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Programme de rétablissement du gravelier

Sommaire

 

Le gravelier (Erimystax x-punctatus) a été observé pour la dernière fois au Canada dans le bassin versant de la rivière Thames, en Ontario, en 1958. En 1985, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a attribué à cette espèce la désignation d’espèce « en voie de disparition » puis, en 1987, celle d’espèce « disparue du pays». Une réévaluation basée sur un rapport de situation publié en 2000 a confirmé cette désignation. Il a été déterminé que le rétablissement du gravelier est réalisable sur les plans technique et biologique.

Le gravelier est un méné au corps long et arrondi qui atteint en moyenne 76 mm de longueur et un maximum d’environ 100 mm. Son dos est vert olive, ses flancs sont argentés et son ventre est blanc. Le dos et les flancs du gravelier, dont les écailles sont aléatoirement bordées de noir, présentent des marques caractéristiques en forme de X, de W et de Y. Une petite tache noire prédomine habituellement à la base de la nageoire caudale. Le museau arrondi et long fait saillie au-dessus de la bouche dont les coins sont munis de barbillons petits mais visibles.

Au Canada, le gravelier n’a été observé qu’à deux endroits dans le bassin versant de la rivière Thames : à Muncey (nation Oneida de la Thames) et dans un tronçon de la rivière, dans les cantons de Mosa et d’Oxford, en amont du territoire de la nation Delaware, Première nation des Moraviens de la Thames (Moraviantown). Ces lieux sont situés à environ 300 km des endroits où ont été signalées les populations américaines les plus proches, en Ohio.

Le gravelier habite des cours d’eau de moyenne à grande envergure dont l’eau est de claire à modérément turbide et où sont présents de nombreux bancs au substrat rocheux, graveleux ou sableux exempt de limon.

Les besoins stricts liés à l’habitat du gravelier le rendent vulnérable à la dégradation de son habitat et à la diminution de la qualité de l’eau. On pense que l’envasement et l’accroissement de la turbidité sont principalement responsables du déclin et de la disparition du gravelier en Ontario. La charge en éléments nutritifs attribuable aux pratiques agricoles et urbaines (p. ex. engrais, épandage de fumier, traitement des eaux usées) a peut-être également contribué à sa disparition du pays.

L’équipe de rétablissement du gravelier regroupe des représentants de divers organismes canadiens et américains. Comme le gravelier figure parmi les 23 espèces aquatiques ciblées par le programme de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Thames, ce programme traite de mesures de rétablissement axées sur l’amélioration, l’intendance, la protection et la gestion de l’habitat du gravelier. Les mesures de rétablissement dont fait l’objet le présent programme de rétablissement du gravelier sont quant à elles axées sur la recherche et la surveillance. Le but à long terme que s’est fixé l’équipe de rétablissement du gravelier est de favoriser la présence de populations de gravelier saines et capables de reproduction dans la rivière Thames en procédant à des améliorations de leur habitat si l’on découvre que l'espèce y est présente et, s’il y a lieu, à des réintroductions si l’on confirme que l’espèce y est disparue. L’équipe a également défini les six objectifs de rétablissement à court terme (sur cinq ans) suivants :

  1. confirmer l’absence du gravelier dans leszones où il a déjà été observé dans la rivière Thames;
  2. déterminer l’étendue et la qualité de l’habitat du gravelier dans les zones où il a déjà été observé;
  3. définir les principaux besoins liés à l’habitat afin de désigner l’habitat essentiel et de mettre en œuvre des stratégies pour protéger et restaurer des habitats pour le rétablissement;
  4. définir les menaces, évaluer leur incidence et mettre en œuvre des mesures correctrices afin de réduire leurs effets;
  5. examiner la faisabilité de la relocalisation, de l’élevage en captivité et des réintroductions;
  6. relever les effets des mesures de rétablissement et évaluer la réussite de celles-ci.

Les mesures de recherche et de surveillance proposées par l’équipe de rétablissement du gravelier incluent la surveillance des populations et de l’habitat, la réalisation de relevés, l’étude du cycle biologique et de l’habitat essentiel, les techniques d’élevage et de réintroduction ainsi que le suivi à long terme.