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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’isopyre à feuilles biternées au Canada

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur
l’isopyre à feuilles biternées
Enemion biternatum
au Canada

Isopyre à feuilles biternées (Enemion biternatum)

Espèce menacée 2005


COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada


COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2005. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’isopyre à feuilles biternées (Enemion biternatum) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa. vi + 24 p.

Rapport précédent

Austen, M.J.W. 1990 COSEWIC status report on the false rue-anemone Isopyrum biternatum in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 32 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Melinda J. Thompson qui a rédigé le rapport de situation sur l’isopyre à feuilles biternées (Enemion biternatum). Erich Haber, coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

L’isopyre à feuilles biternées (Enemion biternatum) a anciennement été désignée par le COSEPAC sous le nom d’isopyre à feuilles biternées (Isopyrum biternatum).

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC assessment and update status report on the False Rue-anemone Enemion biternatum in Canada.

Photo de la couverture
Isopyre à feuilles biternées – dessin de M.J. Thompson.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2005.
PDF : CW69-14/433-2005F-PDF
ISBN 0-662-74194-3
HTML : CW69-14/433-2005F-HTML
ISBN 0-662-74195-1

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2005

Nom commun : Isopyre à feuilles biternées

Nom scientifique : Enemion biternatum

Statut : Menacée

Justification de la désignation : Il s'agit d'une plante herbacée vivace délicate à floraison printanière, dont l'aire est limitée à quelques boisés fragmentés en bordure de cours d'eau du sud-ouest de l'Ontario. Ses populations y sont exposées à la disparition de l'habitat et au déclin de la qualité imputable à diverses activités, dont l'utilisation des sentiers récréatifs et l'expansion de plantes exotiques envahissantes.

Répartition : Ontario

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1990. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « menacée » en mai 2005. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Isopyre à feuilles biternées
Enemion biternatum

Information sur l’espèce

L’isopyre à feuilles biternées est une vivace herbacée qui fleurit au printemps. Ses fleurs sont petites et délicates, avec cinq sépales blancs semblables à des pétales, qui entourent un groupe d’étamines dont les anthères sont jaunes. L’espèce peut atteindre environ 40 cm de hauteur. Bien que ses racines soient minces et peu profondes, elles sont fortes et résistantes, assurant parfois le maintien de feuilles vertes tout l’hiver. Les minces feuilles sont pour la plupart divisées en trois segments, qui peuvent chacun être divisés en trois folioles, habituellement de couleur vert olive. La fleur est blanche. L’espèce est parmi les premières à fleurir au printemps; sa floraison s’étend d’avril jusqu’au début juin. 

Répartition

On trouve l’isopyre à feuilles biternées au Canada et aux États-Unis. L’espèce est habituellement commune dans la partie principale de son aire de répartition, mais assez rare aux limites nord et ouest de celle-ci. Au Canada, on trouve des populations dispersées dans le sud-ouest de l’Ontario.

Habitat

On trouve l’espèce dans des pentes boisées ouvertes, des plaines fluviales inondables, des boisés riches et des fourrés.

Biologie

Au Canada, l’isopyre à feuilles biternées fleurit du mois d’avril au début juin et porte ses fruits de mai à juin. Les insectes sont les principaux agents pollinisateurs et les graines germent à l’automne.

Taille et tendances des populations

Dans les dix années écoulées depuis le dernier rapport de situation, une population qu’on croyait disparue depuis longtemps a été réobservée. Aucune nouvelle population n’a été découverte. On compte actuellement six populations renfermant en tout environ un million de tiges fleurissantes.

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, plusieurs populations d’isopyre à feuilles biternées sont menacées par les véhicules tout-terrain, le compactage des sols et le piétinement en raison de la proximité d’aires et de sentiers publics. La perte d’habitat due à l’envahissement de graminées exotiques et d’autres plantes envahissantes, à la coupe de bois, à l’érosion des sols et à l’agriculture représente également une menace pour les populations canadiennes. La pulvérisation d’herbicides et autres pesticides est également néfaste pour l’espèce, et l’épandage de sel de voirie pourrait représenter un facteur limitatif pour au moins une des populations canadiennes.

Importance de l’espèce

On a fait la promotion de l’espèce pour les jardins se trouvant en milieu boisé.

Protection actuelle

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada a initialement attribué à l’isopyre à feuilles biternées le statut d’espèce préoccupante, en 1990. L’espèce est classée S2 en Ontario, soit en péril (imperiled), N2 au Canada, soit en péril (imperiled) et G5 à l’échelle mondiale, soit largement répartie, abondante et non en péril (demonstrably widespread, abundant, and secure). Elle figure actuellement comme espèce préoccupante sur la liste récemment approuvée des espèces en péril en Ontario. L’espèce est probablement disparue des États de New York et du Dakota du Sud, et elle est listée comme étant en voie de disparition (endangered) en Floride et comme étant une espèce préoccupante à l’échelle régionale (species of regional concern) en Caroline du Sud. Elle ne figure pas sur la liste de l’Endangered Species Act aux États-Unis.

Une partie de la population du ruisseau Medway se trouve sur des terres qui appartiennent à l’office de protection de la nature du cours supérieur de la Thames(Upper Thames River Conservation Authority). La population de la vallée de la rivière Ausable est située dans une zone d’intérêt naturel et scientifique (ZINS). La population de Parkhill se trouve dans une zone de conservation qui appartient à l’office de protection de la nature d’Ausable-Bayfield (Ausable Bayfield Conservation Authority). Les autres populations sont situées sur des terrains privés. Le fait pour une espèce de se trouver dans une ZINS ou une zone de conservation ne lui confère pas automatiquement une protection : pour être véritablement protégée, l’espèce doit faire l’objet de plans de gestion spécifiques.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage

Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)

Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)

Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page a

Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)

Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page b

Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page c

Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes DI)Note de bas de page d, Note de bas de page e

Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

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Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique

Enemion biternatum Raf.

Synonyme pertinent

Isopyrum biternatum (Raf.) Torr. et Gray

Nom français

isopyre à feuilles biternées

Nom anglais

False Rue-anemone

Famille

Ranonculacées

Grand groupe végétal

Dicotylédones

L’Enemion biternatum est le seul Enemion présent dans le centre et dans l’est de l’Amérique du Nord. Trois autres espèces d’Enemion sont indigènes de la côte ouest du continent (Gleason, 1991) et une (E. savilei) est endémique des îles de la Reine-Charlotte (Calder et Taylor, 1963). 

On pense que le mot Enemion renvoie au terme grec anemos, qui signifie vent, tandis que le mot biternatum signifie « deux fois divisé en trois » en latin, faisant ainsi référence à la division des feuilles et de leurs folioles. Le nom anglais de l’Enemion biternatum, « False Rue-anemone », renvoie au fait qu’il est pratiquement impossible de distinguer sa fleur de celle du pigamon à ombelles, Thalictrum thalictroides (Anemonella thalictroides; voir NHIC, 2002), dont le nom anglais est « Rue-anemone » (ou « Windflower »).

Description

L’Enemion biternatum est une vivace qui fleurit au printemps et atteint 10 à 40 cm de haut. Les tiges sont glabres et côtelées, et la souche est tubéreuse. Les racines sont minces et renflées par intervalles pour former de minuscules tubercules (Wherry, 1948). Les feuilles caulinaires sont sessiles ou possèdent un court pétiole (1 mm) et sont habituellement biternées, celles se trouvant le plus haut pouvant parfois être simplement trifoliolées. Les feuilles basilaires sont biternées, rarement triternées, avec un long pétiole pouvant mesurer jusqu’à 15 cm. Les folioles mesurent de 4 à 18 mm de long et de 2 à 14 mm de large et possèdent habituellement deux ou trois lobes séparés par des sinus profonds; elles sont occasionnellement entières ou à cinq lobes. Les lobes des folioles sont arrondis à pointus; les folioles sont glabres et vert foncé sur le dessus. Les feuilles sont composées et comportent habituellement trois groupes de trois folioles, lesquelles possèdent normalement trois lobes, mais peuvent en avoir plus. Les feuilles sont insérées individuellement à la base de la plante avec de longs pétioles ou sur les parties supérieures de la tige avec de courts pétioles. Les feuilles involucrales sont situées immédiatement au-dessous des fleurs, peuvent être insérées directement sans pétiole et comptent seulement trois folioles. Des projections semblables à des stipules sont présentes au point d’insertion du pétiole.

Figure 1. Dessin de l’Enemion biternatum (par M. Thompson)

Figure 1. Dessin de l’Enemion biternatum (par M. Thompson).

Les fleurs de l’Enemion biternatum sont petites et délicates. Elles ne possèdent pas de vrais pétales mais plutôt cinq sépales blancs obovés semblables à des pétales, qui entourent un groupe d’étamines dont les anthères sont jaunes. Les tiges peuvent être divisées en deux rameaux ou plus, chacun avec une seule fleur. Les fleurs, mesurant de 1,5 à 2 cm de large, sont insérées au bout des tiges ou, individuellement, à l’aisselle des feuilles et sont hermaphrodites. Les sépales mesurent de 4 à 10 mm de long et de 3 à 8 mm de large. Les étamines entourent habituellement quatre pistils qui ressemblent à des feuilles et se terminent en de minuscules styles filamenteux. Les follicules sont glabres, divergents, de couleur verdâtre à ocre et quelque peu comprimés (Mitchell et Dean, 1982). Les graines sont lisses.

On confond parfois l’espèce avec un proche parent, le pigamon à ombelles (Thalictrum thalictroides), mais, de façon générale, celui-ci pousse dans des boisés plus secs et est plus courant sous les chênes que sous les érables (NHIC, 2002). Superficiellement, l’Enemion biternatum et le Thalictrum thalictroides se ressemblent de par la division des feuilles et les délicates fleurs blanches. Il est toutefois possible de distinguer les deux espèces à partir des caractéristiques suivantes :

Enemion biternatum

Thalictrum thalictroides

Feuilles caulinaires assez nombreuses et alternes
Feuilles caulinaires opposées ou verticillées, toujours situées sous l’inflorescence
Lobes des folioles séparés par des sinus profonds, et pourvus d’un minuscule apicule
Lobes des folioles séparés par des sinus peu profonds, et non pourvus d’un apicule
Tubercules racinaires petits et dispersés
Tubercules racinaires groupés
Hauteur de 10 à 40 cm
Hauteur de 10 à 20 cm

On pourrait aussi confondre l’Enemion biternatum avec d’autres Thalictrum si l’on s’en tient aux seuls caractères végétatifs, particulièrement avec le Thalictrum dioicum, qui est aussi une éphémère de printemps. Cependant, chez l’Enemion biternatum, les lobes des folioles sont séparés par des sinus plus profonds, la tige est plus rougeâtre (du moins chez les populations ontariennes), les feuilles sont d’un vert plus éclatant et la structure florale est différente (Austen, 1990).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

On trouve l’Enemion biternatum au Canada et aux États-Unis. L’espèce est courante dans la plus grande partie de son aire de répartition. Elle est toutefois rare dans les États et la province qui englobent la périphérie de son aire de répartition, notamment l’Ontario, la Floride, la Caroline du Sud, la Virginie, la Virginie-Occidentale, l’Alabama et la Caroline du Nord. L’espèce est probablement disparue des États de New York et du Dakota du Sud (figure 2). Les mentions de l’Enemion biternatum ne sont pas fréquentes à l’est des Appalaches, mais des observations en Virginie, en Caroline du Nord et en Caroline du Sud laissent croire que l’espèce pourrait être plus répandue qu’on ne le croyait auparavant (Boufford et Massey, 1976). Selon ces derniers auteurs (1976), l’Enemion biternatum pourrait facilement passer inaperçu en raison de sa floraison précoce et de sa ressemblance avec le Thalictrum thalictroides, espèce plus répandue. Ce dernier problème est moins probable en Ontario, puisque le Thalictrum thalictroides y est également rare et ne serait donc pas fréquemment observé.

Figure 2. Répartition de l’Enemion biternatum en Amérique du Nord (tirée d’une carte de Canadian Biodiversity accessible à l’adresse : http://www.canadianbiodiversity.mcgill.ca/english/species/plants/plantpages/ene_bit.htm.

Figure 2. Répartition de l’Enemion biternatum en Amérique du Nord (tirée d’une carte de Canadian Biodiversity accessible à l’adresse : http://www.canadianbiodiversity.mcgill.ca/english/species/plants/plantpages/ene_bit.htm

Aire de répartition canadienne

Au Canada, on signale l’espèce depuis environ 1897 (tableau 1). On la trouve uniquement dans le sud-ouest de l’Ontario dans cinq bassins versants différents (figure 3). Certaines populations comptent un grand nombre de plantes (des dizaines de milliers), mais les colonies étant souvent très denses, il arrive qu’elles n’occupent qu’une petite superficie. Les populations se trouvent dans les plaines inondables du ruisseau Medway, de la rivière Thames, du ruisseau Kettle, du ruisseau Mud (population de Parkhill) et de la rivière Ausable.

Figure 3. Répartition de l’Enemion biternatum en Ontario. Les carrés noirs représentent un site disparu (7 = vallée Lynn, 6 = forêt Middlemarch). 1 = ruisseau Kettle, nord du port Stanley, 2 = ruisseau Medway, 3 = Parkhill, 4 = rivière Ausable, 5 = rivière Thames, 17 = ruisseau Kettle.). Certaines populations comptent un grand nombre de plantes (des dizaines de milliers), mais les colonies étant souvent très denses, il arrive qu’elles n’occupent qu’une petite superficie. Les populations se trouvent dans les plaines inondables du ruisseau Medway, de la rivière Thames, du ruisseau Kettle, du ruisseau Mud (population de Parkhill) et de la rivière Ausable.

Figure 3. Répartition de l’Enemion biternatum en Ontario.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

L’Enemion biternatum est une espèce qui pousse souvent en grandes colonies dans des pentes boisées ouvertes, des plaines fluviales inondables, des boisés riches et des fourrés.

Au Canada, on trouve des populations d’Enemion biternatum uniquement dans la zone carolinienne (Scoggan, 1978). Dans toute son aire de répartition, l’espèce pousse dans des boisés et des fourrés ombragés, souvent sur des pentes riches boisées dans des zones de plaines inondables ou à proximité de ce type de plaines. On la trouve souvent très près de cours d’eau. Boufford et Massey (1976) ont observé des Enemion biternatum poussant sur les planchers bas et plats de boisés alluviaux derrière des levées naturelles en Virginie. Dans le cadre d’une étude réalisée sur le terrain en Illinois, Melampy et Heyworth (1980) ont observé que 50 p. 100 et 74 p. 100 de 147 colonies étaient situées à moins de 10 m et à moins de 25 m d’un cours d’eau, respectivement.

On trouve habituellement l’Enemion biternatum dans des zones ombragées à l’intérieur de forêts de hêtres et d’érables matures situées sur des pentes graduelles. On ne trouve pas l’espèce sur des pentes abruptes ou des milieux ouverts fortement perturbés. En Ontario, l’espèce peut être observée dans des zones dominées par des sols luvisoliques brun-gris, riches en till calcaire et en dépôts lacustres provenant de roches calcaires et dolomitiques (Hoffman, 1989). Tous les sites ontariens sont situés près de la limite de la région forestière des feuillus, aussi connue sous le nom de zone carolinienne. Les populations ontariennes sont habituellement situées dans des forêts de feuillus divers dominées par l’érable à sucre (Acer saccharum), en combinaison avec d’autres espèces, comme l’ostryer de Virginie (Ostrya virginiana), le hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia), des caryers (Carya spp.), le tilleul d’Amérique (Tilia americana), le noyer cendré (Juglans cinerea) et des frênes (Fraxinus spp.). On trouve l’espèce avec d’autres fleurs sauvages printanières (Austen, 1990), dont la sanguinaire du Canada(Sanguinaria canadensis), des trilles (Trillium spp.), des dentaires (Dentaria spp.), des anémones (Anemone spp.), des violettes (Viola spp.) et des érythrones (Erythronium spp.).

Les milieux qui abritent les six populations sont importants en raison de la présence de grandes populations d’Enemion biternatum mais aussi d’autres plantes rares, comme la mertensie de Virginie (Mertensia virginica), le grémil à larges feuilles (Lithospermum latifolium) et l’arisème dragon (Arisaema dracontium).

Tendances en matière d’habitat

Il est difficile de déterminer si l’habitat a été considérablement altéré depuis le dernier rapport de situation en raison de la nature dynamique des écosystèmes de plaines inondables. Le nombre de sentiers de même que leur fréquentation semblent bien s’accroître, peut-être en raison de l’augmentation du nombre de maisons près des plaines inondables. De plus, un certain nombre d’espèces envahissantes semblent coloniser les milieux habituellement occupés par l’Enemion biternatum dans les plaines inondables. Il est possible que ces facteurs aient contribué au déclin (et, dans certains cas, à la disparition) des populations d’Enemion biternatum dans les plaines inondables. Il est impossible de fournir plus d’information sur les altérations de l’habitat, puisque le rapport de situation original ne contenait pas de descriptions précises avec lesquelles comparer les milieux où l’espèce n’est plus présente ou n’a pu être retrouvée.

Protection et propriété

À la suite de l’attribution du statut d’espèce préoccupante à l’Enemion biternatum par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en 1990, l’espèce a été officiellement déclarée espèce préoccupante à l’échelle provinciale.

Une partie de la population du ruisseau Medway se trouve sur des terres qui appartiennent à l’office de protection de la nature du cours supérieur de la Thames (Upper Thames River Conservation Authority). La population de la vallée de la rivière Ausable est située dans une zone d’intérêt naturel et scientifique (ZINS). La population de Parkhill se trouve dans une zone de conservation qui appartient à l’office de protection de la nature d’Ausable-Bayfield (Ausable Bayfield Conservation Authority). Le fait pour une espèce de se trouver dans une ZINS ou une zone de conservation ne lui confère cependant pas automatiquement une protection : pour être véritablement protégée, l’espèce doit faire l’objet de plans de gestion spécifiques. Les autres populations sont situées sur des terrains privés.

Les métapopulations d‘Enemion biternatum qui existent en Ontario sont en grande partie situées sur des terrains privés à Arkona, à St. Thomas et à Port Stanley, et sur des terrains publics à London. De nombreuses sous-populations sont situées près de sentiers publics sur des terrains publics et privés. Le public peut donc facilement accéder à la plupart des populations de la province (Austen, 1990).

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Biologie

Physiologie

La floraison débute lorsque les températures sont propices à la croissance et aux pollinisateurs et se termine avant la fermeture du couvert forestier (Schemske et al., 1978). En Ontario et en Illinois, l’Enemion biternatum fleurit à la fin du mois d’avril ou en mai et est en fruits au début juin (Melampy et Heyworth, 1980). La floraison a lieu plus tôt dans le sud. Dans le centre du Kentucky, par exemple, la floraison débute à la mi‑mars et se poursuit jusqu’au début du mois de mai, et elle est à son apogée à la fin mars ou au début d’avril (Baskin et Baskin, 1986). La période de floraison a lieu plus tôt dans les climats plus doux et peut être retardée dans les climats plus froids (Schemske et al., 1978). La floraison dure entre 7 et 10 jours, dont 3 ou 4 constituent une phase femelle (stigmates réceptifs avant l’ouverture des anthères; voir Schemske et al., 1978). Lorsque l’apogée de la floraison survient tardivement, la production de graines peut être affectée (Schemske et al., 1978).

En Ontario, les graines arrivent à maturité au début de juin. On ne leur connaît aucun mode de dispersion particulier (Schemske et al., 1978). Les feuilles commencent à jaunir ou à brunir lorsque les graines mûrissent, et elles ont toutes atteint la sénescence au début ou au milieu de juin (Baskin et Baskin, 1986). Dans le centre du Kentucky, de nouvelles feuilles apparaissent à la mi‑septembre et demeurent vertes tout l’hiver, et il arrive que quelques plantes fleurissent à l’automne. Vers le début de mars, les feuilles d’hiver ont rougi et de nouvelles feuilles printanières apparaissent (Baskin et Baskin, 1986). La floraison automnale n’a pas été observée dans les régions plus au nord (Austen, 1990).

L’Enemion biternatum est une plante hermaphrodite (organes mâles et femelles dans une même fleur) qui pousse en colonies, probablement clonales (Melampy et Heyworth, 1980). L’espèce est autocompatible, mais non autogame (l’autopollinisation est impossible dans une même fleur). L’autogamie semble empêchée par la protogynie, en vertu de laquelle les stigmates ne sont plus réceptifs au moment de la déhiscence des anthères (Melampy et Hayworth, 1980). Melampy et Hayworth (1980) ont observé qu’il y avait géitonogamie 26 p. 100 du temps, croisement entre individus d’une même colonie 16 p. 100 du temps et croisement entre individus de colonies différentes 28 p. 100 du temps. La possibilité d’une pollinisation géitonogame, c’est‑à‑dire entre fleurs d’un même individu génétique, peut entraîner des conséquences telles qu’une augmentation du taux d’autofécondation, qui peut résulter en une dépression de consanguinité, ou une diminution du succès de reproduction découlant d’une faible pollinisation entre individus.

Reproduction et dispersion

L’Enemion biternatum est une espèce entomophile (pollinisée par des insectes). Melampy et Hayworth (1980) n’ont observé aucun pollinisateur nocturne. Cela est probablement lié à la fraîcheur des nuits au début du printemps, lorsque l’espèce fleurit. Une variété d’insectes ont été observés visitant les fleurs de l’Enemion biternatum (diverses abeilles, dont l’Apis mellifera et des andrénidés et halictidés, des syrphidés et autres mouches et des coléoptères). La fréquence de visite de ces insectes est toutefois faible, même lorsque l’espèce est en fleurs. L’Enemion biternatum est une plante qui ne produit pas de nectar et ne représente pas une ressource favorite pour les insectes pollinisateurs lorsque des fleurs porteuses de nectar d’espèces telles que le Claytonia virginica et le Cardamine concatenata (Dentaria laciniata) sont présentes dans les environs (Melampy et Hayworth, 1980). Les plantes qui ne produisent pas de nectar peuvent recevoir la visite d’insectes en étendant leur période de floraison de façon à ce qu’elle comprenne des intervalles durant lesquels peu de plantes productrices de nectar sont en fleurs. Il est possible que l’Enemion biternatum ait recours à cette stratégie (Melampy et Hayworth, 1980).

La clé pour qu’il y ait maximisation de la production de graines chez l’Enemion biternatum est le maintien d’une faible disponibilité de fleurs par unité de temps et l’extension de la saison de floraison de façon à ce qu’elle comprenne des périodes de pollinisation potentielle entre ou après les périodes de floraison des espèces sympatriques. On a observé une production maximale de graines après l’apogée de la floraison du Claytonia virginica, ce qui laisse croire que lorsque les espèces favorites des pollinisateurs deviennent moins abondantes, les insectes commencent à visiter plus souvent les fleurs de l’Enemion biternatum et à en polliniser davantage (Melampy et Hayworth, 1980). La fréquence de visite peu élevée de l’Enemion biternatum par les insectes pollinisateurs laisse penser que l’espèce serait tributaire des erreurs d’insectes butineurs qui visitent ses fleurs en recherchant en fait celles d’autres espèces. Le nombre d’erreurs peut augmenter ou des insectes peuvent être forcés de visiter la plante occasionnellement lorsque les espèces favorites des pollinisateurs ne sont plus aussi abondantes. Ainsi, un disponibilité réduite de pollinisateurs pourrait limiter la production de graines (Melampy et Hayworth, 1980). Le vent jouerait aussi un rôle dans la pollinisation de l’Enemion biternatum; en effet, dans le cadre d’une étude réalisée sur le terrain, Melampy et Hayworth (1980) ont observé que trois fleurs sur trente‑sept recouvertes d’un fin grillage de nylon ont produit des graines.

Dans le cadre d’une étude réalisée sur le terrain en Illinois, qui examinait la phénologie de l’espèce, on a observé que la production maximale de graines est survenue chez les fleurs qui étaient déjà ouvertes durant l’apogée de la floraison en 1975 et chez celles qui étaient en fleurs juste avant l’apogée de la floraison en 1976 (Schemske et al., 1978). Il semble donc que, de façon générale, l’espèce fleurisse rarement au moment idéal (Schemske et al., 1978).

Baskin et Baskin (1986) ont mis en terre et placé dans une serre non chauffée des graines d’Enemion biternatum recueillies dans le centre du Kentucky. Il y a eu croissance de l’embryon et germination complète (émergence de la radicule et des cotylédons) à l’automne. Les embryons ont crû lentement durant l’été, mais ont connu une croissance rapide au début du mois de septembre, la germination ayant eu lieu en octobre.

La germination de l’Enemion biternatum ressemble à celle des espèces à dormance épicotylaire : la radicule nécessite une période de stratification chaude durant l’été avant d’émerger en automne, lorsque les températures sont favorables. Les cotylédons émergent toutefois aussi à l’automne, tandis que chez les espèces à dormance épicotylaire, la graine dont la radicule pointe doit connaître une stratification froide durant l’hiver pour que les cotylédons puissent se déployer (Baskin et Baskin, 1986). Avant que les graines de l’espèce puissent germer, la longueur des embryons doit passer de moins de 0,2 mm à plus de 1 mm. On a observé que les températures optimales (jour/nuit) pour la germination des graines ayant récemment atteint la maturité étaient de 20/10 degrés Celsius. Des graines ont aussi fini par germer aux températures de 30/15 et 25/15 degrés Celsius (Baskin et Baskin, 1986). Les embryons ne connaissent pas de période de dormance et les graines ont besoin de beaucoup de temps à des températures élevées pour mener à terme la croissance de l’embryon et germer (Baskin et Baskin, 1986). Des études réalisées en laboratoire laissent penser que l’exposition des graines à des températures d’été élevées pourrait favoriser la germination à des températures de début d’automne (Baskin et Baskin, 1986).

Le régime de germination de l’Enemion biternatum diffère de celui de toutes les autres vivaces herbacées de forêts de feuillus mésiques étudiées jusqu’à maintenant. La plupart des espèces forestières connaissent une dormance profonde et germent au printemps. La graine de l’Enemion biternatum ne connaît pas de période de dormance hivernale, car elle germe à l’automne (Baskin et Baskin, 1986). On n’a pas encore étudié les régimes de germination de l’espèce en Ontario (Austen, 1990).

Comme elles sont produites à l’automne, les plantules d’Enemion biternatum bénéficieraient d’une période d’établissement et de croissance beaucoup plus longue avant le début de la période de dormance, en juin, que si la germination était retardée jusqu’au printemps. L’espèce pourrait donc prendre moins de temps entre la dispersion des graines et l’atteinte de la maturité reproductive que les plantes poussant à partir de graines qui germent au printemps, après avoir passé l’hiver. Il pourrait toutefois y avoir un désavantage à passer l’hiver à l’état de plantule plutôt qu’à l’état de graine (Baskin et Baskin, 1986).

Aucune étude détaillée n’a été réalisée sur la démographie, la phénologie et l’écologie de la reproduction de l’Enemion biternatum en Ontario (Austen, 1990). L’espèce est une vivace qui se propage considérablement de façon végétative et cela peut, jusqu’à un certain point, diminuer l’importance d’une forte production de graines dans une année donnée (Schemske et al., 1978). Des plantes observées au début du mois de juin dans le comté d’Elgin avaient produit une grande quantité de graines. On ne connaît pas le moment de la germination dans les populations ontariennes. La superficie couverte par ces dernières varie de petites colonies de moins de 1 x 1 m (environ 50 plantes) à de grandes zones forestières couvertes de milliers de plantes (Austen, 1990).

Relations interspécifiques

On n’a trouvé aucun renseignement sur les relations interspécifiques, dont la compétition, qui influent sur les populations d’Enemion biternatum. L’écologie des populations en Ontario n’a toujours pas été étudiée.

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Taille et tendances des populations

Le tableau 1 résume les données relatives aux métapopulations de l’Ontario, qui reposent sur des visites faites par Austen durant les mois de mai et de juin 1989, ainsi que sur le travail de J. Bowles réalisé sur le terrain durant les étés 1986, 1988 et 1989. Le tableau contient des estimations du nombre de plantes par sous-population aux sites visités par Austen au mois de mai 1989. Ces estimations ont été établies par dénombrement des tiges en ce qui a trait aux petites populations et selon la superficie couverte par les colonies en ce qui a trait aux grandes populations. L’information récente provient des relevés réalisés par M. Thompson en mai 2003 et en juin 2004 (six jours).

Les chiffres représentent le nombre total de tiges (tiges végétatives et tiges florifères). Il est difficile de déterminer le nombre de clones dans certaines sous-populations sans causer de dommages aux plantes. L’utilisation du terme « sous-population » renvoie à un groupe de plantes séparé (ou à un clone séparé) qui fait partie d’une métapopulation, les sous-populations d’une métapopulation donnée se trouvant habituellement à moins de 1 km les unes des autres (NHIC, 2002).

Tableau 1. Sommaire de l’effectif ontarien de l’Enemion biternatum
IDOEnº de la sous-populationLieu1897, L. Boughneravant 1986, D. Britton1988 1989, J. Bowles1989, M. Austen1993, M.J. Oldham1994, J. Bowles2002, D. Bradley2003 2004, M.J. Thompson
22aRuisseau Medway   1 colonie, 200 plantes   Non trouvée
22bRuisseau Medway  4 colonies    Non trouvée
22cRuisseau Medway   <500 plantes   Non trouvée
22dRuisseau Medway  ?    Non trouvée
22eRuisseau Medway  1 colonie, 2500 plantes    Non trouvée
22fRuisseau Medway   3 colonies, 12 500 plantes   Non cherchée
22gRuisseau Medway   4 colonies, 1750 plantes   Non trouvée
22hRuisseau Medway   15 000 à 20 000 plantes   35 000 plantes
22iRuisseau Medway   1 colonie, 500 000 à 700 000 plantes   500 000 à 700 000 plantes
22jRuisseau Medway   1 colonie, 50 à 75 plantes   Non trouvée
11aRuisseau Kettle au nord de Port Stanley   30 colonies, 12 500 plantes   10 000 plantes
11bRuisseau Kettle au nord de Port Stanley   25 colonies, 10 000 plantes   10 000 plantes
11cRuisseau Kettle au nord de Port Stanley   8 colonies   Non trouvée
11dRuisseau Kettle au nord de Port Stanley   10 colonies, 800 plantes   Non trouvée
11eRuisseau Kettle au nord de Port Stanley   Centaines de milliers de plantes   100 000 plantes
11fRuisseau Kettle au nord de Port Stanley   9 colonies, 12 000 plantes   10 000 plantes
11gRuisseau Kettle au nord de Port Stanley   6 colonies, 3500 plantes   3000 plantes
11hRuisseau Kettle au nord de Port Stanley   2 colonies, 3500 à 5000 plantes   3000 plantes
44aRivière Ausable   14 colonies, 2500 à 3000 plantes   Non trouvée
44bRivière Ausable    de 20 à 30 colonies, 50 à 100 plantes par colonie  1000 plantes
55Rivière Thames     ? Pas de permission
33Parkhill      11 colonies, 400 plantesNon dénombrée
6 Forêt Middlemarch ?     Disparue du pays
7 Vallée Lynn?      Disparue du pays
1717Ruisseau Kettle    ?  Non trouvée

Nota : IDOE est le numéro d’identification de l’occurrence de l’élément, associé à l’information sur les occurrences consignée au Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, situé à Peterborough. Les points d’interrogation indiquent que seule la présence de l’espèce a été notée, aucune donnée relative à la population n’ayant été fournie.

Sommaire des populations existantes

L’Enemion biternatum a déjà été répertorié dans huit régions du sud-ouest de l’Ontario. Le rapport de situation de 1990 (Austen, 1990) documentait quatre régions dans la province. En 2003, six populations existaient toujours, soit celles du ruisseau Medway, du ruisseau Kettle au nord de Port Stanley, de la rivière Ausable, de Parkhill, de la rivière Thames et du ruisseau Kettle. Trois de ces populations (ruisseau Medway, ruisseau Kettle au nord de Port Stanley et rivière Ausable) sont formées de deux à dix sous-populations.

La population du ruisseau Medway, dans le comté de Middlesex, représente une partie importante de la population canadienne en raison du nombre considérable de plantes. Les espèces Arisaema dracontium et Lithospermum latifolium, toutes deux rares en Ontario, peuvent aussi être observées dans cette région. Les dix sous-populations qui composent cette population sont situées dans une aire d’utilisation publique qui risque peu d’être développée, puisqu’il s’agit d’une zone de plaine inondable gérée par l’office de conservation de la nature du cours supérieur de la Thames (Austen, 1990).

La population située le long du ruisseau Kettle et de ses affluents (dans le comté d’Elgin) est aussi particulièrement importante, puisque ses sous-populations dispersées, qui comptent souvent des milliers de plantes chacune, sont fréquemment associées à d’autres taxons rares, comme le Mertensia virginica. Certaines sous-populations sont souvent bordées par des champs agricoles ou des pentes boisées abruptes d’un côté et par le ruisseau Kettle ou un de ses affluents de l’autre. Les terres de ce secteur sont la propriété d’une seule famille. La population située le long de la rivière Ausable, dans le comté de Lambton, est la seule qui a été trouvée dans ce comté par Austen (1989).

On pensait que la population nº 3, située dans la zone de conservation de Parkhill, avait disparu après la dernière récolte de l’espèce faite à cette localité en 1893. Elle a depuis été redécouverte (Bradley, 2002).

Il est probable que la population nº 5, située le long de la rivière Thames, existe toujours (M. Oldham, comm. pers.). Aucune donnée relative à celle-ci n’a été recueillie jusqu’à maintenant. Cette mention repose sur une observation de Jane Bowles faite en 1994 (NHIC, 2002).

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Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, plusieurs sous-populations d’Enemion biternatum sont touchées par le compactage des sols et le piétinement en raison de la proximité d’aires et de sentiers publics. La perte d’habitat due à l’envahissement d’herbes hautes, à la coupe de bois, à l’érosion des sols et à l’agriculture représente aussi une menace pour d’autres populations canadiennes. La pulvérisation d’herbicides et autres pesticides est également néfaste pour l’espèce, et l’épandage de sel de voirie pourrait représenter un facteur limitatif pour au moins une des populations canadiennes (Austen, 1990).

On a observé certaines populations d’Enemion biternatum poussant dans des conditions considérées comme atypiques pour l’espèce : près de zones de chablis et de coupe de bois, dans des milieux de lisière, dans de grands peuplements des espèces exotiques Alliaria petiolata ou Aegopodium podagraria, parmi des herbes hautes et le long de sentiers fortement fréquentés. On pense que ces populations sont en déclin, mais il serait nécessaire d’effectuer des recherches pour déterminer dans quelle mesure elles diffèrent des populations poussant dans des habitats plus typiques aux chapitres de la croissance des plantules, de la production de graines et de la germination (Austen, 1990).

La plupart des propriétaires ne sont pas au courant que l’Enemion biternatum pousse sur leurs terres ou qu’il s’agit d’une espèce rare. L’office de protection de la nature du cours supérieur de la Thames sait que des populations poussent sur ses terres grâce au travail de J. Bowles.

L’abondance de l’espèce horticole exotique Aegopodium podagraria constitue une menace importante pour la population d’Enemion biternatum située dans la zone de plaine inondable de la rivière Thames, dans le secteur de la University of Western Ontario.

Les populations 1 et 2 sont menacées en raison de la proximité d’aires et de sentiers publics. Leurs sous-populations pourraient être menacées par le compactage des sols et le piétinement causés par les marcheurs, les cyclistes ou les utilisateurs de véhicules tout-terrain. Ces deux populations sont aussi menacées par l’empiètement de l’Aegopodium podagraria et des herbes hautes, respectivement. Les plantes de la sous-population 1h ne poussent déjà qu’en une longue bande étroite, alors que l’espèce forme normalement de grands îlots.

La sous-population 1g et la population 4 pourraient être menacées par la coupe de bois ou les chutes d’arbres qui surviennent dans les environs immédiats. La sous-population 2g pourrait souffrir de l’érosion des sols. Les sous-populations 1c, 1d et 1h sont situées près de lisières de champs, où le risque que des plantes soient fauchées est assez élevé. En outre, les herbicides ou les insecticides pulvérisés sur les cultures au printemps pourraient causer des dommages aux plantes. La sous-population 1c est de plus menacée par l’empiètement de l’alliaire officinale (Alliaria petiolata). L’épandage de sel de voirie pourrait affecter la sous-population 1e, qui est située en contrebas d’une route dans une zone basse. Thompson a également observé un petit groupe de gens qui campaient dans les environs immédiats de cette sous-population. Étant donné qu’il s’agit d’une des plus grandes sous-populations d’Enemion biternatum en Ontario, on devrait empêcher le camping à cet endroit.

Certaines sous-populations (2a et 2j) se limitent à de petites colonies composées d’un nombre très restreint de plantes et, de ce fait, risquent davantage d’être éliminées.

La description des facteurs limitatifs ci-dessus est fondée sur des informations fournies par Austen (1990). Le développement dans les zones de plaines inondables influe seulement de façon indirecte sur l’espèce. Les plaines inondables elles-mêmes sont des milieux réglementés, mais l’accroissement de la population humaine et du développement autour de ces milieux a entraîné une augmentation de la fréquentation des sentiers et du compactage des sols ainsi que des perturbations pouvant favoriser la prolifération des espèces exotiques.

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Importance de l'espèce

On n’a trouvé aucune information indiquant que l’espèce aurait quelque importance économique ou biologique particulière. La plante est toutefois recommandée par des jardiniers des États-Unis pour les jardins ombragés en milieu boisé. Aucune information sur d’éventuelles connaissances traditionnelles autochtones relatives à l’espèce n’a été trouvée dans la documentation.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada avait attribué à l’Enemion biternatum le statut d’espèce préoccupante en 1990 (Austen, 1990). L’espèce est classée S2 en Ontario, N2 au Canada et G5 à l’échelle mondiale. Elle figure actuellement en Ontario comme espèce préoccupante sur la liste récemment approuvée des espèces en péril en Ontario. L’espèce est probablement disparue des États de New York et du Dakota du Sud. Elle est listée comme étant en voie de disparition (endangered) en Floride et comme étant une espèce préoccupante à l’échelle régionale (species of regional concern) en Caroline du Sud.

Tableau 2. Classements de l’Enemion biternatum en Amérique du Nord (NatureServe, 2002)
ClassementsÉtats et provinces
S1 : gravement en péril
  • Floride, États-Unis (É.-U.)
  • Caroline du Sud (É.-U.)
  • Virginie (É.-U.)
  • Virginie-Occidentale (É.-U.)
  • Alabama (É.-U.)
S2 : en péril
  • Ontario, Canada
  • Caroline du Nord (É.-U.)
S4 : apparemment non en péril
  • Iowa (É.-U.)
S5 : non en péril
  • Illinois (É.-U.)
S? : espèce non classée
  • Kentucky (É.-U.)
  • Michigan (É.-U.)
  • Mississippi (É.-U.)
SR : signalée
  • Arkansas (É.-U.)
  • Indiana (É.-U.)
  • Kansas (É.-U.)
  • Minnesota (É.-U.)
  • Missouri (É.-U.)
  • Ohio (É.-U.)
  • Oklahoma (É.-U.)
  • Tennessee (É.-U.)
  • Texas (É.-U.)
  • Wisconsin (É.-U.)
SX : espèce vraisemblablement disparue
  • New York (É.-U.)
SH : peut-être disparue
  • Dakota du Sud (É.-U.)

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Résumé technique

Enemion biternatum

Isopyre à feuilles biternées – False Rue-anemone

Répartition au Canada :

Ontario

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²)
environ 1 000 km² excluant le site nº 7 disparu ou <3 500 km² incluant le site nº7. La superficie de la zone d’occurrence a été calculée à l’aide du système d’information géographique (SIG) en regroupant toutes les populations connues au sein d’un polygone et en calculant la zone incluant et excluant le site disparu nº 7 (E. Haber).
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue)
stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?
non
Superficie de la zone d’occupation (km²)
<20 km². La superficie de la zone d’occupation a été calculée à l’aide de la distance linéaire du rivage du lac Érié jusqu’aux populations de la région du lac Huron (env. 80 km) x la largeur de corridor maximale de l’habitat riverain (0,25 km) = 20 km². Le résultat représente une surestimation de l’habitat riverain disponible entourant les 6 populations en fait dispersées et isolées au sein de leurs habitats riverains (E. Haber).
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue)
déclin de la qualité de l’habitat fondé sur les incidences remarquées
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?
Non
Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés). (Une population disparue)       6 populations
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
stable?
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?
non
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).
déclin de la qualité de l’habitat causée par les plantes exotiques dans les habitats de plaines inondables

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).
inconnue (probablement qu’il faut plusieurs années avant qu’un nouvel individu puisse fleurir ou qu’un clone puisse tiger
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).
1 million de tiges dans des sous-populations dispersées (l’espèce est clonale).
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.
stable
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).
aucune donnée
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?
non
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?
oui, entre les bassins versants, mais improbable au sein des bassins versants
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?
non
Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune:

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Destruction de l’habitat
  • Plantes envahissantes
  • Piétinement

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?
États-Unis : stable
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
inconnue
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
possible
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
possible
L’effet d’une immigration de source externe est-il possible?
peu probable en raison du manque de moyens de dispersion spécialisés

Analyse quantitative

sans objet

Statut actuel

COSEPAC : menacée (mai 2005)

Statut et justification de la désignation

Statut : Menacée

Code alphanumérique : Correspond au critère « en voie de disparition », B1ab(iii)+2ab(iii), mais désignée « menacée » puisque les populations semblent stables et ne sont pas en danger imminent de dispararition du pays. Correspond au critère « menacée », B1ab(iii)+2ab(iii); D2

Justification de la désignation : Il s’agit d’une plante herbacée vivace délicate à floraison printanière, dont l’aire est limitée à quelques boisés fragmentés en bordure de cours d’eau du sud-ouest de l’Ontario. Ses populations y sont exposées à la disparition de l’habitat et au déclin de la qualité imputable à diverses activités, dont l’utilisation des sentiers récréatifs et l’expansion de plantes exotiques envahissantes.

Application des critères

  • Critère A (Population globale en déclin) : Données insuffisantes.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : L’espèce correspond au critère « espèce en voie de disparition », B1ab(iii)+2ab(iii), car la superficie de sa zone d’occurrence et de sa zone d’occupation se situe bien au-dessous des niveaux maximales critiques et les populations sont fortement fragmentées en raison de la nature fragmentée des zones boisées du sud-ouest de l’Ontario. On peut prévoir un déclin continu en ce qui concerne la qualité de l’habitat en raison de la proximité des sentiers et de l’augmentation des populations de plantes envahissantes exotiques. Les populations de cette vivace clonale ne sont pas reconnues pour fluctuer. Étant donné que les populations semblent plutôt stables et qu’elles ne sont pas en danger imminent de disparition, mais que le déclin dans la qualité de l’habitat se poursuit, il serait préférable de considérer l’espèce comme menacée.
  • Critère C (Petite population globale et déclin) : L’espèce ne correspond pas à ce critère. L’estimation fournie d’environ un million de tiges ne tient pas compte du fait que les plantes produisent des tubercules et probablement des îlots de clones. On trouve néanmoins davantage de plantes que la limite maximale de 10 000 plantes relative à ce critère.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : L’espèce correspond au critère « menacée », D2, en raison d’une zone d’occupation qui est probablement nettement inférieure à 20 km² et de diverses menaces directes connues. 
  • Critère E (Analyse quantitative) : Aucune analyse n’est disponible.

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Remerciements et experts contactés

Remerciements

La rédactrice aimerait remercier Jane Bowles et Michael Oldham qui ont fourni de l’information sur l’espèce. Remerciements à David Bradley d’avoir fourni les résultats de ses travaux sur le terrain réalisés à Parkhill. Remerciements également à Todd Farrell d’avoir fourni son aide aux travaux sur le terrain pendant la saison 2003.

Le financement pour la préparation du présent rapport de situation a été fourni par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

Experts contactés

  • Personnel du Centre d’information sur le patrimoine naturel, Peterborough (Ontario)
  • Secrétariat du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) pour obtenir de l’information sur les sources de connaissances traditionnelles autochtones
  • Jane Bowles. Department of Botany, University of Western Ontario
  • David Bradley. Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario

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Sources d'information

Argus, G.W., K.M. Pryer, D.J. White et C.J. Keddy. 1982-87. Atlas des plantes vasculaires rares de l'Ontario. Partie 4, Musée national des sciences naturelles, Ottawa (Ontario). Reliure.

Austen, M.J.W. 1990. Status report on the False Rue-Anemone, Isopyrum biternatum, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), 32 p.

Baskin, J.M., et C.C. Baskin. 1986. Germination ecophysiology of the mesic deciduous forest herb Isopyrum biternatum, Botanical Gazette 147(2):152-155.

Boufford, D.E., et J.R. Massey. 1976. Isopyrum biternatum (Raf.) T & G

(Ranunculaceae) new to Virginia and its distribution east of the Appalachian Mountains, Rhodora 78:790-791.

Bowles, Jane. 1990. Medway Valley Heritage Forest Conservation Master Plan, Life Science Inventory, London Public Utilities Commission, Upper Thames River Conservation Authority.

Bradley, David. 2002. The Spring Flora of Parkhill Conservation Area, Middlesex County, Ontario, préparé pour la Ausable Bayfield Conservation Authority, 10 p

Ford, B.A. 1997. Enemion, in Flora of North America, north of Mexico, vol. 3, édité par le Flora North America Editorial Committee, Oxford University Press, New York.

Gleason, H.A., et A. Cronquist. 1991. Manual of Vascular Plants of Northeastern United States and Adjacent Canada. Second Edition, The New York Botanical Garden, New York, 910 p.

LEP. 2004. Registre public de la Loi sur les espèces en péril, Annexe 3 (consulté en janvier 2005).

Melampy, M.N., et A.M. Heyworth. 1980. Seed production and pollen vectors in several nectarless plants, Evolutions 34(6):1144-1154.

Mitchell, R.S., et J.K. Dean. 1982. Ranunculaceae (Crowfoot Family) of New York State, New York State Museum, Bulletin No. 446, The University of the State of New York, The State Education Department, Albany (État de New York).

NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web], 2001, version 1.6, Arlington (Virginie), États-Unis. (consulté le 21 novembre 2002).

CIPN. 2002. Enemion biternatum : Natural Heritage Information Centre Element Report, Centre d’information sur le patrimoine naturel, Peterborough (Ontario), données inédites.

Scoggan, H.J. 1978. The Flora of Canada. Part 1. General Survey, Musée national des sciences naturelles, publications en botanique.

Schemske, D.W., M.F. Willson, M.N. Melampy, L.J. Miller, L. Verne, K.M. Schemske et L.B. Best. 1978. Flowering ecology of some spring woodland herbs, Ecology 59(2):351-366. 

Wherry, E.T. 1948. The wildflower guide, northeastern and midland United States, Doubleday and Co., Garden City (État de New York), 202 p.

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Sommaire biographique de la rédactrice du rapport

Melinda J. Thompson a obtenu un baccalauréat en géographie et en études environnementales de la McMaster University en 1998. Elle a occupé divers postes en qualité de botaniste dans le sud de l’Ontario, se spécialisant dans les communautés de plantes aquatiques et forestières. En plus de sa passion pour la botanique, elle a obtenu un certificat en systèmes d’information géographique du Mohawk College et de la McMaster University. Elle a rédigé des rapports de situation sur les espèces vulnérables, menacées et en voie de disparition pour le Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO), y compris l’aster divariqué (Eurybia divaricata) et le Sida hermaphrodita, en plus du rapport de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) sur l’aster divariqué (Eurybia divaricata). Melinda participe également au rétablissement de nombreuses espèces en Ontario, et a mis sur pied des programmes de rétablissement dans le cadre du programme RESCAPÉ en ce qui concerne le pycnanthème gris (Pycnanthemum incanum), l’aster divariqué (Eurybia divaricata) et la platanthère blanchâtre de l’Est (Platanthera leucophaea).

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Collections examinées

Aucune population autre que les populations examinées au moment du rapport initial rédigé par Austen (1990) n’a été examinée.

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