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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’isopyre à feuilles biternées au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, plusieurs sous-populations d’Enemion biternatum sont touchées par le compactage des sols et le piétinement en raison de la proximité d’aires et de sentiers publics. La perte d’habitat due à l’envahissement d’herbes hautes, à la coupe de bois, à l’érosion des sols et à l’agriculture représente aussi une menace pour d’autres populations canadiennes. La pulvérisation d’herbicides et autres pesticides est également néfaste pour l’espèce, et l’épandage de sel de voirie pourrait représenter un facteur limitatif pour au moins une des populations canadiennes (Austen, 1990).

On a observé certaines populations d’Enemion biternatum poussant dans des conditions considérées comme atypiques pour l’espèce : près de zones de chablis et de coupe de bois, dans des milieux de lisière, dans de grands peuplements des espèces exotiques Alliaria petiolata ou Aegopodium podagraria, parmi des herbes hautes et le long de sentiers fortement fréquentés. On pense que ces populations sont en déclin, mais il serait nécessaire d’effectuer des recherches pour déterminer dans quelle mesure elles diffèrent des populations poussant dans des habitats plus typiques aux chapitres de la croissance des plantules, de la production de graines et de la germination (Austen, 1990).

La plupart des propriétaires ne sont pas au courant que l’Enemion biternatum pousse sur leurs terres ou qu’il s’agit d’une espèce rare. L’office de protection de la nature du cours supérieur de la Thames sait que des populations poussent sur ses terres grâce au travail de J. Bowles.

L’abondance de l’espèce horticole exotique Aegopodium podagraria constitue une menace importante pour la population d’Enemion biternatum située dans la zone de plaine inondable de la rivière Thames, dans le secteur de la University of Western Ontario.

Les populations 1 et 2 sont menacées en raison de la proximité d’aires et de sentiers publics. Leurs sous-populations pourraient être menacées par le compactage des sols et le piétinement causés par les marcheurs, les cyclistes ou les utilisateurs de véhicules tout-terrain. Ces deux populations sont aussi menacées par l’empiètement de l’Aegopodium podagraria et des herbes hautes, respectivement. Les plantes de la sous-population 1h ne poussent déjà qu’en une longue bande étroite, alors que l’espèce forme normalement de grands îlots.

La sous-population 1g et la population 4 pourraient être menacées par la coupe de bois ou les chutes d’arbres qui surviennent dans les environs immédiats. La sous-population 2g pourrait souffrir de l’érosion des sols. Les sous-populations 1c, 1d et 1h sont situées près de lisières de champs, où le risque que des plantes soient fauchées est assez élevé. En outre, les herbicides ou les insecticides pulvérisés sur les cultures au printemps pourraient causer des dommages aux plantes. La sous-population 1c est de plus menacée par l’empiètement de l’alliaire officinale (Alliaria petiolata). L’épandage de sel de voirie pourrait affecter la sous-population 1e, qui est située en contrebas d’une route dans une zone basse. Thompson a également observé un petit groupe de gens qui campaient dans les environs immédiats de cette sous-population. Étant donné qu’il s’agit d’une des plus grandes sous-populations d’Enemion biternatum en Ontario, on devrait empêcher le camping à cet endroit.

Certaines sous-populations (2a et 2j) se limitent à de petites colonies composées d’un nombre très restreint de plantes et, de ce fait, risquent davantage d’être éliminées.

La description des facteurs limitatifs ci-dessus est fondée sur des informations fournies par Austen (1990). Le développement dans les zones de plaines inondables influe seulement de façon indirecte sur l’espèce. Les plaines inondables elles-mêmes sont des milieux réglementés, mais l’accroissement de la population humaine et du développement autour de ces milieux a entraîné une augmentation de la fréquentation des sentiers et du compactage des sols ainsi que des perturbations pouvant favoriser la prolifération des espèces exotiques.