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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Salamandre à nez court (Ambystoma texanum) au Canada

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur la
Salamandre à nez court
Ambystoma texanum
au Canada

Salamandre à nez court

Espèce en voie de disparition 2004

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada


COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer l’auteur); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la salamandre à nez court (Ambystoma texanum) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. v + 20 p.

Bogart, J.P. et L.E. Licht. 2004. Rapport de situation du COSEPAC sur la salamandre à nez court (Ambystoma texanum) au Canada – Mise à jour, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la salamandre à nez court (Ambystoma texanum) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-20.

Rapports précédents :

Bogart, J.P., et L.E. Licht. 1991. COSEWIC status report on the smallmouth salamander Ambystoma texanum in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 21 p.

Note de production :

David Green, coprésident (amphibiens) du Sous-comité de spécialistes des amphibiens et des reptiles du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a établi la version finale.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environment Canada
Ottawa, ON
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684

Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the small-mouthed salamander Ambystoma texanum in Canada.

Illustration de la couverture :

Salamandre à nez court – Andrée Jenks, Owen Sound (Ontario).

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004
PDF : CW69-14/378-2004F-PDF
ISBN 0-662-77052-8
HTML : CW69-14/378-2004F-HTML
ISBN 0-662-77053-6

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2004

Nom commun : Salamandre à nez court

Nom scientifique : Ambystoma texanum

Statut : Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation : Cette salamandre se trouve uniquement sur l’île Pelée au Canada. On la trouve dans une zone d’occurrence ne s’étendant que sur 40 km² (soit la superficie totale de l’île Pelée). Elle n’occupe que trois sites de reproduction existants et ce qui reste d’un habitat forestier environnant, soit une zone d’occupation ne faisant pas plus de
5 km². La salamandre a connu un déclin de l’aire, de l’étendue et de la qualité de son habitat et de la quantité d’emplacements sur l’île où elle peut se trouver. Les menaces à son existence comprennent la perte de milieux humides où elle se reproduit et les structures de drainage modifiées.

Répartition : Ontario

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1991. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en mai 2004. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Salamandre à nez court
Ambystoma texanum

Dans la présente mise à jour du rapport de situation sur la salamandre à nez court présenté en 1991, nous réunissons toutes les données disponibles sur la répartition de l’Ambystoma texanum dans l’île Pelée, seul endroit au Canada où cette espèce est présente. Nous incluons des renseignements sur les localités de l’Ambystoma texanum, de l’A. laterale et de leurs hybrides génomiques diploïdes, triploïdes et tétraploïdes parce que : 1) l’identification de l’A. texanum, et la séparation de cette espèce des hybrides génomiques, est problématique; 2) les mâles de l’A. texanum et de l’A. laterale sont des donneurs de sperme contribuant à la pérennité des combinaisons d’hybrides génomiques. Bien que la présente mise à jour ne considère que la situation de l’Atexanum diploïde « pure », on peut estimer le nombre des rares mâles de l’A. texanum par examen des hybrides génomiques, plus communs.

Les données préliminaires de séquençage de l’ADN donnent à penser que les salamandres à nez court retrouvées dans l’île Pelée sont issues de plus d’une immigration passée d’individus de la zone continentale des États-Unis. Au printemps 2000, nous avons visité à nouveau les lieux de reproduction découverts dans les années 1980 afin d’estimer les tendances et d’établir une liste à jour des lieux de reproduction importants. Deux des cinq lieux qui existaient en 1991, situés sur les côtés nord et est de l’île, semblent avoir disparu. L’A. texanum semble ne plus être retrouvé qu’à deux endroits (lieux de reproduction) dans le secteur sud de l’île, tous deux situés dans les limites de zones protégées. La présence d’adultes et de larves à ces deux endroits prouve qu’un recrutement se produit.

Les hybrides diploïdes et polyploïdes présentant des génomes nucléaires de l’A. texanum sont plus communs que l’espèce pure dans l’île. On estime que la population de reproducteurs comptent moins de 1 000 salamandres à nez court diploïdes pures. L’A. texanum est désigné comme une espèce menacée par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO). À l’heure actuelle, l’espèce est retrouvée sur environ 1000 ha dans le quart du sud de l’île, ce qui constitue une forte réduction de son aire de répartition dans l’île et reflète la réduction du nombre de lieux de reproduction.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Introduction

On retrouve à l’île Pelée (figure 1), plus grande île (4 262 ha) du lac Érié, deux espèces de salamandres fouisseuses (Ambystoma laterale et Ambystoma texanum), ainsi que des hybrides génomiques diploïdes, triploïdes et tétraploïdes (Bogart et al., 1985; Bogart et Licht, 1986). On retrouve aussi l’A. texanum et des hybrides dans d’autres îles du même lac (Downs, 1978; Bogart et al., 1987; King et al., 1997) et sur la terre ferme en Ohio et en Illinois (Downs, 1978; Kraus, 1985). L’île Pelée est le seul endroit où l’A. texanum, la salamandre à nez court, est présente au Canada (Bogart et al., 1985). L’espèce, considérée comme abondante dans l’île lorsque le premier rapport sur sa situation a été préparé (Bogart et Licht, 1991), avait alors été désignée comme vulnérable en raison de son aire de répartition très restreinte au Canada.

Figure 1. L’île Pelée, seul endroit fréquenté par Ambystoma texanum au Canada. Les localités indiquées dans le texte sont identifiées.

Figure 1.  L’île Pelée, seul endroit fréquenté par Ambystoma texanum au Canada. Les localités indiquées dans le texte sont identifiées.

Bogart et al. (1985) ont identifié les salamandres capturées dans l’île (espèces pures et hybrides) par électrophorèse des alloenzymes et caryotypage. Seul un des 34 spécimens capturés était un A. texanum, tandis que les hybrides étaient soit diploïdes, soit triploïdes. D’autres salamandres à nez court ont été capturées par la suite, ainsi que des hybrides tétraploïdes. On sait maintenant qu’il existe des hybrides diploïdes (A. laterale x A. texanum ou LT), triploïdes (LLT et LTT) et tétraploïdes (LLLT, LLTT et LTTT) à l’île Pelée. Bogart et Licht (1986), ainsi que Licht et Bogart (1987, 1989), ont par la suite utilisé les salamandres de l’île pour vérifier diverses hypothèses sur l’origine des hybrides et les conséquences de la polyploïdie. Bien qu’aucun croisement entre l’A. texanum et l’A. laterale de l’île Pelée n’ait été effectué en laboratoire ou observé dans le milieu, ces chercheurs ont généralement supposé que les hybrides étaient le produit d’un tel mécanisme et que des rétrocroisements étaient à l’origine des diverses classes de salamandres polyploïdes. Mais Hedges et al. (1992) ont démontré, par examen de l’ADNmt de parents putatifs et d’hybrides capturés dans une grande partie de l’aire de répartition connue des Ambystoma, que les hybrides possèdent un génome cytoplasmique différent de celui de tout donneur de sperme possible dans l’est de l’Amérique du Nord; indépendamment de leur génome nucléaire ou de leurs parents, ils possèdent une séquence « hybride » du cytochrome b semblable. Ces chercheurs ont établi que les hybrides diploïdes, triploïdes et tétraploïdes de l’île Pelée pouvaient être regroupés avec les hybrides de la terre ferme possédant une contribution nucléaire de l’A. laterale et de l’A. jeffersonianum (et non de l’A. texanum). Ils ont en outre découvert que les deux salamandres à nez court de l’île Pelée utilisées dans leur étude n’avaient pas des séquences homologues, qu’elles présentaient plutôt deux haplotypes ou clones d’ADNmt distincts.

Ces nouvelles données moléculaires montrent clairement que les hybrides de l’île Pelée ne sont pas issus de croisements entre les deux espèces parentales retrouvées dans l’île ou de fait d’autres endroits de l’aire de répartition des hybrides examinés. Manifestement, les hybrides se sont retrouvés isolés dans l’île au même moment que les deux espèces bisexuelles diploïdes et échangent présentement leurs génomes nucléaires avec celles-ci (A. laterale et A. texanum). Hedges et al. (1992), Bogart et Klemens (1997), ainsi que Bogart (2003) font un examen détaillé de la signification de ces résultats. Les hybrides étant presque tous des femelles, ils doivent obtenir un spermatophore d’un mâle (Atexanum ou Alaterale) pour se reproduire (Bogart et Licht, 1986; Bogart, 2003). Il est intéressant de noter que l’ADNmt des deux spécimens d’Atexanum de l’île Pelée qui a été séquencé par Hedges et al. montrait une plus grande divergence que celui de tous les échantillons d’Alaterale, qui comprenaient des individus de plusieurs populations de l’Ontario, ainsi que des individus provenant de l’Île-du-Prince-Édouard, du Connecticut, de l’Illinois et du Vermont.

Outre l’étude moléculaire de Hedges et al. (1992), aucune autre donnée sur la salamandre à nez court de l’île Pelée n’a été publiée après la diffusion du rapport de situation de 1991. Relativement peu de nouvelles études traitent d’Atexanum provenant d’autres endroits de l’aire de répartition de l’espèce. Petranka (1998) donne quelques nouvelles références et d’autres détails sur l’écologie et l’éthologie de l’Atexanum et de l’Abarbouri (séparé de l’Atexanum sur le plan taxinomique par Kraus et Petranka en 1989). Les nouvelles références comprennent de l’information sur l’extension de l’aire de répartition méridionale, la découverte d’un individu albinos et l’inclusion de l’A. texanum dans certaines études écologiques de communautés. McKnight et Shaffer (1997) ont inclus des spécimens d’A. texanum de l’Ohio et du Texas dans leur comparaison de séquences d’ADNmt de 17 espèces d’Ambystoma. Enfin, Bogart (2003) éclaircit davantage le processus de reproduction des hybrides nucléaires et présente d’autres séquences d’ADNmt, qui révèlent que la lignée unisexuée est monophylétique.

Les 1er et 2 avril 2000, nous nous sommes rendus à l’île Pelée pour visiter, durant le jour et la nuit, les endroits fréquentés par le passé par l’A. texanum en vue d’évaluer l’état des populations et de faire des observations sur le succès de la reproduction. Comme des individus ou des grappes d’oeufs ont été prélevés à ces endroits au même moment de l’année dans les années 1980, la présence des uns ou des autres devait nous permettre d’éventuellement confirmer que l’habitat était adéquat pour les populations actuelles. Nous avons aussi observé tout changement dans l’habitat qui pourrait avoir une incidence sur la situation actuelle de la salamandre à nez court.

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Répartition

Des renseignements récents sur la répartition et l’habitat de l’A. texanum sont présentés dans Petranka (1998). L’espèce est retrouvée dans la plaine côtière depuis l’est du Texas jusqu’à l’ouest de l’Alabama, en passant par la Louisiane et le Mississippi et de là, vers le nord, jusque dans l’extrême sud-est du Michigan, le nord de l’Ohio et l’île Pelée, en Ontario. Les populations retrouvées à l’extérieur de la plaine côtière fréquentent habituellement les forêts de feuillus des hautes terres bordant des étangs printaniers, quoique certaines populations comprennent des adultes néotènes portant des branchies vivant dans des étangs permanents ou semi-permanents. Les salamandres à nez court retrouvées au Canada, limitées dans leur répartition à des étangs printaniers et à des terres humides inondées, n’occupent qu’une minime partie de l’aire de répartition totale de l’espèce (moins de 1 p. 100). 

Île Pelée

Les spécimens d’Ambystoma capturés à divers endroits de l’île Pelée de 1983 à 1995 (figure 1; annexe 1) ont servi à vérifier diverses hypothèses comparatives concernant la génétique et la variation d’éléments de la valeur adaptative des polyploïdes et des diploïdes. Plusieurs documents publiés ont présenté les résultats de ces expériences, qui ne tenaient toutefois pas compte de la répartition précise de l’A. texanum. Les hybrides polyploïdes et diploïdes étant beaucoup plus communs dans l’île Pelée que l’A. texanum ou l’A. laterale, un grand échantillon était nécessaire pour estimer l’occurrence et la fréquence de l’A. texanum dans les populations de l’île. Au départ, des adultes ayant atteint la maturité sexuelle ont été capturés, puis, par la suite, des oeufs et des larves ont été recueillis. Les larves issues de ces oeufs et les larves capturées dans la nature ont été élevées en laboratoire jusqu’à la métamorphose afin de pouvoir établir leur sexe et leur génotype. Les méthodes détaillées d’élevage des larves et de mise à mort et de préparation des salamandres métamorphosées aux fins de détermination du génotype et de la ploïdie sont exposées dans les études de Bogart (1982), Bogart et al. (1985, 1987) et Bogart et Licht (1986).

Nous avons recueilli des données (de 1984 à 1991) sur quelque 1 200 larves provenant des six lieux de reproduction repérés lors de nos collectes antérieures. Nous avons soumis les échantillons de tissus de tous les individus à une analyse des isoenzymes par électrophorèse sur gel d'amidon et établi la ploïdie par mesure de la surface des érythrocytes et observation de la densité des bandes d’alloenzymes sur le gel et, lorsque ces méthodes se révélaient inconcluantes, par examen des caryotypes. Seuls six lieux de reproduction d’Ambystomaont été trouvés dans l’île Pelée, l’A. texanum y ayant déjà été trouvé à cinq de ceux-ci. Nous avons aussi calculé les fréquences des génotypes aux fins de comparaison (tableau 1).

Tableau 1. Fréquence et occurrence des génotypes de l’Ambystoma texanum, de l’Ambystoma laterale et de leurs hybrides à six endroits dans l’île Pelée (1984-1991).
LocalitéGénome nucléaire 2n
LL
Génome nucléaire 2n
TT
Génome nucléaire 2n
LT
Génome nucléaire 3n
LLT
Génome nucléaire 3n
LTT
Génome nucléaire 3n
LLLT
Génome nucléaire 4n
LLTT
Génome nucléaire 4n
LTTT
Génome nucléaire 4n
N
Carrière8106433521330498
(mâles)(39) (1)(13) (2)   
Bois North End01521100019
(mâlesNote de bas de pagea) (1)       
Étang15981091089147351
(mâlesNote de bas de pagea) (3)(7) (4)    
Chemin Stone1562041500096
(aucun mâle!)         
Étang des
Guides
03852400049
(mâles) (1)       
Pointe
Mosquito
077Note de bas de pageb8323790012274
(mâles) (24) (2)(2)    
Total831912724742092217191 287
Pourcentage6,4514,8421,1336,8316,241,711,321,48 

Notes de bas de page

Note de bas de page a

Probablement une sous-estimation du nombre de mâles dans le bois North End, car 13 des 15 individus étaient des larves dont le sexe n’a pu être déterminé.

Retour à la première référence de la note de bas de pagea

Note de bas de page b

Une femelle était triploïde (TTT).

Retour à la référence de la note de bas de pageb

Les hybrides constituaient 78 p. 100 des salamandres capturées à l’île Pelée et, parmi les deux espèces pures, l’A. texanum était plus commun et plus nombreux que l’A. laterale. Les données (tableau 1) révèlent en outre que chacune des populations est distincte pour ce qui est de la fréquence des espèces pures en comparaison de la fréquence des divers types génomiques retrouvés chez les hybrides. L’A. lateralea été retrouvé presque seulement dans le secteur de la carrière, situé dans la partie nord de l’île, tandis que la plus forte densité d’A. texanum a été retrouvée à l’extrémité opposée de l’île, dans le bois de la pointe Mosquito (figure 1). Les hybrides étaient plus nombreux que les individus des espèces pures dans ces deux populations. Par contre, chez les populations du côté est de l’île (étang des Guides, chemin Stone et bois North End), l’A. texanum l’emportait en nombre sur les hybrides. L’Étang était le seul endroit où l’A. laterale, l’A. texanum et tous les types d’hybrides, coexistaient. 

Autres îles du lac Érié

L’A. texanum coexiste avec l’A. tigrinum, l’A. opacum et une gamme d’hybrides nucléaires unisexuée dans l’île Kelleys, en Ohio, située au sud de l’île Pelée, dans le lac Érié (Bogart et al., 1987). Seuls des groupes unisexués d’hybrides nucléaires unisexuels ont été retrouvés dans les îles Bass, situées aussi dans le lac Érié (Downs, 1978). Downs (1978) a supposé que ces salamandres se reproduisent par parthénogenèse (mâles non nécessaires). Par contre, un spermatozoïde a été retrouvé dans le cloaque d’une femelle d’un groupe unisexué dans l’île Middle Bass, en Ohio (Bogart, 2003). L’identité du mâle est inconnue mais, du fait que cette femelle était un individu LTT, un A. texanum était probablement le donneur de sperme.

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Protection

Deux des cinq étangs ou lieux de reproduction connus de l’A. texanum au Canada sont situés dans des réserves naturelles de l’île Pelée : l’une de ces localités est celle du chemin Stone et l’autre, celle du bois de la pointe Mosquito et de la pointe Fish. Le fait que la reproduction a lieu discrètement sous le couvert de la nuit et que les salamandres restent sous terre pendant la saison touristique réduit les possibilités de capture d’adultes. Au Canada, l’Atexanum a été désigné comme une espèce préoccupante (P) par le COSEPAC en 1991 et, en Ontario, comme une espèce menacée par le MRNO. Le centre des États-Unis constitue l’aire de répartition principale de l’espèce, laquelle est considérée comme non en péril dans la plus grande partie de son aire de répartition connue et s’est vu attribuer la cote G5 (non en péril à l’échelle mondiale) (Global Heritage Status). Aux États-Unis et au Canada, les cotes suivantes ont été attribuées à l’espèce : Alabama (S3), Arkansas (S5), Illinois (S5), Indiana (S4), Iowa (S3), Kansas (S5), Kentucky (S5), Louisiane (S5), Michigan (S1), Mississippi (S5), Missouri (S?), Nebraska (S1), Ohio (S?), Oklahoma (S5), Tennessee (S5), Texas (S5), Virginie-Occidentale (S1) et Ontario (S1) [définitions des cotes infranationales : S1 = fortement en péril; S2 = en péril; S3 = vulnérable; S4 = apparemment non en péril; S5 = non en péril].

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Taille et tendances des populations

Il est évident d’après le tableau 1 que les hybrides génomiques l’emportent en nombre sur l’A. laterale et l’A. texanum dans l’île Pelée. La plupart des spécimens à l’origine des données du tableau 1 sont issus d’échantillons aléatoires d’oeufs et de larves. Le grand nombre d’individus échantillonnés donne une estimation assez précise de la présence, de l’absence et de la fréquence de la salamandre à nez court aux six lieux de reproduction d’Ambystoma. Comme il est très difficile de distinguer les A. texanum de certains hybrides génomiques autrement que par des tests génétiques, la découverte d’un grand nombre d’oeufs, de larves ou même d’adultes permet de confirmer le succès de reproduction mais non d’estimer la densité d’individus de l’espèce. On sait toutefois que le succès de reproduction des hybrides génomiques femelles dépend de leur association avec des mâles de l’A. laterale ou de l’A. texanum (Bogart et Licht, 1986). Ainsi, la découverte de larves et de juvéniles dans des populations dont on a établi qu’elles renfermaient seulement l’A. texanum prouve la persistance de l’espèce à cet endroit. À cause des difficultés que pose l’identification des A. texanum, il est impossible d’établir la densité des populations « pures » de l’espèce et d’évaluer les tendances. L’abondance de toutes les espèces d’Ambystoma pour lesquelles on dispose de données démographiques fluctue fortement, ce qui est typique des amphibiens qui se reproduisent dans des étangs (Green, 2003). Deux anciens étangs de reproduction ont probablement été perdus pour l’espèce (bois North End et étang des Guides). Ces deux endroits sont situés sur des terrains privés et la végétation actuelle n’y est pas typique des étangs temporaires.

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Habitat

Localités connues

Les besoins généraux de l’A. texanum en matière d’habitat sont établis dans le rapport de situation de 1991 (Bogart et Licht, 1991), mais peu d’information y est présentée sur la répartition précise de la salamandre à nez court dans l’île Pelée. Il existe dans l’île des différences notables de fréquence d’A. texanum, d’A. laterale et de leurs hybrides génomiques dans les cinq populations (tableau 1). Dans la présente mise à jour, nous incluons d’autres renseignements sur les sites qui semblent importants pour séparer les salamandres retrouvées dans l’île. Les populations déjà repérées (figure 1) ont été localisées d’après leurs coordonnées géographiques (annexe 1) et étudiées à nouveau. Ces données pourraient éventuellement être combinées avec les résultats d’études en cours sur la couleuvre agile bleue et la couleuvre fauve de l’Est pour documenter les habitats essentiels de toutes ces espèces.

Dans le bois de la pointe Mosquito, l’habitat semble pratiquement pareil à ce qu’il était dans les années 1980. Un boisé inondé jonché d’arbres tombés offre encore un habitat adéquat pour les salamandres. Le niveau d’eau y était bas en comparaison des niveaux antérieurs, ce qui pourrait poser un problème s’il s’asséchait avant que les larves se métamorphosent. À un endroit où nous avons observé que les salamandres se reproduisaient en 1984, l’eau avait alors 50 cm de profondeur; en 2000, la profondeur n’y était plus que de 20 cm. Cet endroit est habituellement à sec à la mi-août, mais la métamorphose a lieu en juin et juillet. En avril 2000, nous avons trouvé des juvéniles et des adultes sous des débris ligneux au bord de l’eau. Ces salamandres constituaient la seule preuve que la population était encore viable et que des individus y étaient encore recrutés. Par contre, nous n’avons trouvé aucun œuf ou larve. Il se peut que la ponte n’avait pas encore eu lieu ou, si elle avait eu lieu, que les larves s’étaient dispersées dans l’épaisse couche de feuilles tapissant le sol du bois inondé.

La carrière, qui n’a jamais produit de salamandres à nez court « pures », était aussi pratiquement dans le même état que lors de nos études précédentes. Nous y avons trouvé beaucoup d’A. laterale et d’hybrides sous les roches, près du bord de l’eau. Cette carrière abandonnée abrite une végétation émergente; un affleurement rocheux la borde à la pointe Sheridan. Le niveau d’eau y était sensiblement plus bas aussi, mais l’étang est profond et contient de l’eau toute l’année de sorte qu’une baisse du niveau d’eau n’aurait pas de répercussion néfaste. D’après le nombre de salamandres observé en 2000 et les différentes tailles retrouvées, cette population est dense et ses effectifs n’ont probablement pas changé.

La localité du chemin Stone est un boisé inondé au sol calcaire. La plupart des spécimens examinés par le passé provenant de cet endroit étaient issus d’oeufs recueillis au début du printemps et élevés en laboratoire. Des adultes n’ont jamais été trouvés sous des débris près de l’eau et les activités reproductrices n’ont jamais été observées. La profondeur de l’eau varie entre 50 cm et environ 1 m. Les graminées et les roseaux submergés étant denses, il est difficile d’observer les salamandres dans l’eau. Un grand nombre de larves néonates ont été observées dans l’eau en 2000, parmi la végétation. Nous n’avons remarqué aucune différence perceptible à ce site par rapport à nos études antérieures.

L’Étang est la plus intéressante des localités parce que c’est le seul endroit où l’on retrouve ensemble l’A. laterale et l’A. texanum ainsi que toutes les combinaisons génomiques d’hybrides (tableau 1). Le niveau d’eau, qui n’a pas changé depuis nos études antérieures, est constant tout l’été (Licht, obs. pers.). Cet étang isolé, qui fait environ 10 m de diamètre, est entouré de petits arbres et de buissons, qui surplombent l’eau et y baignent. Au printemps, les salamandres sont très communes sous les roches qui l’entourent.

Les sites de l’étang des Guides et du bois North End étaient des terrains boisés inondés, situés du côté est de l’île Pelée et adjacents à la route périphérique (chemin East Shore). L’étang des Guides était situé du côté sud du chemin qui mène du chemin East Shore au terrain de camping du canton, utilisé par les Guides. Le bois North End est situé à l’extrémité nord-est de l’île, juste au sud du chemin Garno, qui relie les chemins East Shore et Clutton. Ce bois borde la limite de la réserve naturelle provinciale de la pointe Lighthouse. Des grappes d’oeufs ont été recueillies dans l’étang des Guides et des larves ont été capturées à l’épuisette dans le bois North End au printemps 1987. Bien qu’il n’y avait plus d’eau aux deux sites en mars 1989, des adultes ont été capturés sous des débris ligneux mouillés. Les quatre adultes capturés à l’étang des Guides étaient trois hybrides génomiques femelles (1 LT et 2 LTT) et un A. texanum mâle. Trois autre adultes ont été capturés dans le bois North End : un hybride LTT et deux A. texanum (un mâle et une femelle). Les deux sites étaient à sec en 2000 et aucune salamandre n’a été trouvée. 

Tendances

Aucun individu ou activité reproductrice n’a été observé à deux des cinq sites connus que nous avons visités au printemps 2000. Les localités de l’étang des Guides et du bois North End n’existent plus; ce sont maintenant des terrains secs. On y retrouvait autrefois les fréquences les plus élevées d’A. texanum (tableau 1). Aucun A. texanum mâle n’a jamais été capturé au site du chemin Stone; toutes les larves en provenant élevées en laboratoire jusqu’à la métamorphose étaient des femelles. Ce site était en 2000 pratiquement pareil à ce qu’il était lors de nos études antérieures et semble encore abriter une population très viable, comme en témoignent les nombreuses larves observées. Il semble que le nombre de lieux de reproduction et peut-être l’aire de répartition de l’A. texanum aient connu une réduction. 

Protection

Le bois de la pointe Mosquito, situé dans la réserve naturelle provinciale de la pointe Fish, qui fait partie du réseau des parcs provinciaux de l’Ontario, abrite la plus importante population d’A. texanum. Le site du chemin Stone se trouve sur un terrain appartenant à la Fédération des naturalistes de l’Ontario et à l’Office de protection de la nature du comté d’Essex. Le site de l’Étang, se trouve sur un terrain privé, mais l’isolement de cette population et la distance qui sépare ce site du chemin et des maisons procurent peut-être une certaine protection.

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Biologie générale

Nous avons présenté un survol de la biologie générale de la salamandre à nez court dans notre rapport de situation de 1991. Certains de ces renseignements doivent être modifiés à la lumière des observations et des données génétiques récentes. On sait maintenant que les hybrides génomiques ont un cytoplasme différent de celui des espèces bisexuées (Hedges et al., 1992; Bogart, 2003). Ils partagent donc un ancêtre femelle inconnu, qui ne ressemble à aucune des espèces bisexuées connues qui s’accouplent avec eux. On sait aussi que des spermatozoïdes de mâles sympatriques des espèces bisexuées peuvent être incorporés dans les oeufs des hybrides génomiques (Bogart et al., 1989) et que les oeufs peuvent aussi se développer sans incorporation de spermatozoïdes (gynogénèse) (Elinson et al., 1992).  

Rapport des sexes anormal

Il est évident (voir le tableau 1) que les populations comprenaient moins d’A. texanum mâles que nous nous y attendions. Le rapport des sexes chez les espèces bisexuées devrait être à peu près 1 : 1, ce qui est le cas de la population d’A. laterale retrouvée dans la carrière. Mais dans le cas de l’A. texanum, il y avait moins de mâles à tous les sites, à l’exception peut-être du site de l’Étang, où trois des cinq A. texanum capturés étaient des mâles. Pour certains sites (en particulier le bois North End), nombre des génotypes nucléaires ont été établis par électrophorèse avec du matériel de larves et de juvéniles de sexe inconnu. Mais dans le cas des sites du chemin Stone et de l’étang des Guides, de nombreuses larves ont été élevées jusqu’à ce qu’elles se métamorphosent et atteignent une taille à laquelle les gonades ont permis d’identifier les mâles et les femelles. Le seul A. texanum mâle retrouvé au site de l’étang des Guides est un adulte capturé en 1989; les 13 individus métamorphosés issus de deux grappes d’oeufs recueillies à cet endroit étaient tous des femelles. Aucun mâle n’était présent parmi les 51 A. texanum capturés au site du chemin Stone, alors que les mâles provenant du bois de la pointe Mosquito étaient moins nombreux que prévu. Il est en outre curieux que les A. texanum femelles nés en laboratoire proviennent de grappes d’oeufs discrètes recueillies en 1987 aux sites du chemin Stone et de l’étang des Guides. L’A. texanum pond normalement ses oeufs individuellement ou en petits amas, collés aux feuilles et aux brindilles tapissant le fond de l’étang de reproduction. C’est ce qui se produit au site du bois de la pointe Mosquito. On ne trouve habituellement pas dans l’île Pelée de grappes d’oeufs, pondues plus près de la surface, typiques d’A. jeffersonianum et des hybrides nucléaires présentant le génome de cette salamandre. Il se peut qu’un certain nombre d’A. texanum de l’île Pelée soit des « hybrides » issus d’hybrides génomiques femelles. Si une femelle LT qui s’accouple normalement avec un A. laterale produit des ovules réduits T, un génome laterale peut être incorporé, rétablissant ainsi la constitution génomique LT. Si, toutefois, la même femelle s’accouple avec un A. texanum et incorpore son génome, sa progéniture sera TT (A. texanum) mais possédera une séquence d’ADNmt « hybride » facilement identifiable. Mais aucun A. texanum possédant une séquence d’ADNmt hybride n’a encore été trouvé. Il se peut aussi qu’un certain nombre d’A. texanum de l’île Pelée soient normalement gynogénotes. 

Génétique

Les deux A. texanum de l’île Pelée dont l’ADNmt a été séquencé, par Hedges et al. (1992) provenaient de différentes populations. Le premier spécimen (numéro de catalogue 17572; numéro d’entrée dans Genbank 12751) était une femelle capturée à l’état de larve au printemps 1989 dans le bois de la pointe Mosquito et élevée en laboratoire et le deuxième (numéro de catalogue 15640; numéro d’entrée dans Genbank 12757), un mâle adulte capturé le 27 mars 1989 dans l’étang des Guides. Les séquences établies pour cinq hybrides génomiques capturés dans l’île Pelée dans le cadre de la même étude ont révélé qu’ils étaient semblables aux hybrides de la terre ferme. Les séquences pour d’autres spécimens, déjà identifiés par électrophorèse des isoenzymes, ont aussi été établis à partir d’échantillons de tissus congelés. Aux fins de comparaison, nous avons utilisé les mêmes amorces qui ont permis à Hedges et al. (1992) d’amplifier 307 bases du gène de la cytochrome b. Nous avons aussi utilisé une autre série d’amorces, qui a permis d’amplifier 660 bases, afin d’établir s’il existait d’autres sites révélateurs de la phylogenèse qui permettraient d’éclaircir les relations possibles entre les diverses populations d’A. texanum de l’île Pelée et entre les populations de la terre ferme et celles de l’île. Les données de séquençage confirment que les A. texanum de la pointe Mosquito et les spécimens provenant des populations de la partie est de l’île (étang des Guides et chemin Stone) ne partagent pas les mêmes ancêtres et que ceux-ci sont plus étroitement apparentés aux populations continentales retrouvées en Ohio et en Indiana. Ces données donnent à penser que les populations retrouvées dans ces deux secteurs de l’île sont isolées l’une de l’autre et que les individus qui les composent sont des descendants de deux haplotypes provenant des États-Unis. 

Déplacements et dispersion

Sauf l’isolement possible des haplotypes d’ADNmt (voir ci-dessus), nous n’avons aucun nouveau renseignement à présenter sur les déplacements et la dispersion chez l’A. texanum. Tous les prélèvements d’adultes, d’oeufs, de larves et de juvéniles récemment métamorphosés ont été effectués aux lieux de reproduction. Les adultes restant sous terre en dehors de la période de reproduction, nous n’en avons pas trouvés après la saison de reproduction ailleurs qu’aux environs des lieux de reproduction présumés. À en juger par la co-occurrence d’A. texanum et des hybrides nucléaires triploïdes LTT et tétraploïdes LTTT, il se peut que l’A. texanum se disperse rarement jusqu’à la carrière. L’Étang est le seul site où l’A. texanum et l’A. laterale sont retrouvés ensemble, les hybrides nucléaires LLT et LTT y étant en outre présents en nombre égal. Nous n’avons aucun nouveau renseignement à présenter sur les antécédents de ce site qui pourrait permettre d’établir l’échelle de temps de l’immigration des deux espèces. Les salamandres à nez court retrouvées aux sites du chemin Stone, de l’étang des Guides et du bois North End peuvent provenir d’une population plus méridionale ou, s’il s’agit de populations reliques, indiquer que l’espèce était répartie à plus grande échelle par le passé. Selon les données mitochondriales, les individus capturés à ces sites de l’est de l’île sont probablement issus d’ancêtres indépendants provenant de la terre ferme. Nous nous attendons à ce que de nouvelles données génétiques permettent d’éclaircir ces diverses hypothèses.

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Facteurs limitatifs

Pour qu’il puisse compléter son cycle biologique, l’A. texanum a besoin d’étangs contenant de l’eau pendant toute la période du stade larvaire, qui s’étend habituellement de mars à juillet. Le faible niveau d’eau dans le bois de la pointe Mosquito pourrait être problématique si le secteur s’asséchait trop vite ou que la chute de pluie ne suffisait pas à le maintenir inondé. Aucune donnée sur la longévité des adultes dans le milieu naturel n’est disponible, mais ils vivent au moins 15 ans en captivité (Bogart, données inédites). On ne s’attend donc pas à ce que les années exceptionnellement sèches, où le recrutement est faible ou nul, jouent un rôle important dans la disparition possible de l’A. texanum. La compétition avec les hybrides nucléaires peut aussi être un facteur qui mène à une réduction de la densité d’A. texanum, mais le maintien de ces hybrides dépend de la présence de mâles des espèces pures, que ce soit des A. texanum ou des A. laterale. L’A. laterale pourrait peut-être remplacer l’A. texanum, mais cette espèce n’est retrouvée la plupart du temps que dans le secteur de la pointe Sheridan, où l’habitat est assez différent. Il est en outre davantage probable que l’A. texanum délogerait l’A. laterale, étant une espèce atteignant une plus grande taille, pouvant produire plus d’oeufs et retrouvée dans des milieux plus diversifiés sur une plus grande superficie de l’île. Nous n’avons aucun nouveau renseignement à présenter sur les prédateurs possibles ou les conditions météorologiques inhabituelles qui pourraient avoir un effet préjudiciable sur l’A. texanum.

On considère les conditions climatiques comme le plus important facteur limitant la propagation de l’espèce vers le nord. Celle-ci atteint la limite nord de sa vaste aire de répartition au Michigan, où elle est considérée comme en voie de disparition (Harding, 1997), sa cote y étant S1 (fortement en péril). Elle tolère assez bien les perturbations anthropiques du milieu dans toute son aire de répartition, mais elle a besoin d’étangs peu profonds sans poissons contenant de l’eau jusqu’au milieu de l’été. Comme l’île Pelée est située à proximité de la limite nord de son aire de répartition, les conditions climatiques à cet endroit constituent probablement un facteur limitatif, mais nous ne disposons d’aucun renseignement sur cet aspect de la biologie de l’espèce.

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Menaces

Dans notre rapport de situation de 1991, nous avons établi que, à cause de sa répartition très limitée au Canada, l’espèce était vulnérable à la dégradation de l’environnement, à l’altération des conditions hydrologiques et à d’autres facteurs menant à la destruction de son habitat, qui pourraient gravement nuire aux populations existantes, car elles habitent une aire très restreinte. Les secteurs nord et est de l’île ont connu diverses activités d’aménagement et les lieux où l’espèce y était retrouvée par le passé semblent avoir été perdus. L’abattage des arbres et l’enlèvement des troncs en décomposition nuisent aux salamandres; en effet, le couvert forestier retarde l’évaporation de l’eau des étangs de reproduction et des endroits inondés, et les troncs en décomposition servent d’habitat aux invertébrés dont se nourrissent les salamandres métamorphosées. Les lieux de reproduction avérés dans l’île Pelée sont vulnérables aux faibles niveaux d’eau du lac Érié, ainsi qu’à toute activité de drainage qui pourraient être proposées dans le secteur. Les sites du sud de l’île, situés dans des zones protégées, semblent encore adéquats, mais la réduction du niveau d’eau est préoccupante. Les salamandres traversent les routes lorsqu’elles migrent vers les lieux de reproduction et en reviennent de sorte que, bien qu’il y ait encore très peu de circulation automobile dans l’île durant leur saison de reproduction, la circulation dans ces secteurs pendant la nuit en mars et en avril pourrait avoir de graves conséquences.

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Importance de l'espèce

Présent dans l’île Pelée depuis très longtemps, l’A. texanum est très probablement issu de migrateurs qui ont pénétré dans l’île lorsque celle-ci était reliée à la partie continentale de l’Ohio. L’île Pelée est le seul endroit où l’espèce est retrouvée au Canada. On considère donc que sa conservation est très importante pour ce qui est de maintenir et de protéger la diversité naturelle de la faune canadienne. Outre cet objectif louable, l’existence et la diversité des hybrides génomiques dans l’île Pelée dépendent de la présence de l’A. texanum. L’interaction très intéressante et très complexe entre l’A. texanum, l’A. laterale et les hybrides génomiques semble unique à l’île Pelée; il est donc important de maintenir et d’étudier cet assemblage de formes génétiques qui constitue peut-être un phénomène biologique unique.

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Résumé technique

Ambystoma texanum

Salamandre à nez court – Small-mouthed Salamander

Répartition au Canada :

Ontario

Renseignements sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²)

[Superficie de l’île Pelée établie dans le rapport : 4 262 ha]: 43 km²

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Stable

Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Superficie de la zone d’occupation (km²)

[Superficie estimative de chaque lieu de reproduction d’après les capacités de dispersion des salamandres et le milieu disponible : 1 km²]: 5 km²

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

En déclin

Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Non

Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).

3

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

En déclin

Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur >1)?

Non

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

En déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population :  indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

3 ans

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Inconnu

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

Inconnue

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

 

Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Très probable

La population totale est‑elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.‑à‑d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Non

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Non

Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur >1)?

 

Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune:

Inconnu

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Répartition très limitée au Canada
  • Dégradation de l’environnement
  • Altération des conditions hydrologiques
  • Autres facteurs menant à la destruction de l’habitat

Effet d’une immigration de source externe

Situation des populations de l’extérieur?

États-Unis : N5
Alabama (S3), Arkansas (S5), Illinois (S5), Indiana (S4), Iowa (S3), Kansas (S5), Kentucky (S5), Louisiane (S5), Michigan (S1), Mississippi (S5), Missouri (S?), Nebraska (S1), Ohio (S?), Oklahoma (S5), Tennessee (S5), Texas (S5), Virginie-Occidentale (S1)

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Non

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants au Canada?

Oui

Un sauvetage par des populations de l’extérieur est-il possible?

Non

Analyse quantitative

Non applicable

Autres statuts

  • COSEPAC : espèce préoccupante (1991)
  • Ontario : S1

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce en voie de disparition

Code alphanumérique : B1ab(ii,iii,iv)+2ab(ii,iii,iv)

Justification de la désignation : Cette salamandre se trouve uniquement sur l’île Pelée au Canada. On la trouve dans une zone d’occurrence ne s’étendant que sur 40 km² (superficie totale de l’île Pelée en effet). Elle n’occupe que trois sites de reproduction existants et ce qui reste d’un habitat forestier environnant, soit une zone d’occupation ne faisant pas plus de 5 km². La salamandre a connu un déclin de l’aire, de l’étendue et de la qualité de son habitat et de la quantité d’emplacements sur l’île où elle peut se trouver. Les menaces à son existence comprennent la perte de milieux humides où elle se reproduit et les structures de drainage modifiées.

Application des critères

Critère A (Population totale en déclin) : L’insuffisance des renseignements ne permet pas de calculer le nombre précis d’individus.

Critère B (Aire de répartition peu étendue, et déclin ou fluctuation) : Se qualifie comme espèce en voie de disparition - B1,2 a, bii,iii,iv. La zone d’occupation fait moins de 500 km² et moins de cinq populations y sont actuellement retrouvées. La zone d’occupation, l’étendue de l’habitat et le nombre de populations sont en déclin à la suite de la perte de lieux de reproduction, soit l’étang des Guides et le bois North End. Qui plus est, les fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures sont bien documentées chez d’autres espèces du genre Ambystoma et sont considérées comme fortement probables chez l’A. texanum.

Critère C (Petite population totale et déclin) : Peut se qualifier comme espèce en voie de disparition - C2b, car on estime qu’il y a moins de 1 000 adultes dans l’île Pelée, que l’abondance a diminué à cause de la perte de lieux de reproduction et que la taille des populations fluctue probablement fortement. Ces facteurs ne peuvent toutefois être établis avec autant de certitude que les facteurs du critère B.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition restreinte) : Satisfait au critère de désignation comme espèce menacée – D2, parce que la zone d’occupation couvre < 20 km² et que le nombre de localités est < 5.

Critère E (Analyse quantitative) : L’insuffisance des renseignements ne permet pas de faire une analyse quantitative.

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Remerciements

Le financement du présent rapport de situation a été assuré par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Ouvrages cités

Bogart, J. P. 1982. Ploidy and genetic diversity in Ontario salamanders of the Ambystoma jeffersonianum complex revealed through an electrophoretic examination of larvae. Can. J. Zool. 60: 848-855.

Bogart, J. P. 2003. Genetics and systematics of hybrid species. Pg. 109-134, in Sever, D. M. (dir. de publ.), Reproductive Biology and Phylogeny of Urodela, Vol. 1, Reproductive biology and phylogeny, Science Publishers, Inc., Enfield, NH.

Bogart, J. P., Elinson, R. P. et L. E. Licht. 1989. Temperature and sperm incorporation in polyploid salamanders. Science 246: 1032-1034.

Bogart, J. P., et M. W. Klemens. 1997. Hybrids and genetic interactions of mole salamanders (Ambystoma jeffersonianum and A. laterale) (Amphibia: Caudata) in New York and New England. American Museum Novitates 3218, 78 p.

Bogart, J. P., et L. E. Licht. 1986. Reproduction and the origin of polyploids in hybrid salamanders of the genus Ambystoma. Can. J. Genet. Cytol. 28: 605-617.

Bogart, J. P., et L. E. Licht. 1991. Status Report on the Smallmouth Salamander Ambystoma texanum in Canada. Rapport présenté au Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada (CSEMDC). 19 p.

Bogart, J. P., Licht, L. E., Oldham, M. J. et S. J. Darbyshire. 1985. Electrophoretic identification of Ambystoma laterale and Ambystoma texanum as well as their diploid and triploid interspecific hybrids (Amphibia: Caudata) on Pelee Island, Ontario. Can.J. Zool. 63: 340-347.

Bogart, J. P., Lowcock, L. A., Zeyl, C. W et B. K. Mable. 1987. Genome constitution and reproductive biology of the Ambystoma hybrid salamanders on Kelleys Island in Lake Erie. Can. J. Zool. 65: 2188-2201.

Donovan, M. F., R. D. Semlitsch et E. J. Routman. 2000. Biogeography of the southeastern United States: A comparison of salamander phlyogeographic studies. Evolution 54: 1449-1456.

Downs, F. L. 1978. Unisexual Ambystoma from the Bass Islands of Lake Erie. Occas. Pap. Mus. Zool. Univ. Michigan 685: 1-36.

Elinson, R. P., Bogart, J. P. Licht, L. E. et L. A. Lowcock. 1992. Gynogenetic mechanisms in polyploid hybrid salamanders. J. Exp. Zool. 264: 93-99.

Green, D. M. 2003. The ecology of extinction: population fluctuation and decline in amphibians. Biological Conservation 111: 331-343.

Harding, J. H. 1997. Amphibians and Reptiles of the Great Lakes Region. Univ. of Michigan Press, Ann Arbor, 378 p.

Hedges, S. B., Bogart, J. P. et L. M. Maxson. 1992. Ancestry of unisexual salamanders. Nature 356: 708-710.

King, R. B., Oldham, M. J. et W. F. Weller. 1997. Historic and current amphibian and reptile distributions in the island region of western Lake Erie. Amer. Midland Nat. 138: 153-173.

Kraus, F. 1985. Unisexual salamander lineages in northwestern Ohio and southern Michigan: a study of the consequences of hybridization. Copeia 1985: 309-324.

Kraus, F., et J. W. Petranka. 1989. A new sibling species of Ambystoma from the Ohio River drainage. Copeia 1989: 94-110.

Licht, L. E., et J. P. Bogart. 1987. Ploidy and developmental rate in a salamander hybrid complex (genus Ambystoma). Evolution 41: 918-920.

Licht, L. E., et J. P. Bogart. 1989. Growth and sexual maturation in diploid and polyploid salamanders (genus Ambystoma). Can.J. Zool. 67: 812-818.

McKnight, M. L., et H. B. Shaffer.1997. Large, rapidly evolving intergenic spacers in the mitochondrial DNA of the salamander family Ambystomatidae (Amphibia: Caudata). Mol. Biol. Evol. 14: 1167-1176.

Petranka, J. 1998. Salamanders of the United States and Canada. Smithsonian Inst. Press, Washington et Londres, 587 p.

 

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Les auteurs

James Bogart a obtenu son doctorat à la University of Texas à Austin en 1969. Il est actuellement professeur au département de zoologie de la University of Guelph. Il a donné un cours d’herpétologie de fin de premier cycle pendant 20 ans. Ses recherches, qui portent principalement sur la génétique des amphibiens, ont mené à la publication de nombreuses études sur le complexe de salamandres du genre Ambystoma, qu’ont aussi étudié plusieurs de ses étudiants.

Lawrence Licht a obtenu son doctorat à la University of British Columbia en 1970. Il est actuellement professeur au département de biologie de la York University, où il donne un cours avancé d’herpétologie. Ses recherches portent principalement sur l’écologie. De ses études publiées, dix-sept portent sur les salamandres de l’île Pelée.

Bogart et Licht mènent des recherches concertées en vue de comprendre les interactions entre les espèces de salamandres pures et leurs hybrides génomiques dans l’île Pelée depuis vingt ans.

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Annexe 1

Lieux de reproduction des salamandres dans l’île Pelée, avec les espèces, génotypes et stades du cycle biologique qui y ont été retrouvés.

Étang des Guides

Ambystoma texanum:

femelles, mâles, juvéniles, larves.

Hybrides :

  • Ambystoma laterale X texanum (diploïdes LT) – femelles;
  • Ambystoma laterale X laterale X texanum (triploïdes LLT) – femelles;
  • Ambystoma laterale X texanum X texanum (triploïdes LTT) – femelles.

Bois de la pointe Mosquito

Ambystoma texanum:

femelles, mâles, juvéniles, femelle triploïde (TTT)

Hybrides :

  • Ambystoma laterale X texanum (diploïdes LT) - femelles, juvéniles;
  • Ambystoma laterale X laterale X texanum (triploïdes LLT) - femelles, mâles;
  • Ambystoma laterale X texanum X texanum (triploïdes LTT) - femelles, mâles;
  • Ambystoma laterale X texanum X texanum(triploïdes LTT) - femelles.

Bois North End

Ambystoma texanum:

femelles, mâles, larves

Hybrides :

  • Ambystoma laterale X texanum (diploïdes LT) – femelles;
  • Ambystoma laterale X laterale X texanum (triploïdes LLT) – femelles;
  • Ambystoma laterale X texanum X texanum (triploïdes LTT) - femelles.

Étang

Ambystoma laterale :

femelles

Ambystoma texanum:

femelles, mâles

Hybrides :

  • Ambystoma laterale X texanum (diploïdes LT) - femelles, mâles;
  • Ambystoma laterale X laterale X texanum (triploïdes LLT) - femelles, juvéniles;
  • Ambystoma laterale X texanum X texanum (triploïdes LTT) - femelles, mâles, juvéniles;
  • Ambystoma laterale X laterale X laterale X texanum (tétraploïdes LLLT) - femelles;
  • Ambystoma laterale X laterale X texanum X texanum (tétraploïdes LLTT) - femelles, juvéniles;
  • Ambystoma laterale X texanum X texanum X texanum (tétraploïdes LTTT) - femelles.

Carrière

Ambystoma laterale:

femelles, mâles, juvéniles

Hybrides :

  • Ambystoma laterale X texanum (diploïdes LT) - femelles, juvéniles;
  • Ambystoma laterale X laterale X texanum (triploïdes LLT) - femelles, mâles, juvéniles;
  • Ambystoma laterale X texanumX texanum (triploïdes LTT) – femelles;
  • Ambystoma laterale X laterale X laterale X texanum (tétraploïdes LLLT) - femelles, mâles, juvéniles;
  • Ambystoma laterale X laterale X texanum X texanum (tétraploïdes LLTT) - femelles, juvéniles.

Chemin Stone

Ambystoma laterale

femelles

Ambystoma texanum

femelles, larves, juvéniles

Hybrides :

  • Ambystoma laterale X texanum (diploïdes LT) – femelles;
  • Ambystoma laterale X laterale X texanum (triploïdes LLT) – femelles;
  • Ambystoma laterale X texanum X texanum (triploïdes LTT) - femelles, juvéniles.

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