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Lamproie du ruisseau Morrison (Lampetra richardsoni)

Introduction

Les lamproies (Petromyzontidae) constituent un groupe de vertébrés qui a réussi à survivre pendant près de 350 millions d’années en évoluant très peu (Forey et Janvier, 1994). On ne sait pas très bien ce qui explique ce succès, mais il pourrait être lié à leur capacité de passer d’un type de cycle vital à l’autre : anadromie avec adulte parasite, non‑anadromie avec adulte parasite, et non‑anadromie avec adulte non parasite (Beamish, 1987). Une indication directe de cette possibilité nous est fournie par une population de Lampetra richardsoni d’un type rare qui n’a été observé à ce jour que sur l’île de Vancouver, au Canada. Chaque année, cette population produit des individus dont le cycle vital est caractérisé par l’apparition d’adultes potentiellement parasites, et d’autres individus dont le cycle vital est caractérisé par l’apparition d’adultes non parasites, ces lamproies étant dans les deux cas non anadromes. La forme parasite est une variété non décrite du Lampetra richardsoni, que nous appelons provisoirement la variété du ruisseau Morrison. Il est à noter que cette variété n’a pas reçu de statut taxinomique officiel, malgré son cycle vital et sa morphologie distincts qui ne correspondent pas à ce qu’on trouve dans la description du Lampetra richardsoni type. La variété est parasite en laboratoire, et, dans la taxinomie des lamproies, on utilise le mode de vie du stade adulte comme caractère propre à l’espèce (Zanandrea, 1959; Vladykov et Kott, 1979; Potter, 1980). Ainsi, en un certain sens, la population du ruisseau Morrison produit deux espèces, selon les critères taxinomiques classiques utilisés pour les lamproies. Cependant, bien que la variété du ruisseau Morrison puisse être considérée comme une nouvelle espèce sur la base de sa morphologie et du mode de vie de l’adulte, la similarité génétique observée entre les deux formes nous porte à croire que la variété parasite n’est probablement pas une nouvelle espèce, mais bien une forme particulière au sein d’une seule et même population (Beamish et Withler, 1986).

On pense que la variété du ruisseau Morrison serait, dans l’évolution du Lampetra richardsoni, une forme intermédiaire issue d’un ancêtre anadrome parasite (Beamish, 1985; Beamish et Withler, 1986; Youson et Beamish, 1991). Cette forme parasite offre une rare occasion d’étudier le produit d’une transition évolutionnaire et d’accroître notre connaissance de la taxinomie et de l’évolution des lamproies. C’est pourquoi la population de Lampetra richardsoni du ruisseau Morrison doit impérativement être préservée et protégée.