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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Rat kangourou d'Ord au Canada

Mise à jour
Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Rat kangourou d'Ord
Dipodomys ordii
au Canada
2006

Information sur l'espèce

Nom et classification

Le rat kangourou d’Ord (Dipodomys ordii, Woodhouse 1853) est un petit rongeur de la famille des Hétéromyidés endémique aux Amériques. Il est l’une des 21 espèces de rats kangourous (Dipodomys) qui habitent exclusivement les prairies et les déserts arides de l’ouest de l’Amérique du Nord et la seule espèce de Dipodomys au Canada. Dipodomys vient du grec et signifie « souris bipède », en référence à la bipédie du rat kangourou. Le nom commun fait référence à sa manière caractéristique de se déplacer par bonds et à sa longue queue. Le nom anglais est « Ord’s kangaroo rat ».

Dans le genre Dipodomys, le rat kangourou d’Ord appartient au groupe ordii (Grinnell, 1921; Stock, 1974). L’analyse chromosomique suggère que l’espèce est plus étroitement apparentée au rat kangourou du golfe du Mexique (D. compactus) au sud du Texas qu’à d’autres congénères (Stock, 1974; Patton et Rogers, 1993).

On reconnaît 32 sous-espèces de rats kangourous d’Ord (Williams et al., 1993). La population canadienne appartient à la sous-espèce D. o. terrosus (Hoffmeister, 1942; Anderson, 1946; Setzer, 1949; Hall, 1981; Williams et al., 1993), qui s’étend du nord du Wyoming et du Dakota du Sud au sud de l’Alberta et de la Saskatchewan. La population canadienne est séparée des populations les plus près de D. o. terrosus d’environ 270 km. La population canadienne se distingue également par son cycle vital et ses caractéristiques physiologiques (Gummer, 1997a; Gummer, 2005), ce qui indique que la population canadienne est différente de celles du sud. Il semble que le classement initial de la population canadienne dans la sous-espèce D. o. terrosus soit fondé sur l’examen d’un seul spécimen (Anderson, 1946). La désignation taxinomique de la population canadienne nécessiterait donc une réévaluation.


Description morphologique

Les rats kangourous d’Ord ont de longues pattes de derrière et de grands pieds qui facilitent leur bipédie (figure 1). Le dos est surtout de couleur orange-brun, mais le ventre est blanc, tout comme le dessus des pieds, les marques au-dessus des yeux et sous les oreilles, les membres antérieurs, ainsi que la base et les bandes latérales de la queue. Des lignes blanches traversent également les hanches. L’espèce possède des abajoues velues et cinq orteils à chaque pied. La queue est touffue et longue, comptant pour plus de la moitié de la longueur totale de l’individu (tableau 1). Dans la majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce, les mâles tendent à être légèrement plus gros que les femelles (Kennedy et Schnell, 1978; Best, 1993). Toutefois, la population canadienne ne présente pas de dimorphisme sexuel de la taille (Gummer, données inédites). Les rats kangourous adultes du Canada (tableau 1) sont généralement plus gros (jusqu’à 33 p. 100) que leurs conspécifiques vivant plus au sud (Jones, 1985, Best, 1993). Le crâne se distingue de celui des autres rongeurs sympatriques au Canada par ses grandes bulles auditives facilement visibles et ses incisives supérieures rainurées.


Figure 1 : Photographie du rat kangourou d’Ord

Figure 1 : Photographie du rat kangourou d’Ord.

Photo de D.L. Gummer, une gracieuseté du Royal Alberta Museum.

 

Tableau 1 : Mesures standard de 49 rats kangourous d’Ord adultes provenant des collections du Royal Alberta Museum, du Royal Saskatchewan Museum et du University of Alberta Museum of Zoology
MesureMoyenne ± écart-type
Poids (g)69,2 ± 0,9
Longueur totale (mm)261,4 ± 1,7
Longueur de la queue (mm)143,3 ± 1,2
Longueur des pieds de derrière (mm)42,2 ± 0,2
Longueur des oreilles (mm)12,9 ± 0,2


Description génétique

La génétique des populations des rats kangourous d’Ord septentrionaux n’a pas été étudiée. Toutefois, on pense que la population canadienne serait isolée depuis environ 6 000 ans (Kenny, 1989). L’isolement, le temps de génération court et les cycles de population annuels extrêmes pourraient avoir contribué à la dérive génétique et aux adaptations aux conditions environnementales régionales prédominantes (Gummer, 1997a; Gummer, 2005).