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Programme de rétablissement du porte queue de Behr (Satyrium behrii) au Canada - 2016

Partie 1 - Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au « Programme de rétablissement du porte queue de Colombie-Britannique (Satyrium behrii) en Colombie Britannique », préparée par Environnement et Changement climatique Canada1

 

Information sur le document

Porte queue de Behr

Photo de couverture pur la  Programme de rétablissement du porte queue de Behr

2016

Référence recommandée :

Environnement et Changement climatique Canada. 2016. Programme de rétablissement du porte queue de Behr (Satyrium behrii) au Canada [Proposition], Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa, 2 parties, 31 p. + 19 p.

Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d'information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d'action et d'autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture : © Neil K. Dawe

Also available in English under the title
"Recovery Strategy for the Behr's Hairstreak (Satyrium behrii) in Canada"

Le contenu du présent document (à l'exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d'indiquer la source.


Préface

En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d'établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l'élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition et menacées, et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l’Environnement et du Changement climatique est la ministre compétente en vertu de la LEP du porte-queue de Behr et a élaboré la composante fédérale du présent programme de rétablissement (partie 1), conformément à l’article 37 de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise la ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). La province de la Colombie-Britannique a transmis le programme de rétablissement du porte‑queue de Behr ci-joint (partie 2) à titre d’avis scientifique aux autorités responsables de la gestion de l’espèce en Colombie‑Britannique. Ce programme a été préparé en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien du porte‑queue de Behr et de l’ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d’autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l’espèce, incluant la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce. Lorsque de l’habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, il peut y avoir des incidences réglementaires futures, selon l’endroit où se trouve l’habitat essentiel désigné. La LEP exige que l’habitat essentiel désigné se trouvant à l’intérieur d’un parc national dénommé et décrit à l’annexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, le parc urbain national de la Rouge créé par la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, d’une zone de protection marine sous le régime de la Loi sur les océans, d’un refuge d’oiseaux migrateurs sous le régime de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs ou d’une réserve nationale de la faune sous le régime de la Loi sur les espèces sauvages du Canada, soit décrit dans la Gazette du Canada, après quoi les interdictions relatives à la destruction de cet habitat seront appliquées. Pour l’habitat essentiel se trouvant sur d’autres terres domaniales, la ministre compétente doit, soit faire une déclaration sur la protection juridique existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées. En ce qui concerne tout élément de l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si la ministre compétente estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d’autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, elle doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

De nombreuses personnes ont participé à la préparation de cette addition du gouvernement fédéral au programme de rétablissement. Elle a été rédigée par Kella Sadler (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune [ECCC SCF] – Région du Pacifique et du Yukon [RPY]), avec l’aide de Dan Shervill (ECCC SCF-RPY) et de Laura Parkinson. Les rédacteurs ont bénéficié de l’appui considérable et/ou de la collaboration des personnes suivantes : Leah Westereng, Jennifer Heron, Bryn White, Orville Dyer, Mark Weston, Kirk Safford et Jim Mottishaw (Gouvernement de la Colombie‑Britannique), Dennis St. John (entomologiste), Sylvie Desjardins (UBC Kelowna), Geoff Scudder (UBC) et Dennis Knopp (consultant privé, Sardis). Richard Post, Amos Chow, Clare O’Brien et Sean Butler ont aidé à l’élaboration des cartes et des autres figures.

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Ajouts et modifications apportés au document adopté

Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) qui ne sont pas prises en considération dans le « Programme de rétablissement du porte-queue de Colombie-Britannique (Satyrium behrii) en Colombie-Britannique » (partie 2 du présent document, ci-après appelé « programme de rétablissement provincial ») et pour présenter des renseignements à jour ou additionnels.

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l’habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du programme de rétablissement provincial concernant la protection de l’habitat de survie/rétablissement peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l’habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l’habitat essentiel en vertu de la LEP.

Le programme de rétablissement provincial du porte-queue de Behr contient un court énoncé sur les considérations socio-économiques. Étant donné qu’une analyse socio-économique n’est pas requise en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, la section “Considérations socio-économiques” du programme de rétablissement provincial n’est pas considérée comme faisant partie du programme de rétablissement fédéral pour la présente espèce.

1. Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

La présente section remplace la section « Sommaire de l’évaluation par le COSEPAC » du programme de rétablissement provincial.

Le porte-queue de Behr a initialement été désigné « espèce menacée » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en 2000 :

Évaluation de l'espèce par le COSEPAC (2000)

Date de l'évaluation : Novembre 2000

Nom commun (population) : Porte queue de Behr

Nom scientifique : Satyrium behrii columbia

Statut selon le COSEPAC : Espèce menacée

Justification de la désignation : Cette espèce se trouve sous forme de populations dispersées dans toute son aire de répartition historique et utilise la purshie tridentée (Purshia tridentata) comme plante hôte. D'importantes parties de l'habitat de la Purshia sont déjà perdues et l'habitat restant est fragmenté. On s'attend à ce qu'il y ait d'autres pertes d'habitat.

Présence au Canada : Colombie Britannique

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « menacée » en novembre 2000.

En 2012, le COSEPAC a réévalué la situation du porte queue de Behr et l'a désigné « en voie de disparition » (c.-à d. dans une catégorie de risque plus élevé) :


Évaluation de l'espèce par le COSEPAC (2012)

Date de l'évaluation : Mai 2012

Nom commun : Porte queue de Behr

Nom scientifique : Satyrium behrii

Statut selon le COSEPAC : Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation : Ce petit papillon est restreint à un habitat de purshie tridentée en Colombie-Britannique, un habitat dont l'étendue a diminué considérablement au cours du dernier siècle et qui continue d'être menacé par les changements de l'utilisation des terres (conversion à la viticulture, développement résidentiel et commercial) et par l'impact des feux. Il se disperse rarement sur une distance de plus de 120 m et persiste dans de petits fragments d'habitat isolés, dont la superficie et la qualité continuent de diminuer. D'importantes fluctuations annuelles de la taille de la population, telles que documentées pour la plus grande population canadienne, augmentent la vulnérabilité de l'espèce et remettent en question sa viabilité à long terme.

Présence au Canada : Colombie Britannique

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « menacée » en novembre 2000. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en mai 2012.

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2. Information sur la situation de l'espèce

Statut légal : Espèce inscrite comme espèce menacée à l’annexe 1 de la LEP (2003).

Tableau 1. Cotes de conservation attribuées au porte queue de Behr (NatureServe, 2013; Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2013; Conservation Framework de la Colombie-Britannique, 2013).
Cote
mondiale (G)Note a du tableau 1
Cote nationale (N)Note a du tableau 1Cote infranationale (S)Note a du tableau 1Statut selon le COSEPACListe de la Colombie Britannique(C. B.)Conservation Framework (cadre de conservation) de la C. B.
G5Canada (N1)
États Unis
Canada : Colombie Britannique (S1); États Unis : Arizona (SNR), Californie (SNR), Colorado (S5), Idaho (SNR), Nevada (SNR), Nouveau Mexique (SNR), Oklahoma (S3?), Oregon (SNR), Texas (SNR), Utah (SNR), Washington (S5), Wyoming (SNR)En voie de disparition (2012)Liste rouge (espèces disparues de la province, en voie de disparition ou menacées )Priorité 1 (la plus élevée) pour le but 3Note b du tableau 1

Note du tableau 1

Note a du tableau 1

Cotes : 1 – gravement en péril; 2 – en péril; 3 – vulnérable (susceptible de disparaître du pays ou de la planète); 4 – apparemment non en péril; 5 – non en péril; H – possiblement disparue; SNR –non classée.

Retour à la référence de la note a du tableau 1

Note b du tableau 1

Les trois buts du Conservation Framework de la Colombie-Britannique sont les suivants : 1. Participer aux programmes mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes; 2. Empêcher que les espèces et les écosystèmes deviennent en péril; 3. Maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes.

Retour à la référence de la note b du tableau 1

On estime que moins de 1 % de l'aire de répartition mondiale de l'espèce se trouve au Canada.

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3. Caractère réalisable du rétablissement

La présente section remplace la section « Caractère réalisable du rétablissement » du programme de rétablissement provincial.

D’après les quatre critères suivants qu’Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, le rétablissement du porte‑queue de Behr est déterminé comme étant réalisable.

1) Des individus de l'espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.
Oui. Des individus de l'espèce sauvage capable de se reproduire sont disponibles maintenant dans de nombreux sites du sud de la vallée de l'Okanagan pour maintenir la population ou augmenter son abondance. Il existe toutefois des lacunes dans les connaissances au sujet de l'abondance, de la structure et de la capacité de dispersion des populations de chaque site.
2) De l'habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l'espèce ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l'habitat.
Oui. Suffisamment d'habitat convenable est disponible pour soutenir l'espèce. Le porte queue de Behr occupe des prairies à purshie tridentée (Purshia tridentata) dans le sud de la vallée de l'Okanagan, principalement dans la communauté végétale à purshie tridentée et à stipe comateuse.
3) Les principales menaces pesant sur l'espèce ou son habitat (y compris les menaces à l'extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.
Oui. On peut atténuer les principales menaces par des mesures de conservation de l'habitat et de gestion de l'habitat à purshie tridentée pour la conservation du porte queue de Behr (y compris la sensibilisation aux plantes hôtes des papillons, des modifications aux régimes de pâturage du bétail (au besoin) et la lutte contre les espèces introduites). Il est important d'assurer la connectivité et l'intégrité des prairies à purshie tridentée pour favoriser la persistance à long terme du porte queue de Behr à chaque site.
4) Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.
Oui. Les techniques de rétablissement visent surtout à atténuer les principales menaces (c.-à-d. conservation et gestion de l'habitat, comme mentionné plus haut). Des recherches visant à combler les lacunes dans les connaissances au sujet du cycle vital du porte queue de Behr et de ses besoins en matière d'habitat faciliteront le classement par ordre de priorité des habitats à protéger.

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4. Objectif en matière de population et de répartition

La présente section remplace les sections « But du rétablissement » et « Justification du but et des objectifs du rétablissement » du programme de rétablissement provincial.

Environnement et Changement climatique Canada a fixé l'objectif en matière de population et de répartition suivant pour le porte queue de Behr :

Assurer la persistance du porte queue de Behr dans tous les sites existants connus Note 1 de bas de page (ainsi que de tout nouveau site) de son aire de répartition au Canada.

Justification

Les données sur les occurrences du porte‑queue de Behr montrent que l’espèce est encore présente à sept sites connus au Canada. Il existe une autre mention historique de l'espèce à Penticton, en Colombie‑Britannique (l'année d'observation, l’emplacement précis et la situation actuelle sont inconnus). Selon le Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique et NatureServe, une occurrence est dite « existante » si elle a été observée au cours des 20 dernières années, à condition que l'habitat n'ait pas été substantiellement altéré ou dégradé. Les effectifs des populations, incluant les tendances démographiques, sont inconnus. Bien que des analyses préliminaires de la viabilité des populations aient été effectuées (J. Heron, comm. pers., 2012), il manque des données pour déterminer les effectifs minimaux d’une population viable. On ignore également les capacités de dispersion et de recolonisation du porte‑queue de Behr, ainsi que les détails de son cycle vital et de ses besoins en matière d'habitat. Dans le sud de la vallée de l'Okanagan, l'espèce atteint la limite septentrionale de son aire de répartition. Comme rien n'indique que l'espèce était autrefois plus répandue, il n'est pas opportun en ce moment d'établir un objectif d'accroissement actif de l’abondance des populations (en vue de classer l'espèce dans une catégorie de moindre risque). Toutefois, la persistance de toute autre population naturelle qui serait découverte devrait également être assurée. Des données sur l'abondance et la distribution de l’espèce pourraient éventuellement justifier la mise en œuvre de mesures actives visant à accroître l'abondance de l'espèce à certains sites (par exemple, là où on aurait documenté un déclin de l'abondance et/ou de la distribution de l’espèce).

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5. Stratégies et approches générales pour l'atteinte des objectifs : tableau de planification du rétablissement

Les approches énumérées dans le tableau de planification du rétablissement (tableau 1) du programme de rétablissement provincial comprennent des mesures de protection de l'habitat, de gestion de l'habitat, d'inventaire et de suivi, et de recherche. À cet égard, les points qui suivent viennent modifier ce tableau en ajoutant des précisions sur les données jugées nécessaires pour combler les lacunes dans les connaissances, en vue d'atteindre les objectifs de rétablissement établis dans le présent programme de rétablissement fédéral :

  • Dans l’habitat convenable où aucun inventaire de la végétation n'a encore été mené : vérification sur le terrain (dans l’habitat délimité comme étant convenable) en vue de confirmer la présence des caractéristiques biophysiques nécessaires au maintien du porte‑queue de Behr et de mieux préciser la classification de la CET (cartographie des écosystèmes terrestres) utilisée pour délimiter l’habitat convenable, afin d’optimiser la représentation de la qualité de l’habitat pour le porte‑queue de Behr.
  • Étudier l'importance de l'hétérogénéité topographique à l'échelle du site en tant que composante de l'habitat capable de soutenir le porte‑queue de Behr.
  • Déterminer les besoins de l'espèce en matière d'abris à tous les stades de son cycle vital.
  • Déterminer les capacités de déplacement et l'utilisation de corridors de dispersion entre les sites, en vue de maintenir la connectivité et la viabilité génétique des populations du porte‑queue de Behr au Canada.
  • Étudier la relation entre les sites de haute et de basse altitudes, c.‑à‑d. vérifier le potentiel des sites de haute altitude d'agir comme sources pour les sites de basse altitude et caractériser les déplacements du porte‑queue de Behr le long des gradients d'altitude.

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6. Habitat essentiel

6.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

La présente section remplace la section « Habitat essentiel » du programme de rétablissement provincial.

En vertu de l’alinéa 41(1)(c) de la LEP, le programme de rétablissement doit inclure une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, ainsi que des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de cet habitat. Le programme de rétablissement provincial du porte‑queue de Behr de 2008 n'inclut pas de désignation de l'habitat essentiel; cette désignation n'est d'ailleurs pas exigée dans le processus provincial. Le présent document désigne l'habitat essentiel du porte‑queue de Behr dans la mesure du possible; des limites plus précises de cet habitat pourraient être cartographiées et de l’habitat essentiel supplémentaire pourrait être ajouté si des recherches additionnelles justifiaient l’inclusion de zones supplémentaires. Les principaux éléments à prendre en compte pour la désignation de l'habitat essentiel sont la quantité, la qualité et l’emplacement de l’habitat nécessaire pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition.

De l'habitat essentiel du porte‑queue de Behr a été désigné aux sept sites suivants en Colombie‑Britannique :

  1. Kaleden (figure A1) : correspond à l'occurrence d’élément (OE) no 11 du Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique (CDC de la C.-B.).
  2.  5 du CDC de la C.-B.
  3. À l'ouest d'Oliver (Fairview) (figure A4) : correspond à l'OE no 7 du CDC de la C.-B.
  4. À l'est d'Oliver (figure A5) : correspond à l'OE no 15 du CDC de la C.-B.
  5. Au sud d'Oliver (figure A6) : correspond à l'OE no 13 du CDC de la C.-B.
  6. Osoyoos (figure A7) : correspond à l'OE no 10 du CDC de la C.-B.
  7. À l'est d'Osoyoos (figure A8) : correspond à l'OE no 8 du CDC de la C.-B.

L'habitat essentiel n'est désigné que partiellement aux quatre sites suivants : Kaleden; lac Vaseux et falaise McIntyre; est d'Oliver; sud d'Oliver. Environnement et Changement climatique Canada collaborera avec les organisations concernées pour compléter la désignation de l'habitat essentiel à ces sites, comme l’indique le calendrier des études (section 6.2).

Les zones contenant de l'habitat essentiel du porte queue de Behr sont désignées en combinant : 1) toutes les occurrences documentées Note 2 de bas de page (par le CDC de la C. B., l'équipe de rétablissement et le Service canadien de la faune de 2001 à 2013); 2) un rayon de dispersion de 600 m (estimation de la distance de dispersion saisonnière des porte queue de Behr adultes); Note 3 de bas de page 3) tout l'habitat convenable à l'espèce situé dans ce rayon de 600 m autour de chaque occurrence documentée. L'habitat convenable au porte queue de Behr est constitué des communautés végétales dans lesquelles la purshie tridentée (Purshia tridentata) forme plus de 10 % de la couverture (Iverson et Haney 2010) selon la CET (cartographie des écosystèmes terrestres). Les unités cartographiques associées aux occurrences de l'espèce ont été considérées comme étant nécessairement utilisées par le porte queue de Behr et, par conséquent, incluses par défaut (c. à d. quelle que soit la proportion de purshie tridentée).

Les caractéristiques biophysiques décrites plus bas constituent les éléments essentiels connus pour le porte‑queue de Behr dans les zones identifiées comme renfermant de l'habitat essentiel. Ces caractéristiques biophysiques correspondent aux caractéristiques de l'habitat décrites dans le programme de rétablissement provincial, le rapport de situation du COSEPAC (COSEPAC, 2006) et d'autres sources (Knopp et coll., 2009; James et Nunnallee, 2011). Ces caractéristiques comprennent les plantes hôtes des larves, les plantes nectarifères et d'autres éléments structurels essentiels à la réalisation du cycle vital de l'espèce. On ignore actuellement les détails de la composition et des relations spatiales des diverses caractéristiques biophysiques nécessaires au porte‑queue de Behr à chaque emplacement, ainsi que la quantité relative, l'état et la densité de chaque caractéristique biophysique dans les zones identifiées comme renfermant de l'habitat essentiel. Les caractéristiques biophysiques décrites sont désignées comme étant de l'habitat essentiel lorsqu'elles sont présentes dans une zone identifiée comme renfermant de l’habitat essentiel.

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Plantes hôtes des larves

Le porte queue de Behr dépend de la purshie tridentée toute l'année pour réaliser tous les stades de son cycle vital. La purshie tridentée est la seule plante hôte des larves du porte queue de Behr connue au Canada. Des données d'inventaire et des observations laissent croire que le porte queue de Behr préfère ou a besoin de purshies tridentées qui ont au moins 30 ans et/ou qui ont atteint une certaine taille (S. Desjardins, comm. pers., 2012; D. St. John, comm. pers., 2012). La femelle adulte pond ses œufs un à un sur les feuilles et les branches de la purshie tridentée l'été, et les œufs éclosent le printemps suivant; les purshies tridentées ne sont pas toutes utilisées chaque année (COSEPAC, 2012). Aux États Unis, on a observé des chenilles du porte queue de Behr se transformant en chrysalides à couvert à proximité de plantes hôtes larvaires (James et Nunnallee, 2011). Bien qu'on ignore tout des déplacements des chenilles (distance, parcours), on peut raisonnablement présumer qu'elles ne s'éloignent pas de plus de 5 m de leur plante hôteNote 4 de bas de page. Toutes les purshies tridentées ainsi que le sol et la litière dans un rayon de 5 m sont considérés comme essentiels au porte queue de Behr.

Plantes nectarifères

Durant la période de vol (habituellement de la fin de mai à la fin de juillet), le porte‑queue de Behr se nourrit du nectar d'une ou de plusieurs espèces de plantes (leur proportion et leur disponibilité varient selon le site), notamment l’achillée millefeuille (Achillea millefolium), le sumac glabre (Rhus glabra), la tétradymie blanchâtre (Tetradymia canescens), les ériogones (Eriogonum sp.), l’holodisque discolore (Holodiscus discolor), la gypsophile paniculée (Gypsophila paniculata), les mélilots (Melilotus sp.) et les vergerettes (Erigeron sp.). Selon St. John et Bunge (2003), l’achillée millefeuille constituerait sa plus importante source de nectar parce qu'elle fleurit tout au long de la période de vol du porte‑queue de Behr et qu'elle est commune et répandue. Bien que la gypsophile paniculée et les mélilots soient des plantes exotiques en Colombie‑Britannique, ces espèces végétales y sont déjà répandues et bien établies (E-Flora BC, 2012) et pourraient permettre de répondre aux besoins du porte‑queue de Behr en matière d’habitat à certains sites.

Éléments structuraux

Durant la période de vol, le porte‑queue de Behr adulte utilise diverses plantes et d'autres éléments structuraux pour se percher et s'accoupler et peut-être aussi pour se reposer et/ou s'abriter (contre les intempéries et les prédateurs – camouflage). Lorsqu'ils sont présents sur un site, les éléments suivants sont considérés comme d'importantes caractéristiques biophysique de l'habitat essentiel : purshies tridentées, pins ponderosa (Pinus ponderosa) matures et/ou autres arbres matures dispersés dans les prairies à purshie tridentée, ainsi que les eaux stagnantes et toute zone humide à leur périphérie. Les arbres matures offrent aux adultes un abri contre les intempéries, les températures extrêmes et les prédateurs, ainsi que des endroits pour se reposer la nuit; ils peuvent faciliter les déplacements dans les parcelles d'habitat et entre celles-ci (Thomas et coll., 2011). Les sources d'eau offrent d'importantes ressources en humidité et/ou en minéraux au porte‑queue de Behr et contribuent au maintien des plantes hôtes, particulièrement pendant les années sèches (J. Heron, comm. pers., 2012; St. John et Desjardins, 2003). Les éléments hydriques considérés comme étant de l'habitat essentiel comprennent des mares, et/ou d'autres types d'eaux stagnantes et les zones humides qui les entourent, ainsi que leurs sources (p. ex. humidité du sol, milieux humides éphémères, milieux humides sans poissons, ruisseaux et sources) et/ou tout élément du relief (p. ex. dépression, ravine) où l'eau peut s'accumuler.

Les zones contenant de l'habitat essentiel du porte‑queue de Behr sont présentées à l'annexe 1 (figures A1 à A8). L'habitat essentiel du porte‑queue de Behr au Canada se trouve dans les polygones jaunes détaillés (unités d'habitat essentiel) qui figurent sur chaque carte, là où les critères décrits plus haut (rayon d'occurrence, type d'habitat selon la CET et caractéristiques biophysiques) sont respectés. L’habitat non convenable à l'espèce, comme les milieux forestiers sans purshie tridentée, les lacs (sous le plus bas niveau d'eau consigné), les éléments anthropiques (sentiers utilisés, routes, bâtiments, etc.), ne possède pas les caractéristiques nécessaires au porte-queue de Behr et n'est pas désigné comme étant de l'habitat essentiel. Les détails des méthodes et des processus décisionnels utilisés pour désigner l'habitat essentiel sont archivés dans un document connexe.

L'habitat de corridors de dispersion et/ou de déplacement est l'habitat dont le porte‑queue de Behr adulte a besoin pour se déplacer d'un site ou d’un sous-site à l'autre ou vers un milieu inoccupé. L’habitat de connexion est important pour prévenir la fragmentation de l’habitat et l’isolement accru des populations, car ce papillon ne franchit pas l’habitat non convenable. On croit que l'espèce forme une métapopulation parmi les peuplements de purshies tridentées (COSEPAC, 2012) et que la connectivité des sites et des sous-sites assurée par les corridors de déplacement et de dispersion est importante pour atteindre l’objectif en matière de population et de répartition (S. Desjardins, comm. pers., 2012). La présente désignation de l’habitat essentiel est considérée insuffisante pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition établis pour l’espèce parce qu'on ne dispose pas encore des données permettant d'identifier les corridors de déplacement et de dispersion nécessaires à l'espèce, et que des travaux supplémentaires doivent être menés pour compléter la désignation de l'habitat essentiel aux sites suivants : Kaleden, lac Vaseux et falaise McIntyre, est d'Oliver et sud d'Oliver.

Le calendrier des études (section 6.2) présente les activités à mener pour désigner l’habitat essentiel supplémentaire nécessaire à l’atteinte des objectifs.

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6.2 Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel

La présente section remplace la section « Calendrier recommandé des études visant à désigner l’habitat essentiel » du programme de rétablissement provincial.

Le calendrier des études (tableau 2) présente les activités à mener pour achever la désignation de l’habitat essentiel du porte‑queue de Behr au Canada.

Tableau 2. Calendrier des études visant à désigner de l'habitat essentiel supplémentaire
Description de l'activitéRésultat/JustificationÉchéancier
Collaborer avec les organisations concernées pour achever la désignation de l'habitat essentiel du porte queue de Behr aux quatre sites suivants : 1) Kaleden, 2) lac Vaseux et falaise McIntyre, 3) est d'Oliver et 4) sud d'Oliver (C. B.)Cette activité est requise afin de désigner suffisamment d'habitat essentiel pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition.2016 - 2021
Caractériser les déplacements (distance et parcours) et les besoins en matière de dispersion du porte queue de Behr.MLa désignation de l'habitat essentiel comprendra comme composante les corridors de déplacement et de dispersion pour tous les sites existants du porte queue de Behr au Canada.2016 - 2021

6.3 Exemples d'activités susceptibles de détruire l'habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue une destruction de l'habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de cet habitat. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu'il y a dégradation d'un élément de l'habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l'habitat essentiel n'est plus en mesure d'assurer ses fonctions lorsque exigé par l'espèce. La destruction peut découler d'une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d'une ou de plusieurs activités au fil du temps. La destruction peut découler d'une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d'une ou de plusieurs activités au fil du temps. Le tableau 3 présente une liste non exhaustive des activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel du porte queue de Behr.

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Tableau 3. Activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel du porte queue de Behr
Description de l'activitéDescription de l'effet (caractéristique biophysique ou autre)Détails et relation avec les menaces identifiées
Conversion de paysages naturels (dans les zones contenant de l'habitat essentiel) à des fins résidentielles, commerciales, industrielles, récréatives ou agricoles.Perte directe d'habitat essentiel par élimination ou remplacement de la végétation, dépôt de débris, perturbation et compaction du sol, etc., qui endommagent ou détruisent des caractéristiques biophysiques nécessaires au porte queue de Behr.La principale menace qui pèse sur le porte-queue de Behr est la perte, la dégradation et la fragmentation des communautés végétales à pershie tridentée. Il s'agit d'une menace grave, répandue et constante.
Extinction à long terme des feux dans les écosystèmes à purshie tridentée ou feu d'origine humaine qui détruit des caractéristiques biophysiques de l'habitat essentiel.L'extinction active des feux entraîne la disparition à long terme de la purshie tridentée et de son habitat, en raison de l'empiétement par les arbres et de la modification de la composition de la communauté végétale de façon telle qu'elle n'a plus les caractéristiques biophysiques essentielles au porte queue de Behr. Par contre, les feux d'origine humaine, intentionnels ou accidentels, peuvent également détruire les caractéristiques biophysiques.Les programmes de lutte contre les feux de forêt sont une menace écosystémique qui pèse sur la persistance de la purshie tridentée et de l'habitat de prairies associé Colombie Britannique. La destruction locale par le feu des caractéristiques biophysiques nécessaires au porte queue de Behr constitue une menace potentielle pour tous les sites au Canada.
Pratiques de pâturage à tout moment de l'année qui endommagent ou détruisent des plantes hôtes des larves; pratiques de pâturage en dehors de la saison de dormance (de mars à septembre inclusivement) qui détruisent des plantes nectarifères et/ou d'autres éléments structuraux nécessaires au porte queue de Behr; pratiques de pâturage durant la saison de dormance (d'octobre à février inclusivement) qui causent la compaction ou l'enlèvement de sols associés aux plantes hôtes des larves (à moins de 5 m), la perte nette permanente de plantes nectarifères ou d'éléments structuraux, et/ou l'aménagement de nouveaux sentiers ou de clairières (sols exposés ou perturbés)..Perturbation, élimination et/ou compaction de la végétation et du sol (par broutage ou piétinement), causant la perte de plantes hôtes des larves et de plantes nectarifères, d'éléments structuraux nécessaires (p. ex. des plantes sur lesquelles se perchent les adultes) et des dommages à la litière nécessaire aux œufs et aux larves du porte queue de Behr. De nouvelles perturbations peuvent faciliter l'établissement d'espèces exotiques envahissantes.La perte, la dégradation et la fragmentation de communautés végétales à purshie tridentée constituent la principale menace qui pèse sur le porte queue de Behr. Il s'agit d'une menace grave, répandue et constante.
Toute utilisation de véhicules récréatifs motorisés (VTT ou autres) hors des routes ou des sentiers existants en tout temps et en toute saison; activités récréatives non motorisées (p. ex. randonnée pédestre, vélo de montagne et équitation) pratiquées hors de la saison de dormance (de mars à septembre inclusivement) au point d'endommager ou de détruire des plantes hôtes des larves, des plantes nectarifères ou d'autres éléments structuraux nécessaires au porte queue de Behr; activités récréatives non motorisées pratiquées durant la saison de dormance (d'octobre à février inclusivement) qui endommagent ou détruisent des plantes hôtes des larves ou qui causent la compaction ou l'élimination des sols associés à ces plantes (à moins de 5 m); activités récréatives non motorisées pratiquées à tout moment de l'année qui causent (individuellement et/ou cumulativement) une perte nette permanente de plantes hôtes nectarifères ou d'éléments structuraux ou sont associées à l'aménagement de routes, de sentiers ou de clairières.Ces activités perturbent les conditions biophysiques locales, causant notamment des dommages physiques directs aux caractéristiques biophysiques nécessaires au porte queue de Behr ou la perte de ces caractéristiques. Ces activités peuvent éliminer de la végétation (réduisant la disponibilité des plantes hôtes pour les œufs et les larves, et des plantes nectarifères) et compacter ou éliminer du sol et de la litière nécessaires aux larves et aux chrysalides du porte queue de Behr. De nouvelles perturbations peuvent faciliter l'établissement d'espèces exotiques envahissantes.La perte, la dégradation et la fragmentation de communautés végétales à purshie tridentée constituent la principale menace qui pèse sur le porte queue de Behr. Il s'agit d'une menace grave, répandue et constante.
Introduction d'espèces exotiques envahissantes Note 5 de bas de pageDes espèces exotiques envahissantes peuvent entraîner la destruction de l'habitat disponible pour le porte queue de Behr en rendant fonctionnellement indisponibles les caractéristiques biophysiques de l'habitat essentiel (plantes hôtes des larves, plantes nectarifères et/ou éléments structuraux nécessaires) par accaparement de l'espace et des ressources.Certaines graminées exotiques envahissantes peuvent être délibérément introduites pour le pâturage.
Activités de contrôle (mécanique ou chimique) des invertébrés ravageurs ou des plantes envahissantes qui ne sont pas conformes aux pratiques exemplaires de gestion provinciales (là où elles existent). Il peut s'agir d'activités sur place et/ou de la dérive de pesticides à partir de zones agricoles adjacentes.La lutte chimique (pesticides ou herbicides) ou physique contre des invertébrés ravageurs ou des plantes envahissantes peut entraîner la destruction de l'habitat essentiel en dégradant ou en éliminant les caractéristiques biophysiques nécessaires à la survie du porte queue de Behr (en raison de l'arrachage des herbacées adventices), ou en rendant le microhabitat toxique (en raison de l'application de pesticide et/ou d'herbicide).La perte, la dégradation et la fragmentation de communautés végétales à purshie tridentée constituent la principale menace qui pèse sur le porte queue de Behr. Il s'agit d'une menace grave, répandue et constante.

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La perte d’habitat en raison de la conversion de milieux naturels à des fins résidentielles, commerciales, agricoles ou industrielles est considérée comme la principale activité susceptible d’entraîner la destruction de l'habitat essentiel du porte‑queue de Behr. La superficie et la qualité des communautés végétales à purshie tridentée et à stipe comateuse dans le sud de la vallée de l'Okanagan ont considérablement diminué depuis 1800, provoquant la diminution et la fragmentation accrue de l’habitat pouvant accueillir le porte‑queue de Behr dans l'aire de répartition historique de l'espèce en Colombie‑Britannique. Le développement continue d'exercer une pression sur les habitats à purshie tridentée dans le sud de la vallée de l'Okanagan (Iverson, 2010). L'habitat essentiel peut également être endommagé par les activités récréatives qui entraînent l’expansion des réseaux de routes ou de sentiers existants ou l’aménagement de routes, de sentiers et de clairières supplémentaires dans des zones renfermant de l’habitat essentiel. Les activités normales d'utilisation ou d'entretien des routes ou sentiers existants ces zones ne sont pas considérées comme étant susceptibles d'entraîner la destruction de l’habitat essentiel.

Dans bon nombre des endroits où le porte-queue de Behr est présent, le plan de gestion des terres prévoit l’extinction des feux, ce qui peut contribuer à la perte d'habitat essentiel. À la longue, l’extinction des feux permet aux pins et à d’autres arbres indigènes de s’établir dans des milieux ouverts (la succession naturelle suit lentement son cours). En l'absence de feux réguliers, l’importance et l’étendue des communautés écologiques (et des caractéristiques biophysiques connexes) nécessaires au porte‑queue de Behr ont sans doute diminué à certains endroits en raison l’empiétement par les arbres (en raison de l'ombre qu’ils créent et de la compétition). À l'inverse, les feux d'origine humaine dans les zones contenant de l'habitat essentiel du porte‑queue de Behr peuvent détruire localement des caractéristiques biophysiques nécessaires à l'espèce. La fragmentation de l’habitat et l'utilisation des terres ont modifié les régimes naturels et la répartition des feux dans les communautés de prairie à purshie tridentée dans l'intérieur méridional de la Colombie‑Britannique. On estime qu'au moins la moitié des feux dans la vallée de l'Okanagan sont d'origine humaine (p. ex. 56 % des feux dans la zone de feux de l'Okanagan de 2004 à 2013 l'étaient; plus bas dans la vallée, ce pourcentage peut atteindre 80 %) (J. Mottishaw, comm. pers., 2014). En outre, les plantes envahissantes peuvent supplanter les plantes nectarifères indigènes après un feu et entraîner une réduction à long terme du caractère convenable de l'habitat, à moins de réussir à semer des plantes indigènes. Par conséquent, dans cette partie de l'aire de répartition de l'espèce, les feux d'origine humaine sont peut‑être plus susceptibles d'entraîner la destruction d'habitat essentiel que l’extinction des feux, selon les régimes des feux historiques, les pressions exercées par l'utilisation actuelle des terres, les caractéristiques de la communauté végétale locale et l'intensité des feux (M. Weston, comm. pers., 2013). Les brûlages dirigés à des fins d'éclaircie ou d'élimination des combustibles à un site (p. ex. pour maintenir un écosystème de prairie et/ou de forêt ouverte) doit tenir compte des possibles conséquences néfastes du feu sur le porte‑queue de Behr, là où des populations semi‑isolées ou des caractéristiques biophysiques essentiels à l'espèce peuvent être facilement et irrémédiablement dévastés (D. St. John, comm. pers., 2014).

Des animaux d'élevage sont présents dans la plupart des secteurs d'occurrence du porte‑queue de Behr en Colombie‑Britannique. Les pratiques de pâturage inappropriées, qui détériorent la santé de l'écosystème de prairie (perte de richesse spécifique, de structure, de stabilité du site, etc.) sont considérées comme des activités susceptibles d'endommager ou de détruire l'habitat essentiel. Le seuil à partir duquel les taux de chargement en bétail (et l'application annuelle de ces taux) ainsi que le moment et la durée du pâturage affectent l’habitat au point d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel est inconnu. Il est toutefois évident que l’utilisation inappropriée des parcours et un pâturage intensif sur une longue période auront des impacts sur les caractéristiques biophysiques nécessaires au porte‑queue de Behr. Il est possible qu'un certain niveau de pâturage ne nuise pas au porte‑queue de Behr dans certains sites, p. ex. là où l'on constaterait que l'occurrence, la proportion et l'abondance des plantes hôtes des larves et des plantes nectarifères et des éléments structuraux nécessaires sont maintenues ou accrues dans les conditions de pâturage existantes. D'autres études devront être menées pour déterminer le régime de pâturage et/ou les seuils d'intensité de broutage qui permettent d’assurer la persistance à long terme des caractéristiques biophysiques nécessaires au porte‑queue de Behr.

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7. Énoncé sur les plans d'action

Un ou plusieurs plans d'action seront affichés dans le Registre public des espèces en péril d'ici 2021.

8. Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement élaborés en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L'objet de l'EES est d'incorporer les considérations environnementales à l'élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l'environnement et d'évaluer si les résultats d'un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l'environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

La communauté végétale à purshie tridentée et à stipe comateuse est un écosystème rare en Colombie‑Britannique (inscrit à la liste rouge de la province) et coté G2 (en péril) à l'échelle mondiale (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2012). Cette communauté végétale rare abrite la plus grande densité d'espèces en péril de tous les écosystèmes de la province (Iverson 2010); elle abrite, outre le porte‑queue de Behr, au moins 88 espèces en péril inscrites à la liste provinciale et 17 inscrites à la liste fédérale (certaines de ces espèces se retrouvent dans les deux listes). Parmi les espèces en péril inscrites à la liste fédérale dont l'habitat pourrait chevaucher celui du porte‑queue de Behr, mentionnons la chauve‑souris blonde (Antrozous pallidus), le mormon (Apodemia mormo) – population des montagnes du Sud, le crotale de l'Ouest (Crotalus oreganos), la couleuvre agile à ventre jaune de l'Ouest (Coluber constrictor), la couleuvre à nez mince du Grand Bassin (Pituophis catenifer deserticola), la salamandre tigrée de l'Ouest (Ambystoma mavortium), le crapaud du Grand Bassin (Spea intermontana), la cicindèle de Wallis (Cicindela parowana wallisi), le lapin de Nuttall de la sous‑espèce nuttallii (Sylvilagus nuttallii nuttallii), le Pic de Lewis (Melanerpes lewis), l'aster feuillu (Symphyotrichum frondosum), l'orthocarpe barbu (Orthocarpus barbatus), la phacélie rameuse (Phacelia ramosissima), l'ammannie robuste (Ammannia robusta), le rotala rameux (Rotala ramosior), le lipocarphe à petites fleurs (Lipocarpha micrantha) et l'érythrophylle du Columbia (Bryoerythrophyllum columbianum).

Les mesures de conservation de l'habitat recommandées bénéficieront indirectement à d'autres espèces en péril du secteur. Des mesures accrues de sensibilisation et d'éducation du public pourraient restreindre les activités récréatives dommageables à ces sites, et les mesures de conservation visant à remettre en état et à protéger les écosystèmes de prairies pour le porte queue de Behr seront sans doute bénéfiques pour toutes les espèces qui dépendent de ces écosystèmes menacés. De même, les mesures de conservation actuelles ou proposées pour protéger d'autres espèces en péril profitent sans doute au porte queue de Behr – on recommande d'ailleurs une approche plurispécifique de planification de la conservation. Compte tenu de la forte probabilité que plusieurs espèces en péril partagent le même habitat, les mesures à grande échelle comme l'élimination des espèces envahissantes ou l'utilisation d'herbicide ou de pesticide devraient être planifiées et mises en œuvre avec soin. Toutes les activités sur le terrain (relevés, études et gestion) visant le rétablissement du porte queue de Behr peuvent représenter une menace pour des espèces coexistantes (p. ex. piétinement, herbivorisme accru à la suite de la création de sentiers ou dispersion accidentelle d'espèces exotiques lors de leur élimination), si une grande vigilance n'est pas exercée pour prévenir les dommages

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9. Références

Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique (en anglais seulement). 2013. Species Summary: Satyrium behrii, BC Minist. of Environment, (consulté le 12 décembre 2013).

Conservation Framework de la Colombie-Britannique (en anglais seulement). 2013. Conservation Framework Summary: Satyrium behrii, BC Minist. of Environment, (consulté le 12 décembre 2013).

COSEWIC. 2000. COSEWIC assessment and update status report on the Behr’s (Columbia) Hairstreak Satyrium behrii columbia in Canada, Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa, iv + 9 p.

COSEPAC. 2012. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le porte-queue de Behr (Satyrium behrii) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa, xii + 53 p.

E-Flora BC. 2012. Electronic Atlas of the Flora of British Columbia (en anglais seulement), (consulté le 23 juillet 2012.

Iverson, K. 2010. Ecosystem Status Report for Purshia tridentata/Hesperostipa comata Antelope-brush/Needle-and-thread Grass, préparé pour le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 25 p.

Iverson, K., et A. Haney. 2007. Updated Ecosystem Mapping for the South Okanagan Valley, préparé pour le Ministry of Water, Land and Air Protection, 30 p.

Iverson, K., et A. Haney. 2010. Refined and updated ecosystem mapping for the South Okanagan Valley and Lower Similkameen, rapport inédit préparé pour le Regional District of the Okanagan Similkameen and South Okanagan – Similkameen Conservation Program.

James, D.G., et D. Nunnallee. 2011. Life histories of Cascadia butterflies, Oregon State University Press, Corvallis (Oregon).

NatureServe. 2002. Element Occurrence Data Standard (en anglais seulement) (consulté le 5 novembre 2012).

NatureServe. 2013. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life (en anglais seulement), version 7.1., NatureServe, Arlington (Virginie) (consulté le 12 décembre 2013.

Scott, J.A. 1973. Life-span of Butterflies, Journal of Research on the Lepidoptera 12(4) 225:23

St. John, D., et S. Bunge. 2003. Biogeography of Behr’s hairstreak (Satyrium behrii columbia McDunnough 1944) in the South Okanagan, Part 1: inventory survey and mapping, Part 2: mark recapture study, rapport inédit, Okanagan University College, Kelowna (Colombie‑Britannique), 18 p.

Thomas, J.A., Simcox, D.J. et T. Hovestadt. 2011. Evidence based conservation of butterflies, Journal of Insect Conservation, 15:241-258.

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Note de bas de page

Note 1 de bas de page

Pour faciliter leur description, les sites sont nommés d'après la zone géographique générale où la présence du porte queue de Behr est connue. Les sites sont définis de façon à correspondre le plus étroitement possible aux occurrences d'élément (NatureServe 2002) de l'espèce déterminées par le Conservation Data Centre de la Colombie Britannique.

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Note 2 de bas de page

Mentions d'occurrence du CDC de la C.-B et/ou toute autre mention d'occurrence supplémentaire accessible.

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Note 3 de bas de page

Il existe peu de données sur la distance de dispersion du porte queue de Behr, mais des études préliminaires de marquage-recapture réalisées dans certains sites du sud de la vallée de l'Okanagan de 2004 à 2007 ont montré une distance moyenne de dispersion saisonnière de 100 m (avec une certaine variation selon les conditions climatiques durant la saison de vol) et une distance maximale de 1200 m (COSEPAC, 2012). On estime que la durée de vie adulte de l'espèce est d'au moins six jours. À défaut de données précises, on a jugé qu'une distance de déplacement quotidien de 100 m est une estimation prudente et réaliste. Les membres de la Southern Interior Invertebrates Recovery Team de la Colombie Britannique ont donc convenu de considérer une distance de 600 m (6 jours x 100 m/jour) comme la meilleure estimation de la capacité de dispersion saisonnière du porte queue de Behr, d'après l'opinion des experts, des observations anecdotiques et la durée de vie estimée des adultes (Scott, 1973; S. Desjardins, comm. pers., 2012; J. Heron, comm. pers., 2012).

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Note 4 de bas de page

Le porte queue de Behr pourrait former une association mutualiste avec des fourmis, qui protégeraient les chenilles contre la prédation, tandis que les chenilles excréteraient des acides aminés dont se nourriraient les fourmis. Si cette association existait chez les populations du porte queue de Behr au Canada, elle aurait lieu sur la pershie tridentée hôte ou dans un rayon de 5 m de celle ci (zone fréquentée par les chenilles).

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Note 5 de bas de page

Certaines des plantes nectarifères utilisées par le porte queue de Behr sont exotiques (non indigènes), p. ex. le mélilot et la gypsophile paniculée. Toutefois, l'introduction délibérée de nouvelles espèces exotiques, y compris ces deux espèces, serait considérée comme une activité susceptible de détruire l'habitat essentiel. Étant donné leur avantage compétitif, les espèces exotiques peuvent devenir envahissantes (c. à d. se répandre rapidement et supplanter les plantes indigènes) dans l'écosystème à pershie tridentée.

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