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Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur le Râle jaune au Canada


Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Râle jaune
Coturnicops noveboracensis
au Canada
1999

Information sur l'espèce

Répartition

Répartition mondiale

Mise à part une très petite région du Mexique, où nicheraient quelques oiseaux, le Râle jaune se reproduit exclusivement au Canada et dans le nord des États-Unis. En fait, environ 90 p.100 de son aire de reproduction se trouvent au Canada (3 266 000 à 3 641 000 km2; figure 1). Ses sites de nidification, mal connus, seraient très localisés et disjoints (Clements, 1991; Bookhout, 1995).


Figure 1 : Aires de reproduction et d’hivernage du Râle jaune (d’après Bookhout, 1995)

Figure 1 : Aires de reproduction et d’hivernage du Râle jaune (d’après Bookhout, 1995).

Certaines études taxonomiques (voir par exemple Dickerman, 1971) distinguaient deux sous-espèces du Râle jaune : le Coturnicops noveboracensis noveboracensis, nichant dans le nord des États-Unis et le sud du Canada, et le C. n. goldmani, qu’on n’a observé qu’à San Pedro Techuchulco et à Lerma, dans la vallée de Toluca, dans l’État de México, au Mexique (Blake, 1953; Ripley, 1977; Howell et Webb, 1995). Malheureusement, la sous-espèce mexicaine, plus foncée (Dickerman, 1971), n’a plus été signalée depuis 1964, et la plus grande partie de la région où elle était observée a aujourd’hui été drainée (Bookhout, 1995; Howell et Webb, 1995). Selon Howell et Webb (1995), toutefois, il se pourrait qu’on la trouve ailleurs dans le le bassin du rio Lerma, à l’ouest du lac Chapala, au Mexique.


États-Unis

Aire de reproduction

Aux États-Unis, l’aire de reproduction de l’espèce est en grande partie limitée aux États du centre-nord (figure 1), sa limite sud traversant le nord-est du Montana, le centre du Dakota du Nord, le nord du Minnesota, le nord du Wisconsin et le nord du Michigan (Coffin et Pfannmuller, 1988; Bookhout, 1995). On a récemment redécouvert une petite population dans le centre-sud de l’Oregon, première preuve de nidification dans l’ouest des États-Unis depuis 1950 (Stern et al., 1993). Il se pourrait aussi que l’espèce niche ailleurs dans l’ouest du pays (K. Popper, comm. pers.). La présence du Râle jaune a été signalée à quatre reprises dans des endroits disséminés de la moitié sud-est du Dakota du Sud durant la saison de reproduction, et l’espèce se reproduirait aussi dans la moitié nord de l’État, où il semble y avoir des aires de nidification (E. Dowd Stukel, comm. pers.). Elle pourrait également se reproduire au Wyoming (D. Wile, comm. pers.), et elle se reproduit fort probablement dans le Maine, malgré la faiblesse apparente de l’effectif et l’absence de confirmation à ce jour (Gibbs et al., 1991; T. Hodgman, comm. pers.). Elle se reproduirait enfin de façon très localisée ailleurs dans le nord-est des États-Unis, comme dans le nord du New Hampshire, au Vermont et au New York (Gibbs et al., 1991).

Le Râle jaune nichait autrefois ailleurs, dans le centre-est de la Californie, le centre de l’Ohio et le nord de l’Illinois (Dawson, 1921; Dunn, 1988; Roberson, 1993; Bookhout, 1995; AOU, 1998; The Nature Conservancy, 1998). Les dernières mentions estivales confirmées dans ces États remontent respectivemwent à 1990 (D. McGriff, comm. pers.), 1944 (Peterjohn, 1989) et 1984 (J. Herkert, comm. pers.). La date récente de la dernière mention californienne et l’oiseau unique observé le 15 juillet 1985 dans le parc de comté du lac Mono, situé dans l’ancienne aire de nidification de l’espèce dans l’État (D. McGriff, comm. pers.), donnent à penser que l’espèce pourrait se reproduire encore en Californie. L’espèce est aujourd’hui considérée comme un migrant rare et un visiteur estival accidentel en Ohio (Thompson, 1994), par où elle transite sans aucun doute durant sa migration, et où elle pourrait avoir été présente de façon très localisée à titre de résident estival rare dans plusieurs cariçaies étendues (Peterjohn, 1989).

La dernière mention de reproduction confirmée en Illinois faisait état d’un nid contenant des œufs et un oiseau adulte, et date d’avant 1876. Depuis, il n’y a eu que très peu de mentions, la plupart pendant la migration. La dernière observation confirmée date du 22 mai 1984. Presque toutes les mentions provenant de cet État concernent des oiseaux qu’ont fait lever des observateurs arpentant les marais ou des préposés à la tonte mécanique dans les réserves du Tétras des prairies (Tympanuchus cupido). L’espèce faisait l’objet de recherches actives dans l’État étant donné qu’elle était inscrite sur la liste des espèces en voie de diparition. On y a diffusé des enregistrements magnétiques dans les habitats appropriés pour susciter une réponse, mais on n’a obtenu qu’une mention, non confirmée, le 9 juin 1998. La mention de nidification confirmée datant du siècle dernier provenait du centre-nord de l’État et pourrait être un cas de reproduction accidentelle (J. Herkert, comm. pers.).

L’observation la plus récente dans le Dakota du Sud remonte au 11 mai 1976. Il se pourrait qu’il s’agisse d’un migrant. Une mention date toutefois du 24 juin 1948, ce qui se situerait dans la saison de reproduction (E. Dowd Stukel, comm. pers.).

Le Râle jaune n’est présent que de façon accidentelle au Washington et en Idaho (Tweit et Skriletz, 1996; The Nature Conservancy, 1998). Des mentions historiques (voir par exemple Knight, 1908; Bent, 1926; Harris, 1945) donnent à penser que l’espèce se reproduit dans plusieurs États du nord-est, mais la plupart (sinon toutes) sont contestées et mal documentées (Gibbs et al., 1991). Même si Audubon (in Bookhout, 1995) note (en 1842) que le Râle jaune (Yellow-breasted Rail) est un résident permanent de la péninsule de Floride et du sud de la Louisiane, où il l’a observé en toutes saisons, et affirme que l’espèce commence à se reproduire en mars dans les Keys et les environs de la Nouvelle-Orléans (Louisiane), il n’y a semble-t-il jamais eu de confirmation d’une reproduction du Râle jaune (ni même d’information à ce sujet) par la suite à ces latitudes (Bookout, 1995). À notre avis, il se pourrait que l’oiseau (Yellow-breasted Rail) mentionné par Audubon ne soit pas un Râle jaune (ou du moins pas la sous-espèce nominale).

La répartition du Râle jaune est donc très localisée aux États-Unis durant la saison de reproduction. Il semble y avoir très peu de lieux de reproduction fréquentés de manière constante par de nombreux individus. Les plus connus se trouvent en Oregon (Wood River Valley, Klamath Marsh National Wildlife Refuge, Sycan Marsh et Big Marsh), dans le Dakota du Nord (Kidder County), au Minnesota (marais McGregor) et au Michigan (Seney National Wildlife Refuge).

Aire d’hivernage

Le Râle jaune hiverne près de la côte, dans le sud-est des États-Unis et dans le golfe du Mexique, depuis la Caroline du Nord jusque dans l’est du Texas (figure 1), mais la plupart des oiseaux observés en automne et en hiver le sont dans les rizières du sud-ouest de la Louisiane et de l’est du Texas, de même que dans le Anahuac National Wildlife Refuge, au Texas (Oberholser, 1938; Cardiff et Smalley, 1989; Robert, 1997). En hiver, l’espèce visite assez souvent les marais à Spartina et les prés de hautes herbes de la côte du Texas, de même que les rizières de l’intérieur des terres (Holt, 1993). D’après les observations des ornithologues amateurs, l’espèce hivernerait dans une étroite bande (de moins de 48 km) située le long des parties supérieure et centrale de la côte du Texas, mais pourrait fréquenter les rizières et les milieux humides situés plus à l’intérieur avant et durant la migration (K. Mizell et K. Arnold, comm. pers.; Cardiff et Smalley, 1989). Le Râle jaune est apparemment commun en mars et en avril dans les marais salés du Brazoria-San Bernard National Wildlife Refuge Complex, sur la côte centrale du Texas (C. Cordes, comm. pers.).

Au début du 20e siècle, si le Râle jaune était apparemment un résident hivernal plutôt rare en Alabama, il y était parfois relativement commun durant la migration (Howell, 1924). Dans la Floride voisine, c’est un visiteur hivernal régulier, quoique très rare; on ne l’a cependant jamais vu dans les Keys (Robertson et Woolfenden, 1992; Stevenson et Anderson, 1994). Le seul endroit où l’on peut observer l’espèce selon un récent guide d’observation des oiseaux de la Floride (Pranty, 1996) est la forêt nationale Apalachicola dans la Panhandle; à part la mention de migrants qui avaient frappé des tours de télévision, la grande majorité des mentions proviennent d’endroits situés près de la côte (Stevenson et Anderson, 1994).

Le Râle jaune est un visiteur hivernal rare dans les vieux champs humides de la plaine côtière de la Caroline du Sud (Carter, 1993). On l’a également observé à l’intérieur des terres jusque dans le comté de Richardson, à la limite supérieure de la plaine côtière. Il est absent dans une grande partie de l’habitat côtier qui pourrait apparemment lui convenir. L’espèce pourrait être plus largement répandue qu’on ne le pense en général, mais on soupçonne quand même qu’elle n’est pas commune en Caroline du Sud en hiver et pendant la migration (J. Cely, comm. pers.). Le Râle jaune hiverne par ailleurs rarement sur la côte de la Caroline du Nord (Pearson et al., 1942), où l’on ne fait état de sa présence qu’environ deux fois par année. La plupart des oiseaux sont observés dans des marais saumâtres et des champs humides à carex à balais, à moins de 15 km de la côte environ (H. LeGrand, comm. pers.).

Quelques individus ont hiverné sur la côte ouest, entre l’Oregon et la Californie, au sud (Savaloja, 1981; Dunn, 1988; Roberson, 1993; AOU, 1998). Les mentions d’automne et d’hiver dans les Antilles, y compris Cuba, sont exceptionnelles (Barrows, 1912; Bent, 1926; Ripley, 1977; Raffaele et al., 1998).


Canada

Au Canada, l’aire de répartition connue de l’espèce englobe le district du Mackenzie dans les Territoires du Nord-Ouest, l’est de l’Alberta, le centre de la Saskatchewan, la majeure partie du Manitoba et de l’Ontario, la moitié sud du Québec, le Nouveau-Brunswick et le nord de la Nouvelle-Écosse (Godfrey, 1986; Erskine, 1992). L’espèce n’hiverne pas au Canada.

Yukon

On n’a jamais vu de Râles jaunes au Yukon (Yukon Renewable Resources, Yukon Birds: Field Checklist).

Territoires du Nord-Ouest

L’espèce nidifie de façon très localisée dans le sud du district du Mackenzie, dans la portion située entre le Grand lac des Esclaves et la frontière de l’Alberta (Godfrey, 1986).

Colombie-Britannique

Dernièrement encore, on considérait la présence du Râle jaune comme hypothétique dans la province (Campbell et al., 1990). On n’y a jamais confirmé d’épisodes de reproduction, mais quelques observations faites récemment pendant la saison de reproduction (voir par exempe Taylor, 1993; Sherrington, 1994; Bowling, 1997) donnent à penser qu’il pourrait y avoir un petit nombre d’oiseaux répartis de façon localisée dans la région de la rivière de la Paix au nord-est, et peut-être aussi dans la région de Kootenay, dans le sud-est de la province (W. Campbell, comm. pers.). La nidification de l’espèce n’en demeure pas moins toujours accidentelle (S. Cannings, comm. pers.).

Alberta

L’espèce se reproduit dans la moitié est de la province, depuis la région du lac Athabasca jusqu’au ruisseau Ribstone au moins, au sud, et jusqu’à Cochrane, à l’ouest, où elle nichait jusque dans les années 1950 (Salt et Salt, 1976; Godfrey, 1986). Sauf dans un carré de 10 km x 10 km dans le nord-est de la province, on ne l’a repérée que dans quelques carrés du centre-est de l’Alberta entre 1987 et 1991 (Semenchuk, 1992). Rand (1948) ne fait pas mention du Râle jaune dans son sommaire de la situation des oiseaux du sud de l’Alberta, région qu’il définit comme la portion de la province située au sud d’une ligne reliant la rivière Red Deer et Banff. C’est dans le centre-est de la province que l’espèce est la plus abondante (Pinel et al., 1991; McGillivray et Semenchuk, 1998).

Saskatchewan

En Saskatchewan, on rencontre le Râle jaune dans les vastes tourbières et les marais à carex, peu nombreux dans la province. C’est un résident estival peu commun et localisé dans son aire, qui s’étend des limites de la région boréale sud jusqu’aux prairies-parcs. Les mentions provenant des prairies sont rares. On considère l’espèce comme un résident estival irrégulier dans le centre-est de la province, entre Kelvington et Kelsey Trail (Hooper, 1992).

Manitoba

L’espèce niche partout au Manitoba, de Churchill à Brandon au sud (Lane, 1962; Salt et Salt, 1976; Chartier, 1994). On l’observe depuis longtemps à Churchill (Fuller, 1938) et, signe d’une nidification dans la région, on y a capturé quatre mâles aux testicules gonflés à la fin de juillet 1937 (Fuller, 1938) ainsi qu’une femelle présentant une grande plaque incubatrice le 21 juillet 1964 (J. Jehl, comm. pers.). La seule aire de nidification dans la région des prairies est probablement le marais Douglas (près de Brandon), situé près de la route transcanadienne et facile d’accès à pied (Bennett, 1981; Cuthbert et al., 1990; R. Alvo, obs. pers.). L’espèce est moins commune dans le sud-est qu’ailleurs dans le sud de la province (Cleveland et al., 1995).

Ontario

La seule région de la province où l’on rencontre l’espèce régulièrement et en nombre important est la portion ontarienne de la côte ouest de la baie d’Hudson et de la baie James (Austen et al., 1994). La nidification a été confirmée à Attawapiskat, au cap Henrietta Maria (Speirs, 1985) et à North Point (Elliot et Morrison, 1979), et l’espèce était « commune » à Winisk, Moosonee et Fort Severn (Speirs, 1985). Durant la période de collecte de données de l’atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario, on l’a trouvée dans 11 des 12 blocs de 100 km x 100 km visités entre 1981 et 1985 (Cadman et al., 1987), et d’autres mentions proviennent de la région.

Quelques mentions proviennent de l’est du lac Supérieur, et la présence d’un oiseau a été signalée au lac Big Trout, dans le district de Kenora, en 1984 (Austen et al., 1994). Apparemment isolée en Ontario, la population de la rivière à la Pluie est en fait voisine de celle du nord du Minnesota (bastion de l’espèce aux États-Unis). Le Râle jaune est répandu dans le nord-ouest du Minnesota, qui jouxte la région de la rivière à la Pluie. L’espèce semble grandement apprécier les abords de la route 72, dans le comté de Lake of the Woods, dans le nord du Minnesota (Eckert, 1983). Nous ignorons si quelqu’un a prospecté la petite portion ontarienne du côté ouest du lac des Bois, mais l’espèce a été observée à moins de 5 km de l’Ontario, à Indian Bay (Manitoba), dans une zone à laquelle on ne peut accéder que par la terre ferme, du côté manitobain.

Compte tenu de la proximité de l’aire de répartition connue du Râle jaune dans le nord du Michigan (par exemple le Seney National Wildlife Refuge) et le nord du Wisconsin, des mentions provenant du parc provincial Quetico (D. Elder, comm. pers.) et d’une observation récente effectuée dans l’ouest de l’île Manitoulin (Cadman et al., 1987), on peut penser que le Râle jaune fréquente la totalité de la rive nord des Grands Lacs, depuis le sud de la baie Georgienne (à seulement 50 km du marais Holland) jusqu’à la frontière du Manitoba et de l’Ontario. L’ouest de l’île Manitoulin compte de nombreuses cariçaies (J. Jones, pers. com.).

Dans le sud de l’Ontario, on a sporadiquement observé le Râle jaune en été dans quelques marais fortement disséminés (présents dans seulement six des 1 824 carrés de l’atlas des oiseaux nicheurs [Cadman et al., 1987]), et trouvé des preuves de nidification dans seulement deux d’entre eux – la tourbière Richmond, dans la région d’Ottawa, et le marais Holland, sur la rive sud du lac Simcoe (Sankey, 1987; Goodwin, 1992; Page et Cadman, 1994). À partir de 1991, on a entendu des cris trois années de suite dans la plaine de Carden, au nord de Toronto, mais on n’en a pas entendu en 1997 ni en 1998.

Québec

Le bastion de l’espèce au Québec est probablement situé sur la baie James, où on a signalé sa présence dans divers marais, entre la baie Cabbage-Willows (dans la partie sud de la baie de Rupert) et Chisasibi (autrefois Fort-George) au nord (Todd, 1963; Consortium Gauthier et Guillemette-GREBE, 1992a). Dans le sud de la province, on n’a signalé la présence de l’espèce que dans 14 (0,6 p.100) des 2 464 carrés de 10 km x 10 km de l’atlas des oiseaux nicheurs du Québec visités entre 1984 et 1989 (Gauthier et Aubry, 1996). Presque toutes les mentions estivales proviennent d’une poignée de localités le long du Saint-Laurent. On n’a confirmé la reproduction qu’à Coin-du-Banc (en Gaspésie) et à l’île aux Grues (dans l’estuaire du Saint-Laurent) (Terrill, 1943; Robert et al., 1995; Robert et Laporte, 1997). L’espèce a toutefois été observée et pourrait nidifier dans quelques autres endroits, tous situés sur le Saint-Laurent (sauf Saint-Fulgence au Saguenay, où on a trouvé quelques individus au cours des années). Plusieurs de ces localités sont occupées de façon irrégulière et/ou durant la migration (Robert et al., 1995).

Les mentions sont peu nombreuses dans l’intérieur des terres au Québec (David, 1980; Cyr et Larivée, 1995; Robert et al., 1995). Ce n’est qu’en Abitibi qu’il y a des preuves de nidification raisonnablement solides. Des Râles jaunes ont été entendus et un individu capturé à La Ferme, près d’Amos, dans les années 1950 (Père C. Larose, comm. pers.). On en a aussi entendu au marais Antoine en 1984, 1985, 1995, 1996 et 1998 (Robert et al., 1995; M. Robert, obs. pers.), de même qu’au marais Maine en 1996, et dans les deux cas, dans des habitats de reproduction potentiels (M. Robert, obs. pers.; van de Walle, 1997). Le Râle jaune est donc considéré comme un nicheur exceptionnel dans la région (van de Walle, 1997). L’espèce pourrait par ailleurs nidifier dans les tourbières de l’intérieur de la province, mais les relevés ciblant l’espèce effectués récemment dans une demi-douzaine d’entre elles n’ont rien donné (M. Robert, obs. pers.).

Nouveau-Brunswick

La seule preuve de reproduction dans les Maritimes est un nid contenant des œufs, trouvé près de Milltown en 1881 (Erskine, 1992). Le seul endroit où l’on rencontre régulièrement l’espèce est les prés du Grand Lac, dans la partie supérieure de l’estuaire de la rivière Saint-Jean, au sud-est de Fredericton. La présence de Râles jaunes dans les marais Midgic et Jolicure, près de Sackville, signalée de nombreuses fois en été depuis 1949, donne également à penser que l’espèce s’y reproduit (Erskine, 1992).

Nouvelle-Écosse

Selon Tufts (1961), le Râle jaune est un résident estival très rare en Nouvelle-Écosse. La pointe Amherst est apparemment le seul endroit où on a entendu l’espèce au cours des dernières années (1986 et 1989) (Erskine, 1992).

Île-du-Prince-Édouard

On n’a jamais vu de Râles jaune à l’Île-du-Prince-Édouard (Anonyme, 1991; Erskine, 1992).

Terre-Neuve-et-Labrador

Le traité sur les oiseaux de Terre-Neuve de Montevecchi et Tuck’s (1987) ne fait aucune allusion au Râle jaune, même comme espèce errante, et il n’y a eu aucune mention depuis dans la province (W.A. Montevecchi, comm. pers.). On aperçoit l’espèce à l’occasion au Labrador, où on l’a observée dans l’inlet Hamilton (Godfrey, 1986).