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Programme de rétablissement du porte queue de Behr (Satyrium behrii) au Canada - 2016

Partie 2 - Programme de rétablissement du porte queue de Colombie-Britannique (Satyrium behrii) en Colombie-Britannique, préparé par l’Équipe de rétablissement des invertébrés de l’intérieur méridional pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique

 

Programme de rétablissement du porte-queue de Colombie-Britannique
(Satyrium behrii) en Colombie-Britannique

Photographe du porte queue de Behr © Bob Lincoln

Préparé par l'Équipe de rétablissement des invertébrés de l'intérieur méridional

B.C. Ministry of Environment

Décembre 2008

Information sur le document - Partie 2

XXXXXXXXXXX

La série de programmes de rétablissement de la Colombie-Britannique

La série présente les programmes de rétablissement qui sont préparés en tant qu'avis à l'intention de la province de la Colombie-Britannique sur l'approche stratégique générale nécessaire pour rétablir les espèces en péril. La province prépare des programmes de rétablissement qui répondent à ses engagements relatifs au rétablissement des espèces en péril en vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l'Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Qu'est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est l'ensemble des mesures visant à arrêter ou à renverser le déclin d'une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays et à réduire ou à supprimer les menaces pesant sur l'espèce, de manière à améliorer ses chances de persistance à l'état sauvage.

Qu'est-ce qu'un programme de rétablissement?

Un programme de rétablissement représente les meilleures connaissances scientifiques disponibles sur ce qui doit être effectué pour en arriver au rétablissement d’une espèce ou d’un écosystème. Un programme de rétablissement énonce ce qui est connu et ce qui n’est pas connu au sujet d’une espèce ou d’un écosystème. Il définit également les menaces qui pèsent sur l’espèce ou l’écosystème, et ce qui doit être réalisé pour atténuer ces menaces. Les programmes de rétablissement établissent des buts et des objectifs de rétablissement, et recommandent des approches pour le rétablissement de l’espèce ou de l’écosystème.   

Les programmes de rétablissement sont généralement préparés par une équipe de rétablissement composée de membres d’organismes responsables de la gestion de l’espèce ou de l’écosystème, de spécialistes d’autres organismes, d’universités, de groupes de conservation, de groupes autochtones et d’intervenants, s’il y a lieu.

Et ensuite ?

Dans la plupart des cas, on procédera à l'élaboration d'un ou de plusieurs plans d'action visant à préciser et à orienter la mise en œuvre du programme de rétablissement. Les plans d'action comprennent des renseignements plus détaillés sur ce qui doit être accompli pour répondre aux objectifs du programme de rétablissement. Cependant, le programme de rétablissement offre des renseignements importants sur les menaces qui pèsent sur les espèces et sur les besoins en matière de rétablissement de ces dernières, renseignements qui peuvent servir aux particuliers, aux collectivités, aux utilisateurs des terres et aux conservationnistes s'intéressant au rétablissement des espèces en péril.

Pour en savoir plus

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le rétablissement des espèces en péril en Colombie-Britannique, veuillez consulter le site Web du ministère de l'Environnement portant sur la planification du rétablissement.

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Programme de rétablissement du porte-queue de Colombie-Britannique (Satyrium behrii) en Colombie-Britannique

Préparé par l'Équipe de rétablissement des invertébrés de l'intérieur méridional

Décembre 2008

Référence recommandée

Équipe de rétablissement des invertébrés de l'intérieur méridional. 2008. Programme de rétablissement du porte-queue de Colombie-Britannique (Satyrium behrii) en Colombie-Britannique, préparé pour le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 19 p.

Illustration/photographie de la couverture

Photographie de la couverture prise par Bob Lincoln.

Exemplaires additionnels

Il est possible de télécharger la version anglaise du présent document à partir de la page Web du ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique portant sur la planification du rétablissement.

Données de publication anglaise

ISBN: 978-0-7726-6105-0

Catalogage avant publication : En cours

Le contenu du présent document (à l'exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d'indiquer la source.

Avis

Le présent programme de rétablissement a été rédigé par l'Équipe de rétablissement des invertébrés de l'intérieur méridional en tant qu’avis à l’intention des autorités responsables et des organismes responsables qui peuvent participer au rétablissement de l’espèce. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a reçu le présent avis afin de respecter son engagement en vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Le présent document détermine les programmes de rétablissement qui sont jugés nécessaires au rétablissement des populations du porte-queue de Colombie-Britannique en Colombie-Britannique, et ce, en se fondant sur les meilleurs renseignements scientifiques et les meilleures connaissances traditionnelles disponibles. Les mesures de rétablissement visant à réaliser les buts et les objectifs déterminés dans le présent document sont sujettes aux priorités et aux restrictions budgétaires des organismes et des organisations participants. Ces buts, ces objectifs et ces approches de rétablissement peuvent être modifiés dans le futur afin de répondre aux nouveaux objectifs et aux nouveaux résultats des recherches.

Les autorités responsables et tous les membres de l’équipe de rétablissement ont eu l’occasion d’examiner le présent document. Cependant, le document ne représente pas nécessairement les positions officielles des organismes, ni les opinions personnelles de tous les membres de l’équipe de rétablissement.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépend de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui pourraient participer à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme. Le ministère de l’Environnement encourage tous les gens de la Colombie-Britannique à participer au rétablissement du porte-queue de Colombie-Britannique.


Membres de l'équipe de rétablissement

  • Président : Orville Dyer, ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique, Penticton (Colombie-Britannique)
  • Présidente : Jennifer Heron, ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique, Vancouver (Colombie-Britannique)
  • Geoff Scudder, University of British Columbia, Vancouver (Colombie-Britannique)
  • Sylvie Desjardins, University of British Columbia, Kelowna (Colombie-Britannique)
  • Stephen Hureau, Environnement Canada, Service canadien de la faune, Delta (Colombie Britannique)
  • Bryn white, Okanagan University College, Penticton (Colombie-Britannique)
  • Dennis St. John, Okanagan Falls (Colombie-Britannique)
  • Howie Richardson, Okanagan College, Penticton (Colombie-Britannique)

Conseillers techniques

Ron Hall, bande indienne d'Osoyoos, Osoyoos (Colombie-Britannique)

Auteurs

Équipe de rétablissement des invertébrés de l'intérieur méridional

Autorites responsables

Le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique est responsable de l'élaboration d'un programme de rétablissement pour le porte-queue de Colombie-Britannique en vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril au Canada. Le Service canadien de la faune d'Environnement Canada et le ministère des Forêts et du Territoire (Ministry of Forests and Range) de la Colombie-Britannique ont également participé à la préparation de ce programme de rétablissement.

Remerciements

Le présent programme de rétablissement est le résultat d'un effort de collaboration auquel de nombreuses personnes ont participé. Norbert Kondla a écrit une version précédente du programme. Nick Page a fait l'ébauche de la dernière version du programme de rétablissement. La présente version a été révisée par Orville Dyer, Jennifer Heron et Bryn White. Dennis St. John, Sylvie Desjardins, Mike Sarell et Howie Richardson ont contribué de façon substantielle à ce programme de rétablissement, par l'apport de données et d'expertise scientifique. Dennis St. John et Sylvie Desjardins ont fait la révision scientifique du programme. Bryn White, Crystal Klym et Tricia Klein ont aidé à la mise en forme finale. Jeff Brown, David Toews, Laura Darling et Tory Stevens ont fourni des commentaires supplémentaires sur l'ébauche finale. Nous remercions l'équipe de rétablissement et tous ceux et celles qui ont contribué, par leur soutien et leurs efforts, au rétablissement l'espèce.

Sommaire

Le porte-queue de Colombie-Britannique (Satyrium behrii) est un petit papillon mesurant 2,5 cm à 2,9 cm d’envergure dont la période de vol s'étend du début de juin au début de juillet. La face dorsale de ses ailes est couverte de grandes taches centrales orange. La face ventrale de ses ailes est brun grisâtre avec une ligne de taches sombres lisérées de blanc bien distinctes.  

L’aire de répartition canadienne du porte‑queue de Colombie-Britannique est restreinte à l’habitat à purshie tridentée (Purshia tridentata) du sud de la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique. Le papillon dépend de la plante hôte de ses chenilles, la purshie tridentée, et de plantes nectarifères, comme l’achillée millefeuille (Achillea millefolium), le sumac glabre (Rhus glabra), la tétradymie blanchâtre (Tetradymia canescens), la gypsophile paniculée (Gypsophila paniculata), les mélilots (Melilotus sp.), le holodisque discolore (Holodiscus discolor), et les ériogones (Eriogonum sp.). Au Canada, le porte‑queue de Colombie‑Britannique est désigné « espèce menacée » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et est inscrit à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), en raison de la perte et de la fragmentation de son habitat, résultat du développement agricole et urbain.

Le but du rétablissement est de maintenir une population viable et bien répartie du porte-queue de Colombie-Britannique dans de l’habitat protégé, à l’intérieur de l’aire de répartition connue de l’espèce en Colombie-Britannique.

Les objectifs de rétablissement (de 2009 à 2013) sont les suivants :

  1. Protéger au moins 820 hectares d’habitat du porte-queue de Colombie-Britannique d'ici 2013.
  2. Replanter, d’ici 2013, au moins 10 hectares d’habitat à purshie tridentée incendié sur des terres vouées à la conservation où le porte-queue de Colombie-Britannique était présent.
  3. Combler, d’ici 2013, les lacunes dans les connaissances en matière de qualité de l’habitat, de menaces, d’abondance et de fluctuation annuelle des populations, d’obstacles à la dispersion, d’écologie des chenilles et des chrysalides et de viabilité des populations.

La protection de l'habitat repose sur le respect de pratiques exemplaires de gestion visant le maintien du porte-queue de Colombie-Britannique et de son habitat, ainsi que sur des accords d'intendance, des covenants de conservation, des dons écologiques ou la vente de terres privées par des propriétaires consentants, l'affectation et la gestion des terres publiques et des aires protégées fédérales et provinciales et municipales/locales. Les mesures de protection de l'habitat du porte‑queue de Colombie‑Britannique chevaucheront celles visant d'autres espèces en péril dans le sud de la vallée de l’Okanagan.

Pour assurer la réussite de la mise en œuvre des mesures de protection des espèces en péril, il importera d'instaurer des mesures d'intendance sur des terres de diverses tenures, y compris des terres privées et des terres des Premières Nations. L'intendance consiste en une collaboration volontaire des propriétaires fonciers en vue de protéger les espèces en péril et les écosystèmes dont elles dépendent.

Pour l'instant, aucun habitat essentiel, aux termes de l'article 2 de la Loi sur les espèces en péril du gourvernement fédéral, n'est proposé à des fins de désignation. L'habitat essentiel du porte-queue de Colombie-Britannique pourrait être désigné à une date ultérieure dans une addition du gouvernement fédéral élaborée par Environnement Canada ou un plan d’action. Une ébauche de plan d’action sera prête à être présentée au Gouvernement de la Colombie-Britannique d’ici mars 2013. Ce plan d’action sera vraisemblablement plurispécifique, parce que les mesures de rétablissement visant les espèces qui dépendent de l’habitat à purshie tridentée sont semblables.

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Contexte

Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation : Novembre 2000 (nouvelle)

Nom commun (population) : Porte-queue de Colombie-BritanniqueNote * du tableau 1

Nom scientifique : Satyrium behrii columbia

Statut selon le COSEPAC : Espèce menacée

Justification de la désignation : Cette espèce se trouve sous forme de populations dispersées dans toute son aire de répartition historique et utilise la purshie tridentée (Purshia tridentata) comme plante hôte. D'importantes parties de l'habitat de la Purshia sont déjà perdues et l'habitat restant est fragmenté. On s'attend à ce qu'il y ait d'autres pertes d'habitat.

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « menacée » par le COSEPAC en novembre 2000. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

Notes d'évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Note [*]

Les noms communs mentionnés dans ce programme de rétablissement respectent les conventions d'appellation appliquées par le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique et peuvent différer des noms communs utilisés par le COSEPAC

Retour à la référence de la note * du tableau 1

Description de l'espèce

Le porte-queue Satyrium behrii est classé dans la famille des Lycénidés, qui comprend les cuivrés, les porte-queues et les bleus. Au Canada, ce porte-queue est connu en anglais sous les noms de « Behr’s Hairstreak » ou de « Columbia Hairstreak », en référence à la sous-espèce columbia, dont la description a été faite à partir de spécimens capturés à Fairview, en Colombie‑Britannique (Layberry et coll., 1998). Satyrium b. columbia est la seule sous-espèce présente au Canada, et le présent document ne porte que sur cette sous-espèce (voir la section intitulée « Populations et répartition »). À l’échelle mondiale, il existe deux autres sous-espèces, Satyrium b. behrii et Satyrium b. crossii, toutes deux présentes aux États-Unis (The International Lepidoptera Survey [TILS], 2005). Aux États-Unis, ce porte-queue est aussi appelé « Columbia Behr’s Hairstreak » (The International Lepidoptera Survey [TILS], 2005).

Le cycle vital du porte-queue de Colombie-Britannique comprend quatre stades : 1) l’œuf; 2) la chenille (larve – la vie larvaire est ponctuée de plusieurs mues conduisant chacune à une augmentation de taille); 3) la chrysalide (enveloppe à l’intérieur de laquelle s’effectue la métamorphose de la chenille en adulte); 4) l’adulte.

La large bordure noire entourant de grandes taches centrales orange sur la face dorsale des ailes (figure 1) est l’un des principaux caractères distinctifs du porte-queue de Colombie‑Britannique adulte. La limite intérieure de cette bordure noire est diffuse. Le dessous des ailes antérieures et postérieures est brun grisâtre, plus foncé près du corps, avec une ligne de taches sombres lisérées de blanc bien distinctes. La ligne marginale est noire et bordée d’une ligne submarginale blanche, et la frange est grise. Le papillon n’a pas de queue. Les deux sexes sont semblables, mais les mâles sont d’un orange fauve plus foncé que les femelles et présentent une tache androconiale foncée (formée d’écailles odoriférantes) foncée bien distincte sur l’aile antérieure. Ce porte-queue a une envergure de 2,5 cm à 2,9 cm.

Figure 1. Faces dorsale (à gauche) et ventrale (à droite) d'un porte-queue de Colombie-Britannique adulte.
Photo: Faces dorsale  et ventrale d'un porte-queue de Colombie-Britannique adulte.

Les œufs, blanc verdâtre, sont déposés individuellement sur les feuilles et les rameaux de purshie tridentée (Purshia tridentata) (Comstock, 1928). Les œufs deviennent blancs dans les heures qui précèdent l’éclosion.

À maturité, la chenille mesure 1 cm à 1,5 cm de longueur et est vert pâle, avec une ligne dorsale blanche et les côtés vert plus foncé (Comstock, 1928; Guppy et Shepard, 2001). Les segments dorsaux ont un aspect strié. Le sommet des segments abdominaux est orné de jaune pâle ou de blanc (stries ou taches diffuses). La chrysalide (cocon, enveloppe dans laquelle se déroule la métamorphose de la chenille en adulte) est brun pâle moucheté de brun foncé et ne présente aucun motif apparent. Elle est fixée à une tige de purshie tridentée par un coussinet de soie (Guppy et Shepard, 2001).

L’unique saison de vol du porte-queue de Colombie‑Britannique s’étend du début de juin au milieu de juillet et atteint son point culminant entre le milieu et la fin de juin, selon les températures printanières (COSEPAC, 2000; Guppy et Shepard, 2001; S. Desjardins, données inédites, 2007). L’accouplement et la ponte coïncident avec la saison de vol. Les œufs sont déposés individuellement sur les feuilles et les rameaux de la plante hôte, la purshie tridentée, et éclosent au printemps suivant (Emmel et Emmel, 1973). La nymphose semble se dérouler sur la purshie tridentée; la chrysalide est normalement fixée à une tige ou à un rameau de la plante hôte par un coussinet de soie (Guppy et Shepard, 2001). Pour obtenir de plus amples renseignements sur l’habitat et la plante hôte, voir la section « Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat ».

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Populations et répartition

À l'échelle mondiale, on rencontre Satyrium behrii du sud de la Colombie-Britannique jusqu'au sud de la Californie et au Nouveau-Mexique. Trois sous-espèces de S. behrii sont connues en Amérique du Nord (voir la « Description de l'espèce »). Au Canada, l'espèce n'est présente que dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, dans le sud de la vallée de l'Okanagan (figure 2). Moins de 1 % de l'aire de répartition mondiale de l'espèce se trouve au Canada.

Figure 2. Aire de répartition mondiale du porte-queue de Colombie-Britannique Satyrium behri.
Carte: Aire de répartition mondiale du porte-queue de Colombie-
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre l’aire de répartition mondiale du porte-queue de Behr (Satyrium behrii).Au Canada, l’espèce se trouve dans le sud de l’Okanagan. L’espèce se trouve principalement aux États-Unis.

Figure 3. L'aire de répartition canadienne du porte-queue de Colombie-Britannique (Satyrium behrii) est confinée au sud de la vallée de l'Okanagan, en Colombie-Britannique. L'aire de répartition est fondée sur les mentions d'observation récentes (50 dernières années) du papillon.
Carte: L'aire de répartition canadienne du porte-queue de Colombie-Britannique
Description longue pour la figure 3

La figure 3 présente l’aire de répartition canadienne du porte-queue de Behr (Satyrium berhii), qui est confinée au sud de la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique. L’aire de répartition est fondée sur les mentions d’observations récentes (50 dernières années) du papillon.

Au Canada, le porte-queue de Colombie‑Britannique vit dans l’habitat à purshie tridentée du sud de la vallée de l'Okanagan, de Penticton jusqu'à la frontière américaine (Guppy et Shepard, 2001) (figure 3). On dispose de très peu de renseignements sur le nombre de populations et leur abondance en Colombie-Britannique, mais les travaux de recherche se poursuivent (S. Desjardins, comm. pers., 2005). Des données sur les tendances ne sont pas disponibles pour l'espèce, mais le déclin que connaît le porte-queue de Colombie-Britannique serait vraisemblablement dû à la perte de communautés végétales à purshie tridentée (Schluter et coll., 1995; Lea, 2001) nécessaires à sa survie. Lea (2008) estime le développement a entraîné la perte de 68 % des communautés végétales à purshie tridentée et à stipe chevelue de la vallée de l'Okanagan.

Une analyse préliminaire de viabilité de la population effectuée par Richardson (en prép.) est terminée, mais les résultats ne sont pas encore disponibles. Toutefois, les résultats portent à croire que la population actuelle est viable et qu’elle le restera si suffisamment d’habitat de qualité est protégé et géré adéquatement, particulièrement du côté est de la vallée de l'Okanagan, où l'habitat est moins fragmenté (H. Richardson, comm. pers., 2007).

On a attribué à S. behrii la cote mondiale G5 (non en péril) (Natureserve, 2008). Il est coté N1N2 (gravement en péril, en péril) au Canada et N5 (non en péril) aux États-Unis. En Colombie-Britannique, l'espèce est cotée S2 (en péril) (Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique, 2008). Sa cote est SNR (espèce non classée) en Arizona, en Idaho, au Nevada, au Nouveau-Mexique, en Oklahoma, en Oregon, au Texas, en Utah et au Wyoming; S5 (non en péril) au Colorado et dans l'État de Washington; et S4 (apparemment non en péril) en Californie (NatureServe, 2008). Le porte-queue de Colombie-Britannique est considéré comme une espèce de priorité 1 dans le contexte du but 3 du Conservation Framework (cadre de conservation) de la Colombie-Britannique (en anglais seulement).

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Besoins du porte-queue de Colombie-Britannique

Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat

Le porte-queue de Colombie-Britannique dépend des communautés végétales dominées par la plante hôte de ses larves, la purshie tridentée. Les corrélations tirées des données d'inventaire et des observations portent à croire que les communautés végétales où les purshies tridentées ont plus de 30 ans sont probablement plus importantes pour le porte-queue de Colombie-Britannique que les communautés végétales de début de succession (S. Desjardins, comm. pers., 2005).

Les porte-queues de Colombie-Britannique adultes ont besoin de plantes florifères pour leur nectar. L'espèce utilise le nectar des plantes florifères indigènes ou non indigènes, dont l'achillée millefeuille (Achillea millefolium) (indigène), le sumac glabre (Rhus glabra) (indigène), la tétradymie blanchâtre (Tetradymia canescens), la gypsophile paniculée (Gypsophila paniculata) (non indigène), les mélilots (Melilotus sp.) (espèces indigènes et non indigènes), le holodisque discolore (Holodiscus discolor) (indigène) et les ériogones (Eriogonum sp.) (indigène) (Pyle, 2002; St. John et Bunge, 2003). Les observations semblent indiquer que l'achillée millefeuille est la plus importante source de nectar en Colombie-Britannique en raison de sa grande prévalence dans les communautés de purshie tridentée et de sa saison de floraison prolongée (St. John et Bunge, 2003).

Les corrélations tirées des données d'inventaire et des observations portent à croire que les porte‑queues de Colombie-Britannique adultes ont peut-être besoin d'un couvert clairsemé d’arbres, particulièrement du pin ponderosa (Pinus ponderosa), pour s'abriter des intempéries et des températures diurnes extrêmes et se poser pendant la nuit (S. Desjardins, comm. pers., 2007). Un autre facteur qui augmente peut-être la qualité de l'habitat est la présence de mares (flaques de boue où les papillons adultes vont chercher de l'eau et du sel, prévenant ainsi la déshydratation). La composition chimique de la purshie tridentée peut influer sur l'écologie des larves du porte-queue de Colombie-Britannique, parce que cette plante est importante pour d'autres herbivores vertébrés et invertébrés (Young et Clements, 2002).

Les associations mutualistes possibles avec des fourmis pourraient s'avérer importantes pour le maintien des populations du porte-queue de Colombie-Britannique (Ballmer et Pratt, 1992; Pierce et coll., 2002). St. John et Bunge (2003) ont émis l'hypothèse selon laquelle la qualité de l'habitat serait peut-être reliée à la présence d'espèces précises de fourmis. Les fourmis moissonneuses (Pogonomyrmex sp.) sont importantes pour les milieux dominés par la purshie tridentée. Les fourmis aident à créer des monticules de mise en réserve (ou des caches) de graines et des communautés végétales uniques (Young et Clements, 2002), qui pourraient s'avérer importantes pour la présence du porte-queue de Colombie-Britannique. Comme bien des membres de la famille des Lycénidés, les chenilles du porte-queue de Colombie-Britannique sont pourvues d’organes spécialisés sécrétant des acides aminés qui attirent les fourmis (Ballmer et Pratt, 1988). En se basant sur des études des populations de S. behrii en Californie, Ballmer et Pratt (1992) émettent l'hypothèse que les chenilles sont myrmécophiles – c.-à-d. qu'elles ont établi une association avec une ou plusieurs espèces de fourmis, les fourmis protégeant les chenilles contre les parasites et les parasitoïdes, et, en retour, les chenilles fournissant de la nourriture (acides aminés sécrétés par des glandes spécialisées) aux fourmis (Fraser et coll., 2001). Cependant, on ne sait pas si ces relations sont mutualistes ou facultatives (si les porte-queues de Colombie-Britannique tirent parti de leur relation avec les fourmis, mais n'en ont pas besoin pour survivre) (Balmer et Pratt, 1992).

La superficie d’habitat à purshie tridentée (et d’autres éléments de l'habitat) nécessaire au maintien de la population de porte-queues de Colombie-Britannique est inconnue. Il est probable que le papillon forme une structure de métapopulation sur de nombreuses parcelles d'habitat, et peut, certaines années, utiliser seulement une partie d'une parcelle apparemment convenable. On connaît mal ces processus de dispersion et de recolonisation.

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Rôle écologique

Le porte-queue de Colombie-Britannique est une espèce prioritaire pour la conservation des prairies à purshie tridentée indigènes du sud de la vallée de l'Okanagan, en Colombie-Britannique. L'espèce n'est pas considérée comme un pollinisateur essentiel des plantes hôtes (des chenilles ou des adultes), mais la pollinisation cumulative par un grand nombre d'espèces est essentielle à la santé globale de l'écosystème.On ne connaît pas de rôle écologique significatif au le porte‑queue de Colombie-Britannique, p. ex dans la dynamique du réseau trophique, mais il est probablement la proie de petits mammifères, de prédateurs invertébrés, de chauve-souris et d'oiseaux.

Le porte-queue de Colombie-Britannique pourrait établir une association mutualiste avec des fourmis (St. John et Bunge, 2003). Les fourmis joueraient un rôle important pour le porte-queue de Colombie-Britannique au sein de cette relation (les fourmis protègent les chenilles de la prédation, et ces dernières excrètent des acides aminés dont les fourmis se nourrissent; Ballmer et Pratt, 1992; Pierce et coll., 2002). On sait que les fourmis moissonneuses recueillent et dispersent les graines de purshie tridentée et qu'elles créent des caches de graines (Young et Clements, 2002). Les fourmis sont une importante composante écologique de la faune arthropode des prairies de la Colombie-Britannique, contribuant au fonctionnement de l'écosystème non seulement par leur biomasse et leur richesse spécifique, mais aussi en tant qu'ingénieurs du sol, agents de dispersion des graines, fourrageurs et agents détritivores (Hölldobler et Wilson, 1990; Folgarait, 1998). Au sein d’un écosystème, les fourmis peuvent avoir un effet radical sur d'autres invertébrés, et leur influence sur les sols et la décomposition organique est importante (Hölldobler et Wilson, 1990).

Facteurs limitatifs

Le principal facteur limitatif affectant le porte-queue de Colombie-Britannique est la plante hôte des chenilles, la purshie tridentée. La seule plante hôte des chenilles connue est la purshie tridentée et, sans cette plante, le papillon ne peut pas compléter son cycle vital. La structure d'âge des peuplements de purshies tridentées et la présence d'arbres ou d'arbustes peut aussi limiter l’abondance de la population à un emplacement donné (S. Desjardins, comm. pers., 2006). Il y a une forte corrélation entre le nombre de porte-queues de la Colombie-Britannique adultes observés et l'âge de la communauté végétale à purshie tridentée : on trouve plus de papillons dans les communautés de plus de 30 ans (S. Desjardins, données pers., 2007).

Les individus adultes ne peuvent profiter que d'un nombre limité de plantes sources de nectar à cause de leur morphologie : la trompe de l'espèce est courte (D. St. John, données pers., 2004). Une trompe courte signifie que les individus adultes ne peuvent pas retirer du nectar des plantes florifères qui ont une corolle profonde (le nectar se trouve à la base de la corolle, à l'intérieur de la fleur).

La distribution, l'abondance et la période de floraison des plantes nectarifères peuvent influer sur l'occupation, par le porte-queue de Colombie-Britannique, des milieux dominés par la purshie tridentée. Des températures froides ou le manque de pluie au printemps peuvent avoir un effet négatif sur les premiers instars larvaires (S. Desjardins, comm. pers., 2006), et l'impact peut être encore plus grave au Canada, parce que l'espèce s'y trouve à la limite nord de son aire de répartition.

Les porte-queues de Colombie-Britannique adultes ont une capacité de dispersion limitée. Dans la vallée de l'Okanagan, Desjardins (en prép.) a répertorié des distances de dispersion moyennes de 120 m en 2005 (par temps chaud et sec au printemps) et de 80 m en 2006 (par temps frais et pluvieux au printemps), avec une dispersion maximale de 1,2 km (pour un individu). Ces observations semblent indiquer une corrélation négative entre la recolonisation de parcelles d'habitat et la fragmentation croissante du paysage (S. Desjardins, en prép.; H. Richardson, en prép.). Les probabilités de recolonisation et les effectifs d’une population à un emplacement donné diminuent vraisemblablement avec la fréquence et l'ampleur des événements stochastiques.

Menaces

(par ordre d'importance)

1) Perte ou dégradation de l'habitat

Les principales menaces qui pèsent sur le porte-queue de Colombie-Britannique sont la perte, la dégradation et la fragmentation de l'habitat des communautés végétales à purshie tridentée. Les chenilles dépendent exclusivement de la purshie tridentée et, sans elles, l'espèce ne peut pas compléter son cycle vital. Ces menaces sont graves, généralisées et continues. Dans l'aire de répartition connue de l'espèce en Colombie-Britannique, environ 68 % de la superficie des communautés végétales à purshie tridentée et à stipe chevelue a été détruite par le développement agricole ou urbain (Lea, 2008). Entre 1995 et 2001, le taux de perte des habitats dominés par la purshie tridentée était de 2 % de l'habitat restant par année. Ce taux a atteint 4 % par année entre 2001 et 2003 et ne cesse de croître, principalement à cause du développement agricole associé à l'aménagement de nouveaux vignobles (O. Dyer, comm. pers., 2004). Des résultats préliminaires de modélisation de la viabilité des populations montrent que, à mesure que la fragmentation des communautés végétales dominées par la purshie tridentée s'intensifie, le taux de recolonisation à la suite d'événements stochastiques diminue, en raison des piètres capacités de dispersion de l'espèce (H. Richardson, en prép.).

2) Dynamique écologique et processus naturels

La modification du régime naturel des feux en raison des programmes de protection contre les feux et d'extinction des feux semble avoir augmenté l'intensité des feux. Les feux ont vraisemblablement déjà été plus communs dans les habitats dominés par la purshie tridentée (Young et Clements, 2002). L'extinction des feux fait en sorte que les feux qui se déclarent sont importants et intenses (capables de détruire des peuplements), plutôt que localisés ou clairsemés et peu intenses (laissant des parcelles intactes de communautés végétales à purshie tridentée touchées). L'empiétement par les arbres associé à l'absence de feux fréquents a vraisemblablement réduit l'importance et l'étendue des peuplements de purshie tridentée dans certains sites, à cause de l'ombrage et de la compétition. Ces menaces sont localisées, continues et de gravité modérée.

3) Espèces exotiques

On rencontre un grand nombre d'espèces végétales envahissantes introduites dans les écosystèmes dominés par la purshie tridentée, dont le brome des toits (Bromus tectorum), la potentille dressée (Potentilla recta), la centaurée diffuse (Centaurea diffusa) et la linaire à feuilles larges (Linaria genistifolia ssp. dalmatica L.). Certaines espèces, telle la potentille dressée, qui sont capables de former des peuplements purs, peuvent supplanter les plantes nectarifères du porte-queue de Colombie-Britannique et empêcher le repeuplement par la purshie tridentée après des feux de forêt. Cette menace est généralisée et continue, étant donné qu'il y a des espèces végétales exotiques dans tous les sites où la présence du porte-queue de Colombie‑Britannique est confirmée. La gravité et la certitude causale de la menace ne sont pas claires et nécessitent d'autres recherches; la présence de ces espèces végétales en petits nombres ne semble pas affecter les populations de porte-queues de Colombie-Britannique. Cependant, si la densité des espèces exotiques augmentait, les impacts cumulatifs pourraient avoir un effet nuisible.

Les mouches tachinaires parasites (famille des Tachinidés) ont été introduites comme agents de lutte biologique contre la spongieuse européenne. On sait que ces mouches ont un effet néfaste sur tous les lépidoptères. Actuellement, ces mouches n’ont été introduites que dans l’est des États-Unis et du Canada, mais elles constitueraient une menace potentielle pour les populations de porte-queues de Colombie-Britannique si elles s'établissaient dans l’intérieur de la province. Ces espèces pourraient s’introduire dans l'ouest de l'Amérique du Nord par le biais de mécanismes de dispersion naturels ou être introduites intentionnellement pour la lutte biologique. Elles ont donc été identifiées en tant que menaces potentielles.

4) Climat et catastrophes naturelles

Les changements climatiques constituent aussi une menace potentielle, mais mal comprise, pour le porte-queue de Colombie-Britannique. L'enveloppe climatique convenable pour la croissance de la purshie tridentée pourrait s’étendre à cause des changements climatiques (R. Hebda, comm. pers., 2004), ce qui agrandirait considérablement l'aire de répartition théorique de la purshie tridentée. Cependant, les taux actuels de perte et de fragmentation de l'habitat dans l'aire de répartition connue de l’espèce et les obstacles à la dispersion des graines de purshie tridentée et à la dispersion du porte-queue de Colombie-Britannique limiteraient vraisemblablement l'expansion naturelle de la communauté végétale à purshie tridentée et du porte-queue de Colombie‑Britannique. Les changements climatiques pourraient accroître la période de sécheresse estivale dans le sud de la Colombie-Britannique, ce qui pourrait provoquer la sénescence hâtive des plantes hôtes des chenilles et des plantes nectarifères, ou modifier le régime des pluies pendant la période larvaire, ce qui risque de réduire le taux de survie des jeunes. D'autres recherches sont nécessaires.

5) Pollution

La dérive de pesticides provenant de terres agricoles voisines peut avoir des effets néfastes sur le porte-queue de Colombie-Britannique et causer localement la mortalité directe d'individus, mais ces impacts ne sont pas documentés. L’application d'herbicides contre les plantes envahissantes peut avoir une incidence sur des espèces non visées, y compris la purshie tridentée et les plantes nectarifères. On ne comprend pas les effets sur le porte‑queue de Colombie-Britannique, mais ils sont probablement localisés et pourraient être atténués au moyen de techniques améliorées de lutte antiparasitaire intégrée.

6) Mortalité accidentelle

Le broutage par les animaux pourrait endommager les œufs et les chenilles de porte-queues de Colombie-Britannique, voire causer leur mortalité directe. Dans le sud de la vallée de l'Okanagan, le cerf mulet (Odocoileus hemionus), le mouflon d’Amérique de la sous-espèce californiana (Ovis canadensis) et les bovins domestiques broutent dans les milieux dominés par la purshie tridentée (Krannitz, 2000). On ne connaît pas l'effet du broutage sur le porte-queue de Colombie-Britannique.

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Mesures déjà achevées ou en cours

  • Inventaire, cartographie et suivi
    • Des programmes d'inventaire et de suivi sont mis en œuvre sur les terres publiques (provinciales et fédérales), depuis 2003.
    • Les écosystèmes à purshie tridentée ont été cartographiés par le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique (2007).
  • Sensibilisation du public et intendance
    • Des programmes d'éducation et de vulgarisation pour le public sont mis en œuvre par le biais du Osoyoos Desert Centre (Osoyoos), du Nk'Mip Desert Cultural Centre (Osoyoos), de la Okanagan Similkameen Conservation Alliance (Penticton) et du Meadowlark Festival (Penticton) tenu annuellement, depuis 2003. Ces programmes visent à accroître la sensibilisation et le soutien envers la conservation de la purshie tridentée et du porte-queue de Colombie-Britannique.
    • Le programme de conservation des vallées de l'Okanagan-Sud-Similkameen (South Okanagan Similkameen Conservation Program) a été établi en 2000; un partenariat formé de 41 organisations gouvernementales et non gouvernementales dédiées à la conservation de la biodiversité dans la région. Favorise la conservation de la purshie tridentée et du porte-queue de Colombie-Britannique par l'intermédiaire de ses partenaires.
    • Un programme d'intendance faisant appel à la communication avec les propriétaires des terres privées où pousse la purshie tridentée; le programme est en cours depuis le début des années 1990, dans le cadre de The Land Conservancy et du programme de conservation des vallées de l'Okanagan-Sud-Similkameen, et du programme d'intendance.
  • Protection de l'habitat
    • Une superficie d'environ 290 hectares de communautés végétales à purshie tridentée et à stipe chevelue est protégée dans les aires protégées fédérales et provinciales..
    • Une superficie d'environ 250 hectares d'habitat à purshie tridentée est protégée par le Nature Trust of B.C., dans le cadre de partenariats établis avec la Habitat Conservation Trust Foundation, Fortis et d'autres groupes.
  • Recherche
    • Utilisation de l'habitat, caractéristiques démographiques, dispersion et génétique des populations du porte-queue de Colombie-Britannique (depuis 2005). Travaux de recherche effectués par Sylvie Desjardins, University of British Columbia, Okanagan.
    • Analyse de la viabilité de la population du porte-queue de Colombie-Britannique, pour modéliser la persistance à long terme dans l'habitat à purshie tridentée du sud de la vallée de l'Okanagan (depuis 2007). Travaux de recherche effectués par Howie Richardson, Okanagan College.

Lacunes dans les connaissances

  1. Déterminer les paramètres qualitatifs de l'habitat requis pour assurer le maintien des populations de porte-queue de Colombie-Britannique à un emplacement donné; structure d'âge du peuplement de purshies tridentées; densité des arbres servant d'abri et des plantes hôtes (âge, santé des plantes, menaces qui pèsent sur elles); parcelle d'habitat et connectivité entre les habitats à purshie tridentée; seuil de dégradation par les espèces végétales envahissantes n'empêchant pas la survie d'une population.
  2. Effectuer des travaux de nature quantitative sur le terrain visant les effectifs de porte-queues de Colombie-Britannique à chaque emplacement où l'espèce est présente.
  3. Faire des recherches sur les impacts de la perte et de la fragmentation de l'habitat sur la dispersion et la viabilité des populations de porte-queues de Colombie-Britannique.
  4. Faire des recherches sur les menaces potentielles, y compris les feux (à cause de l'extinction); les processus météorologiques naturels; la pollution (p. ex. le ruissellement de pesticides, les effets cumulatifs de l'utilisation de pesticides); la mortalité accidentelle (p. ex. des suites du broutage); et les événements stochastiques (p. ex. l'affouillement dans l'habitat à purshie tridentée, les tempêtes de vent et le gel persistant, qui provoquent la perte de purshies tridentées) et clarifier en quoi elles consistent.
  5. Mener des recherches sur la biologie et le cycle vital du porte-queue de Colombie Britannique, y compris l'abondance et les fluctuations annuelles des populations, les obstacles à la dispersion, l'écologie de la chenille et de la chrysalide, les associations avec les fourmis et les parasites/parasitoïdes.
  6. Recueillir d'autres données d'inventaire et des données qualitatives sur l'habitat afin de compléter les modèles d'analyse de la viabilité des populations et d'accroître le niveau de confiance des résultats issus de ces modèles.

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Rétablissement

Caractère réalisable du rétablissement

Le rétablissement du porte-queue de Colombie-Britannique au Canada est jugé réalisable sur les plans biologique et technique, sur la base des quatre critères suivants :

  1. Des individus capables de se reproduire sont disponibles maintenant pour améliorer le taux de croissance ou augmenter l'abondance de la population.
    Oui. Des populations stables et persistantes demeurent viables à l'intérieur d'aires protégées dans le sud de la vallée de l'Okanagan et sont disponibles pour contribuer au rétablissement.
  2. De l'habitat suffisant est disponible pour soutenir l'espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l'habitat.
    Oui. L'analyse de viabilité des populations de porte-queues de Colombie Britannique porte à croire que les populations persisteront vraisemblablement dans le sud de la vallée de l'Okanagan, dans l'habitat disponible actuellement (H. Richardson, en prép.).
  3. Des mesures de rétablissement permettent d'éviter ou d'atténuer les principales menaces qui pèsent sur l'espèce ou son habitat.
    Oui. La principale menace pesant sur l'espèce est la perte d'habitat, et elle peut être atténuée par des mesures de protection de l'habitat (voir « Approches existantes et recommandées pour la protection de l'habitat »).
  4. Les techniques de rétablissement requises existent et leur efficacité est reconnue.
    Oui. Les techniques de rétablissement visent principalement la protection de l'habitat.

But du rétablissement

Maintenir une population viable et bien répartie du porte-queue de Colombie Britannique dans de l'habitat protégé** à l'intérieur de l'aire de répartition connue de l'espèce en Colombie Britannique.

**L'habitat protégé est l'habitat (voir « Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat ») géré de façon à assurer le maintien du porte-queue de Colombie Britannique sur une longue période (c.-à-d. 100 ans). La gestion repose sur des mesures de protection pouvant prendre diverses formes, par exemple, le respect de pratiques exemplaires de gestion visant le maintien du porte-queue de Colombie-Britannique et de son habitat, des accords d'intendance, des covenants de conservation, des dons écologiques ou la vente de terres privées par des propriétaires consentants, l'affectation et la gestion de terres publiques, et des mesures de protection dans les aires protégées fédérales et provinciales et municipales/locales.

Objectifs de rétablissement (de 2009 à 2013)

Les objectifs de rétablissement visant le porte-queue de Colombie-Britannique sont les suivants :

  1. Protéger au moins 820 hectares d'habitat du porte-queue de Colombie Britannique d'ici 2013.
  2. Replanter, d'ici 2013, au moins 10 hectares d'habitat à purshie tridentée incendié sur des terres vouées à la conservation où le porte-queue de Colombie Britannique était présent.
  3. Combler, d'ici 2013, les lacunes dans les connaissances en matière de qualité de l'habitat, de menaces, d'abondance et de fluctuation annuelle des populations, d'obstacles à la dispersion, d'écologie des chenilles et des chrysalides et de viabilité des populations.

Justification du but et des objectifs du rétablissement

La modélisation préliminaire de la viabilité des populations semble indiquer que la population actuelle est viable et le restera si suffisamment d’habitat de qualité est protégé et géré, particulièrement du côté est de la vallée de l’Okanagan, où l’habitat est moins fragmenté (H. Richardson, comm. pers. 2007). L’analyse est en cours, et les résultats préliminaires de l’analyse de la viabilité des populations ne sont pas disponibles pour l’instant. Les renseignements actuellement disponibles sont insuffisants pour élaborer des objectifs quantitatifs à long terme en matière de population et d’habitat.

Le but du rétablissement, maintenir une population viable et bien répartie, vise à empêcher que l’espèce ne disparaisse au Canada et est fondé sur un consensus de l’équipe de rétablissement. Une cible en matière de protection de l’habitat à court terme (de 2009 à 2013) est quantifiée (superficie de 820 ha) dans la section sur les objectifs afin de s’assurer qu’un niveau raisonnable de protection est atteint d’ici à ce que les lacunes dans les connaissances soient comblées et qu’un objectif quantitatif soit fixé.

La cible en matière de protection de l’habitat porte sur 540 hectares d’aires protégées existantes sur des terres publiques fédérales et provinciales et des aires de conservation sur des terres privées appartenant au Nature Trust, à la Okanagan Region Wildlife Heritage Fund Society, à The Land Conservancy et au Osoyoos Desert Centre (terres louées du gouvernement provincial). Même si ces terres sont protégées contre le développement, les activités de gestion devront peut‑être être adaptées afin de s’assurer que des éléments précis de l’habitat du porte-queue de Colombie‑Britannique sont protégés. La cible en matière de protection de l’habitat porte également sur 80 hectares d’une aire protégée proposée sur des terres publiques (fédérales et provinciales), recommandée dans le plan de gestion des terres et des ressources du district d’Okanagan Shuswap (Okanagan Shuswap Land and Resource Management Plan) et au terme du processus d’examen de la Land Act dans l’Okanagan (Okanagan Land Act Review). Une superficie supplémentaire de 200 hectares d’habitat protégé par des mesures d’intendance collaboratives est ciblée pour maintenir des corridors entre les sites protégés et réduire la fragmentation.

L’objectif de rétablissement de replanter, d’ici 2013, au moins 10 hectares d’habitat à purshie tridentée incendié sur des terres vouées à la conservation où le porte-queue de Colombie-Britannique était présent vise à s’assurer que l’habitat occupé par le porte‑queue de Colombie-Britannique et récemment incendié est restauré afin de maintenir la connectivité avec d’autres emplacements. La replantation et la remise en état de l’habitat incendié permettront en théorie de réduire la fragmentation de l'habitat dans ces aires protégées et de contribuer à l'atteinte du but du rétablissement.

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Approches recommandées pour l'atteinte des objectifs du rétablissement

Les approches recommandées pour atteindre les objectifs du rétablissement et contrer les menaces comprennent, entre autres, la protection et la gestion de l'habitat, l'inventaire et le suivi, la recherche et la sensibilisation du public. Ces approches seront réalisées idéalement par des mesures d'intendance volontaire mises en œuvre par des propriétaires fonciers consentants et des partenariats entre groupes, comme le programme de conservation de South Okanagan-Similkameen (South Okanagan-Similkameen Conservation Program, SOSCP). La protection de l'habitat repose sur des accords d'intendance et des covenants de conservation visant des terres privées, l'affectation de terres publiques (p. ex. par des mécanismes de réglementation), et les aires protégées fédérales, provinciales et municipales/locales. En matière de protection de l'habitat, une approche plurispécifique fondée sur l'écosystème est recommandée, en raison du nombre élevé d'espèces désignées par le COSEPAC qu'on retrouve dans l'habitat à purshie tridentée. Pour la recherche, une approche monospécifique est requise.

Tableau 1. Tableau de planification du rétablissement.
ObjectifMenaces ou préoccupations viséesApproche recommandéePrioritéMesures précises
1, 2Perte ou dégradation de l'habitatProtection de l'habitatUrgentCartographier l'habitat à purshie tridentée (polygones définis au moyen d'applications SIG), et identifier les propriétaires des terres couvertes par ces polygones.
1, 2Perte ou dégradation de l'habitatProtection de l'habitatUrgentPrioriser les polygones à purshie tridentée aux fins de protection en fonction des risques de perte de l'habitat et des résultats de la modélisation préliminaire de la viabilité de la population.
1, 2Perte ou dégradation de l'habitatProtection de l'habitatUrgentIdentifier les options de protection de l'habitat pour les polygones prioritaires.
1, 2Perte ou dégradation de l'habitatProtection de l'habitatUrgentIdentifier les options de protection de l'habitat pour les polygones prioritaires.
1, 2Perte ou dégradation de l'habitatProtection de l'habitatNécessaireMettre en œuvre des mesures pour contrer les menaces potentielles que représentent les catastrophes naturelles (p. ex. les feux), qui pourraient avoir une incidence sur l'habitat relevé.
1, 2Perte ou dégradation de l'habitatProtection de l'habitatUtileÉlaborer des documents de communication sur les mesures de protection de l'habitat et les réalisations en cette matière.
2Perte ou dégradation de l'habitatGestion de l'habitatUrgentIdentifier les polygones d'habitat à purshie tridentée incendiés à l'intérieur d'aires protégées,
1) où la présence de porte queues de Colombie-Britannique a déjà été répertoriée; et/ou
2) qui sont adjacents à des polygones où les porte-queues sont présents actuellement.
2Perte ou dégradation de l'habitatGestion de l'habitatUrgentÉlaborer des plans de restauration de la purshie tridentée en collaboration avec les gestionnaires des terres.
2Perte ou dégradation de l'habitatGestion de l'habitatUrgentMettre en œuvre des plans de restauration.
3Perte ou dégradation de l'habitat, lacunes dans les connaissancesInventaire et suiviNécessaireFaire l'inventaire des polygones d'habitat à purshie tridentée pour déterminer l'existence de populations résidentes, leur distribution, et identifier les polygones occupés.
3Perte ou dégradation de l'habitat, lacunes dans les connaissancesInventaire et suiviNécessaireSuivre les polygones occupés afin de déterminer la variation annuelle des populations, la perte d'habitat et les changements à l'habitat découlant des menaces.
3ToutesRechercheUrgentÉtablir et mettre en œuvre des partenariats de recherche.
3ToutesRechercheUrgentFaire des recherches sur les besoins en matière d'habitat du porte-queue de Colombie-Britannique, y compris la structure d'âge des peuplements de purshie tridentée, la densité optimale des arbres et des plantes hôtes, la superficie des polygones d'habitat à purshie tridentée (occupés par le porte queue de Colombie-Britannique) et la connectivité entre les polygones d'habitat.
3ToutesRechercheUrgentFaire des recherches sur l'importance des espèces de fourmis pour le porte-queue de Colombie-Britannique.
3ToutesRechercheNécessaireFaire des recherches sur l'impact des plantes exotiques sur les plantes hôtes et déterminer s'il existe une corrélation négative avec les densités, les espèces (de plantes exotiques), etc.
3ToutesRechercheNécessaireFaire des recherches sur les menaces potentielles liées aux régimes des feux, à la pollution, à la mortalité accidentelle et aux événements stochastiques.
3ToutesRechercheNécessaireAccroître le niveau de confiance de l'analyse de la viabilité des populations en utilisant des programmes de modélisation ou d'autres techniques semblables.
3ToutesRechercheNécessaireMettre en œuvre des mesures pour faire face aux menaces potentielles liées aux changements climatiques, à la mortalité accidentelle et à la pollution. Mettre en œuvre les mesures en même temps qu'on effectue de nouvelles recherches sur ces menaces.
3ToutesRechercheNécessaireFaire des recherches sur le cycle biologique, sur les obstacles à la dispersion et sur l'écologie de la chenille et de la chrysalide.

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Mesures de rendement

  • 820 hectares de communautés végétales à purshie tridentée de grande qualité où le porte-queue de Colombie-Britannique est présent sont protégés d'ici 2013.
  • 10 hectares d'habitat à purshie tridentée incendié situés sur des terres vouées à la conservation sont remis en état d'ici 2013.
  • Les lacunes dans les connaissances sont comblées d'ici 2013.

Habitat essentiel

Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

Pour l'instant, aucun habitat essentiel, aux termes de l'article 2 de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral, n'est proposé à des fins de désignation. On s'attend à ce que l'habitat essentiel du porte-queue de Colombie-Britannique soit désigné à une date ultérieure, dans une addition du gouvernement fédéral élaborée par Environnement Canada ou un plan d’action établi à l’égard de l'espèce. Le plan d'action proposé peut viser spécifiquement le porte-queue de Colombie-Britannique, mais d'autres éléments du plan d'action (telles les mesures visant la protection de l'habitat et la conservation de la purshie tridentée) peuvent être réalisés dans le cadre de mesures de rétablissement prises pour d'autres espèces inscrites en vertu de la LEP présentes dans la zone en question. Un calendrier des études résumant les travaux nécessaires à la désignation de l'habitat essentiel est présenté dans le tableau 2.

Les caractéristiques de l'habitat essentiel du porte-queue de Colombie-Britannique incluent : habitat à purshie tridentée avec une abondance de plantes hôtes et faibles densités de pin ponderosa dans le sud de la vallée de l'Okanagan.

Calendrier recommandé des études visant à désigner l'habitat essentiel

Tableau 2. Calendrier des études
Description de l'activitéRésultat/justificationÉchéancier
Cartographier des polygones d'habitat à purshie tridentée et prioriser les polygones en fonction de la qualité de l'habitat.L'habitat potentiel de la purshie tridentée est identifié.2010
Cartographier la distribution et la densité relative du porte-queue de Colombie-Britannique selon les polygones d'habitat.o Les polygones d'habitat occupé sont cartographiés et les polygones les plus grands et les plus densément peuplés sont identifiés.2010
Cartographier des polygones selon les propriétaires des terres, y compris pour les terres vouées à la conservation.La propriété des terres et les options pour la protection de l'habitat sont clarifiées.2010
Faire des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances, y compris sur les fluctuations démographiques, les besoins spécifiques en matière d'habitat (p. ex. âge des peuplements de purshies tridentées, arbres utilisés comme perchoirs, besoins et tolérances en matière de chaleur), les impacts des feux et le rétablissement après les feux, la connectivité de l'habitat.Les lacunes dans les connaissances sont comblées, ce qui permet d'augmenter le niveau de confiance de l'analyse de viabilité des populations.2013
Identifier les polygones d'habitat à purshie tridentée prioritaires au moyen de la modélisation de l'analyse de la viabilité des populations.Les polygones prioritaires essentiels à la persistence de la population sont identifiés.2013

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Approches existantes et recommandées en matière de protection de l'habitat

La protection de l'habitat aux emplacements existants peut être établie par des mesures d'intendance et d'autres mécanismes, par le respect de pratiques exemplaires de gestion, les accords volontaires d'intendance, les covenants de conservation, les dons écologiques ou la vente de terres privées par des propriétaires consentants, l’affectation de terres publiques et la protection dans les aires protégées fédérales et provinciales et municipales/locales.

Des parties de communauté végétale à purshie tridentée ont été protégées par le Nature Trust, le gouvernement provincial (dans les parcs et l'aire de gestion de la faune du sud de la vallée de l'Okanagan [South Okanagan Wildlife Management Area]), et le gouvernement fédéral (dans la Réserve nationale de faune Vaseux-Bighorn). Il faut noter que les communautés végétales à purshie tridentée de ces sites ne sont pas toutes de l’habitat du porte-queue de Colombie­Britannique, à cause des feux qui ont détruit les purshies tridentées et d'autres problèmes relatifs à la qualité de l'habitat.

Les mesures de rétablissement visant le sud de la vallée de l'Okanagan devraient être mises en œuvre dans le cadre du programme de conservation de l’Okanagan-Sud-Similkameen (South Okanagan Similkameen Conservation Program) et coordonnées avec d’autres équipes de rétablissement, surtout celles de la chauve-souris blonde (Antrozous pallidus), du crapaud du Grand­Bassin (Spea intermontana), de la salamandre tigrée (Ambystoma tigrinum), du crotale de l'Ouest (Crotalus oreganos) et de la couleuvre à nez mince (Pituophis catenifer), qui dépendent aussi de l’habitat à purshie tridentée.

Effets sur les espèces non ciblées

Outre le porte-queue de Colombie-Britannique, 88 espèces en péril figurant sur la liste provinciale et 17 espèces en péril inscrites sur la liste du COSEPAC (certaines espèces figurent aussi sur ces deux listes) dépendent des écosystèmes dominés par la purshie tridentée en Colombie-Britannique (Dyer et Lea, 2003). La protection de l'habitat du porte-queue de Colombie-Britannique aura des avantages directs pour la plupart de ces espèces. On ne s'attend pas à ce qu'il y ait des répercussions négatives sur d'autres espèces en péril. Les stratégies de conservation concordent avec celles du programme de conservation de l’Okanagan-Sud-Similkameen (South Okanagan-Similkameen Conservation Program).

Considérations socio-économiques

Le rétablissement du porte-queue de Colombie-Britannique pourrait avoir des répercussions sur les secteurs économiques suivants : l'agriculture, l'aménagement urbain et les transports. Les répercussions se feront sentir sur les terres se trouvant à basse altitude, dans le sud de la vallée de l'Okanagan, au sud de Penticton. L'ampleur des répercussions est inconnue, mais présumée faible, parce que les activités seront fortement centrées sur les terres vouées à la conservation existantes ou projetées.

Approche recommandée pour la mise en œuvre du rétablissement

Pour assurer la réussite de la mise en œuvre des mesures de protection des espèces en péril, il importera d'instaurer des mesures d'intendance sur des terres de diverses tenures, y compris des terres privées et des terres des Premières Nations. L'intendance consiste en une collaboration volontaire des propriétaires fonciers en vue de protéger les espèces en péril et les écosystèmes dont elles dépendent.

Dans le préambule de la Loi sur les espèces en péril du Canada, il est établi que « les activités d'intendance visant la conservation des espèces sauvages et de leur habitat devraient bénéficier de l'appui voulu » et que « tous les Canadiens ont un rôle à jouer dans la conservation des espèces sauvages, notamment en ce qui a trait à la prévention de leur disparition du pays ou de la planète ». De même, l'Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique reconnaît que l'intendance par les propriétaires de terres et de plans d'eau, ainsi que par leurs utilisateurs, est essentielle afin d'éviter que des espèces ne deviennent en péril et de protéger et rétablir les espèces qui sont en péril et que les mesures coopératives et volontaires sont les premières approches pour assurer la protection et le rétablissement des espèces en péril.

La protection de l'habitat du porte-queue de Colombie-Britannique fera appel à une approche écosystémique faisant appel à des mesures de protection et de remise en état de l’habitat à purshie tridentée mises en œuvre par des partenariats établis dans le cadre du SOSCP. Les activités de sensibilisation adopteront une approche plurispécifique et écosystémique incluant les autres espèces en péril qui utilisent l’habitat à purshie tridentée, notamment le crotale de l'Ouest, la salamandre tigrée, le blaireau d'Amérique (Taxidea taxus) et la chauve-­souris blonde. Une approche monospécifique sera adoptée pour mener les recherches et pour clarifier les menaces qui touchent le porte-queue de Colombie-Britannique en particulier.

Énoncé sur les plans d'action

Une ébauche de plan d'action sera prête à être présentée au Gouvernement de la Colombie Britannique d'ici mars 2013. Ce plan d'action sera vraisemblablement plurispécifique, parce que les mesures de rétablissement visant les espèces qui dépendent de l'habitat à purshie tridentée sont semblables.

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  • St. John, D. et S. Bunge. 2003. Biogeography of Behr's Hairstreak, Satyrium behrii columbia McDunnough, 1944) in the South Okanagan. Part 1: Inventory Survey and Mapping, Part 2: Mark Recapture Study. étude inédite. 18 pp.
  • The International Lepidoptera Survey (TILS). 2005. Standardized common North American butterfly names (en anglais seulement). (consulté en février 2005).
  • Young, J.A. et C.D. Clements. 2002. Purshia the wild and bitter roses. University of Nevada Press, Reno, NV.

Communications personnelles

  • Dyer, Orville, ministère de l'Environnement de la Colombie Britannique, comm. pers., au sujet de l'analyse de données SIG inédites du ministère de l'Environnement, 2004.
  • Desjardins, Sylvie, UBC Okanagan, comm. pers. avec Orville Dyer, 2004, 2005, 2006, 2007.
  • Hebda, Richard, Royal B.C. Museum, comm. pers. avec Orville Dyer, 2004.
  • St-John, Dennis, consultant, comm. pers. avec Orville Dyer, 2004.
  • Richardson, Howie, Okanagan College, comm. pers. avec Orville Dyer, au sujet de l'analyse préliminaire de viabilité de la population au moyen de RAMAS GIS, 2007.

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