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Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation de l’erioderme boréal au Canada

Protection actuelle ou autres désignations

Désignation à l’échelle mondiale

En 1995, avant même qu’on ne connaisse en détail sa répartition dans l’Est de l’Amérique du Nord, l’Erioderma pedicellatum a été inscrit à titre d’espèce fortement menacée (critically endangered) dans la Red List of Lichenized Fungi of the World, liste rouge établie par le Groupe de spécialistes des lichens de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’Union mondiale pour la nature (UICN).

Même si bon nombre des facteurs ayant justifié cette désignation mériteraient d’être réévalués, il y a toujours lieu de maintenir l’espèce dans la Liste rouge. Dans l’éventualité d’une réévaluation du statut de l’espèce à l’échelle mondiale, il est important de noter que sa présence en Europe a été confirmée deux fois après qu’on eut supposé qu’elle était disparue de ce continent, vers 1970 et 1995 (voir la section Répartition).


Désignations à l’échelle canadienne et provinciale

Aucun statut officiel n’a encore été attribué à l’Erioderma pedicellatum du point de vue de ses sites anciens ou actuels de l’une ou l’autre des trois principales provinces de l’Atlantique. Des mesures préliminaires de conservation viennent à peine d’être élaborées et adoptées à Terre-Neuve, à la suggestion de Christoph Scheidegger (Ringius, 1997, et Robertson, 1998).

En Nouvelle-Écosse, l’E. pedicellatum peut maintenant être considéré comme très fortement menacé (critically endangered). En revanche, l’espèce demeure dans un état apparemment viable dans plusieurs régions de Terre-Neuve et est même présente en nombres appréciables dans le secteur des Lockyer’s Waters (péninsule d’Avalon) ainsi que dans le parc Jipujijkuei Kuespem (région de la baie d’Espoir). Les sites recensés dans ces deux secteurs clés sont les plus prometteurs pour la conservation à long terme de l’espèce.

À Terre-Neuve, l’espèce bénéficie d’une protection juridique dans le cas de la grande population du parc provincial Jipujijkuei Kuespem et des populations des réserves naturelles de la Bay du Nord et d’Avalon, bien que ce parc et ces réserves n’aient pas été établis spécifiquement pour la protection du lichen. À la suite d’une promesse faite en 1996 par l’ancien premier ministre de Terre-Neuve, Brian Tobin, à Christoph Scheidegger et à l’ICCL (International Committee for the Conservation of Lichens), une protection temporaire contre l’abattage a également été accordée à la réserve forestière des Lockyer’s Waters jusqu’à ce que le COSEPAC ait établi la situation du lichen.