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Lamproie du ruisseau Morrison (Lampetra richardsoni)

Importance de l'espèce

L’existence au Canada d’une population de lamproies au sein de laquelle on trouve deux types distincts de cycle vital n’a été signalée que dans le ruisseau Morrison. Cette population rare représente une transition importante dans l’évolution des modes de vie des lamproies adultes et pourrait être essentielle pour nous aider à comprendre pourquoi les lamproies connaissent un tel succès depuis plus de 300 millions d’années.

Le Lampetra richardsoni est étroitement apparenté à l’espèce parasite anadrome Lampetra ayresi, au point qu’ils sont considérés comme des « espèces couplées » (paired species) (Zanandrea, 1959; Vladykov et Kott, 1979; Potter, 1980). La relation phylogénétique entre espèces couplées de lamproies demeure incertaine, mais on pense généralement que les formes non parasites sont issues de formes parasites anadromes (Vladykov et Kott, 1979; Potter, 1980). La variété du ruisseau Morrison est une forme intermédiaire entre le Lampetra richardsoni, non parasite, et le Lampetra ayresi, parasite, quant à sa biologie et à sa morphologie (Beamish et Withler, 1986). Selon Zanandrea (1959, 1961), une forme dulcicole capable de s’alimenter pourrait constituer une étape dans l’évolution des lamproies dulcicoles non parasites issues de formes parasites anadromes. La variété du ruisseau Morrison serait un exemple d’une telle forme intermédiaire dulcicole capable de s’alimenter.

Des observations histologiques indiquent que le mode de vie dulcicole parasitique de la variété de Lampetra richardsoni du ruisseau Morrison découle d’une maturation sexuelle retardée et, peut‑être, d’une métamorphose retardée et incomplète (Youson et Beamish, 1991). Sur cette base, on a avancé l’hypothèse que la présence des deux formes dans la même population pourrait être due à la sensibilité de la métamorphose des lamproies aux facteurs environnementaux, plutôt qu’être la manifestation d’une transition évolutionnaire (Youson, sous presse). Selon Youson (sous presse), l’existence des deux formes pourrait découler de l’apparition récente d’une hétérochronie dans la métamorphose, qui aurait affecté le taux de maturation sexuelle post‑métamorphique. Cette sensibilité aux facteurs environnementaux et la modification du rythme de développement pourraient expliquer le succès des lamproies et la présence de deux types de mode de vie chez les adultes dans le groupe des lamproies.

Quoiqu’il en soit, l’existence d’une variété parasite de Lampetra richardsoni présente un grand intérêt pour la communauté scientifique du fait qu’elle témoigne d’une relation très étroite entre les deux types de mode de vie, et a une incidence importante sur la systématique des lamproies (Beamish, 1985; Beamish et Withler, 1986). Il semblerait qu’à l’étape de la métamorphose, deux directions peuvent être prises quant au mode de vie de l’adulte. L’existence de populations polymorphiques comme celle du Lampetra richardsoni du ruisseau Morrison remet aussi en question l’utilisation du type de mode de vie de l’adulte comme critère de définition des espèces (Beamish et Withler, 1986).