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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Salamandre à nez court (Ambystoma texanum) au Canada

Facteurs limitatifs

Pour qu’il puisse compléter son cycle biologique, l’A. texanum a besoin d’étangs contenant de l’eau pendant toute la période du stade larvaire, qui s’étend habituellement de mars à juillet. Le faible niveau d’eau dans le bois de la pointe Mosquito pourrait être problématique si le secteur s’asséchait trop vite ou que la chute de pluie ne suffisait pas à le maintenir inondé. Aucune donnée sur la longévité des adultes dans le milieu naturel n’est disponible, mais ils vivent au moins 15 ans en captivité (Bogart, données inédites). On ne s’attend donc pas à ce que les années exceptionnellement sèches, où le recrutement est faible ou nul, jouent un rôle important dans la disparition possible de l’A. texanum. La compétition avec les hybrides nucléaires peut aussi être un facteur qui mène à une réduction de la densité d’A. texanum, mais le maintien de ces hybrides dépend de la présence de mâles des espèces pures, que ce soit des A. texanum ou des A. laterale. L’A. laterale pourrait peut-être remplacer l’A. texanum, mais cette espèce n’est retrouvée la plupart du temps que dans le secteur de la pointe Sheridan, où l’habitat est assez différent. Il est en outre davantage probable que l’A. texanum délogerait l’A. laterale, étant une espèce atteignant une plus grande taille, pouvant produire plus d’oeufs et retrouvée dans des milieux plus diversifiés sur une plus grande superficie de l’île. Nous n’avons aucun nouveau renseignement à présenter sur les prédateurs possibles ou les conditions météorologiques inhabituelles qui pourraient avoir un effet préjudiciable sur l’A. texanum.

On considère les conditions climatiques comme le plus important facteur limitant la propagation de l’espèce vers le nord. Celle-ci atteint la limite nord de sa vaste aire de répartition au Michigan, où elle est considérée comme en voie de disparition (Harding, 1997), sa cote y étant S1 (fortement en péril). Elle tolère assez bien les perturbations anthropiques du milieu dans toute son aire de répartition, mais elle a besoin d’étangs peu profonds sans poissons contenant de l’eau jusqu’au milieu de l’été. Comme l’île Pelée est située à proximité de la limite nord de son aire de répartition, les conditions climatiques à cet endroit constituent probablement un facteur limitatif, mais nous ne disposons d’aucun renseignement sur cet aspect de la biologie de l’espèce.