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Programme de rétablissement de la castilléjie de Victoria (Castilleja victoriae) au Canada - 2017 [Proposition]

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Plan de rétablissement de la castilléjie de Victoria (Castilleja victoriae) en Colombie-Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique Canada

Préface

En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d'établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l'élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l'Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l'égard de la castilléjie de Victoria et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l'article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la province de la Colombie-Britannique, en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP. L'article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l'espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). La Province de la Colombie-Britannique a remis le plan de rétablissement de la castilléjie de Victoria ci-joint (partie 2), à titre d'avis scientifique, aux autorités responsables de la gestion de l'espèce en Colombie-Britannique. Ce plan a été préparé en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.

La réussite du rétablissement de l'espèce dépendra de l'engagement et de la collaboration d'un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la castilléjie de Victoria et de l'ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d'un ou de plusieurs plans d'action qui présenteront de l'information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d'autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l'espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l'orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l'espèce, incluant la désignation de l'habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l'information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l'espèce. Lorsque l'habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d'action, la LEP exige que l'habitat essentiel soit alors protégé.

Dans le cas de l'habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l'habitat essentiel désigné dans une zone protégée par le gouvernement fédéralNote 1 de bas de page soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l'ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d'action qui a désigné l'habitat essentiel. L'interdiction de détruire l'habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s'appliquera 90 jours après la publication de la description de l'habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l'habitat essentiel se trouvant sur d'autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l'habitat essentiel soient appliquées.

Si l'habitat essentiel d'un oiseau migrateur ne se trouve pas dans une zone protégée par le gouvernement fédéral, sur le territoire domanial, à l'intérieur de la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada, l'interdiction de le détruire ne peut s'appliquer qu'aux parties de cet habitat essentiel -- constituées de tout ou partie de l'habitat auquel la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs s'applique aux termes des paragraphes 58(5.1) et 58(5.2) de la LEP.

En ce qui concerne tout élément de l'habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre compétent estime qu'une partie de l'habitat essentiel n'est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d'autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l'interdiction de détruire l'habitat essentiel. La décision de protéger l'habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n'étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Ajouts et modifications apportés au document adopté

Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Plan de rétablissement de la castilléjie de Victoria (Castilleja victoriae) en Colombie-Britannique (partie 2 du présent document, ci-après appelé « plan de rétablissement provincial ») et/ou pour présenter des renseignements à jour ou additionnels.

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l'habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du plan de rétablissement provincial concernant la protection de l'habitat de survie/rétablissement peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l'habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l'habitat essentiel en vertu de la LEP.

1 Habitat essentiel

La présente section remplace la section 7.1, Description de l'habitat de survie/rétablissement, du plan de rétablissement provincial.

En vertu de l'alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l'habitat essentiel de l'espèce, dans la mesure du possible, et des exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de cet habitat. Le plan de rétablissement provincial de la castilléjie de Victoria comprend une description des caractéristiques biophysiques de l'habitat de survie/rétablissement. Cet avis scientifique a été utilisé pour orienter le contenu des sections suivantes sur l'habitat essentiel dans le présent programme de rétablissement fédéral.

L'habitat essentiel de la castilléjie de Victoria est désigné dans le présent document dans la mesure du possible. À mesure que les autorités responsables et/ou d'autres parties intéressées effectuent des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances, la méthodologie et la désignation de l'habitat essentiel pourront être modifiées et/ou améliorées pour tenir compte des nouvelles connaissances.

On reconnaît que l'habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement ne permet pas d'atteindre les objectifs fixés en matière de population et de répartition (section 5.2 du plan de rétablissement provincial), car aucun habitat n'est désigné pour la réintroduction de l'espèce dans deux sites additionnels de son aire de répartition historique (requis pour atteindre les niveaux historiques ayant précédé les effets négatifs des activités humaines). Le caractère réalisable et la pertinence de la réintroduction de l'espèce dans des sites additionnels sont actuellement inconnus. Le présent programme de rétablissement contient un calendrier des études (section 1.2) décrivant les activités requises pour achever la désignation de l'habitat essentiel. La désignation de l'habitat essentiel sera mise à jour lorsque les informations requises pour ce faire seront disponibles, soit dans un programme de rétablissement révisé, soit dans un ou plusieurs plans d'action.

1.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

Emplacement géospatial des zones qui renferment de l'habitat essentiel

La castilléjie de Victoria se rencontre dans les zones dégagées des suintements printaniers et en bordure des mares printanièresNote 2 de bas de page, près du littoral du sud-est de l'île de Vancouver et des petites îles situées à proximité, en Colombie-Britannique. L'habitat essentiel de la castilléjie de Victoria est désigné à quatre localités (figures 1 et 2), qui correspondent aux populations mentionnées dans le plan de rétablissement provincial :

  • pointe Gonzales (figure 1)
  • pointe Harling (figure 1)
  • réserve écologique Trial Islands (figure 1)
  • pointe Cattle (figure 2)

La zone renfermant l'habitat essentiel de la castilléjie de Victoria est établie en fonction de deux éléments : (1) la zone occupée par les individus ou les colonies de l'espèce au cours des 25 dernières annéesNote 3 de bas de page, entourée d'une zone d'incertitude d'une largeur allant jusqu'à 25 m, visant à compenser les erreurs de localisation possibles liées aux divers appareils GPS utilisés; et (2) une zone de 50 m (c.-à-d. la distance relative à la zone de fonctions essentiellesNote 4 de bas de page) visant à englober les zones immédiatement adjacentes qui sont requises pour la persistance des populations locales.

Bien que la localité de la pointe Cattle soit catégorisée « potentiellement disparue » dans le plan de rétablissement provincial, elle est considérée comme un important habitat de rétablissement pour l'espèce. Les mesures de rétablissement, dont la remise en état de l'habitat et la réintroduction de l'espèce, visent actuellement ce site.

Caractéristiques biophysiques de l'habitat essentiel

Dans les zones géospatiales renfermant de l'habitat essentiel, l'habitat essentiel est désigné là où on rencontre l'un ou l'autre des types d'habitat suivants :

  • habitats ouverts/exposés où la végétation est basse ou clairsemée;
  • zones de suintement d'eau douce côtières et bordure des mares printanières;
  • sols peu profonds reposant sur un substratum gneissique entre des buttes et des replats.

Dans ces types d'habitats, les sols sont généralement saturés pendant la plus grande partie de l'hiver et au début du printemps, et deviennent très secs en été. On croit que la castilléjie de Victoria est une plante hémiparasite des racines d'autres plantes (Fairbarns et Egger, 2007) et qu'elle a donc besoin d'une plante hôte pour satisfaire une partie de ses besoins en éléments nutritifs. La plante hôte est toutefois inconnue, et il pourrait plutôt s'agir d'un assemblage d'espèces.

Les caractéristiques biophysiques de l'habitat essentiel comprennent la végétation (composition et abondance des espèces végétales), les substrats et les propriétés hydrologiques associées qui constituent les types d'habitat décrits ci-dessus. Les zones renfermant de l'habitat essentiel de la castilléjie de Victoria (totalisant 11,4 ha) sont présentées aux figures 1 et 2. Sur chaque carte, l'habitat essentiel de la castilléjie de Victoria au Canada se trouve dans les polygones jaunes (unités), là où les critères d'habitat essentiel décrits dans la présente section sont respectés. Les caractéristiques biophysiques dont a besoin la castilléjie de Victoria se chevauchent sur le plan géospatial à l'intérieur des types d'habitat convenable, en ce sens qu'elles se combinent pour offrir un cadre écologique à l'espèce dans les sites où celle-ci est présente. Les polygones jaunes (unités) figurant sur les cartes représentent donc l'habitat essentiel désigné, à l'exclusion des éléments qui ne répondent clairement pas aux besoins de l'espèce. Ces éléments comprennent (i) l'infrastructure anthropique existante (p. ex. bâtiments), (ii) les zones sous la ligne des marées les plus hautes, et (iii) les zones dominées par la végétation ligneuse (arbres, arbustes) et/ou les grandes vivaces. Ces éléments ne possèdent pas les caractéristiques dont la castilléjie de Victoria a besoin, et ne sont pas désignés comme faisant partie de l'habitat essentiel.

Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montrés dans les figures 1 et 2 est un système national de quadrillage de référence qui met en évidence l'emplacement géographique général renfermant de l'habitat essentiel, à des fins de planification de l'aménagement du territoire et/ou d'évaluation environnementale.

Figure 1. L'habitat essentiel de la castilléjie de Victoria à la pointe Gonzales, à la pointe Harling et aux îles Trial, en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones jaunes (unités), conformément aux critères énoncés à la section 1.1. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km (bordés de rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l'emplacement géographique général à l'intérieur duquel se trouve de l'habitat essentiel. Les zones à l'extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d'habitat essentiel.
Photo de couverture de document (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre une carte de l'habitat essentiel de la castilléjie de Victoria à la pointe Gonzales, à la pointe Harling et aux îles Trial, en Colombie-Britannique. L'habitat essentiel est désigné conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 1.1 et est illustré à l'aide d'un quadrillage UTM de référence à carrés de 1 km × 1 km. Sur cette carte, on voit cinq carrés contenant des polygones jaunes situés entre la pointe Gonzales et la pointe McMicking, un peu partout dans les îles Trial et à l'extrémité sud de la pointe Harling.

Figure 2. L'habitat essentiel de la castilléjie de Victoria à la pointe Cattle, en Colombie-Britannique, est représenté par le polygone jaune (unité), conformément aux critères énoncés à la section 1.1. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km (bordés de rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l'emplacement géographique général à l'intérieur duquel se trouve de l'habitat essentiel. Les zones à l'extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d'habitat essentiel.
Photo de couverture de document (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre une carte de l'habitat essentiel de la castilléjie de Victoria à la pointe Cattle, en Colombie-Britannique. L'habitat essentiel est désigné conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 1.1 et est illustré à l'aide d'un quadrillage UTM de référence à carrés de 1 km × 1 km. Sur cette carte, on voit deux carrés s'étendant du nord de la pointe The Naze jusqu'au nord de l'îlot Emily. Un polygone jaune est situé sur le littoral de la pointe Cattle.

1.2 Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel

Le calendrier des études suivant (tableau 1) décrit l'activité requise pour achever la désignation de l'habitat essentiel de la castilléjie de Victoria.

Tableau 1. Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel de la castilléjie de Victoria.
Description de l'activitéJustificationÉchéancier
Déterminer, à l'intérieur de l'aire de répartition historique de la castilléjie de Victoria au Canada, deux sites nouveaux/additionnels pouvant être remis en état et être utilisés comme habitat de rétablissement; lorsque cela est réalisable, réintroduire l'espèce dans l'habitat remis en état.Cette activité est requise pour désigner une quantité d'habitat essentiel suffisante pour atteindre les objectifs de population et de répartition (rétablissement) (section 5.3 du plan de rétablissement provincial).2017 - 2022

1.3 Activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l'habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de cet habitat. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu'il y a dégradation d'un élément de l'habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l'habitat essentiel n'est plus en mesure d'assurer ses fonctions lorsqu'exigé par l'espèce. La destruction peut découler d'une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d'une ou de plusieurs activités au fil du temps. Le tableau 2 donne des exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel de l'espèce; il peut toutefois exister d'autres activités destructrices. D'autres renseignements sur les effets négatifs de ces activités sont donnés dans la section intitulée « Description des menaces » (section 4.2) du plan de rétablissement provincial.

Tableau 2. Exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel de la castilléjie de Victoria.
Description de l'activitéDescription de l'effet sur les caractéristiques de l'habitatInformation supplémentaire, y compris la menace connexe de l'UICNa
Utilisation du paysage par les humains entraînant des effets négatifs importantsb, comme les activités récréatives (aménagement de sentiers, de routes ou d'aires de pique-nique)

Cette activité cause la destruction de l'habitat essentiel par la perturbation et/ou le compactage du sol, ce qui rend l'habitat non convenable pour la castilléjie de Victoria (plantes en croissance et/ou germination des graines).

Cette activité cause aussi la destruction de l'habitat en favorisant l'introduction de plantes envahissantes ou leur empiètement. Les plantes exotiques envahissantes peuvent concurrencer la castilléjie de Victoria et modifier la disponibilité de la lumière, de l'eau et des nutriments dans l'habitat, faisant en sorte que celui-ci ne convienne plus à l'espèce.

Menaces connexes – UICN-CMP : 6.1, 8.1 

La population de la pointe Harling est menacée par la destruction directe de l'habitat essentiel en raison de la présence de visiteurs qui piétinent le sol et/ou font des pique-niques.

La probabilité que l'habitat essentiel soit détruit est plus élevée si ces activités se déroulent durant la saison de croissance.

Déchargement de déchets (p. ex. matière végétale ou ordures)

Le dépôt de déchets modifie la disponibilité de substrat approprié, de la lumière, de l'eau et des nutriments, ce qui rend l'habitat non convenable pour la castilléjie de Victoria.

Cette activité cause aussi la destruction de l'habitat en favorisant l'introduction de plantes envahissantes ou leur empiètement (voir ci-dessus).

Menaces connexes – UICN-CMP : 9.4, 8.1

Il s'agit principalement d'une menace historique à l'île Trial; par le passé, des déchets et des débris végétaux ont été empilés à différents endroits dans l'île. Cette activité pourrait se répéter à l'avenir, puisque les travaux se poursuivent dans l'île.

Lorsque les piles de déchets sont retirées, les espèces non indigènes envahissantes peuvent coloniser les sols nouvellement perturbés et causer indirectement la destruction de l'habitat essentiel de la castilléjie de Victoria.

Conversion de zones de paysages naturels à des fins de développement (p. ex. zones touristiques et récréatives) et/ou d'expansion ou de modification d'infrastructures humaines

Cette activité peut causer la destruction de l'habitat essentiel en altérant cet habitat, faisant en sorte qu'il ne soit plus convenable pour la castilléjie de Victoria. Par exemple, enfouissement dans le sol, perturbation ou compactage du sol; augmentation de l'ombrage (à cause de plantes introduites ou de structures aménagées à proximité); modification du régime hydrique (ouvrages de retenue, fossés ou ouvrages de détournement des eaux réduisant les apports d'eau aux plantes).

Cette activité cause aussi la destruction de l'habitat en favorisant l'introduction de plantes envahissantes ou leur empiètement (voir ci-dessus).

Menaces connexes – UICN-CMP : 1.3, 6.3, 8.1

La population de la pointe Gonzales est située sur le terrain de golf Royal Victoria. L'allée où se trouve cette population pourrait être agrandie, ce qui aurait probablement pour effet de détruire l'habitat essentiel de l'espèce.

À l'île Trial, une sous-population de l'espèce se trouve au-dessus d'une conduite d'alimentation en eau, qui pourrait devoir être réparée à l'avenir. La probabilité que l'habitat essentiel soit détruit sera plus élevée si les réparations sont effectuées durant la saison de croissance.

a La classification des menaces est fondée sur le système unifié de classification des menaces de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et du Partenariat pour les mesures de conservation (Conservation Measures Partnership, ou CMP [en anglais seulement]).

b Les effets négatifs importants sont ceux qui ont une incidence négative sur la survie et le rétablissement de l'espèce. Le succès de la survie et du rétablissement de l'espèce sera évalué en fonction des objectifs de population et de répartition (rétablissement) adoptés ainsi que des mesures de rendement énoncées dans le présent document, à savoir : la répartition et l'abondance de la castilléjie de Victoria ont été maintenues, c.-à-d. que la taille des populations et la zone d'occurrence ou la zone d'occupation à chaque site sont stables et/ou ont augmenté.

2 Mesure des progrès

La présente section remplace la section 8, Mesure des progrès, du plan de rétablissement provincial.

Les mesures prioritaires visant la castilléjie de Victoria sont indiquées dans le tableau 3 du plan de rétablissement provincial. Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

  • La répartition de la castilléjie de Victoria au Canada a été maintenue (c.-à-d. que la zone d'occurrence n'a pas diminué);
  • L'abondance de la castilléjie de Victoria au Canada a été maintenue (c.-à-d. que la taille des populations n'a pas diminué);
  • La répartition et l'abondance de la castilléjie de Victoria au Canada ont été augmentées, lorsque cela est réalisable, grâce à la découverte et/ou au rétablissement de populations.

La détermination de la taille des populations (mesurée durant les périodes de floraison maximale) devrait tenir compte des fluctuations annuelles du nombre d'individus florifères et des variations connexes des résultats de suivi annuels; en d'autres termes, les tendances des estimations annuelles doivent être évaluées sur une plus longue période, par exemple sur une période de cinq ans.

3 Énoncé sur les plans d'action

Un ou plusieurs plans d'action visant la castilléjie de Victoria seront publiés dans le Registre public des espèces en péril d'ici 2022.

4 Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

La présente section remplace la section 9, Effets sur les espèces non ciblées, du plan de rétablissement provincial.

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement élaborés en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L'objet de l'EES est d'incorporer les considérations environnementales à l'élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l'environnement, et d'évaluer si les résultats d'un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l'environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l'EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

L'aire de répartition de nombreuses autres espèces végétales en péril à l'échelle provinciale et fédérale chevauche celle de la castilléjie de Victoria. Les activités de planification du rétablissement de la castilléjie de Victoria, visant notamment la protection de l'habitat et la gestion des menaces, devraient avoir des effets bénéfiques sur les espèces rares qui poussent à ses côtés dans les mares printanières et les suintements printaniers des écosystèmes du chêne de Garry. Les activités de planification du rétablissement de la castilléjie de Victoria seront mises en œuvre en considérant toutes les espèces en péril qui se trouvent dans le même habitat, de façon à éviter les impacts négatifs sur ces espèces ou leur habitat.

5 Références

Fairbarns, M. et J.M. Egger. 2007. Castilleja victoriae (Orobanchaceae): a new rare species from southeastern Vancouver Island, British Columbia, Canada, and the adjacent San Juan Islands, Washington, U.S.A. Madroño 54(4):334–342.

Note de bas de page

Note 1 de bas de page

Ces zones protégées par le gouvernement fédéral sont les suivantes : un parc national du Canada dénommé et décrit à l'annexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, le parc urbain national de la Rouge créé par la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, une zone de protection marine sous le régime de la Loi sur les océans, un refuge d'oiseaux migrateurs sous le régime de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs ou une réserve nationale de la faune sous le régime de la Loi sur les espèces sauvages du Canada. Voir le paragraphe 58(2) de la LEP.

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Note 2 de bas de page

Les suintements printaniers résultent de l'émergence, en terrain incliné, d'eaux souterraines peu profondes, tandis que les mares printanières sont des cuvettes inondées de façon saisonnière qui se forment à la surface de couches imperméables telles qu'un horizon induré, un horizon argileux compact ou le substratum rocheux. Les suintements printaniers et les mares printanières ont tendance à s'assécher généralement vers la fin du printemps ou au début de l'été.

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Note 3 de bas de page

Là où l'habitat a encore le potentiel de soutenir une occurrence (actuellement et/ou grâce à des mesures de remise en état).

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Note 4 de bas de page

La distance relative à la zone de fonctions essentielles est la superficie minimale de fragment d'habitat nécessaire au maintien des propriétés du microhabitat de l'espèce (par exemple, luminosité et humidité nécessaires à la survie). Les recherches existantes fournissent une raison logique d'inclure une distance relative à la zone de fonctions essentielles d'au moins 50 m pour les occurrences d'espèces végétales rares (voir Programme de rétablissement de la phacélie rameuse (Phacelia ramosissima var. ramosissima) au Canada – 2012).

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