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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la mouette blanche au Canada - Mise à jour

Mise à jour

Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC

sur la

Mouette blanche

Pagophila eburnea

au Canada

Mouette blanche

texte:Espèce préoccupante 2001

COSEPAC logo

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante:

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer les auteurs); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la mouette blanche (Pagophila eburnea) au Canada -- Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa . vi+ 12 p.

(http://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/assessment/status_f.cfm).

ALVO, R., et S.D. MACDONALD. 1996. Rapport de situation du COSEPAC sur la mouette blanche (Pagophila eburnea) au Canada -- Mise à jour. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. Pages 1-12.

Rapport précédent :

MACDONALD, S.D. 1979. COSEWIC status report on the Ivory GullPagophila eburnea in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 25 p.

Note de production :

Dans le cadre de la réévaluation de la situation de l’espèce effectuée en 2001, le Sous‑comité de spécialistes des oiseaux a également pris en compte l’information présentée dans le rapport de J.A. Akearok, M.L. Mallory et A.J. Fontaine intitulé Community knowledge on Ivory Gulls near the Brodeur Peninsula, Baffin Island (Service canadien de la faune, Série de rapports techniques, numéro 378; résumé en français). Veuillez remarquer que le statut proposé à la section « Évaluation et statut proposé » du rapport peut différer de la dernière désignation assignée à ’espèce par le COSEPAC.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC

a/s Service canadien de la faune

Environnement Canada

Ottawa (Ontario)

K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215

Téléc. : (819) 994-3684

Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca

http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Ivory Gull Pagophila eburneain Canada.

Illustration de la couverture :

Mouette blanche --  Fournie par Grant Gilchrist, Environnement Canada.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004

PDF : CW69-14/13-2004F-PDF

ISBN 0-662-78682-3

HTML : CW69-14/13-2004F-HTML

ISBN 0-662-78683-1

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l’évaluation -- Novembre 2001

Nom commun : Mouette blanche

Nom scientifique : Pagophila eburnea

Statut : Espèce préoccupante

Justification de la désignation : Les petits nombres d’individus au Canada font probablement partie d’une grande population holarctique. En été, l’espèce est vulnérable aux activités et aux perturbations anthropiques, alors que pendant les autres saisons, sa tendance à se rassembler la rend vulnérable à la pollution par les hydrocarbures.

Répartition : Yukon, Territoires du Nord‑Ouest, Nunavut et Terre‑Neuve‑et‑Labrador

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1979. Réexamen et confirmation du statut en avril 1996 et en novembre 2001. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d’un rapport de situation existant.


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COSEPAC Résumé du Rapport de situation de 1996

Mouette blanche

Pagophila eburnea

La Mouette blanche est une mouette de taille moyenne, à longévité élevée (15 ans), qui vit dans les régions circumpolaires et se reproduit dans des colonies fortement séparées dans toutes les régions arctiques du monde. Au Canada, l’espèce a une aire de reproduction limitée.

Depuis la parution du premier rapport de situation en 1979, plusieurs études menées dans l’Arctique ont permis de recueillir des informations supplémentaires sur la situation de la Mouette blanche au Canada. En plus des colonies canadiennes actives connues de l’île Seymour (près de l’île Bathurst) et du sud-est de l’île Ellesmere, dont l’existence a été confirmée dans le premier rapport de situation, la présence de deux petites colonies nicheuses a été confirmée dans la presqu’île Brodeur en 1983, une région longtemps soupçonnée d’abriter des Mouettes blanches nicheuses.

Des relevés aériens effectués dans l’est du Haut-Arctique canadien de 1981 à 1985 dans le but de déterminer la répartition et la taille des populations d’oiseaux nicheurs ont conduit à l’hypothèse selon laquelle il n’y aurait au Canada qu’une seule population, qui compterait 2 400 oiseaux adultes. Dans le cadre de relevés aériens effectués au début de 1982 au-dessus du détroit de Davis, entre le Canada et le Groenland, on a estimé l’effectif à environ 35 000 Mouettes blanches (effectif qui comprendrait tous les groupes d’âge). Le grand écart entre ce chiffre et l’estimation de la population d’oiseaux nicheurs dans l’Arctique canadien, établie à 2 400 individus, donne à penser soit qu’une proportion considérable des Mouettes blanches hivernant dans le nord-ouest de l’Atlantique se reproduisent ailleurs qu’en Amérique du Nord, par exemple, au Groenland ou dans l’Arctique européen, soit que les populations nicheuses d’Amérique du Nord sont beaucoup plus importantes qu’on ne le croit.

Les colonies de Mouettes blanches se trouvent souvent près de polynies, zones restreintes où la mer demeure libre de glace en hiver. Ces « oasis » marins offrent des conditions qui attirent des invertébrés, des poissons, des oiseaux de mer, des phoques et des ours blancs, et ils représentent des aires d’alimentation importantes pour la Mouette blanche. Si le réchauffement de la planète venait à affecter les polynies, cela pourrait aussi avoir une incidence sur la Mouette blanche. En outre, à cause de ses besoins particuliers en matière de nidification et de son intolérance aux perturbations sur les aires de nidification, la Mouette blanche pourrait être vulnérable aux activités humaines et aux technologies utilisées dans l’exploitation des ressources de l’Arctique.

COSEPAC logo


 MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Information sur l’espèce

Taille et tendances des populations

 

La Mouette blanche (Pagophila eburnea) a été désignée « espèce vulnérable » au Canada par le COSEPAC en 1979 (MacDonald et Cooper, 1979). À cette époque, on possédait l’information suivante :

•     D’après un relevé des mentions de nidification au Canada de 1819 à1979, tous les lieux de nidification signalés avant 1971 étaient abandonnés (figure 1), à l’exception de la découverte occasionnelle de quelques nids isolés (MacDonald et Macpherson, 1962; MacDonald et Cooper, 1979); on ne savait pas si cette situation reflétait un déclin réel de la population ou si la Mouette blanche était une espèce peu fidèle à ses lieux de nidification (Haney, 1993).

Sites de nidification connus de la Mouette blanche au Canada – anciens et actuels

Figure 1. Sites de nidification connus de la Mouette blanche au Canada – anciens et actuels.


•     Un déclin des effectifs et du nombre de colonies au Spitzberg, en Norvège, était bien documenté (Birkenmajer, 1969).

•     Les seules colonies au Canada se trouvaient dans l’île Seymour (près de l’île Bathurst) (MacDonald, 1976) et dans le sud‑est de l’île d’Ellesmere (Frisch et Morgan, 1979); on pensait qu’il y avait une troisième aire de nidification, non confirmée, dans la presqu’île Brodeur de l’île de Baffin (MacDonald et Cooper, 1979).

•     La population de l’Arctique canadien était estimée à environ 2 000 oiseaux (MacDonald, 1974).

•     Le fait que les Mouettes blanches se déplacent beaucoup et sur de grandes distances donnait probablement l’impression que l’espèce était plus abondante qu’elle ne l’était en réalité, et la taille de la population était difficile à déterminer.

•     Ses besoins particuliers pour la nidification et son intolérance aux perturbations sur les aires de nidification rendent la Mouette blanche vulnérable aux activités humaines et aux technologies utilisées dans l’exploitation des ressources de l’Arctique; la colonie de l’île Seymour est située en bordure du bassin de Sverdrup, où il y a concentration d’activités pétrolières et gazières (MacDonald et Cooper, 1979).

Plusieurs études effectuées depuis la publication du premier rapport de situation fournissent de l’information permettant de préciser la situation de la Mouette blanche au Canada. Deux petites colonies ont été découvertes dans le nord‑ouest de la presqu’île Brodeur (Reed et Dupuis, 1983), ce qui a enfin confirmé la nidification dans cette presqu’île où l’on soupçonnait depuis longtemps la présence de Mouettes blanches nicheuses (Renaud et al., 1979). Ces observations fournissent de nouvelles preuves de la fidélité de la Mouette blanche à ses lieux de nidification. L’une des colonies comptait 30 adultes, et l’autre, 18 adultes. La présence de jeunes encore incapables de voler a confirmé la nidification (Reed et Dupuis, 1983).

Quatre petites colonies regroupant au total environ 90 individus ont été trouvées dans l’est de l’île Devon (Frisch, 1983). D’après leur similitude avec les lieux de nidification connus de la Mouette blanche dans l’île d’Ellesmere, on pense que ces quatre sites abritent des colonies nicheuses – les premières à être signalées dans l’île Devon (Frisch, 1983).

La nidification a enfin été confirmée dans la région de l’île Meighen, sur les récifs de l’île Perley (Thomas et MacDonald, 1987).


Dans les colonies situées sur le rivage occidental de la presqu’île Brodeur, on a observé beaucoup plus d’oiseaux en plumage adulte qu’on ne s’y attendait d’après le nombre de nids, ce qui indique que certains oiseaux adultes ne nichaient pas (Thomas et MacDonald, 1987), comme c’était le cas dans toutes les colonies visitées par S.D. MacDonald.

On n’a pas vu d’immatures (oiseaux de moins d’un an) à aucune des colonies ni dans les eaux adjacentes, comme dans le cas d’autres espèces de Laridés de l’Arctique, et l’on ne sait toujours pas où ces oiseaux passent l’été (Thomas et MacDonald, 1987).

Aucun des adultes marqués au colorant dans le fjord Grise, zone de rassemblement d’adultes au printemps, n’a été observé lors des relevés dans les colonies nicheuses, ce qui indique que les oiseaux du fjord Grise doivent faire partie d’une ou de colonies qu’on n’a pas encore trouvées (Thomas et MacDonald, 1987).

D’après les données de baguage, la Mouette blanche vit longtemps (> 15 ans), tout comme la plupart des espèces de Laridés (Thomas et MacDonald, 1987).

Des relevés aériens effectués dans l’est de l’Arctique canadien de 1981 à 1985 dans le but de déterminer la répartition et la taille des populations d’oiseaux nicheurs ont conduit à l’hypothèse selon laquelle il n’y aurait qu’une seule population au Canada, qui compterait plus de 2 400 oiseaux adultes (Thomas et MacDonald, 1987). Toutes les informations présentées ci‑dessus ont été prises en compte par Thomas et MacDonald (1987) dans leur estimation de la taille de la population canadienne.

Dans le cadre de relevés aériens effectués en mars au‑dessus du détroit de Davis, entre le Canada et le Groenland, on a estimé l’effectif à environ 35 000 Mouettes blanches (effectif qui comprendrait tous les groupes d’âge selon Thomas et MacDonald, 1987) (Orr et Parsons, 1982). Le grand écart entre ce chiffre et l’estimation de la population d’oiseaux nicheurs dans l’Arctique canadien établie à environ 2 000 individus par MacDonald (1974) donne à penser soit qu’une proportion considérable des Mouettes blanches hivernant dans le nord‑ouest de l’Atlantique se reproduisent ailleurs qu’en Amérique du Nord, par exemple, au Groenland ou dans l’Arctique européen, soit que les populations nicheuses d’Amérique du Nord sont beaucoup plus importantes qu’on ne le croit (Orr et Parsons, 1982). Le fait que le déplacement des Mouettes blanches à la pointe Barrow (Alaska) en automne se fasse peut‑être d’abord vers l’est, puis vers l’ouest (comme c’est le cas pour la Mouette rosée) (Divoky et al., 1988) devrait aider à orienter les recherches futures sur l’aire de répartition annuelle de l’espèce.


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Habitat

Les colonies de Mouettes blanches se trouvent souvent près de polynies, zones restreintes où la mer demeure libre de glace en hiver à cause de courants déviés par un fond peu profond qui causent des remontées d’eau. Ces « oasis » marins fournissent des conditions qui attirent des invertébrés, des poissons, des oiseaux de mer, des phoques et des ours blancs et ils représentent des aires d’alimentation importantes pour la Mouette blanche (Brown et Nettleship, 1981). Il serait utile de déterminer quels seront les effets du réchauffement planétaire sur les polynies et, éventuellement, sur la Mouette blanche. 

Le réchauffement planétaire et les changements climatiques associés pourraient avoir une incidence sur la pression que des prédateurs comme le renard arctique (Alopex lagopus) exercent sur les colonies de Mouettes blanches en modifiant le moment où les ponts de glace menant aux îles où a lieu la nidification se forment ou disparaissent. Par exemple, dans le cas des Mouettes blanches qui se reproduisent dans l’île Seymour, il y a eu des années où tous les nids ont été détruits lorsqu’un renard réussissait à atteindre l’île (MacDonald, 1976).

Pour le moment, il semble toutefois y avoir quantité d’habitats potentiels pour la nidification, notamment dans de vastes régions qui n’ont pas fait l’objet de relevés visant la Mouette blanche. Les colonies établies sur les nunataks (affleurements de granite érodé ou d’autres roches) de l’île d’Ellesmere, les plateaux calcaires de la presqu’île Brodeur et de l’île Seymour et les îlots de glace couverts de gravier de l’île Meighen témoignent de la diversité des types de terrain où l’espèce peut nicher. Pour diverses raisons, on peut s’attendre à ce que de nouvelles colonies nicheuses soient signalées (Thomas et MacDonald, 1987).

La fidélité au lieu de nidification peut être très variable, probablement à cause du besoin de conditions environnementales favorisant une reproduction fructueuse et régulière. La colonie de l’île Seymour est probablement très ancienne comme en témoigne la présence de vieux nids de Mouette blanche partiellement recouverts de mousse. Par ailleurs, certaines colonies se trouvant sur des nunataks présentent une végétation assez luxuriante. Cela ne peut s’expliquer que par l’utilisation régulière de ces sites par la Mouette blanche. En effet, ce sont les matières végétales apportées dans ces endroits rocheux et désolés par les oiseaux nicheurs pendant la construction du nid, les aliments échappés ou non consommés et l’accumulation de fiente qui contribuent à l’établissement et au maintien des communautés végétales. Ces observations prouvent la fidélité de la Mouette blanche à son lieu de nidification lorsque les conditions sont favorables.


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Évaluation

Comme la population mondiale totale comprend peut‑être seulement quelques dizaines de milliers d’individus, l’espèce doit faire l’objet d’une surveillance et d’une protection continues. Elle figure comme espèce de catégorie 3 (rare) sur la liste rouge (Red Data Book) de l’ancienne U.R.S.S. (Haney, 1993).

Malgré l’accumulation de données considérables sur l’emplacement et la taille des colonies nicheuses de l’Arctique canadien depuis la publication du premier rapport du COSEPAC (MacDonald et Cooper, 1979), l’estimation actuelle de la population d’adultes, soit 2 400 oiseaux, est à peu près la même qu’à l’époque.

On devrait s’efforcer de répondre aux questions suivantes pour être mieux en mesure de réévaluer la situation de l’espèce dans le futur.

•     Où se trouvent les colonies nicheuses du grand nombre de Mouettes blanches qui arrivent au printemps dans le détroit de Davis, le passage Pond, la baie Resolute et le fjord Grise?

•     Quelle est la population totale dans l’Arctique canadien? Où se trouvent les colonies?

•     Quelle est la proportion des effectifs d’oiseaux en plumage adulte qui ne nichent pas? Pourquoi?

•     Où les oiseaux immatures passent‑ils leur premier été? Quel est leur effectif?

•     Étant donné que tous les lieux de nidification trouvés avant 1971 ont disparu par la suite, quel est le degré de stabilité des sites actuellement connus?

•     Étant donné la longévité élevée de la Mouette blanche, le taux de reproduction actuel est‑il suffisant pour assurer le maintien de la population?

•     Quels sont les plans d’exploitation des ressources dans les régions dont on connaît ou dont on soupçonne l’importance pour les divers groupes d’âge aux différentes périodes de l’année?

•     Quels sont les effets possibles du réchauffement planétaire sur la Mouette blanche?

 


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Résumé technique

Pagophila eburnea

Mouette blanche

Ivory Gull

[Nom de la population (s’il y a lieu)]

[Répartition canadienne (par province / territoire / océan)] ou Terre‑Neuve et Labrador, Territoires du Nord‑Ouest, Nunavut, Yukon

 

Information sur la répartition

·        Zone d’occurrence (km2) : Plus de 400 000

  • Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue). Stable
  • Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)? Non

·        Zone d’occupation (km2) : Moins de 1 000 (voir la note 1)

  • Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue). Probablement stable
  • Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes de la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?Non

·        Nombre d’emplacements existants

33 colonies dans 4 îles

(Haney et MacDonald, 1995)

  • Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).Probablement stable
  • Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?Non

·        Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).Probablement stable

 

Information sur la population

·        Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).2 ans ou plus; probablement 4 à 7 ans

·        Nombre d’individus matures (i.e. capables de se reproduire) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Plus de 2 400;

peut‑être beaucoup plus.

·        Tendance de la population quant au nombre d’individus matures (en déclin, stable, en croissance ou inconnue). Probablement stable

  • S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/ prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte). s. o.
  • Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)? Non

·        La population totale est‑elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.‑à‑d. migration réussie de < 1 individu/année)? Improbable

  • Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune. s. o.
  • Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue). s. o.
  • Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)? s. o.

 

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

-         Perturbation anthropique pendant la nidification

-         Vulnérabilité à la pollution par les hydrocarbures et les produits chimiques toxiques

 

Effet d’une immigration de source externe : Élevé

·        L’espèce existe‑t‑elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)? Oui

  • Statut ou situation des populations de l’extérieur?Stable; 30 000 à 60 000 individus
  • Une immigration a‑t‑elle été constatée ou est‑elle possible? Oui
  • Des individus immigrants seraient‑ils adaptés pour survivre à l’endroit en question? Oui
  • Y a‑t‑il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants à l’endroit en question? Oui

Analyse quantitative

Non disponible

 

Notes :

1.  Évaluation fondée sur la superficie des zones d’eau libre se trouvant dans un rayon de 50 km autour des colonies au début de l’été dans l’Arctique.

Sources d’information [non mentionnées dans le rapport de situation]

Haney, J.C., et S.D. MacDonald. 1995. Ivory Gull. Birds of North America 175: 1-24.

Del Hoyo, J., A. Elliott et J. Sargatal (éd.). 1996. Handbook of the Birds of the World, vol. 3.

 


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Remerciements

L’élaboration du présent rapport de situation a été financée par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada. 

Les auteurs remercient les personnes suivantes de leur avoir fourni de l’information sur la situation de la Mouette blanche dans leurs provinces et territoires respectifs :

Terre‑Neuve : Joe Brazil, Troy Wellicome

Île‑du‑Prince‑Édouard : Rosemary Curley

Nouvelle‑Écosse : Sherman Boates, David Nettleship

Nouveau‑Brunswick : Pat Kehoe, Rod Cumberland, Bruce Johnson

Québec : Yves Aubry, Jacques Larivée, Michel Huot, Pierre Laporte, Guy Jolicoeur

Ontario  : Ross James, Irene Bowman, George van Drunen, Paul Prevett, Richard Pratt

Manitoba  : Bob Nero, Peter Taylor, Bob Jones, Jim Duncan

Saskatchewan  : Jeff Keith, Dale Hjertaas, Al Smith

Alberta  : Roger Edwards

Colombie‑Britannique : Bill Harper, Gary Kaiser, Syd Cannings.


Territoires du Nord‑Ouest : Chris Shank, Bob Bromley, Vicky Johnston, Chris O'Brien. 

Yukon  : David Mossop.

Les personnes suivantes ont aussi fourni de l’information : Michel Gosselin, Colleen Hyslop, Barry Hughson, Theresa Aniskowicz, Sarah Climenhaga, Chris Haney, George Divoky, Tony Erskine et Joe Jehl.

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Ouvrages cités

Birkenmajer, K. 1969. Observations on Ivory Gull Pagophila eburnea (Phipps) in south Vestspitsbergen. Acta Ornithologica (Warsaw) 11: 461-476.

Brown, R.G.B., et D.N. Nettleship. 1981. The biological significance of polynyas to arctic colonial seabirds. In Stirling, I., et H. Cleator (éd.), Polynyas in the Canadian Arctic. Canadian Wildlife Service Occasional Paper No. 45: 59-65.

Divoky, G. J., G.A. Sanger, S.A. Hatch et J.C. Haney. 1988. Fall migration of Ross' Gull (Rhodostethia rosea) in Alaskan Chukchi and Beaufort Seas. OCS Study MMS 88‑0023. 119 p.

Frisch, T. 1983. Ivory Gull colonies on the Devon Island ice cap, Arctic Canada. Arctic 36(4): 370-371.

Frisch, T., et W.C. Morgan. 1979. Ivory Gull colonies in southeastern Ellesmere Island, Arctic Canada. Canadian Field-Naturalist 93(2): 173-174.

Haney, J.C. 1993. A closer look: Ivory Gull. Birding (octobre 1993): 330-338.

MacDonald, S.D. 1974. A proposal to establish a Migratory Bird Sanctuary at Seymour Island, N.W.T. Rapport inédit. 4 p.

MacDonald, S.D. 1976. Phantoms of the polar pack ice. Audubon 78(3): 2-19.


MacDonald, S.D., 1979. Status report on the Ivory Gull (Pagophila eburnea) in Canada. Rapport de situation du Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada (CSEMDC).20 p.

MacDonald, S.D., et A.H. Macpherson. 1962. Breeding places of the Ivory Gull in Arctic Canada. Bulletin of the National Museum of Canada No. 183. 1962: 111-117.

Orr, C.D., et J.L. Parsons. 1982. Ivory Gulls, Pagophila eburnea, and ice edges in Davis Strait and the Labrador Sea. Canadian Field-Naturalist 96(3): 323-328.

Reed, A., et P. Dupuis. 1983. Ivory Gulls, (Pagophila eburnea), nesting on the Brodeur Peninsula, Baffin Island, N.W.T. Canadian Field-Naturalist 97(3): 332.

Renaud, W.E., S.R. Johnson et P.D. Hollingdale. 1979. Breeding birds of Arctic Bay, Baffin Island, N.W.T., with notes on the biogeographic significance of the avifauna. Arctic 32(2): 122-134.

Thomas, V.G., et S.D. MacDonald. 1987. The breeding distribution and current population status of the Ivory Gull in Canada. Arctic 40 (3): 211-218.

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Les auteurs

Robert Alvo, biologiste consultant en conservation, a obtenu sa maîtrise à la Trent University en 1985. Le présent rapport de situation est son huitième pour le COSEPAC. Il a rédigé un rapport de situation national portant sur 20 espèces fauniques des forêts canadiennes, de nombreux comptes rendus sur des espèces et des familles pour l’atlas Les oiseaux nicheurs du Québec, sept articles dans des périodiques à comité de lecture et six articles de revue. Il a créé au Québec le premier centre de données sur la conservation du Canada. Il a été Webster Fellow à la station de recherche sur la sauvagine et les terres humides de Delta. Ses travaux de terrain ont porté principalement sur des oiseaux, des amphibiens et des insectes. Actuellement, son travail comprend une recherche à long terme, entreprise en 1982, sur le succès de reproduction des plongeons en relation avec l’acidité des lacs, des expéditions visant à trouver des espèces rares de libellules au Québec et en Ontario, une étude de faisabilité sur l’élaboration d’une classification de la végétation au Canada, l’établissement de cotes nationales de conservation pour les vertébrés du Canada, une analyse des menaces pesant sur des espèces traitées par le COSEPACet des besoins de ces espèces en matière d’habitat et l’établissement de listes des espèces végétales et animales pour tous les parcs nationaux du Canada.

Stewart D. MacDonald – notice biographique pas disponibles.

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