Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation de l’erioderme boréal au Canada

Répartition

Répartition mondiale

L’Erioderma pedicellatum est une espèce amphi-atlantique, autrefois présente à la fois en Europe et au Canada. Actuellement, l’E. pedicellatum ne se rencontre que dans l’Est du Canada (Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve).

En Norvège, quatre emplacements de l’espèce ont d’abord été découverts, durant la première moitié du 20e siècle : Alhner a identifié le lichen dans trois localités de la région de Grong en 1938 et en 1939 (Holien, 1995), puis dans une localité du Nord-Trøndelag en 1948 (Maass, 1980b). Alhner croyait découvrir une nouvelle espèce, à laquelle il a donné le nom Erioderma boreale. Plus récemment, en 1994, deux autres sites ont été découverts, dans les régions de Grong et d’Overhalla (Holien et al., 1995). Tor Tonsberg (comm. pers.) a confirmé en 1999 qu’il restait un seul thalle de l’espèce dans ces nouveaux sites, et il estime aujourd’hui que l’espèce est disparue de Norvège.

En 1948, Ahlner a découvert dans le Vãrmland, en Suède, une population comprenant plus de 100 thalles. Cette localité est devenue une réserve naturelle en 1952 (Holien, 1995). Holien affirme que la dernière observation de thalles de l’espèce remonte à 1956. Maass (1980) mentionne cependant que Degelius (comm. pers.) s’était de nouveau rendu dans le site en 1962 et pourrait être le dernier à y avoir vu l’espèce. Lors de cette visite, il a récolté des thalles nécrosés de l’espèce, qui ont été déposés dans divers herbiers de Suède (GB, UPS). Une photo couleurs de thalles provenant de cette récolte, décolorés et endommagés par la corrosion, a été publiée dans le guide des lichens de Moberg et Holmåsen (1982).


Répartition canadienne

1) Nouveau-Brunswick

J.G. Farlow a fait la première récolte canadienne connue de l’Erioderma pedicellatum sur l’île Campobello, en 1902. Ce spécimen comprenait une dizaine de thalles. Farlow, se rendant compte qu’il avait trouvé quelque chose d’unique, envoya le spécimen à Hue pour que celui-ci l’identifie. Neuf ans plus tard, Hue publia une description de l’espèce, sous le nom Pannaria pedicellata, dans une revue à diffusion très restreinte, et il a fallu une soixantaine d’années pour que cette description soit connue (Jørgensen, 1972). Jusqu’à présent, Stephen Clayden (1997), conservateur du Musée du Nouveau-Brunswick, à Saint-Jean (N.-B.), ainsi que le premier auteur du présent rapport ne sont pas parvenus à retrouver l’espèce ou à confirmer sa présence à l’île Campobello ou ailleurs dans la province.

2) Nouvelle-Écosse

En Nouvelle-Écosse, la plupart des mentions historiques de l’E. pedicellatum proviennent de forêts de sapin baumier (Abies balsamea) du versant atlantique, situées à 30 km ou moins de la côte. La seule exception est un thalle mort trouvé dans le secteur du cap Chignecto, au-dessus de la baie de Fundy, sur un érable rouge (Acer rubrum), dans la localité NS-46 (Maass, 1991). Les autres mentions provenant de phorophytes autres que le sapin baumier concernent un thalle trouvé dans un bosquet d’épinette blanche (Picea glauca) environ 100 m au nord de Toms Brook (NS-42) et un thalle trouvé sur un érable rouge dans la localité NS-6. La plupart des autres sites se trouvent dans les secteurs nord-est du comté d’Halifax, ainsi que dans le comté de Guysborough. Seulement quatre sites (localités NS-42 à NS-45) ont été trouvés sur l’île du Cap-Breton, à une distance considérable des grands centres industriels tels que Sydney et Glace Bay. Toutes les localités confirmées de l’E. pedicellatum sont situées entre 9 et 152 m au‑dessus du niveau de la mer. Au total, on connaît dans la province 46 populations historiques, ainsi que trois sous-populations.

3) Terre-Neuve

Très peu de travaux d’exploration lichénologique ont été entrepris à Terre-Neuve. Ahti et Jørgensen ont été les premiers à y récolter l’Erioderma pedicellatum, en 1971, sous le nom Eriodermaboreale. Une dizaine d’années se sont écoulées avant qu’on essaie de préciser la répartition de l’espèce dans l’île (Maass, 1980; Ahti, 1983). Les équipes de terrain du Newfoundland and Labrador Department of Forest Resources and Agrifoods ont grandement contribué à la découverte de nouvelles localités de l’espèce à compter de 1997. En tout, environ 67 sites principaux ont été trouvés à Terre-Neuve, outre un nombre presque aussi élevé de sous-populations.

On trouvera aux figures de 3 à 6 des cartes illustrant la répartition canadienne de l’érioderme boréal, avant 1995 et après 1994, ainsi que sa présence sur les arbres des genres Abies et Picea.

Les disjonctions que semble présenter la répartition de l’espèce à Terre-Neuve doivent être pour une bonne part réelles, puisqu’elles correspondent à de vastes superficies de lande à éricacées dépourvue de forêt, habitat qui ne convient pas à l’espèce. Cependant, dans les régions côtières et intérieures du Sud de la province, il est encore possible que l’on découvre de nouvelles populations, dans les forêts qui occupent certaines vallées protégées à l’intérieur du territoire principalement occupé par la lande à éricacées. Le fait que l’aire de répartition longe la côte atlantique, tant à Terre-Neuve qu’en Nouvelle-Écosse, semble être lié à des facteurs climatiques tels que ceux qui caractérisent les zones climatiques boréale-océanique et hémi-boréale, où les conditions sont fraîches, humides et souvent brumeuses dans les secteurs les plus près de l’océan. Tout le Centre-Nord de Terre-Neuve, ainsi que la partie est de la péninsule du Nord, qui sont pourtant en grande partie boisés, semblent toutefois se trouver dans des zones climatiques qui sont trop chaudes ou trop froides, ou encore trop sèches, durant la saison de végétation (figures figure7 et figure8).


 Figure 3 : Répartition générale des localités où l’Erioderma pedicellatum pousse sur sapin baumier (Abies balsamea) dans le Canada atlantique, selon les observations faites autant avant 1995 qu’après 1994

Figure 3 : Répartition générale des localités où l’Erioderma pedicellatum pousse sur sapin baumier (Abies balsamea) dans le Canada atlantique, selon les observations faites autant avant 1995 qu’après 1994. Dans les localités où le lichen était présent sur épinette noire, il était toujours également présent sur sapin baumier.

La présence du lichen sur érable rouge (Acer rubrum) est indiquée par un triangle pointé, tandis que celle du lichen sur épinette blanche (Picea glauca) est indiquée par un astérisque. Dans les localités où le lichen était présent sur épinette noire, il était toujours également présent sur sapin baumier. Le cercle, sur la côte du Maine, indique le site historique possible de l’E. pedicellatum mentionnée dans la légende de la figure 4.


Figure 4 : Répartition générale de l’Erioderma pedicellatum dans le Canada atlantique, selon l’ensemble des observations faites avant 1995

Figure 4 : Répartition générale de l’Erioderma pedicellatum dans le Canada atlantique, selon l’ensemble des observations faites avant 1995. Dans l’herbier FH, il existe des spécimens de Coccocarpia palmicola et de Lobaria scrobiculata qui ont été récoltés dans cette île, sur écorce de sapin baumier. Or, ces lichens sont les indicateurs les plus fiables d’un habitat propice à la croissance de l’E. pedicellatum sur sapin baumier.

La présence du lichen sur érable rouge (Acer rubrum) est indiquée par un triangle pointé, tandis que celle du lichen sur épinette blanche (Picea glauca) est indiquée par un astérisque. – La localité type de l’E. pedicellatum est indiquée par un cercle pointé. Le cercle vide indique une localité où l’espèce a pu être présente dans le passé, à l’île Head Harbour, au sud-est de Jonesport, dans le comté de Washington, dans l’État du Maine. Dans l’herbier FH, il existe des spécimens de Coccocarpia palmicola et de Lobaria scrobiculata qui ont été récoltés dans cette île, sur écorce de sapin baumier. Or, ces lichens sont les indicateurs les plus fiables d’un habitat propice à la croissance de l’E. pedicellatum sur sapin baumier.


Figure 5 : Répartition générale de l’Erioderma pedicellatum dans le Canada atlantique, selon l’ensemble des observations faites après 1994

Figure 5 : Répartition générale de l’Erioderma pedicellatum dans le Canada atlantique, selon l’ensemble des observations faites après 1994.


Figure 6 : Répartition des localités où l’Erioderma pedicellatum pousse sur épinette (Picea spp.) dans le Canada atlantique

Figure 6 : Répartition des localités où l’Erioderma pedicellatum pousse sur épinette (Picea spp.) dans le Canada atlantique. Les points correspondent aux localités où l’espèce pousse sur le P. mariana, tandis que l’astérisque indique la localité où l’espèce pousse sur le P. glauca.

Les points correspondent aux localités où l’espèce pousse sur le P. mariana, tandis que l’astérisque indique la localité où l’espèce pousse sur le P. glauca.


Figure 7 : Carte de la végétation de Terre-Neuve, avec sites anciens et actuels de l’Erioderma pedicellatum (position approximative) et indication des précipitations moyennes de mai à septembre, en millimètres

Figure 7 : Carte de la végétation de Terre-Neuve, avec sites anciens et actuels de l’Erioderma pedicellatum (position approximative) et indication des précipitations moyennes de mai à septembre, en millimètres. Les sites du lichen se trouvent principalement dans des régions recevant plus de 450 mm de précipitations durant la saison de végétation.

La zone en noir longeant la côte nord-ouest de l’île indique la position des landes calcaires. Les sites du lichen se trouvent principalement dans des régions recevant plus de 450 mm de précipitations durant la saison de végétation.


Figure 8 : Carte de la végétation de Terre-Neuve, avec sites anciens et actuels de l’Erioderma pedicellatum (position approximative) et indication des températures moyennes de l’air de juillet, en degrés centigrade

Figure 8 : Carte de la végétation de Terre-Neuve, avec sites anciens et actuels de l’Erioderma pedicellatum (position approximative) et indication des températures moyennes de l’air de juillet, en degrés centigrade. Les sites du lichen se trouvent principalement dans des régions où la température moyenne de juillet est inférieure à 16 °C.

La zone en noir longeant la côte nord-ouest de l’île indique la position des landes calcaires. Les sites du lichen se trouvent principalement dans des régions où la température moyenne de juillet est inférieure à 16 °C.