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Programme de rétablissement du gravelier

Rétablissement

 

2.1 But du rétablissement

But du rétablissement à long terme

Le but du rétablissement à long terme consiste à favoriser la présence de populations de gravelier saines et capables de reproduction dans la rivière Thames par l’amélioration de l’habitat si l’on découvre que l'espèce y est présente et, s’il y a lieu, par des réintroductionssi l’on confirme que l’espèce y est disparue.

Objectifs de rétablissement à court terme (cinq ans)

  1. Confirmer l’absence du gravelier dans les zones où il a déjà été observé dans la rivière Thames. Cet objectif est important, étant donné que très peu de travail sur le terrain a été mené dans la région qui héberge les sites de la rivière Thames où le gravelier a déjà été capturé;
  2. Déterminer l’étendue et la qualité de l’habitat du gravelier dans les zones où il a déjà été observé;
  3. Définir les principaux besoins liés à l’habitat afin de désigner l’habitat essentiel et de mettre en œuvre des stratégies pour protéger et restaurer des habitats historiquement occupés;
  4. Définir les menaces, évaluer leur incidence et mettre en œuvre des mesures correctrices afin de réduire leurs effets;
  5. Examiner la faisabilité de la relocalisation, de l’élevage en captivité et des réintroductions; et,
  6. Relever les effets des mesures de rétablissement et évaluer la réussite de celles-ci.

 

2.2 Faisabilité du rétablissement

La faisabilité du rétablissement est déterminée par quatre critères décrits dans la politique du gouvernement du Canada (2006).

  1. Des individus capables de reproduction sont-ils actuellement disponibles pour améliorer le taux decroissance de la population ou son abondance?
  2. Oui. Le gravelier n’a plus été prélevé de la rivière Thames depuis 1958 et est considéré comme étant disparu du pays. Les populations de gravelier de la même sous-espèce (E. x-punctatus trautmani) qui vivent dans l’Ohio (S3) et l’Indiana (S4) sont considérées stables et, par conséquent, représentent des sources potentielles pour soutenir les efforts de réintroduction, le cas échéant.

  3. Y a-t-il suffisamment d’habitats disponibles pour soutenir l’espèce ou, encore, pourrait-on rendre de tels habitats disponibles par l’application de mesures de gestion ou de restauration?
  4. Oui; cependant, il faudra procéder à une évaluation selon le deuxième objectif de rétablissement à court terme (ii). Il existe peut-être des zones de bancs propres où le courant est suffisamment fort pour déloger le limon et l’argile. Les sédiments en suspension peuvent être tolérés. Dans l’ensemble de l’aire de répartition nord-américaine, le gravelier est trouvé principalement sur des bancs de gravier et de roches où le courant prévient l’envasement excessif. L’aire de répartition historique du gravelier au Canada se limite à quelques endroits le long de la rivière Thames. Durant le dernier relevé ciblé, on a constaté la présence de bancs, mais ceux-ci étaient toutefois caractérisés par une turbidité élevée (Holm et Crossman, 1986). Aucun relevé ciblé récent des habitats n’a été entrepris à ces sites. Cependant, le programme de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Thames propose des méthodes de rétablissement pour améliorer la condition de l’habitat et la qualité de l’eau (Équipe de rétablissement de la rivière Thames, 2005).

  5. Les menaces importantes qui pèsent sur l’espèce ou son habitat peuvent-elles être évitées ou atténuées par des mesures de rétablissement?
  6. Oui. On croit que la dégradation de l’habitat, causée principalement par un envasement et une turbidité accrus, est principalement responsable de la disparition de l’espèce du Canada. Le programme de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Thames propose des mesures de rétablissement (dans le cadre de méthodes de rétablissement liées à l’amélioration et à l’intendance des habitats de même qu’à leur protection et à leur gestion) visant à améliorer l’état de l’habitat aquatique et la qualité de l’eau (Équipe de rétablissement de la rivière Thames, 2005).

  7. Les techniques de rétablissement requises existent-elles et sait-on si elles sont efficaces?
  8. Oui. Un accroissement de l’aire de répartition et de l’abondance du gravelier a été observé depuis que des améliorations récentes ont été apportées à la qualité de l’eau et de l’habitat des rivières de l’Illinois et de l’Ohio (Retzer, 2005, Yoder et al., 2005).

    On a fait appel à l’élevage en captivité et à la relocalisation dans le sud-est des États-Unis pour rétablir une espèce benthique en voie de disparition (Shute et al., 2005). La propagation en captivité d’une espèce étroitement apparentée, Erimystax, a été couronnée de succès (Conservation Fisheries Inc., 2001). Une tentative d’accroissement de l’aire de répartition du gravelier (sous-espèce occidentale E. x-punctatus punctatus) le long de Rock River, au Wisconsin, a toutefois connu un échec. Malgré un taux de survie élevé pendant le transfert, aucun gravelier n’a été repris pendant les deux à trois ans du suivi. Cet échec a été attribué au faible nombre d’individus transférés, à une méconnaissance des facteurs limitatifs pour la population et à l’absence de données quantitatives concernant l’habitat avant le début du projet (John Lyons, Wisconsin Department of Natural Resources, comm. pers.).

L’Équipe de rétablissement de la rivière Thames croit que le rétablissement du gravelier est réalisable dans le bassin hydrographique de la rivière Thames (Équipe de rétablissement de la rivière Thames, 2005).

2.3 Approches recommandées pour l’atteinte des objectifs de rétablissement

Le programme de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Thames propose des mesures pour contrer les menaces qui pèsent sur l’habitat occupé historiquement par le gravelier – envasement et turbidité, charge en éléments nutritifs et composés toxiques (Équipe de rétablissement de la rivière Thames, 2005). Ainsi, la protection et l’amélioration de l’habitat occupé historiquement par le gravelier reposera sur les mesures d’amélioration, d’intendance, de protection et de gestion de l’habitat identifiées dans le programme de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Thames (Équipe de rétablissement de la rivière Thames, 2005).

La section ci-après (tableau et texte qui le suit, le cas échéant) décrit en détail des mesures de rétablissement propres à l’espèce qui sont axées sur la recherche et la surveillance.

2.3.1 Planification du rétablissement

Tableau 2. Approches axées sur la recherche et la surveillance pour le rétablissement du gravelier.

PrioritéNuméroObjectif viséStratégie/ approche globaleÉtapes particulièresEffet prévu
Urgenti-1iSurveillance – Relevé du gravelierRéaliser un relevé ciblé dans les zones où le gravelier a déjà été observé, ce qui doit inclure un échantillonnage au chalut, engin utilisé pour sa capture en 1958.Fournir de l’information additionnelle qui permettra de confirmer la présence ou l’absence du gravelier.
Urgenti-2iiSurveillance – Relevés et cartographie de l’habitatCaractériser l’habitat du gravelier. Cartographier sa répartition et évaluer l’étendue et la qualité de l’habitat où le gravelier a déjà été observé.

Rendre possible la désignation et la définition de l’habitat essentiel du gravelier en vertu de la LEP.

Faciliter la désignation de la résidence, le cas échéant.

Faciliter la définition des menaces qui pèsent sur l’habitat du gravelier.

Orienter la prise de mesures pour le rétablissement de l’habitat.

Urgenti-3iii, iv, v, viRecherche – Caractéristiques du cycle biologique à tous les stades de développementDéterminer les caractéristiques du cycle biologique à tous les stades de développement, y compris le régime alimentaire, la reproduction et les exigences écologiques. Mieux connaître les menaces.

Faciliter la mise au point des mesures de rétablissement nécessaires et définir les mesures potentielles du succès.

Faciliter la désignation de la résidence, le cas échéant.

Définir et mieux connaître les menaces.

Permettre la modélisation de la population en vue du déploiement éventuel d’efforts de réintroduction.

Urgenti-4iiiRecherche – Habitat essentielDéterminer les besoins liés à l’habitat à tous les stades de développement.

Faciliter la désignation de l’habitat essentiel pour qu’il puisse être protégé en vertu de la LEP.

Orienter la prise de mesures pour le rétablissement de l’habitat.

Nécessairei-5vRecherche – Élevage en captivité et réintroduction

Déterminer la faisabilité et l’à-propos de la réintroduction dans les zones où l’habitat est adéquat.

Lorsque la réintroduction est considérée comme appropriée pour restaurer des populations (historiques ou dégradées), élaborer un plan de réintroduction.

Évaluer les besoins en matière de réintroductions en vue de l’atteinte des objectifs de rétablissement à long terme, vérifier si d’éventuels populations sources existent, déterminer la faisabilité de l’élevage en captivité et établir/adopter un protocole d’élevage si l’élevage en captivité est réalisable.
Bénéfiquei-6v, viSurveillance – Surveillance à long terme de l’habitat et de la population

Évaluer la qualité des habitats dans les zones de réintroduction prévue. L’information recueillie à la suite des activités proposées au point i-2 doit orienter le choix du lieu de réintroduction.

Effectuer un relevé sur le lieu de réintroduction du gravelier, le cas échéant.

Déterminer le moment où les conditions de l’habitat conviendront à la réintroduction.

Vérifier si les efforts de réintroduction permettent le rétablissement de populations viables.

i-1

Avant d’élaborer des plans de réintroduction, il faut confirmer l’absence du gravelier par un échantillonnage intensif. Le dernier relevé ciblé pour le gravelier a été entrepris en 1985. Pour qu’il soit conforme aux efforts d’échantillonnage antérieurs, l’échantillonnage doit avoir lieu en juillet et en octobre et être réalisé au chalut, à la seine et à la pêche électrique. Des unités de pêche électrique portées à dos d’homme et installées sur des navires ont permis de prélever très efficacement le gravelier dans des rivières de l’Ohio et du Wisconsin (Schimdt, 2000, Yoder et al., 2005). Comme les derniers spécimens du gravelier prélevés dans la rivière Thames en 1958 ont été pêchés au chalut, l’utilisation de chaluts à maille fine doit également être tentée. D’après les derniers prélèvements enregistrés au Wisconsin, la fin de l’automne (octobre/novembre) serait la période affichant la probabilité de capture la plus élevée (Schimdt, 1993). L’échantillonnage doit donc avoir lieu durant ces mois.

i-2

On ne doit pas envisager la réintroduction tant que les facteurs qui ont conduit à la disparition du gravelier du pays n’ont pas été compris et étudiés. On suppose que la dégradation de l’habitat (accroissement de l’envasement et de la turbidité) en est la cause. Au Wisconsin, la pollution de l’eau (pesticides, eaux usées et autres rejets ponctuels) pourrait également être en cause (Schmidt, 2000).

Le succès d’une réintroduction reposera sur la présence d’un habitat adéquat suffisamment étendu au site de relocalisation. Une méconnaissance des éventuels facteurs limitatifs pour l’habitat ou la qualité de l’eau a restreint les chances de succès des initiatives de relocalisation menées au Wisconsin (J. Lyon, comm. pers.). Il faudra donc réaliser des relevés pour caractériser les conditions actuelles de l’habitat et de la qualité de l’eau et définir les mesures à prendre pour améliorer les habitats dégradés.

i-5

Il faut désigner des populations sources pour soutenir les besoins pour la réintroduction. Idéalement, ces populations sont très diversifiées sur le plan génétique et leur composition génétique s’est développée dans des conditions historiques similaires à celles du site de relocalisation. Des populations de gravelier de la même sous-espèce (E. x-punctatus trautmani) de l’Ohio (S3) et de l’Indiana (S4) sont considérées comme stables et représentent, par conséquent, des populations sources possibles pour soutenir une relocalisation. Le prélèvement d’individus ne doit pas avoir d’effets négatifs sur la situation des populations sources.

Il faut déterminer quelle est la méthode d’introduction optimale (p. ex. choix entre le transfert de sujets adultes ou l’élevage en captivité). Si la propagation en captivité est l’option privilégiée, des méthodes de propagation et d’élevage de même que des installations d’élevage en captivité adéquates doivent être désignées. La propagation en captivité d’une espèce étroitement apparentée, Erimystax, a été couronnée de succès (Conservation Fisheries Inc., 2001).

Afin d’établir avec succès des populations autonomes et de préserver leur composition génétique, il faut déterminer le nombre d’individus à introduire, leur stade de développement de même que la fréquence et la durée des ensemencements supplémentaires. L’analyse de la viabilité des populations (AVP) ou toute autre approche axée sur la modélisation de la population peut faciliter l’obtention de cette information. L’utilisation appropriée d’outils d’AVP exigera toutefois l’obtention de meilleures données concernant le cycle biologique et la démographie du gravelier.

Toutes les réintroductions proposées dans le cadre du programme doivent reposer sur un plan de réintroduction qui tiendra compte des aspects logistiques et écologiques susmentionnés. Les réintroductions doivent respecter les lignes directrices pour l’introduction des poissons menacés et en voie de disparition de l’American Fisheries Society (Williams et al.,1988).

i-6

Il faut effectuer une surveillance à long terme en cas de réintroductions afin de s’assurer que les populations de gravelier nouvellement établies sont viables, que le taux d’ensemencement est approprié et que les conditions de l’habitat sont toujours adéquates. On recommande que cette surveillance ait lieu en automne, puisqu’il est alors plus probable de capturer des individus à différents stades de développement (jeunes de l’année, sujets juvéniles et adultes).

2.4 Habitat essentiel

2.4.1 Description

En vertu de la LEP, l’habitat essentiel est « l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite ». La désignation de l’habitat essentiel exige une connaissance approfondie des besoins environnementaux de l’espèce à tous les stades de développement ainsi qu’une compréhension de la répartition, de l’étendue et de la qualité de l’habitat dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. Cette information n’est actuellement pas disponible pour le gravelier, bien que le tableau 3 décrive les activités qui faciliteraient l’obtention de cette information, si le gravelier est réintroduit. Ces activités, qui ne sont pas exhaustives, décrivent l’étendue et la portée des mesures proposées par l’équipe de rétablissement comme nécessaires à la désignation de l’habitat essentiel pour le gravelier réintroduit. Si on confirme que le gravelier est disparu de la rivière Thames, la définition de l’habitat essentiel peut nécessiter la réalisation de recherches dans d’autres parties de son aire de répartition à l’étranger. En attendant cette définition, l’équipe de rétablissement a désigné deshabitats historiques comme zones à préserver.

2.4.2 Exemples d’activités susceptibles d’entraîner une destruction de l’habitat essentiel

Bien que l’habitat essentiel n’ait pas été défini, il est possible de relever les activités qui auraient une incidence négative sur l’habitat du gravelier. La liste suivante peut être utile pour évaluer les activités touchant les zones où l’on a déjà observé le gravelier.

  • Modification ou mauvaise gestion d’un cours d’eau ou du bassin hydrographique environnant qui mène à un accroissement important de la turbidité ou de l’envasement (peut être liée à l’agriculture, aux activités urbaines, à l’infrastructure ou à la foresterie).
  • Construction de nouveaux barrages et de réservoirs de retenue en amont des habitats.
  • Déversements accidentels de substances toxiques.
  • Charge excessive en éléments nutritifs qui entraîne une diminution importante de l’oxygène dissous dans le substrat.
  • Activités de dragage ou autres travaux dans le cours d’eau (p. ex. travaux de franchissement de cours d’eau pour une conduite) qui entraînent une augmentation de la turbidité et de l’envasement et une perturbation des bancs.

2.4.3 Calendrier des études pour la désignation de l’habitat essentiel

Tableau 3.Calendrier des activités pour la désignation de l’habitat essentiel du gravelier, s’il est réintroduit.

ActivitéAchèvement anticipé 1 (nombre d’années après la finalisation du programme de rétablissement)
Cartographier et caractériser l’habitat sur le tronçon de la rivière Thames où le gravelier a déjà été observé.3
Caractériser les habitats des populations dans l’aire de répartition de la sous-espèce aux États-Unis, si la disparition des populations de la rivière Thames est confirmée.5
Caractériser le cycle biologique et les caractéristiques démographiques des populations dans l’aire de répartition de la sous-espèce aux États-Unis, si la disparition des populations de la rivière Thames est confirmée.5

1 Les délais peuvent être modifiés en cas de nouvelles priorités ou en raison des demandes changeantes auxquels le personnel est confronté.

2.5 Approches actuelles et recommandées axées sur la protection de l’habitat

Les instances responsables de la conservation dans les cours supérieur et inférieur de la rivière Thames poursuivent leurs efforts en vue de protéger l’habitat de toutes les formes de vie aquatique dans le bassin hydrographique de la rivière Thames. Ce travail est soutenu par l’Équipe de rétablissement de la rivière Thames.

2.6 Mesures du rendement

La présence ou l’absence du gravelier dans la rivière Thames doit être confirmée. Si, après des efforts ciblés d’échantillonnage, la présence du gravelier dans la rivière Thames est confirmée, les mesures du rendement incluront celles permettant de déterminer si une population est saine et capable de reproduction, comme peut en témoigner la présence de multiples classes d’âge. L’étude des caractéristiques du cycle biologique du gravelier permettra d’obtenir une meilleure compréhension des indicateurs susceptibles de constituer de bonnes mesures du rendement du rétablissement.

2.7 Effets potentiels du programme de rétablissement sur d’autres espèces/processus écologiques

Le programme de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Thames (Équipe de rétablissement de la rivière Thames, 2004) vise l’étude des besoins liés au rétablissement de 23 espèces aquatiques ou semi-aquatiques répertoriées par le COSEPAC (7 moules, 6 reptiles, 10 poissons, y compris le gravelier) qui ont déjà occupé ou qui occupent toujours la rivière Thames (Équipe de rétablissement de la rivière Thames, 2005). La zone occupée par le gravelier dans la rivière Thames l’est également par les espèces suivantes de poissons ciblées par le programme de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Thames (d’après la Figure 14 dans Taylor et al., 2004) : buffalo à grande bouche (Ictiobus cyprinellus), suceur noir (Moxostoma duquesnei), dard de sable (Ammocrypta pellucida), chat-fou (Noturus stigmosus), lamproie du nord (Ichthyomyzon fossor), suceur ballot (Moxostoma carinatum), méné-miroir (Notropis photogenis) et meunier tacheté (Minytrema melanops). De plus, les espèces de moules d’eau douce suivantes, également en péril, occupent aussi la même zone : ptychobranche réniforme (Ptychobranchus fasciolaris), mulette du Necturus (Simpsonaias ambigua), obovarie ronde (Obovaria subrotunda), pleurobème écarlate (Pleurobema sintoxia) et l’épioblasme tricorne (Epioblasma triquetra). La mulette feuille d’érable (Quadrula quadrula), inscrite sur la liste du COSEPAC, fréquente également cette zone en grand nombre (T. Morris, MPO, comm. pers.).

Étant donné que le gravelier tolère mal la pollution et a besoin d’habitats non dégradés, la protection ou la restauration de ses habitats bénéficiera aux espèces aquatiques en péril de la rivière Thames susmentionnées par l’amélioration de l’habitat aquatique et de l’eau en général. Les approches axées sur le rétablissement du gravelier sont conformes aux approches axées sur l’amélioration et l’intendance des habitats du programme de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Thames (Équipe de rétablissement de la rivière Thames, 2005) visant la réduction de la sédimentation et des charges en éléments nutritifs et en composés toxiques.

2.8 Approche recommandée pour la mise en œuvre du rétablissement

Comme le gravelier figure parmi les 23 espèces aquatiques ou semi‑aquatiques ciblées par le programme de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Thames (Équipe de rétablissement de la rivière Thames, 2005), son rétablissement sera mis en œuvre par l’Équipe de rétablissement de la rivière Thames. Quatre communautés des Premières nations vivent au cœur de l’écosystème de la rivière Thames et l’habitat de rétablissement du gravelier est situé sur les terres des Premières nations ou à proximité de celles-ci. Des représentants de chaque Première nation font partie de l’Équipe de rétablissement de la rivière Thames.

2.9 Achèvement d’un ou de plusieurs plans d’action dans le cadre du programme de rétablissement

Un ou plusieurs plans d’action seront produits dans le cadre du présent programme de rétablissement au cours des cinq ans que durera le programme. Dans la mesure du possible, l’Équipe de rétablissement de la rivière Thames déjà en place participera aux plans d’action pour le rétablissement. Cette collaboration évitera des chevauchements et éliminera la mise en œuvre d’efforts de rétablissement contradictoires.