. Il ne fait aucun doute que la population a souffert de la perte et de la dégradation de son habitat. Celui-ci disparaît même dans le dernier bastion encore intact de l’espèce, la région de la baie d’Hudson et de la baie James. On ignore toutefois au juste dans quelle mesure cela constitue actuellement un problème pour le Râle jaune, et l’évolution de l’énorme population d’Oies des neige est incertaine.

La disparition de l’habitat soulève également des craintes pour la petite population nicheuse des États-Unis. La situation est aussi préoccupante ailleurs aux États-Unis, étant donné que toute la population mondiale migre par ce pays. Le plus important facteur limitatif pour le Râle jaune, indépendamment de l’endroit où il niche, est cependant la perte d’habitats dans l’aire d’hivernage, qui a été si marquée que celle-ci pourrait être fragmentée. Dans l’aire d’hivernage au Texas et ailleurs aux États-Unis, l’espèce semble en grande partie confinée à une étroite bande de la côte, et les marais côtiers des États du golfe sont eux aussi menacés. La superficie de l’aire d’hivernage connue ne dépasse pas 7 p.100 de celle de l’aire de reproduction.

Protection

Aux États-Unis, le Râle jaune est désigné comme une espèce préoccupante dans chacun des six États où l’on sait qu’il niche. Il figure en outre parmi les oiseaux migrateurs non gibier préoccupants sur le plan de la gestion (Migratory Nongame Bird of Special Management Concern), c’est-à-dire parmi les oiseaux qui, en l’absence de mesures de conservation supplémentaires, pourraient devenir candidats à une désignation en vertu de la Endangered Species Act.