Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Cryptanthe minuscule

Rétablissement

2.1 Caractère réalisable du rétablissement

La taille et la répartition historiques des populations de cryptanthe minuscule sont inconnues. Il est possible que l’espèce, actuellement considérée comme en voie de disparition, en vienne à être classée dans une catégorie de moindre risque, si de nouvelles populations étaient découvertes au Canada. Cependant, l’espèce pourrait, de par sa nature, être confinée à une faible zone d’occupation au Canada. Tout déclin de la superficie d’habitat convenable de l’espèce, combiné à de grandes fluctuations d’effectif en raison de facteurs comme le climat, pourrait avoir pour résultat que l’espèce continue d’être en péril. Il semble néanmoins réalisable de conserver cette espèce dans les conditions environnementales normales. Par conséquent, le rétablissement de la cryptanthe minuscule se résumera à la conservation des populations existantes et de leur répartition.

Le rétablissement de la cryptanthe minuscule est réalisable tant sur le plan biologique que sur le plan technique. Il existe des activités et des mesures qui peuvent réduire les menaces à la survie de la cryptanthe minuscule, et leur mise en œuvre est réalisable. L’espèce est adaptée aux perturbations comme le pâturage et les feux de brousse, qui peuvent être considérées comme des actions bénéfiques pour l’espèce dans le cadre d’une gestion minutieuse des terres appropriées. Des mesures capables de réduire la menace que constituent les espèces exotiques peuvent également être mises en œuvre. Plusieurs emplacements occupés actuellement par la cryptanthe minuscule se trouvent déjà dans des réserves nationales de faune (p. ex. Réserve nationale de faune de la BFC Suffield). Les autres sites pourraient être protégés par des accords d’intendance conclus avec les propriétaires fonciers.

2.2 But du rétablissement

Le but du rétablissement de la cryptanthe minuscule est de maintenir la persistance de toutes les populations d'origine naturelle[1]au Canada.

2.2.1 Objectif en matière de population et de répartition

L’objectif en matière de population et de répartition est d'assurer le maintien ou la croissance naturelle des populations existantes tout en conservant l’habitat que requiert le maintien de leur répartition d'ici 2021

2.3 Objectifs du rétablissement

Objectif 1 :Approfondir les connaissances sur la répartition de l’espèce et la taille de ses populations d’ici 2009, à un niveau qui permettra de désigner son habitat essentiel et de comprendre les fluctuations naturelles de ses populations (priorité : urgent).

Objectif 2 :Gérer l’habitat de manière continue à l’aide d’une approche axée sur le paysage pour appuyer la répartition de la population canadienne et maintenir au minimum 50 % de l’effectif maximal relevé dans chaque population, au moins un an sur dix, dans les conditions environnementales normales. Cela suppose une connaissance des techniques de gestion, des menaces et des associations de l’habitat (priorité : urgent).

Cet objectif a été élaboré avec l’aide de la meilleure expertise disponible et tient compte des vastes fluctuations annuelles dans l’effectif des populations et de la nécessité de fixer un seuil adéquat pour le déclenchement des mesures. Nous avons supposé que les conditions propices à la germination des graines et à la croissance de la plante sont réunies au moins une année sur dix, et nous avons choisi la survie de 50 % des individus comme seuil sous lequel la persistance et la viabilité de la population sont considérées comme compromises et que des recherches plus poussées doivent être entreprises. Un seuil trop élevé risquerait de déclencher des mesures inutiles, alors qu’un seuil trop bas risquerait de permettre une diminution trop importante de la population, voire sa disparition.

Objectif 3 :Approfondir les connaissances sur la biologie de la cryptanthe minuscule d’ici 2011, à un niveau qui permettra de comprendre la démographie, l’écologie reproductive et la variabilité génétique des populations canadiennes (priorité : nécessaire).

Objectif 4 :De manière continue, augmenter le niveau de sensibilisation à la cryptanthe minuscule et à ses besoins des propriétaires fonciers, des gestionnaires des terres, des industries (p. ex. celles du pétrole et du gaz) et des autres parties intéressées, de manière à ce que soient mises en œuvre d’ici 2011, des activités d’intendance et de saines pratiques de gestion (priorité : bénéfique).

2.4 Activités de recherche et de gestion recommandées pour l’atteinte des objectifs

Comme il est décrit ci-dessous, un des principaux obstacles à la planification du rétablissement, en plus des menaces, est le manque de connaissances sur la cryptanthe minuscule. La recherche sera donc une partie intégrante de la stratégie globale de rétablissement de cette espèce.

 Répartition et abondance 

La répartition globale et l’abondance de la cryptanthe minuscule sont mal connues. Les populations dont on ignorerait l’existence risquent d’échapper à toute protection et d’être détruites. Une partie de la population totale pourrait ne pas être protégée ou gérée adéquatement parce qu’on ignore la répartition du réservoir de semences. Cette répartition pourrait être déterminée par un suivi de la répartition des plantes sur plusieurs années. Comme la cryptante minuscule est une plante annuelle, son abondance et sa répartition fluctuent considérablement d’une année à l’autre. Des données à long terme sur la dynamique des populations aideraient à comprendre la viabilité de l’espèce.

Viabilité des populations

L’histoire naturelle et le cycle vital de la cryptanthe minuscule sont mal connus. On manque d’information sur les graines (production, taux de germination, conditions de germination, viabilité, dormance, longévité du réservoir de semences, mécanismes de dispersion et distances de dispersion), sur la pollinisation (identité des pollinisateurs et distance de dispersion du pollen), sur la génétique (dynamique de la métapopulation et variabilité génétique des populations au Canada et en Amérique du Nord) et sur les prédateurs. Cette information est indispensable pour déterminer la viabilité de la population de l’espèce.

Le tableau 2 présente une description générale des activités de recherche et de gestion recommandées pour l’atteinte des objectifs et pour aborder les menaces. Le ou les plans d’action contiendront de l’information plus détaillée sur les mesures à prendre et sur le calendrier de leur mise en œuvre.

2.5 Stratégies générales pour aborder les menaces

2.5.1 Perte ou dégradation de l’habitat

Le rétablissement de la cryptanthe minuscule exige un inventaire des activités qui nuisent à l’espèce. La protection de l’habitat, quoique essentielle au rétablissement, doit être appliquée conjointement avec des mesures de gestion visant à assurer la persistance à long terme de l’espèce. La conservation de l’espèce, pour être efficace, exige l’application de pratiques de gestion adéquates. Ces pratiques seront énoncées, et des accords d’intendance ou de conservation seront élaborés avec les propriétaires fonciers et les gestionnaires des terres en vue de la conservation de l’habitat et de l’adoption des saines pratiques de gestion favorisant l’espèce. En outre, un programme d'éducation et de communication sera élaboré à l’intention des gestionnaires des terres et du grand public dans le but de réduire au minimum la détérioration de l’habitat. Les effets des activités militaires sur la cryptanthe minuscule seront évalués, et des accords d’intendance seront conclus avec les bases militaires pour la gestion de la cryptanthe minuscule. Des lignes directrices ou des restrictions seront recommandées quant à l’éloignement minimal des diverses activités, à l’intention des agences de réglementation concernées.

2.5.2 Modification des processus naturels

Le rôle écologique du pâturage et des feux de brousse dans les collines sableuses du sud des Prairies et les effets de ces processus sur la cryptanthe minuscule doit être étudié davantage. L’interaction entre le feu et le pâturage, et son rôle dans la formation des communautés végétales de ce milieu doivent également être étudiés. Le rétablissement de la cryptanthe minuscule doit faire appel à une approche évaluative et adaptative pour la détermination des pratiques de gestion bénéfiques pour l’espèce.

2.5.3 Espèces exotiques envahissantes

Le rétablissement de la cryptanthe minuscule exigera la détermination des impacts des espèces envahissantes sur l’établissement et la persistance des populations de l’espèce. Des pratiques de gestion bénéfiques pour l’espèce seront identifiées, et des accords d’intendance seront conclus avec les propriétaires fonciers et les gestionnaires des terres pour garantir la qualité de l’habitat de la cryptanthe minuscule.

2.5.4 Climat et catastrophes naturelles

Quoiqu’il soit probablement impossible d’atténuer cette menace, un suivi des populations pourrait permettre de dégager des tendances. Des données à long terme seront nécessaires, mais les fluctuations naturelles des populations de plantes annuelles pourraient complexifier l’analyse des tendances. Si cette analyse démontrait un changement, positif ou négatif, il faudrait alors déterminer quelles mesures permettraient d’améliorer la situation.


Tableau 2. Stratégies de rétablissement.
PrioritéOb­jec­tif

Stratégie

générale

Menace/

préoccupation

visée

Études/activités de gestion recommandées
Urgent1·  Inventaire et suivi

·  Manque de connaissances

·  Climat

·  Élaborer des lignes directrices de suivi simples, dont des méthodes d’estimation de la taille des populations, qui peuvent être mises en œuvre par toutes les organisations ou agences des deux provinces.

·  Compiler toutes les données sur la cryptanthe minuscule et cartographier les emplacements et la répartition des populations, dans les cas où ces renseignements ne sont pas déjà disponibles. Déterminer le lieu d’archivage et de gestion des données.

·  Poursuivre les relevés et le suivi des emplacements connus de la cryptanthe minuscule.

·  Réaliser une étude sur les préférences en terme d'habitat et la prévisibilité des occurrences dans différents emplacements.

·  Rechercher de nouvelles populations dans les milieux constituant un habitat potentiel.

· Désigner l’habitat essentiel de la cryptanthe minuscule.

· Terminer l’analyse de viabilité des populations connues pour déterminer leur viabilité dans les conditions actuelles (il est peu probable que l’analyse soit terminée d’ici 2009).

Urgent2

·  Pratiques de gestion bénéfique et intendance

·  Éducation/

communication

·  Recherche

·  Perte/dégradation

de l’habitat

·  Modification des processus naturels

·  Espèces exotiques envahissantes

· Continuer le suivi des populations pour en déterminer les tendances, l'abondance et l'étendue.

· Poursuivre l’évaluation de l’effet des menaces sur les diverses populations.

· Identifier les impacts positifs et/ou négatifs du pâturage (herbivores domestiques et sauvages), de la jachère, du débroussaillage, des feux de brousse, des inondations et des herbicides au moyen de données anecdotiques, d’observations antérieures et de recherches; énoncer les meilleures pratiques de gestion (MPG) pour l’espèce à la lumière des résultats de ces études.

· Étudier les effets des espèces exotiques envahissantes sur la présence de la cryptanthe minuscule. Identifier et évaluer les méthodes de lutte contre les espèces envahissantes, dont la lutte biologique, les herbicides et le broutage.

· Dresser la liste des effets potentiels de l’extraction des ressources. Proposer des recommandations aux organismes de réglementation pertinents (p. ex. lignes directrices sur la distance de retrait sécuritaire pour les plantes en péril).

· Transmettre ces recommandations et pratiques de gestion bénéfiques aux propriétaires fonciers et aux gestionnaires des terres par l’entremise d’accords de conservation et d’intendance. Communiquer au besoin les pratiques de gestion favorables déjà existantes.

· Appliquer la gestion adaptative à tout le processus, pour améliorer les pratiques de gestion.

· Étudier l’incidence de la végétation associée (effets du couvert végétal, de la litière, de la proportion de sol nu, etc.).

· Reconnaître l’habitat de la cryptanthe minuscule et assurer sa conservation et son intendance.

Nécessaire3·  Recherche·  Lacunes dans les connaissances

· Étudier le cycle vital de la cryptanthe minuscule et notamment la longévité et la taille du réservoir de semences, la viabilité des graines, l’impact des précipitations, les mécanismes de dispersion des graines, le taux de germination des graines, les conditions nécessaires à la germination, les conditions nécessaires à l’établissement des plantules et le taux de succès de l’établissement. Étudier aussi l’écologie reproductive et la démographie des populations, afin de pouvoir évaluer leur viabilité.

· Étudier les distances de dispersion des graines et du pollen, et le degré d’isolement des populations (dynamique de la métapopulation).

· Étudier la variabilité génétique existant au sein de la population canadienne et entre les populations canadienne et américaine.

· Créer un réservoir génétique de semences.

· Étudier la systématique des plantes de la population canadienne et comparer à cet égard les populations canadienne et américaine. Ce volet vise à relever les différences morphologiques existant entre ces plantes et à déterminer s’il existe des cas d’hybridation avec d’autres espèces du genre Cryptantha, comme la cryptanthe de Kelsey et la cryptanthe de Fendler.

·      Identifier les pollinisateurs de la cryptanthe minuscule.

Bénéfique4

·  Sensibilisation/

communication

·  Perte/dégradation

de l’habitat

·  Modification des processus naturels

·  Espèces exotiques envahissantes

· Élaborer une stratégie globale de communication avec les propriétaires fonciers et le grand public. Cela peut comprendre des fiches d’information et des programmes d’interprétation à l’intention du grand public, des utilisateurs récréatifs et des gestionnaires des terres.

· Créer un site web décrivant la cryptanthe minuscule et les menaces pesant sur elle; encourager les gens à signaler leurs observations de l’espèce.

· Promouvoir les MPG auprès des propriétaires fonciers et des gestionnaires des terres.

· Coordonner les activités des ministères et des organisations non gouvernementales touchant le relevé des populations et les communications avec les propriétaires fonciers.


2.6 Habitat essentiel

2.6.1 Désignation de l'habitat essentiel de la cryptanthe minuscule

Au sens de la Loi sur les espèces en péril, l’habitat essentiel s’entend de l’« habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l'égard de l’espèce » (Paragraphe 2(1))

Il y a un manque de connaissances sur de nombreux aspects de la cryptanthe minuscule (voir section 2.9), ce qui empêche la désignation de l’habitat essentielle à l’heure actuelle. La désignation de l’habitat essentiel pour une espèce de plante annuelle, pour laquelle la phase la plus longévive, abondante et génétiquement diversifiée se trouve dans le réservoir de semences, ne peut être faite en créant des limites arbitraires autour de chaque population ou individu trouvé. Par exemple, l’habitat essentiel peut être lié à un stade particulier de succession végétale ou à des facteurs de perturbation, tels que le pâturage, les feux de brousse et la sécheresse, qui peuvent varier dans le temps et dans l'espace. Cela complique grandement l’utilisation de coordonnées géographiques fixes pour désigner l’habitat essentiel. De plus, la majorité de l’information disponible sur cette espèce est fondée sur des données recueillies récemment sur une période de un an et ne présente pas les détails quantitatifs nécessaires à la création d’un modèle probabiliste des associations à l’habitat de la cryptanthe minuscule convenant à une désignation de l'habitat essentiel actuel et potentiel défendable scientifiquement.

Bien que l’habitat essentiel ne soit pas désigné dans le présent programme de rétablissement, les études à venir se concentreront sur certains secteurs et certains facteurs en particulier (voir le tableau 1 et la section 2.6.2, Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel). La désignation de l'habitat essentiel sera fondée sur la meilleure information scientifique disponible et sur l’avis de spécialistes quant aux aires de répartition présente et historique de l’espèce, à son habitat, à sa biologie et aux menaces. L’examen de l’information portera sur les emplacements connus, l’énoncé justifiant l’inscription de l’espèce, les derniers relevés et rapports sur la biologie de l’espèce, la revue des publications scientifiques par les pairs, les connaissances des habitants de la région et notamment des Premières nations, le présent programme de rétablissement ainsi que les observations et recommandations des spécialistes. L’inclusion dans l’habitat essentiel de chaque emplacement abritant la cryptanthe minuscule sera envisagée. La position précise et la description de chaque zone d’habitat essentiel seront précisés dans le ou les plans d’action et pourraient être exclus du Registre public afin de protéger la cryptanthe minuscule et la vie privée des propriétaires fonciers. L’habitat essentiel sera désigné à la lumière des recommandations du présent programme et des conseils de l’équipe de rétablissement. La désignation de l'habitat essentiel sera terminée d’ici 2009 et incluse dans le ou les plans d’action. Certains emplacements pourraient être inclus plus tôt dans l’habitat essentiel, si suffisamment d’information est recueillie à cet égard.

2.6.2 Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel

Une description générale des caractéristiques significatives de l’habitat et des territoires d’importance pour la cryptanthe minuscule est présentée à la section 1.2.1 Répartition canadienne par région, et au tableau 1. La désignation future de l’habitat essentiel pourrait inclure des territoires entourant ces sites ainsi que tout site éventuellement découvert dans le cadre des études à venir.

Le tableau 2 résume les recherches et les activités de gestion recommandées pour le rétablissement de l’espèce et la désignation de l’habitat essentiel. La présente section résume les études et actions recommandées en vue de désigner l’habitat essentiel.

1.     Refaire le relevé des populations existantes afin de déterminer la taille et l’étendue des populations de chaque site, au moyen de méthodes normalisées convenant aux espèces annuelles. Comme les limites du territoire occupé par les populations et leur effectif fluctuent d’une année à l’autre, quelques relevés annuels successifs devront être menés pour qu’on obtienne une estimation plus précise de l’importance du réservoir de semences et qu’on puisse ainsi définir l’habitat essentiel à désigner (à terminer d’ici 2008).

2.     Recueillir de l’information sur les caractéristiques de l’habitat des populations connues et étudier les préférences de l’espèce en matière d’habitat. Des données devront également être recueillies dans des milieux similaires non occupés par l’espèce. Ces données pourraient servir à effectuer des analyses multivariées visant à préciser les caractéristiques clés qui favorisent la présence de la cryptanthe minuscule. Ces analyses permettront de déterminer les habitats potentiellement convenables vers lesquels orienter les relevés, et aideront à la désignation de l’habitat essentiel (à terminer d’ici 2007).

3.     Effectuer des relevés dans l’habitat convenable pour y découvrir de nouveaux sites. Si de nouvelles populations sont découvertes, il faudra mener des inventaires étalés sur quelques années afin de pouvoir en évaluer l’étendue et la taille. Il est possible qu’on doive procéder à de nouveaux relevés dans les secteurs qui renferment de l’habitat convenable mais où aucune cryptanthe minuscule n’a été observée lors des années favorables à la croissance, afin d’exclure toute possibilité de présence d’un réservoir de semences (terminé d'ici 2008).

4.     Effectuer des analyses de viabilité des populations (AVP). L’AVP aidera à déterminer quelles populations sont viables et donc à fixer des priorités pour la désignation de l’habitat essentiel. Cependant, pour être fiables, les AVP doivent généralement se fonder sur des données à long terme. À cause de la période de dormance des plantes annuelles, les AVP menées dans le cadre d’études de courte durée tendent à surestimer les taux de mortalité (Menges, 2000), des études à long terme sont souvent requises pour quantifier la dynamique du réservoir de semences (Reed et al., 2002). Par conséquent, il est peu probable qu’une AVP fiable pour cette plante annuelle, qui fluctue énormément et sur laquelle on dispose de peu de données, soit complétée d'ici la désignation de l’habitat essentiel, dans le ou les plans d’action, en 2009. Si tel est le cas, la désignation de l'habitat essentiel sera fondée sur les meilleures connaissances biologiques du moment, et les secteurs initialement désignés seront réévalués une fois que l’information suffisante pour une AVP aura été recueillie.

2.7 Effets sur les espèces non ciblées

Plusieurs espèces de plantes en péril ont besoin des milieux sableux des Prairies, dont l’abronie à petites fleurs (Tripterocalyx micranthus), la dalée velue (Dalea villosa var. villosa) et le chénopode glabre (Chenopodium subglabrum). Ces espèces bénéficieront des recherches menées dans les collines sableuses. En outre, plusieurs espèces rares dans les provinces concernées sont présentes dans l’habitat de la cryptanthe minuscule : le chénopode de Watson (Chenopodium watsonii), la cryptanthe de Kelsey, l’ériogone penché (Eriogonum cernuum), le munroa squarreux (Munroa squarrosa), le nyctage à feuilles linéaires (Mirabilis linearis) et la polanisie à douze étamines (Polainsiadodecandra).

Plusieurs espèces de vertébrés rares vivent également dans ces milieux sableux, notamment le rat kangourou d’Ord (Dipodomys ordii), la souris à abajoues des Plaines (Perognathus fasciatus),la souris à sauterelles (Onychomys leucogaster) (Pattie et Fisher, 1999), la couleuvre à nez retroussé (Heterodon nasicus) (Russell et Bauer, 1993) et le crotale des Prairies (Crotalus viridis); ces espèces pourraient également bénéficier de la conservation de l’habitat de la cryptanthe minuscule. De nombreuses espèces d’invertébrés étroitement associées aux dunes et aux plaines sableuses (cicindèles, papillons de nuit, araignées fouisseuses de la famille des Lycosidés, etc.; J. Acorn, comm. pers.) pourraient également profiter de la conservation et de la gestion des milieux sableux et des écosystèmes dunaires.

Les communautés des collines et plaines sableuses sont très diverses, et les mesures de gestion doivent permettre de maintenir divers stades de stabilisation des dunes (depuis les dunes entièrement actives jusqu’aux dunes entièrement stabilisées), pour en préserver la diversité écologique. Les mesures de rétablissement de la cryptanthe minuscule devront être menées de concert avec celles concernant les autres espèces présentes dans les collines et les plaines sableuses du sud des Prairies. Les efforts devront être coordonnés avec ceux des autres équipes de rétablissement, afin que les ressources soient utilisées le plus efficacement possible et qu’il n’y ait pas dédoublement des recherches. La création d’un plan d’action plurispécifique pourrait être souhaitable pour les espèces occupant ces écosystèmes (p. ex. Multiple Species at Risk, or MultiSAR in Alberta; Downey et al., 2005).

2.8 Évaluation de la réussite du programme

La réussite du programme de rétablissement sera mesurée à partir de plusieurs critères, notamment selon la persistance des populations connues et la conservation de l’habitat, qui peuvent être évaluées par un programme de suivi. De plus, le degré de sensibilisation à l’égard de la cryptanthe minuscule peut être mesuré selon les commentaires des propriétaires fonciers, l’évolution de l’opinion publique, les changements mesurables dans les pratiques de gestion et le nombre d’accords ou d’autres modalités de protection conclus.

2.9 Information additionnelle requise

Les lacunes existant dans les connaissances sur la cryptanthe minuscule ont été mentionnées aux sections 2.3 Objectifs du rétablissement, et 2.4 Activités de recherche et de gestion recommandées pour l’atteinte des objectifs, ainsi qu’au tableau 2. En voici un résumé.

  1. Lignes directrices normalisées pour l’inventaire et le suivi de la cryptanthe minuscule.
  2. Connaissance exhaustive de l’effectif et de la répartition des populations.
  3. Tendances des populations.
  4. Préférences en matière d’habitat et habitat essentiel.
  5. Effet et importance des facteurs influant sur l’habitat (périodicité et intensité du pâturage, jachère, lutte contre les feux de brousse, espèces envahissantes).
  6. Connaissance du cycle vital de l’espèce, y compris les mécanismes de dispersion et la distance de dispersion, la production de graines par plant, le taux de germination des graines et le taux d’établissement des plantules, les conditions propices à la germination, la viabilité et le taux de survie hivernale des graines, la longévité du réservoir de semences, l’importance du réservoir de semences pour la viabilité à long terme des populations, la génétique des populations et l’identité des pollinisateurs.
  7. Degré d’isolement des populations et conséquences de cet isolement.

2.10 Date prévue pour l’élaboration du ou des plans d’action

Le ou les plans d’action visant la cryptanthe minuscule seront rédigés d’ici janvier 2009 par les compétences, qui se fonderont sur les recommandations du présent programme de rétablissement et sur les conseils de l’équipe de rétablissement. Il est possible qu'un plan d'action plurispécifique ou un plan d'action axé sur l'écosystème soit élaboré. Les multiples espèces en péril qui habitent cet écosystème pourraient bénéficier d'un tel type de plan. Les mesures de rétablissement déjà décrites dans le cadre des objectifs de rétablissement seront entreprises dans l’intervalle.




[1] Une population d'origine naturelle est toute population qui existe à l'intérieur de l'aire de répartition d'origine dans un habitat qui existe de façon naturelle. Cette définition exclut les populations horticoles ou celles qui sont dispersées par les humains et finissent par s'établir à l'extérieur de l'aire de répartition d’origine ou dans des habitats qui n'existent pas de façon naturelle.