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Lamproie du ruisseau Morrison (Lampetra richardsoni)

COSEPAC Résumé du Rapport de situation de 1999

Lamproie du ruisseau Morrison

Lampetra richardsoni

Les lamproies (Petromyzontidae) constituent un groupe de vertébrés qui a réussi à survivre pendant près de 350 millions d’années en évoluant très peu. On ne sait pas très bien ce qui explique ce succès, mais il pourrait être lié à leur capacité de passer d’un type de cycle vital à l’autre : anadromie avec adulte parasite, non‑anadromie avec adulte parasite, et non‑anadromie avec adulte non parasite. Une indication directe de cette possibilité nous est fournie par une population de Lampetra richardsoni d’un type rare qui n’a été observée à ce jour que sur l’île de Vancouver, au Canada. Chaque année, cette population produit des individus dont le cycle vital est caractérisé par l’apparition d’adultes potentiellement parasites, et d’autres individus dont le cycle vital est caractérisé par l’apparition d’adultes non parasites, ces lamproies étant dans les deux cas non anadromes. La forme parasite est une variété non décrite du Lampetra richardsoni, dite la variété du ruisseau Morrison. Bien que la variété du ruisseau Morrison puisse être considérée comme une nouvelle espèce sur la base de sa morphologie et du mode de vie de l’adulte, la similarité génétique observée entre les deux formes nous porte à croire que la variété parasite n’est probablement pas une nouvelle espèce, mais bien une forme particulière au sein d’une seule et même population, représentant dans l’évolution du Lampetra richardsoniune forme intermédiaire issue d’un ancêtre anadrome parasite.

Répartition

Cette population polymorphique de Lampetra richardsonin’a été observée que dans le bassin du ruisseau Morrison, sur l’île de Vancouver (Colombie‑Britannique), au Canada.

Protection

Il n’existe actuellement aucune mesure de protection pour la lamproie de l’ouest du ruisseau Morrison. 

Taille et tendances de la population

Il n’existe pas d’estimation fiable des effectifs de l’une ou de l’autre forme du Lampetra richardsoni dans le ruisseau Morrison. Les données laissent croire que la population de la variété du ruisseau Morrison a été assez stable durant les premières études, qui ont été menées de 1978 à 1984, mais qu’elle a diminué ces dernières années.

Habitat

La région du ruisseau Morrison est caractérisée par la présence de milieux humides interconnectés et parsemée de prés, de broussailles denses et de barrages et d’étangs de castors. Le lit du ruisseau est dominé par un till compressé et comprend des zones limitées de gravier fin et une abondance de débris qui diversifient l’habitat. On ne connaît pas les caractéristiques de l’habitat responsables du maintien d’une population polymorphique de lamproies.

Biologie générale

La biologie de la variété de lamproie de l’ouest du ruisseau Morrison n’est pas totalement connue. À part sa longue période post‑métamorphique et sa capacité de vivre comme parasite, sa biologie est très semblable à celle du Lampetra richardsoni type. Dans le ruisseau Morrison, le Lampetra richardsoni type passe sa vie entière en eau douce et commence à se reproduire en mai et en juin. Cette lamproie fraye une seule fois. Après leur éclosion, les larves s’enfouissent rapidement dans les sédiments meubles, où elles demeurent pendant une période de longueur inconnue (peut‑être de trois à sept ans) à l’état d’ammocètes, se nourrissant par filtration, avant de se métamorphoser en juvéniles.

Les lamproies de l’ouest du ruisseau Morrison débutent leur métamorphose en juillet ou en août, et deux formes adultes apparaissent au printemps de l’année suivante : une variété qui se reproduira dans l’année même et dont la maturation sexuelle est visiblement avancée, soit le Lampetra richardsoni type, et une variété parasite qui n’est pas complètement mature et pourrait retarder sa reproduction d’un an. On ne peut toutefois pas distinguer les deux formes au stade de l’ammocète.

La biologie inhabituelle de la variété du ruisseau Morrison semble correspondre à une phase clé dans l’évolution des lamproies. L’incapacité à l’osmorégulation en eau salée, le comportement alimentaire observé en laboratoire, le développement précoce des gonades chez les mâles et le développement retardé des autres organes indiquent que cette variété est une forme intermédiaire entre une forme parasite et une forme non parasite.

Importance de l’espèce

L’existence au Canada d’une population de lamproies au sein de laquelle ontrouve deux types distincts de cycle vital n’a été signalée que dans le ruisseau Morrison. Cette population rare représente une transition importante dans l’évolution des modes de vie des lamproies adultes et pourrait être essentielle pour nous aider à comprendre pourquoi les lamproies connaissent un tel succès depuis plus de 300 millions d’années. 

Facteurs limitatifs

La survie du complexe de l’espèce Lampetra richardsoni au ruisseau Morrison dépend de la protection de l’ensemble de cette population de lamproies et de son habitat. On s’est inquiété du fait que l’exploitation rapide de la région a compromis la capacité de protéger les habitats sensibles. L’expansion résidentielle, qui a empiété sur le tronçon principal du ruisseau, a altéré la végétation riveraine, mettant ainsi sérieusement en péril l’habitat du poisson. Plus récemment, on a exprimé des craintes quant aux effets à court et à long terme d’aménagements routiers sur l’habitat du poisson au ruisseau Morrison. Une réduction importante de cette population, que l’on croit de faible taille, combinée à une perte considérable d’habitat, pourrait compromettre la survie de ce rare complexe d’espèce.


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 MANDAT DU COSEPAC

 Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

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Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.