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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’isopyre à feuilles biternées au Canada

Résumé

Isopyre à feuilles biternées
Enemion biternatum

Information sur l’espèce

L’isopyre à feuilles biternées est une vivace herbacée qui fleurit au printemps. Ses fleurs sont petites et délicates, avec cinq sépales blancs semblables à des pétales, qui entourent un groupe d’étamines dont les anthères sont jaunes. L’espèce peut atteindre environ 40 cm de hauteur. Bien que ses racines soient minces et peu profondes, elles sont fortes et résistantes, assurant parfois le maintien de feuilles vertes tout l’hiver. Les minces feuilles sont pour la plupart divisées en trois segments, qui peuvent chacun être divisés en trois folioles, habituellement de couleur vert olive. La fleur est blanche. L’espèce est parmi les premières à fleurir au printemps; sa floraison s’étend d’avril jusqu’au début juin. 

Répartition

On trouve l’isopyre à feuilles biternées au Canada et aux États-Unis. L’espèce est habituellement commune dans la partie principale de son aire de répartition, mais assez rare aux limites nord et ouest de celle-ci. Au Canada, on trouve des populations dispersées dans le sud-ouest de l’Ontario.

Habitat

On trouve l’espèce dans des pentes boisées ouvertes, des plaines fluviales inondables, des boisés riches et des fourrés.

Biologie

Au Canada, l’isopyre à feuilles biternées fleurit du mois d’avril au début juin et porte ses fruits de mai à juin. Les insectes sont les principaux agents pollinisateurs et les graines germent à l’automne.

Taille et tendances des populations

Dans les dix années écoulées depuis le dernier rapport de situation, une population qu’on croyait disparue depuis longtemps a été réobservée. Aucune nouvelle population n’a été découverte. On compte actuellement six populations renfermant en tout environ un million de tiges fleurissantes.

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, plusieurs populations d’isopyre à feuilles biternées sont menacées par les véhicules tout-terrain, le compactage des sols et le piétinement en raison de la proximité d’aires et de sentiers publics. La perte d’habitat due à l’envahissement de graminées exotiques et d’autres plantes envahissantes, à la coupe de bois, à l’érosion des sols et à l’agriculture représente également une menace pour les populations canadiennes. La pulvérisation d’herbicides et autres pesticides est également néfaste pour l’espèce, et l’épandage de sel de voirie pourrait représenter un facteur limitatif pour au moins une des populations canadiennes.

Importance de l’espèce

On a fait la promotion de l’espèce pour les jardins se trouvant en milieu boisé.

Protection actuelle

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada a initialement attribué à l’isopyre à feuilles biternées le statut d’espèce préoccupante, en 1990. L’espèce est classée S2 en Ontario, soit en péril (imperiled), N2 au Canada, soit en péril (imperiled) et G5 à l’échelle mondiale, soit largement répartie, abondante et non en péril (demonstrably widespread, abundant, and secure). Elle figure actuellement comme espèce préoccupante sur la liste récemment approuvée des espèces en péril en Ontario. L’espèce est probablement disparue des États de New York et du Dakota du Sud, et elle est listée comme étant en voie de disparition (endangered) en Floride et comme étant une espèce préoccupante à l’échelle régionale (species of regional concern) en Caroline du Sud. Elle ne figure pas sur la liste de l’Endangered Species Act aux États-Unis.

Une partie de la population du ruisseau Medway se trouve sur des terres qui appartiennent à l’office de protection de la nature du cours supérieur de la Thames(Upper Thames River Conservation Authority). La population de la vallée de la rivière Ausable est située dans une zone d’intérêt naturel et scientifique (ZINS). La population de Parkhill se trouve dans une zone de conservation qui appartient à l’office de protection de la nature d’Ausable-Bayfield (Ausable Bayfield Conservation Authority). Les autres populations sont situées sur des terrains privés. Le fait pour une espèce de se trouver dans une ZINS ou une zone de conservation ne lui confère pas automatiquement une protection : pour être véritablement protégée, l’espèce doit faire l’objet de plans de gestion spécifiques.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage

Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)

Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)

Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page a

Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)

Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page b

Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page c

Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes DI)Note de bas de page d, Note de bas de page e

Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.