Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la mouette blanche au Canada - Mise à jour

Information sur l’espèce

Taille et tendances des populations

 

La Mouette blanche (Pagophila eburnea) a été désignée « espèce vulnérable » au Canada par le COSEPAC en 1979 (MacDonald et Cooper, 1979). À cette époque, on possédait l’information suivante :

•     D’après un relevé des mentions de nidification au Canada de 1819 à1979, tous les lieux de nidification signalés avant 1971 étaient abandonnés (figure 1), à l’exception de la découverte occasionnelle de quelques nids isolés (MacDonald et Macpherson, 1962; MacDonald et Cooper, 1979); on ne savait pas si cette situation reflétait un déclin réel de la population ou si la Mouette blanche était une espèce peu fidèle à ses lieux de nidification (Haney, 1993).

Sites de nidification connus de la Mouette blanche au Canada – anciens et actuels

Figure 1. Sites de nidification connus de la Mouette blanche au Canada – anciens et actuels.


•     Un déclin des effectifs et du nombre de colonies au Spitzberg, en Norvège, était bien documenté (Birkenmajer, 1969).

•     Les seules colonies au Canada se trouvaient dans l’île Seymour (près de l’île Bathurst) (MacDonald, 1976) et dans le sud‑est de l’île d’Ellesmere (Frisch et Morgan, 1979); on pensait qu’il y avait une troisième aire de nidification, non confirmée, dans la presqu’île Brodeur de l’île de Baffin (MacDonald et Cooper, 1979).

•     La population de l’Arctique canadien était estimée à environ 2 000 oiseaux (MacDonald, 1974).

•     Le fait que les Mouettes blanches se déplacent beaucoup et sur de grandes distances donnait probablement l’impression que l’espèce était plus abondante qu’elle ne l’était en réalité, et la taille de la population était difficile à déterminer.

•     Ses besoins particuliers pour la nidification et son intolérance aux perturbations sur les aires de nidification rendent la Mouette blanche vulnérable aux activités humaines et aux technologies utilisées dans l’exploitation des ressources de l’Arctique; la colonie de l’île Seymour est située en bordure du bassin de Sverdrup, où il y a concentration d’activités pétrolières et gazières (MacDonald et Cooper, 1979).

Plusieurs études effectuées depuis la publication du premier rapport de situation fournissent de l’information permettant de préciser la situation de la Mouette blanche au Canada. Deux petites colonies ont été découvertes dans le nord‑ouest de la presqu’île Brodeur (Reed et Dupuis, 1983), ce qui a enfin confirmé la nidification dans cette presqu’île où l’on soupçonnait depuis longtemps la présence de Mouettes blanches nicheuses (Renaud et al., 1979). Ces observations fournissent de nouvelles preuves de la fidélité de la Mouette blanche à ses lieux de nidification. L’une des colonies comptait 30 adultes, et l’autre, 18 adultes. La présence de jeunes encore incapables de voler a confirmé la nidification (Reed et Dupuis, 1983).

Quatre petites colonies regroupant au total environ 90 individus ont été trouvées dans l’est de l’île Devon (Frisch, 1983). D’après leur similitude avec les lieux de nidification connus de la Mouette blanche dans l’île d’Ellesmere, on pense que ces quatre sites abritent des colonies nicheuses – les premières à être signalées dans l’île Devon (Frisch, 1983).

La nidification a enfin été confirmée dans la région de l’île Meighen, sur les récifs de l’île Perley (Thomas et MacDonald, 1987).


Dans les colonies situées sur le rivage occidental de la presqu’île Brodeur, on a observé beaucoup plus d’oiseaux en plumage adulte qu’on ne s’y attendait d’après le nombre de nids, ce qui indique que certains oiseaux adultes ne nichaient pas (Thomas et MacDonald, 1987), comme c’était le cas dans toutes les colonies visitées par S.D. MacDonald.

On n’a pas vu d’immatures (oiseaux de moins d’un an) à aucune des colonies ni dans les eaux adjacentes, comme dans le cas d’autres espèces de Laridés de l’Arctique, et l’on ne sait toujours pas où ces oiseaux passent l’été (Thomas et MacDonald, 1987).

Aucun des adultes marqués au colorant dans le fjord Grise, zone de rassemblement d’adultes au printemps, n’a été observé lors des relevés dans les colonies nicheuses, ce qui indique que les oiseaux du fjord Grise doivent faire partie d’une ou de colonies qu’on n’a pas encore trouvées (Thomas et MacDonald, 1987).

D’après les données de baguage, la Mouette blanche vit longtemps (> 15 ans), tout comme la plupart des espèces de Laridés (Thomas et MacDonald, 1987).

Des relevés aériens effectués dans l’est de l’Arctique canadien de 1981 à 1985 dans le but de déterminer la répartition et la taille des populations d’oiseaux nicheurs ont conduit à l’hypothèse selon laquelle il n’y aurait qu’une seule population au Canada, qui compterait plus de 2 400 oiseaux adultes (Thomas et MacDonald, 1987). Toutes les informations présentées ci‑dessus ont été prises en compte par Thomas et MacDonald (1987) dans leur estimation de la taille de la population canadienne.

Dans le cadre de relevés aériens effectués en mars au‑dessus du détroit de Davis, entre le Canada et le Groenland, on a estimé l’effectif à environ 35 000 Mouettes blanches (effectif qui comprendrait tous les groupes d’âge selon Thomas et MacDonald, 1987) (Orr et Parsons, 1982). Le grand écart entre ce chiffre et l’estimation de la population d’oiseaux nicheurs dans l’Arctique canadien établie à environ 2 000 individus par MacDonald (1974) donne à penser soit qu’une proportion considérable des Mouettes blanches hivernant dans le nord‑ouest de l’Atlantique se reproduisent ailleurs qu’en Amérique du Nord, par exemple, au Groenland ou dans l’Arctique européen, soit que les populations nicheuses d’Amérique du Nord sont beaucoup plus importantes qu’on ne le croit (Orr et Parsons, 1982). Le fait que le déplacement des Mouettes blanches à la pointe Barrow (Alaska) en automne se fasse peut‑être d’abord vers l’est, puis vers l’ouest (comme c’est le cas pour la Mouette rosée) (Divoky et al., 1988) devrait aider à orienter les recherches futures sur l’aire de répartition annuelle de l’espèce.