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Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation de l’erioderme boréal au Canada

Importance de l'espèce

Du point de vue de sa conservation, l’Erioderma pedicellatum a été appelé « le panda des lichens » par Teuvo Ahti (in litt.), car il symbolise la disparition rapide des trésors naturels que recèle la forêt boréale. La complexité de son cycle vital, notamment sa dépendance à l’égard des hépatiques à feuilles du genre Frullania comme source de cyanobactéries, est unique parmi les lichens. Nous avons donc le devoir de mieux comprendre cette forme ancienne de symbiose, dont le partenaire fongique est sans doute issu d’une hybridation entre deux espèces chimiquement distinctes, dans le Nord-Ouest de l’Amérique du Sud actuelle, dans l’ancien continent de Gondwana.

La persistance du lichen pendant des centaines de millions d’années contraste vivement avec sa quasi-disparition au cours des 10 à 20 dernières années. En effet, seules les deux principales populations de Terre-Neuve sont encore viables à l’heure actuelle.

De plus, parmi toutes les espèces de lichens, l’E. pedicellatum est peut-être celle qui constitue le meilleur indicateur des changements locaux de la qualité de l’air. Il figure à la tête d’une échelle indiquant la sensibilité relative des cyanolichens à la pollution atmosphérique, avec certaines espèces du genre Lichinodium.